LE LAC DES CYGNES (Noureev, 2019)

Heymann-Paquette-Le-Lac-des-cygnesBALLET sur internet : LE LAC DES CYGNES jusqu’au 5 avril 2020. Dans la chorégraphie de Noureev, le ballet de Tchaikovski s’offre sur internet. Sur le lac, un cygne blanc et noir incarne les deux aspects de la femme séductrice, prête à faire sombrer celui qui s’en approche trop près (le Prince Siegfried). Pour toute prima ballerina ou étoile, le rôle double d’Odette / Odile, incarnées par la même danseuse, demeure l’exercice dansé le plus périlleux qui soit, au bord de la schizophrénie virtuose. Tchaikovski en déduit une musique féerique, envoûtante, d’un tragique aérien et liquide qui revisite les musiques pour ballets. Le double et l’ambivalence que fusionne la première danseuse ici, fascine le compositeur, jusqu’à incarner aussi son propre secret intime.

cygnes_lac_noureev_tchaikovskiAprès les chorĂ©graphes Marius Petipa et Lev Ivanov qui soulignent l’impossibilitĂ© de l’amour attirant un prince terrestre et une princesse-oiseau, Piotr Illytich Tchaikovski crĂ©e au Théâtre du BolchoĂŻ Ă  Moscou, en mars 1877 sa propre vision du ballet. Pour l’OpĂ©ra de Paris, Rudolf Noureev reprend le travail des chorĂ©graphes prĂ©cĂ©dents ; il offre une nouvelle conception (freudienne) et une esthĂ©tique rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e (en 1984), oĂą le profil masculin du Prince, opposĂ© Ă  la figure dĂ©moniaque et manipulatrice de Rothbart, gagne une nouvelle Ă©paisseur. Ce prince a-t-il rĂ©ellement rencontrĂ© le cygne blanc ? Ne rĂŞve-t-il pas simplement en un fantasme inquiĂ©tant qui le ronge de l’intĂ©rieur ? C’est toute la force de la lecture Noureev : en rĂŞvant au cygne blanc saisi en plein vol par l’ange noir (tableau prĂ©liminaire), le Prince (Tchaikovski) ne fait-il pas le deuil de sa propre innocence ? N’exprime-t-il pas le point de dĂ©chirure intĂ©rieure qui est liĂ© au terrible mensonge qu’est sa propre vie ? Première partie : 1h20 / Deuxième partie : 1h10 mn. DĂ©cors : Ezio Frigerio / costumes : Franca Squarciapino. La prĂ©sente version bĂ©nĂ©ficie de l’excellente performance du danseur Ă©toile Germain Louvet qui obtenait en 2016 son titre Ă©toilĂ©, après la reprĂ©sentation du lac des cygnes oĂą il incarnait la figure tourmentĂ©e et maudite du Prince tiraillĂ©. Dommage que la direction musicale demeure quant Ă  elle d’un kitsch confinant Ă  la lourdeur…

 

 

 

 

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VOIR la captation vidéo complète EN REPLAY jusqu’au 5 avril 2020 :
https://www.operadeparis.fr/magazine/le-lac-des-cygnes-replay

 

 

LOUVET-BAULAC-lac-des-cygnes-tchaikovski-ballet-critique-classiquenewsCHORÉGRAPHIE : Rudolf Noureev
MUSIQUE : Piotr Ilyitch TchaĂŻkovski
DIRECTION MUSICALE : Valery Ovsyanikov
avec, dans les rôles de solistes, Léonore Baulac Odette / Odile), Germain Louvet (le Prince Siegfried) et François Alu (Rothbart). Le pas de trois (hommes) : Paul Marque…

 

 

 

 

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VOIR le TEASER du Lac des Cygnes par l’Opéra national de Paris / Tchaikovsky / Noureev
https://www.operadeparis.fr/saison-18-19/ballet/le-lac-des-cygnes

COMPTE-RENDU, ballet. PARIS, ONP, le 5 fév 2020. ADAM : Giselle. Corelli, Perrot, Petitpa, Bart, Polyakov. Baulac…

giselle adam paris baulac kessels ballet critique classiquenews fev 2020COMPTE-RENDU, ballet. PARIS, OpĂ©ra National de Paris, le 5 fĂ©vrier 2020. Giselle. Corelli, Perrot, Petitpa, Bart, Polyakov, chorĂ©graphie. LĂ©onore Baulac, Germain Louvet, Etoiles. Ballet de l’opĂ©ra. Adolphe Adam, musique. Retour de Giselle, ballet romantique par excellence, Ă  l’OpĂ©ra National de Paris. Le chef spĂ©cialiste Koen Kessels est Ă  la direction de l’Orchestre Pasdeloup, dĂ©sormais habituĂ© du Palais Garnier, et en très bonne forme le soir de notre venue. Les jeunes Etoiles LĂ©onore Baulac et Germain Louvet interprètent les rĂ´les protagonistes, accompagnĂ©s des Premiers Danseurs François Alu et Hannah O’Neill pour un quatuor principal de grand impact !

 

 

Reprise de Giselle à l’Opéra national de Paris

Giselle ou l’amour de l’Art

 

 

 

La soirĂ©e commence avec une annonce et diffusion d’un texte plein d’injonctions aux public : les syndicalistes de l’opĂ©ra nous expliquent qu’on aura droit Ă  la reprĂ©sentation ce soir, comme si c’était un cadeau quelque part, et qu’on a Ă©tĂ© priĂ© d’écouter avec « bienveillance ». 80 % de l’auditoire a rĂ©compensĂ© l’effronterie pĂ©remptoire des fortes huĂ©es et ahurissements. Il paraĂ®t que le public voulait regarder un ballet oĂą la prima ballerina « meurt d’amour » Ă  cause de la faussetĂ© d’un Duc qui lui fait croire qu’il l’aime et que leur amour aura un avenir plus grand que sa lâchetĂ©, toute monarchique… Il l’a eu, son ballet, le public… mais non sans ce prĂ©lude, Ă  la fois niais et sournois, d’allure ChĂ©-Guevariste, des syndicats. On nous laisse voir le spectacle, mais non sans rappel que LA LUCHA SIGUE. « Bonne reprĂ©sentation ». Nous ne remercions pas pour cette introduction ridicule Ă  une histoire tragique.

Le nouveau Premier Danseur Pablo Legasa annoncé au départ dans le pas de deux des paysans a été remplacé selon le feuillet de distribution par le Coryphée Andrea Sarri. Or, le dernier est finalement remplacé par le tout aussi nouveau Premier Danseur Francesco Mura. Si la soirée commence avec ces faits divers bien théâtraux, nous sommes heureux en termes généraux de la performance qui a eu lieu. Bien qu’Adam ne soit pas Tchakovsky, la partition de ce ballet est beaucoup plus amusante et riche que la plupart des musiques, souvent russes, des ballets romantiques. Dans ce sens l’Orchestre Pasdeloup sous la direction du chef Koen Kessels est très en forme et offrent une prestation tout à fait dynamique et entraînante; remarquons les magnifiques performances des bois et des cordes.

Giselle est le ballet des amoureux de la danse romantique. L’histoire simple de Théophile Gautier d’après le folklore allemand est un excellent prétexte à la danse. Germain Louvet, Etoile, est un Albrecht romantique et princier à souhait. Il se distingue tout particulièrement lors de l’acte blanc, avec ses entrechats si interminables qui inspirent les louanges de l’auditoire. Léonore Baulac, Etoile, est une Giselle intéressante. Nous découvrons ce soir ses talents d’actrice, avec une caractérisation de la naïveté paysanne tout à fait charmante, et surtout une folie et un abandon dramatique impressionnants au moment de sa mort au premier acte. Si nous sommes plus habitués à la voir dans un répertoire néoclassique et contemporain (qui lui va très bien), nous sommes tout à fait sensibles ce soir à l’excellence de ses pointes, par exemple. Hannah O’Neill dans le rôle de la Reine des Wilis impressionne tout autant par ses pointes et ses diagonales, ainsi que par son extension insolente et une prestance noble, glaciale, imposante qui correspond magistralement au rôle. François Alu, Premier Danseur, est un Hilarion idéal ! La danse sans fin de sa mort, punition des Wilis au deuxième acte, impressionne. L’énergie est idéale et le dynamisme, bondissant !

Le pas des deux des paysans par Franceso Mura et Charline Giezendanner ne laisse pas indifférent l’auditoire. La danseuse offre une première variation intéressante ; lui coupe le souffle avec des sauts impressionnants (mais aussi avec des atterrissages dangereux, notamment lors de la deuxième variation). Leurs efforts sont bien évidemment vivement récompensés d’applaudissements. Le Corps de Ballet est tonique et délicieusement pompier au premier acte, et surtout très digne et fantomatique au dernier acte, l’acte blanc. Superbe production. Souhaitons bon vent à la troupe, malgré la grève qui pèse encore sur la suite des représentations la première a été annulée).

Un ballet des amoureux de la technique et de la danse romantique, encore à l’affiche au Palais Garnier de l’Opéra de Paris encore les 8, 9, 11, 12, 13, 14 et 15 février 2020. Incontournable.

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Compte rendu, ballet. Paris. OpĂ©ra National de Paris, le 5 fĂ©vrier 2020. Giselle. Corelli, Perrot, Petitpa, Bart, Polyakov, chorĂ©graphie. LĂ©onore Baulac, Germain Louvet, Etoiles. Ballet de l’opĂ©ra. Adolphe Adam, musique.