CD, coffret événement, annonce. BERLIOZ : the complete works (27 cd Warner classics).

BERLIOZ hector the complete works integrale cd berlioz 2019 Warner classics critique annonce review par classiquenews 50583702_10156825611121181_2459893251214147584_nCD, coffret événement, annonce. BERLIOZ (27 cd Warner classics). Mort à Paris le 8 mars 1869, Hector Berlioz ressuscite en cette année 2019 pour le 150è anniversaire de sa mort. La France qui le boude toujours, en particulier à l’opéra et au concert, continue étrangement de jouer davantage Brahms, Mendelssohn, Schumann, et tous les auteurs romantiques germaniques, sans omettre Wagner… Il serait temps de rétablir en France, le génie des Romantiques français à l’opéra et dans les salles de concert, à commencer par le premier d’entre eux, Berlioz, auteur fabuleux et sublime qui en 1830, obtient le premier prix de Rome (après 3 tentatives soutenues par Lesueur) et aussi réinvente la symphonie après Beethoven, Mozart et Haydn, avec sa Fantastique, opus à la fois autobiographique, mais au vocabulaire neuf, et au souffle poétique inédit.

berlioz-150-ans-berlioz-2019-dossier-special-classiquenewsAprès le LSO, London Symphony Orchestra et l’intégrale des enregistrements réalisés par Colin Davis (coffret LSO Berlioz The Odyssey, édité en décembre 2018), le pionnier de la renaissance berliozienne (Berlioz Revival), voici un second coffret événement – édité par Warner classics ce 2 février 2019, qui démontre en 27 cd, toutes les facettes du génie Berliozien. Le livret de 164 pages réunit les dernières sources de réflexion de la recherche concernant aussi l’auteur des Nuits d’été et des premières mélodies dignes de ce nom : quand il ne recrée pas la magie des instruments seuls dans le vaste bouillon symphonique, Berlioz sait aussi réconcilier drame, chant, poésie : c’est un dramaturge né, virtuose des fresque épiques. Le Romantique épris de Beethoven, Weber, Spontini, fut aussi un fervent militant de Gluck et de Virgile comme de Shakespeare : moderne et visionnaire, Berlioz demeure un grand classique.
Voilà ce que nous dévoile la passionnante collection d’enregistrements de ce coffret de 27 cd. Incontournable. Prochaine grande critique dans le mag cd dvd livres de CLASSIQUENEWS

Points forts
du coffret HECTOR BERLIOZ, the complete works – 27 cd WARNER

Partitions clés :
Les Troyens par John Nelson
Symphonie Fantastique / Lélio par Jean Martinon
Les Nuits d’été par Janet Baker et John Barbirolli
L’Enfance du Christ par John Eliot Gardiner
La Damnation de Faust par Kent Nagano

Premières mondiales :
Fragments de La Nonne sanglante (version de 2018 avec Véronique Gens).
Le temple universel, 1861.
Le dépit de la bergère, circa 1819.
2 Fugues, 1826 et 1829 pour orgue.

Les premiers enregistrements BERLIOZ
dont La Damnation de Faust – Maurice Renaud, 1901 (« Voici des roses », sérénade de Méphistophélès : « devant la maison »…) ; Didon par Marie Delna et Félia Litvine : Symphonie fantastique par Rhené-Baton (1924)…

LIRE aussi notre grand dossier BERLIOZ 2019

Martinon à Chicago : l'âge d'or !JALON MAJEUR : Le diptyque Symphonie Fantastique / Lelio par Jean Martinon (Paris, 1974 – dans le coffret BERLIOZ WARNER classics – cd2). Fleuron de la somme discographique WARNER classics, la Fantastique de l’insurpassable Jean Martinon, pilotant avec une acuité vive, d’une ivresse absolue et en une urgence extatique, l’Orchestre national de l’ORTF. La vision d’avril 1974 dépasse tout ce que l’on a écouté jusque là : clarté miraculeuse, phrasés d’une rare éloquence, brillant intérieur, sans démonstration ni pathos ; la précision et la profondeur sont jubilatoires. La sensibilité instrumentale du chef supermaestro se dévoile dans la conception esthétique même du Bal où rayonne le clairon au dessus de l’orchestre, soulignant ce goût du timbre et de la couleur propre au Français. Le chef sonde chaque phrase, cherche à exprimer son enjeu, son sens profond. La palette des émotions, l’implosion des affetti, et passions du Romantique Berlioz sont ciselées, exacerbées, articulées surtout avec une sincérité saisissante. Après le volet plus connu de la Fantastique, le chef joue enchaîné Lelio, le second volet, plus « bavard », chanté (Nicolai Gedda, assez distancié et comme peu engagé), mais avec le choeur funèbre des ombres (Froid de la mort) qui avant les Troyens, développe ce thème de la grande déploration collective, thème cher au cœur éprouvé d’Hector. Mais en créateur délivrant des messages autobiographiques d’importance, Berlioz dans Lélio réinvente le genre symphonique, assemble des séquences ailleurs sans lien : monologue parlé, ballade/mélodie d’Horatio (L’onde frémit), chanson de brigands (qui rappelle probablement ses années d’errance en Italie, les plus heureuses de sa jeune vie de pensionnaire et lauréat du Prix de Rome…). Homère, Ossian, Shakespeare sont ainsi proclamés, célébrés tels ses dieux et ses poètes mentors, les seuls qui inspirent son œuvre musicale. L’auditeur apprend donc beaucoup en (re)découvrant ses diptyque : Fantastique / Lelio (ou le retour à la vie). D’autant que cynique et ironique, Berlioz l’insoumis, fustige aussi le goût étroit des faux critiques et juges académiques. Martinon embrasse la pluralité d’un massif symphonique hors normes ; il lui injecte son acuité expressive, sa profondeur poétique. De sorte que nous avons là la lecture la plus convaincante du cycle berliozien. Magistral.

Approfondir : LIRE aussi notre présentation du coffret JEAN MARTINON / CD, coffret événement. Jean Martinon : the late years : 1968 – 1975. Roussel, Dukas, Lalo, Berlioz, Falla, Poulenc, Ibert, Honegger, Schumann, Tchaikovski, Brahms… 14 cd. CLIC de classiquenews de septembre 2015

 et aussi :

 

 

martinon-jean-complete-recordings-chicago-symphony-orchestra-1964---1969-10-cd-box-CLIC-de-classiquenews-mars-2015-compte-rendu-critiqueCD. Jean Martinon (1910-1976) : Chicago Symphony Orchestra. The complete recordings (10 cd RCA Sony classical. 1964-1969). Le coffret Sony classical regroupe quelques unes de perles inestimables du Martinon américain alors au sommet de sa vibrante sensibilité orchestrale, comprenant la fin de son engagement à la direction musicale du Chicago Symphony Orchestra soit 10 albums, édités dans leurs pochettes et présentations recto / verso d’origine, entre 1964 et 1969 (avec toutes les notices originelles). Le chef qui devait ensuite (1969 à 1973) se dédier au National de France, laisse ici une empreinte forte de son héritage symphonique. A ceux qui pensent que son activité à Chicago ne fut qu’un passage, l’écoute des bandes témoignent d’une finesse d’approche irrésistible, Martinon opérant par clarté, mesure, équilibre, transparence, réussissant dès le premier album (Ravel et Roussel, les piliers de son répertoire) une plénitude de son et une profondeur dans l’approche, idéales. La suite n°2 de Bacchus et Ariane saisit par sa langueur élégantissime, aux résonances de l’ombre, une lecture introspective d’une infinie poésie qui fouille jusqu’à la psychanalyse le dialogue du dieu et de son aimée enivrée….

 

Comments are closed.