CD, annonce : Antonio Bertali, La Maddalena. Scherzi Musicali. Nicolas Achten, direction (1 cd Ricercar, 2015)

CD, annonce : Antonio Bertali, La Maddalena. Scherzi Musicali. Nicolas Achten, direction (1 cd Ricercar, 2015). Enregistré en Belgique en février 2015, l’enregistrement de La Maddalena d’Antonio Bertali démontre les qualités expressives de l’ensemble Scherzi Musicali, déjà constatées dans leurs gravures précédentes : Catena d’Adone de Domenico Mazzocchi, 2010 ; Il Pianto d’Orfeo, 2013. Mais ce nouveau travail affirme une nouvelle maturité du groupe. Caractérisation affûtée pour la langueur sombre et un certain dolorisme, autant aux instruments que dans le chant des voix : l’oratorio fervent, construit comme une ample lamento que Bertali livre à Vienne en 1663 accrédite évidement le goût hautement italien de la Cour impériale Habsbourg. Le baryton Nicolas Achten (et directeur musical de l’ensemble) met en regard les Å“uvres sur le même thème de la repentie, conçues par Monteverdi, Effrem, Guivizzani, Salomone Rossi et Domenicho Mazzochi (dont du Lagrime Amare de 1638, les larmes de Madeleine, exprimées en contournements harmoniques dissonants d’une ineffable langueur…). Autant de courtes sections qui pourraient bien avoir été intégrées dans la continuité d’une reprise de l’oratorio de Bertali à Mantoue…

 

 

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CLIC_macaron_2014ACUITE LINGUISTIQUE ET JUSTESSE POETIQUE DES SCHERZI MUSICALI… Il en ressort un programme dédié à la ferveur implorante du premier baroque italien à Vienne, à Rome, … L’Å“uvre de Bertali s’inscrit dans la tradition essentielle au moment de la Semaine Sainte, des Sepolcri, oratorios de douleurs, célébrant le Sacrifice de Jésus au moment de Pâques. De nombreuses gravures ont illustré la richesse de cette forme musicale et sacrée propre à la Vienne du XVIIè : Valentini, Sances, Draghi, et donc Bertali dont La Maddalena est construite en trois temps / parties : évocation allégorique, puis et c’est le plus réussi dans ce recueil défendu par Scherzi Musicali, confrontation, exaltation des deux Marie : Marie et Marie-Madeleine ; enfin, conversation, monologue, émois partagés des deux pêcheurs (excellents David Szigedvvari, ténor et Nicolas Achten dont le sens du texte articulé, ciselé offre une caractérisation vivante voire palpitante de la situation et de sa signification sacrée). La partition au moment de la représentation doit édifier l’auditeur et le spectateur (car ici, la scène représente à Vienne le Sépulcre et le miracle de la Résurrection qui y est central dans la méditation collective qui se précise de séquence en séquence…). Si l’on avait pu regretter un manque de certitude, un aplomb individuel comme collectif dans certaines de leurs réalisations antérieures, chanteurs et instrumentistes des Scherzi Musicali atteignent dans ce programme Bertali une étonnante maîtrise de la caractérisation linguistique ; le choix de chaque soliste pèse de tout son poids identitaire fort : Marie et Madeleine exhortant, hallucinées (Deborah Cachet, Lucina Mancini aux tempéraments suaves, incarnés, irrésitibles) ; duo palpitant entre les deux chanteurs ténor et baryton ci dessus nommés). C’est de loin la meilleure réalisation des Scherzi Musicali. L’appel des vanités en fin de partition, l’exhortation à l’humilité n’en ont que de plus âpres attraits : “Sache, ô mortel, qu’à la fin, il ne reste plus / Que pénitence, terreur, sépulcre et vermine“… concluent mes deux Pêcheurs, rejoints par les deux Marie en un quatuor saisissant. L’effroi soustend la langueur ; le lugubre, la sensualité rayonnante. Tout cela est très bien compris des solistes réunis autour de Nicolas Achten…

 

 

Critique complète et développée à venir dans le mag cd dvd livres de classiquenews.com. CLIC de CLASSIQUENEWS d’avril 2016.

 

 

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