Vespro della Beata Vergine au Puy en Velay

Vierge assomption assunta titien assomption assuntaTiziani,_assunta_04PUY-EN-VELAY : Vespro della Beata Vergine, les 16 et 17 aoĂ»t 2016. Le 50Ăšme festival de La Chaise Dieu inaugure son cycle commĂ©moratif en jouant Ă  deux reprises l’arche sacrĂ©e conçue par Monteverdi en 1610. Une partition expĂ©rimentale oĂč le compositeur baroque affirme un gĂ©nie unique, capable de renouveler les formes musicales comme les effectifs pour une plus grande expressivité  2 concerts Ă©vĂ©nements. Concerts d’ouverture de la 50Ăšme Ă©dition du Festival de la Chaise-Dieu (du 18 au 28 aoĂ»t 2016)

 

 

Vespro della Beata Vergine
VĂȘpres Ă  la Vierge
Festival de la Chaise Dieu
les 16 et 17 août 2016, 21h
Cathédrale Notre-Dame
Le Puy en Velay

Claudio Monteverdi : Vespro della Beata Vergine, 1610

Prolongeant en musique les festivitĂ©s du JubilĂ© de Notre-Dame du Puy et en prĂ©lude Ă  sa 50e Ă©dition, le Festival investit pour la premiĂšre fois la splendide CathĂ©drale, oĂč le chef-d’oeuvre de Monteverdi rĂ©sonnera devant la cĂ©lĂšbre Vierge noire.

Maßtrise de la Cathédrale du Puy-en-Velay
Choeur d’adultes du Centre de musique sacrĂ©e du Puy-en-Velay
Ensemble Consonance
FRANÇOIS BAZOLA, direction

 

 

 

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UNE ARCHE MONUMENTALE pour quitter MANTOUE
 Les VĂȘpres sont l’aboutissement d’une maĂźtrise. Monteverdi en homme qui connaĂźt sa dramaturgie – il l’a magistralement dĂ©montrĂ© avec son Orfeo de 1607, lequel fixe un premier modĂšle pour le genre de l’opĂ©ra naissant-, dĂ©ploie avec un sens non moins sĂ»r et mĂȘme somptueux, toute la science musicale dont il est capable en cette annĂ©e 1610. La pluralitĂ© des effets, la diversitĂ© des modes et des effectifs requis pour les 14 piĂšces composant cette ample portique dĂ©diĂ© Ă  la Vierge impose un tempĂ©rament exceptionnel, autant mĂ»r pour le thĂ©Ăątre que pour l’église. Le dĂ©sir de dĂ©montrer ses compĂ©tences est d’autant plus important qu’il souffre de sa condition de musicien Ă  la Cour des Gonzague de Mantoue. Les relations avec son employeur, le Duc Vincenzo de Gonzague ne sont pas parfaites, pire, son patron est un mauvais payeur. A peine estimĂ©, Monteverdi doit supplier pour ĂȘtre payĂ©. Les VĂȘpres sont bien l’acte accompli et mesurĂ© d’un musicien courtisan qui recherche un nouveau protecteur, des conditions et un mode de vie plus agrĂ©ables. DĂ©jĂ  avant Mozart, le Monteverdi des VĂȘpres est un homme peu reconnu, du moins pas Ă  la mesure de son gĂ©nie, une figure « gĂąchĂ©e » de la musique de son temps.

GENESE
 Avant d’ĂȘtre le Vespro que nous connaissons aujourd’hui, l’oeuvre religieuse qui nous concerne a vĂ©cu sous une premiĂšre forme, non liĂ©e au culte virginal. Monteverdi aprĂšs la mort du maĂźtre de la chapelle de la Basilique Palatine de Santa Barbara Ă  Mantoue, – Gastoldi, dĂ©cĂ©dĂ© en 1610-, se met sur les rangs pour offrir ses services. Il souhaite diriger officiellement l’activitĂ© d’une institution musicale sacrĂ©e digne de sa qualitĂ©. Mais lĂ  encore les autoritĂ©s mantouanes en dĂ©cidĂšrent autrement et le musicien dĂ©pitĂ©, transforma son Ɠuvre qui faisait initialement les louanges de Sainte-Barbe Ă  laquelle par exemple le motet Duo Seraphin – absolument Ă©tranger au culte de la dĂ©votion mariale-, renvoie immanquablement. Autour du premier axe dĂ©veloppĂ© sur le thĂšme de la Sainte locale, Monteverdi ambitionne une Ɠuvre plus spectaculaire dĂ©diĂ©e Ă  la Vierge pour saisir l’attention d’autres possibles mĂ©cĂšnes et patrons.

MaĂźtre de chƓur du Duc Vincenzo de Gonzague, depuis 1595, Monteverdi a le sentiment de vĂ©gĂ©ter Ă  Mantoue. C’est pourquoi, il reprend totalement son Ɠuvre premiĂšre, y combine tout ce qu’il lui semble tĂ©moigner Ă  cette date, de son Ă©blouissante maestriĂ . Selon son assistant Ă  Mantoue, Bassano Cassola, le compositeur ambitionnait d’aller lui-mĂȘme apporter un exemplaire au Pape Paul V Ă  Rome, Ă  qui d’ailleurs, le recueil des VĂȘpres est dĂ©diĂ©. Au final pas de poste nouveau au sein d’une Ă©glise prestigieuse. Il lui faudra encore attendre trois annĂ©es, quand il sera pressenti pour diriger la chapelle du Doge Ă  Venise, au sein de la Basilique San Marco. Pour le concours et l’audition de principe, le matĂ©riel Ă©clectique et foisonnant de ses VĂȘpres lui sera trĂšs probablement utile.

La qualitĂ© et la fascination de la partition, qui n’a peut-ĂȘtre jamais Ă©tĂ© jouĂ©e d’un seul tenant comme les interprĂštes baroques ont coutume de le faire aujourd’hui du vivant de l’auteur, apparaissent clairement dans l’alliance de l’ancien et du moderne dont Monteverdi fait une arche entre deux mondes. Le compositeur offre une synthĂšse quasi encyclopĂ©dique de toutes les formes possibles Ă  son Ă©poque. Les VĂȘpres de ce point de vue, dessinent une superbe passerelle Ă©difiĂ©e pour la rĂ©conciliation de deux tentations ou deux directions esthĂ©tiques et musicales, apparemment antinomiques.
Le passĂ© et l’avant-garde ici dialoguent. Cette facilitĂ© est Ă  la fois troublante et totalement convaincante. Tradition ancestrale hĂ©ritĂ©e du GrĂ©gorien avec son cantus firmus, avec le plain-chant aussi (Sonata sopra sancta Maria), d’un cĂŽtĂ© ; libertĂ© du geste vocal, en solo (Nigram sum pour tĂ©nor), ou en duo (Pulchra es pour deux sopranos), par exemple, de l’autre, dont les hymnes incantatoires, la projection dramatique du texte (l’écho de l’Audi Caelem sur le nom de Maria, rĂ©pĂ©tĂ© comme une incantation obsessionnelle et tendre Ă  deux voix
) dĂ©signe en pleine fresque paraliturgique, le dramaturge dont la magie fut capable d’inflĂ©chir les Ăąmes les plus insensibles, par le chant de son Orfeo de 1607. L’opĂ©ra n’est pas loin de la ferveur virginale. Disons mĂȘme qu’il s’invite Ă  l’église. Le Vespro est bien l’archĂ©type des grandes messes et cĂ©lĂ©brations religieuses baroque Ă  venir, prĂ©ludant Ă  Bach, Haendel, Vivaldi.

Monteverdi_claudio_portrait_claudio_monteverdi_1_hiA 43 ans, Claudio le Grand affirme son art de la synthĂšse, son intuition innovatrice, une vision grandiose qui confine Ă  un langage universel. Avec le Vespro, le musicien se rĂ©vĂšle comme le penseur le plus gĂ©nial de son Ă©poque. Mais la partition n’était qu’une Ă©tape qui le mĂšnera vers les deux ouvrages de la pleine maturitĂ©. Une contradiction ou une singularitĂ© qui lui est spĂ©cifique, entre le profane et le sacrĂ©, se prĂ©cise. Musicien des divertissements et du thĂ©Ăątre pour la Cour ducale de Mantoue, il Ă©crit le chef-d’oeuvre des grandes cĂ©lĂ©brations sacrĂ©es. MaĂźtre de chapelle Ă  partir de 1613 pour le Doge de Venise , il composera pour la scĂšne lyrique, le Couronnement de PoppĂ©e puis le Retour d’Ulisse dans sa patrie qui marque sur le plan profane cette fois, un nouvel accomplissement aprĂšs les VĂȘpres. Sous la voĂ»te de San Marco, sur la scĂšne des thĂ©Ăątres d’opĂ©ra de Venise, l’homme transmet un mĂȘme tĂ©moignage, saisissant d’émotion et de vĂ©ritĂ©.

 

 

ASSOMPTION DE MARIE. Assomption de Marie. AppelĂ©e « Dormition » dans l’église orthodoxe d’Orient, l’Assomption de la Vierge indique la montĂ©e au ciel de l’ñme et du corps de Marie, sans connaĂźtre corruption ni putrĂ©faction. Le miracle est liĂ© Ă  la nature divine de la Sainte MĂšre et au dogme de l’ImmaculĂ©e Conception ; au ciel, Marie est accueillie par son Fils JĂ©sus. Le 15 aoĂ»t cĂ©lĂšbre en France l’apothĂ©ose cĂ©leste de la Vierge Ă  laquelle Louis XIII au dĂ©but du XVIIĂšme, n’avait cessĂ© de consacrer une dĂ©votion personnelle aprĂšs la naissance de son fils tant attendu, Louis, futur Roi Soleil.

 

 

 

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