Versailles. Chapelle Royale, le 12 décembre 2012. Noël à la Chapelle Royale. Charpentier, Corrette, Corelli… Amsterdam Baroque Orchestra & Choir. Ton Koopman, direction

Comme beaucoup de programmateurs et parce que la beauté intemporelle des lieux s’y prête particulièrement bien, Versailles Spectacles, programme chaque année un concert de l’avent, intitulé « Noël à la Chapelle Royale ». Cette année, c’est Ton Koopman qui se prête à l’exercice et disons le tout de suite, le résultat bien que charmant n’a pas été à la hauteur des interprètes ni des lieux.


Noël à la Chapelle

Si dans Bach, et d’ailleurs le bis est venu nous le rappeler, le chef et son ensemble sont vraiment merveilleux, dans la musique française, ils n’ont pas réussi à nous convaincre. A aucun moment l’émotion n’a vraiment été présente, la noblesse de cette musique ne s’est vraiment affirmée. Il faut dire que le programme était étrangement conçu et présentait des faiblesses qui laissent dubitatifs.

Si déjà la présence du Te Deum de Charpentier peut surprendre, il est encore plus étonnant d’entendre un pastiche des 4 Saisons de Vivaldi, de Michel Corrette. Le « Laudate Dominum de coelis » de ce compositeur est une pièce charmante. Certes elle amuse le public et elle demande vocalement une grande souplesse à la soprano, qui ici sortie du chœur fait ce qu’elle peut, mais ne dispose pas toujours des moyens nécessaires pour l’interpréter. Mais n’existe-t-il pas d’autres œuvres et d’autres compositeurs français qui trouveraient mieux leur place dans un programme destiné à évoquer les fastes de la Chapelle Royale ? Entre cette faiblesse de l’œuvre et son interprétation somme toute très brouillonne, le concert s’est ainsi trouvé déséquilibré par un tel choix.

Qu’en a-t-il été du reste de la soirée ? Des difficultés de mise en place du chœur dans la Messe de Minuit et un Te Deum pris sur des tempi extrêmement rapides, n’ont pas laissé se déployer la majesté attendue. En revanche, les musiciens de l’Amsterdam Baroque Orchestra ont fait preuve d’une grande virtuosité, offrant des couleurs soyeuses au chœur. Dans le Te Deum, la trompette brillante de Dave Hendry se distingue. Des flûtes et hautbois élégiaques, le violoncelle sensible de Werner Matzke et dont la complicité souriante avec la violiste Esme de Vrisme a créée des instants enchanteurs, les superbes phrasés du basson Wouter Verschuren sont autant de qualités qui nous font regretter le choix d’un programme qui n’est pas celui où l’Amsterdam Baroque Orchestra et son chœur excellent le plus.

Et c’est justement dans le fameux bis extrait d’une cantate de Bach que l’on en a pris toute la mesure. Quelques instants d’une flamboyance quasi irréelle, où le temps a suspendu son vol et où les Anges musiciens surmontant l’orgue ont semblé fusionner leur chant à celui des chanteurs de l’Amsterdam Baroque Choir.

Versailles. Chapelle Royale, le 12 décembre 2012. Noël à la Chapelle Royale. Marc Antoine Charpentier (643 – 1704) : Messe de Minuit, Te Deum ; M Corrette : Laudate Dominum de coelis. Psaume 148 ; Arcangelo Corelli (1653 – 1713) : Concerto grosso op.6 nr. 8 ‘fatto per la notte di Natale ; Louis Claude Daquin (1694 – 1772) : Noëls (arr. Ton Koopman) – Quand Jésus naquit à Noël- A la venue de Noël- Noël Suisse ; Amsterdam Baroque Orchestra & Choir ; Direction, Ton Koopman.

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