vendredi, décembre 9, 2022

Verdi à Paris: Don Carlos (1866-1867) Mezzo, le 18 mars 2009 à 12h40

A ne pas rater
Verdi à Paris

Don Carlos
, 1866-1867

Mezzo


Mercredi 18 mars 2009 à 12h40

Documentaire. Réalisation: Anne Imbert (2004, 26 mn).

A portée de Paris: Verdi.
Ce petit film appartient à la collection « A portée de Paris… », dédiée au souvenir d’un compositeur de génie dans la capitale française, occupé à travailler sur une oeuvre d’importance: Après Maurice Ravel ou Wolfgang Amadeus Mozart, voici donc Verdi à Paris.

Comme Mozart, l’expérience et le séjour de Verdi à Paris (en 1866-1867, pour l’écriture du livret, la composition et les répétition de Don Carlos, se solde par le sentiment d’une incompréhension: le compositeur âgé de ans, s’ennuie dans les théâtres, surtout ne se sent pas proche de l’esprit de système et des intrigues qui règne au sein du milieu musical. Avant d’être sollicité pour un nouvel ouvrage par le directeur de l’Opéra de Paris, Perrin, Verdi, porté par le succès de son opéra précédent (La Force du Destin), avait refusé d’écrire pour la grande boutique, dénonçant l’usage des collusions douteuses sévissant à Paris: il est vrai que madame Meyerbeer avait coutume d’acheter les critiques en leur offrant tabatières, broches… pour que leurs papiers soient favorables à la musique de son mari (!).


Ville détestée




Fidèle à son concept le documentaire d’Anne Imbert, réalisé et monté en 2004
présente 1 lieu, 1 oeuvre, 1 compositeur. A Paris, Verdi occupé par Don Carlos s’installe dans le quartier trépidant et luxueux de la capitale, au 65 avenue des Champs Elysées. Le quartier est celui des palaces mythiques (le Claridge…), des hôtels parisiens somptueux (l’hôtel de la Païva). Alfan aménage les parterres végétaux des allées et promenades situés entre le rond-point des Champs Elysées et la Concorde. C’est l’époque des fastes urbains où le Doyen s’élève dans un style néo pompéien, où les « bouffes d’été » (actuel Théâtre Marigny) s’offrent au plaisir des parisiens…
Il ne reste aujourd’hui plus rien de l’appartement Second Empire que le compositeur habita à Paris. Les bureaux occupent la place. La caméra évoque ce qui fut un calvaire pour le musicien: faire représenter son opéra dans une ville peu admirée, dans un pays qui vient d’annexer une partie de l’Italie…
Or le quartier dans lequel Verdi, qui habite à Santa Agata, se fixe, est celui de l’ostentation et du déballage: l’exposition universelle de 1867 qui s’étale sur le champs de Mars, permet à l’Empereur d’inviter ses hôtes de marque pour leur « vendre » la grandeur française: en particulier la beauté des architectures urbaines orchestrées par Hausmann.

A contrario de cet esprit insouciant, Verdi présente aux français l’un des opéras les plus politiques, où les destins solitaires sont rongés par une amertume et un idéal avortée. Elisabeth de Valois qui ne peut donc aimer Carlos, se dresse dans une dignité blessée qui cependant renforce la soif de justice de son secret amour; Posa, héros romantique admirable ( la pièce s’inspire de Schiller) meurt sacrifié sur l’autel du pouvoir; Don Carlos déteste son père qui lui a ravi son aimée, et qui a tué son ami…
Le portrait est sans espérance: les puissants tiennent le monde, plus avides et jaloux de leur pouvoir que soucieux du bien et de la justice. Triste constante. Pour Verdi, l’épreuve de Don Carlos, dont le livret fut rédigé en français et la musique composée à partir du texte préalable, ressemble à un douloureux épisode.

Illustrations: Verdi, Don Carlos, Infant d’Espagne par Velasquez (DR)

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