IPHIGÉNIE en huis clos familial… Le metteur en scène russe Dmitri Tcherniakov, après avoir réécrit à Aix les opéras de Mozart, aborde à l’été 2024 les deux Iphigénies de C. W. GLUCK (en Aulide, puis en Tauride) – dont il fait un diptyque en une seule soirée. Pour relever ce défi lyrique, la soprano américaine Corinne Winters incarne les deux Iphigénies, bouleversante figure féminine qui ose s’insurger contre l’injustice divine…
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Photo : Corinne Winters incarne les 2 Iphigénies de Gluck © Monika Ritterhaus / Arte
Depuis le Grand Théâtre de Provence, Dmitri Tcherniakov aborde deux opéras français du Chevalier Gluck. Un défi lyrique qui est aussi une performance théâtrale pour le metteur en scène, vocale, pour l’héroïne Atride, appelée à incarner les deux Iphigénies. Au pupitre, la cheffe d’orchestre Emmanuelle Haïm et, dans le double rôle-titre, la soprano Corinne Winters. Première pièce : la flotte de l’armée grecque, conduite par Agamemnon, vogue vers Troie (pour y libérer Hélène). Mais le vent fait défaut et Diane, la déesse de la chasse, réclame le sacrifice d’Iphigénie, la fille du roi mycénien… Seconde pièce : Iphigénie cauchemarde : elle a vu sa mère, Clytemnestre, assassiner son père, tandis qu’elle-même tuait Oreste, son frère. Thoas, le roi des Scythes, alarmé par l’oracle qui lui a prédit qu’un étranger causerait son trépas, a ordonné que toute personne arrivant en Tauride soit mise à mort… Ainsi Gluck met en musique les 2 visages d’Iphigénies : victime en Aulide mais chasseresse en Tauride (pourchassant son frère Oreste, meurtrier de leur mère Clytemnestre…).
Victime et bourreau
La malédiction des Atrides inspire Gluck qui après Vienne, triomphe à Paris en réformant propre aux années 1770, l’opéra français du XVIIIè. Iphigénie, la fille de Clytemnestre et d’Agamemnon, en guerre contre les Troyens, est tour à tour victime (Iphigénie en Aulide, 1774) et bourreau (Iphigénie en Tauride, 1779). Plongeant le spectateur dans la demeure familiale, hantée par ses morts, Tcherniakov pour lequel le noyau familial a toujours été le cadre des intrigues tragiques (et obsessionnelles), déploie « un processus de déshumanisation aux résonances contemporaines ». Le spectacle s’inscrit dans un cycle de violence sans fin – elle réunit autour de la soprano américaine Corinne Winters dans le double rôle-titre, plusieurs solistes français de premier plan…
ARTE, sam 29 et dim 30 août 2026, 00h15. Le deux opéras Iphigénies de Gluck en une seule soirée au Grand Théâtre de Provence, Festival d’Aix en Provence 2024. Dmitri Tcherniakov (mise en scène), Emmanuelle Haïm (direction)…
présentation
LIRE aussi notre présentation des deux Iphigénies de Gluck par Dmitri Tcherniakov : https://www.classiquenews.com/live-stream-opera-aix-en-provence-2024-gluck-iphigenie-en-aulide-iphigenie-en-tauride-par-dmitri-tcherniakov-jeu-11-juillet-2024-19h15/
VIDÉO
Production lyrique en REPLAY sur ARTE.TV :
https://www.arte.tv/fr/videos/119007-000-A/gluck-iphigenie-en-aulide-iphigenie-en-tauride/ – En replay jusqu’au 27 sept 2026.
L’éminent compositeur Christoph Willibald Gluck s’est inspiré de la Grèce antique pour créer deux opéras majeurs en 1774 et 1779. Des siècles plus tard, le metteur en scène Dmitri Tcherniakov donne un nouveau souffle à cette partition portée par la remarquable Corinne Winters.
À 0h20 sur Arte. Opéras de Christoph Willibald, Ritter von Gluck. Réalisé par Andy Sommer (Grand Théâtre de Provence, Festival d’Aix-en-Provence, 2024). 3h50. Avec Corinne Winters, Russell Braun, Véronique Gens. Inédit.
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