POINT D’ORGUE de THIERRY ESCAICH

point-d-orgue-voix-humaine-escaich-poulenc-petibon-opera-critique-classiquenewsFRANCE MUSIQUE, sam 27 mars 2021, 20h. POULENC / ESCAICH. La soprano familière des grands défis vocaux chante La Voix humaine du premier, Point d’orgue du second (création, présentée en mars au TCE, sans public). Captation les 3 et 5 mars 2021 pour diffusion sur la toile ultérieure (avril 2021?).

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 FRANCE MUSIQUE, Samedi 27 mars 2021, 20h

Programme double :
La Voix Humaine de Poulenc / Point d’Orgue de Thierry Escaich (création mondiale).
Mise en scène : O.Py,
avec P. Petibon (Elle), J.S Bou (Lui), C.Dubois (L’Autre) – Orchestre National de Bordeaux / J. Rhorer, direction.

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LA VOIX HUMAINE de Jean Cocteau – Francis Poulenc
Tragédie lyrique en un acte (1958)
Paroles : Jean COCTEAU
Musique : Francis POULENC
CREATION MONDIALE

POINT D’ORGUE de Thierry Escaich – Olivier Py
Opéra en un acte
Livret : Olivier PY
Musique : Thierry ESCAICH

En 1958, deux ans après son opéra tragique et historique Dialogues des Carmélites, Francis Poulenc écrit La Voix humaine, partition en un acte composée pour une seule voix de soprano, tragédienne moderne égarée, abandonnée, impuissante face au désarroi de la rupture amoureuse. Le TCE à Paris commande au compositeur (et organiste, d’où le titre de son œuvre), une nouvelle partition lyrique qui serait comme le double de l’ouvrage de Poulenc. Escaich imagine ainsi la suite du monologue sous forme d’un dialogue renoué entre Elle et Lui. « Lui » qui n’apparaît jamais dans l’oeuvre de Poulenc / Cocteau. La parole, le dialogue sont le sujet principal des deux œuvres ainsi présentées en miroir.
Ainsi le « trio » Patricia Petibon, Olivier Py et Jérémie Rhorer se recompose, après leur précédente coopération pour Dialogues des Carmélites de Francis Poulenc, créé au Théâtre des Champs-Elysées en 2013. On se souvient aussi que Jérémie Rhorer, formé par Thierry Escaich dans ses années d’apprentissage, dirigea la création de son opéra Claude (livret de Robert Badinter, adapté de Claude Gueux de Victor Hugo) à l’Opéra de Lyon, une production mise en scène par Olivier Py et où Jean-Sébastien Bou interprétait le rôle-titre. Les retrouvailles scellent donc la nouvelle production du TCE autour du diptyque POULENC / ESCAICH 2021.

En 1920, le « moine et voyou » Poulenc rejoint le Groupe des Six, dont le porte-parole est Jean Cocteau : les œuvres de cette période sont légères, virtuoses. Mais après 1936 avec la mort de son ami le compositeur Pierre Octave Ferroud, l’inspiration de Poulenc se fait plus grave et sombre (Stabat Mater) tout en poursuivant cette impertinence proche de Satie (Les Mamelles de Tirésias). En 1958, Poulenc s’empare du monologue éponyme de Jean Cocteau (1930) et en déduit un opéra en un acte créé en 1959 salle Favart, par la soprano Denise Duval, son amie et sa complice.
Après Les Enfants terribles (1929) et avant son film La Belle et la Bête (1945), Cocteau imagine en un huis clos étouffant la désespérance d’une femme amoureuse qui tente de renouer le fil avec son amant, au téléphone, dans sa chambre d’hôtel.

POINT D’ORGUE… Une apothéose pour ELLE
L’organiste et compositeur, Thierry Escaich retrouve son ancien élève Jérémie Rhorer (classe de composition) pour la création de Point d’orgue dont le sujet offre une suite à La Voix humaine de Poulenc / Cocteau. Escaich a longtemps joué le Concerto pour orgue et orchestre de Poulenc, au flux énergique, aux audaces harmoniques singulières. Pour son nouvel ouvrage conçu en « miroir », Escaich développe en résonance et par goût personnel, un univers harmonique, post-tonal, polytonal, qui vient plutôt de Debussy, Ravel, Poulenc, Dutilleux, Honegger. La continuité de l’un à l’autre ouvrage, vient du même instrumentarium, dans l’esprit d’un orchestre Mozart.
A la descente aux enfers que dessine le mélodrame de Cocteau, Escaich, inspiré par le livret de Py pour Point d’orgue, offre une sublime résurrection à Elle, dans une conclusion qui frappe par sa sérénité. La force inédite de l’héroïne si malmenée par Poulenc et Cocteau, submerge la scène d’une force virile saisissante qui finit par emporter comem dans un thriller psychologique, les deux rôles masculins : Lui et l’Autre, respectivement pour baryton et ténor. Le compositeur trouve à chaque mots du livret, une nuance musicale propre à ciseler et éclairer les composantes d’un échiquier du sentiment et de la passion humaine.
L’écriture vocale de Point d’orgue est plus opératique que l’ouvrage précédent, Claude. Escaich utilisant la forme d’arias, qui résonnent parfois comme des pastiches, « des sortes d’éclipses dans un esprit opéra bouffe bien que la tonalité générale du texte soit plutôt sombre. » Thierry Escaich connaît à présent idéalement les performances artistiques de Jean-Sébastien Bou et Patricia Petibon. Concernant le ténor Cyrille Dubois, son timbre correspond parfaitement à l’idée du personnage telle qu’elle s’est affirmée peu à peu au cours de la rédaction du livret d’Olivier Py.

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STREAMING, e-concert. LILLE, le 16 janvier 2021 : concert Escaich / Chausson. ON LILLE / Alexandre Bloch

STREAMING. LILLE, le 16 janvier 2021 : concert Escaich / Chausson. ON LILLE / Alexandre Bloch. Concert captivant depuis l’Auditorium du Nouveau Siècle de Lille et diffusé sur la toile dans le cadre de l’offre digitale de l’ON LILLE / Orchestre National de Lille (Audite 2.0), élaborée en réponse au confinement des orchestres depuis la fin octobre 2019. La combinaison Escaich / Chausson, confirme que le National de Lille a à cœur de défendre le rayonnement de notre patrimoine musical français. On notera en particulier le caractère très dramatique voire cinématographique de la partition de Thierry Escaich ; ses éclairs fantastiques dès le début du Concert pour orgue n°1 : Escaich est un narrateur inspiré qui joue des antagonismes de couleurs, d’atmosphères et de rythmes aussi ; voilà qui crée dès son commencement, une ambiance électrique mais suavement articulée dès le premier mouvement du Concerto (Allegro moderato). Crescendos, séquences fortissimo, le compositeur à l’orgue lui-même offre une lecture complice avec chef et instrumentistes, riche en clarté et expressivité. De surcroît la réalisation de ce streaming est engageante et immersive, avec effet de grue au dessus de l’organiste, au dessus de l’orchestre. La conception est d’autant plus intéressante que ce dramatisme exige de tous les pupitres, et sait développer de somptueuses effets de texture souterraine, infiniment suggestive (la fin du même premier mouvement). Le début mystérieux, inquiétant de l’Adagio (orgue en dialogue mêlé avec les clarinettes), plante le décor ; c’est un lamento conçu comme un vaste crescendo, où l’orgue semble s’enivrer des riches vagues texturées de l’orchestre. Le compositeur ouvrageant le mouvement central tel un appel irrésistible, en un temps irrépressible et irréversible, en un dramatisme là encore exacerbé, …d’apocalypse ou de déluge.

 

 

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L’esprit de la catastrophe emporte tout l’orchestre et le chant de l’orgue halluciné, qui se termine sur une phrase suspendue, interrogative, irrésolue. Le solo de violoncelle cristallise cette mise sous tension générale (à 14’32) cédant la voie à l’orgue de plus en plus crépusculaire et finalement apaisé. Le dernier mouvement cite plusieurs épisodes en une course effrénée où scintillent l’accent des bois, vents et cuivres (somptueuses et mystérieuses clarinettes). La vitalité du discours orchestral qui dialogue avec l’orgue en fusions et oppositions achève la partition généreuse et flamboyante même, avec les mêmes crépitements et éclairs du début. De quoi aussi souligner la grande unité du propos qui refonde à sa façon, le propos cyclique d’un Franck. Ce qui frappe c’est la grande sensibilité quasi hollywoodienne d’Escaich pour la palette élargie, déployée de l’orchestre. Un bain spectaculaire de timbres et d’épisodes hautement contrastés qui respectent les équilibres de l’écriture symphonique.

Trentenaire, Chausson livre une splendide partition orchestrale lui aussi : sa Symphonie en si bémol majeur de 1891 (début à 28’50), prolonge le souci symphonique de Saint-Saëns, Lalo, Franck évidemment et aussi d’Indy qui dans le sillon ouvert par la création de la SNM – Société nationale de musique (née après 1870), cultivent l’essor de l’écriture symphonique française contemporaine. L’ampleur de Chausson sonne comme une apothéose même : dès 1897, le Philharmonique de Berlin sous la direction d’Arthur Nikisch joue l’opus 20.
Wagnérien de la première heure (comme Saint-Saëns), Chausson intègre le choc de Parsifal (écouté à sa création à Bayreuth en 1883) : grandeur, majesté, poison fatidique et fatalisme irrépressible aussi s’entendent ici. Mais avec la clarté, la construction de Franck. Chausson sculpte la matière orchestrale avec une suavité intérieure qui lui est propre (bois caressants, caverneux, tendres). A l’instar de leur enregistrement discographique, chef et orchestre lillois savent amplifier la grandeur tragique de l’écriture (appel des trombones du premier mouvement) tout en se souciant des couleurs (la partition porte la dédicace au peintre Henry Lerolle, beau frère d’Ernest), de la délicate texture qui cite de fait souvent le Wagner de Parsifal, mais comme régénéré / coloré d’une transparence typiquement française (qui sollicite spécifiquement clarinettes, flûtes, hautbois en leurs éclats pastoraux annonciateurs de la fraîcheur impressionniste). D’ailleurs, la Symphonie opus 20 est parsemée d’une franche allégresse, bien absente ensuite des œuvres tardives, plus vénéneuses (Poème de l’amour et de la mer).

 

 

Symphonie en si bémol majeur de 1891

Accents wagnériens et franckistes de Chausson

 

 

Le mouvement central (Très lent), dirigé mains nues par le chef développe ce sentiment de langueur désespérée aux couleurs parsifaliennes ; énoncé en vagues longues, étirées comme le ferait Wagner. Chausson marqué par Bayreuth célèbre ici le génie qui dut l’émouvoir au cœur, balançant entre la caresse éperdue de la clarinette, la tendresse éthérée de la flûte, le flot létal des cordes… que confortent plus mystérieux et souterrains, les violoncelles. Le pessimisme pictural de Chausson se dévoile ici grâce au souci de clarté et à la grande flexibilité recherchée, atteinte par Alexandre Bloch. Le maestro ajoute aussi des résonances plus suggestives encore dans l’énoncé du 2è thème, inscrit comme une légende médiévale, aux circonvolutions amoureuses et maudites. Le sommet de la partition se révèle dans l’équilibre clair des pupitres où bois, cuivres et cordes s’approprient la dimension spectaculaire de la douleur et du tragique wagnérien. De sorte que nous tenons ici l’opus néo wagnérien mais français, le plus accompli. Ainsi Chausson dans le sillon de Wagner, se montre-t-il aussi pertinent et original, puissant et poète que César Franck. De fait, les années 1880 et 1890 marquent France l’apothéose du wagnérisme.
L’ultime mouvement (noté Animé) affirme davantage le tempérament héroïque et tragique de Chausson. Tout en réalisant le principe cyclique franckiste, Chausson éblouit par sa dimension là encore hautement dramatique, d’une coupe habile qui écarte la grandiloquence et les banalités ; l’Orchestre National de Lille cisèle un son large, aux crépitements précis et saillants, installant la noble élégie du choral final dont hautbois et Eblouissant symphonisme de Chausonclarinette solos dessinent le profil tendre ; Alexandre Bloch sait vivifier la texture généreuse et subtile tout en creusant l’ampleur grave, la tension du propos symphonique, qui entre espoirs et désillusions, est d’une étonnante maturité émotionnelle (franckiste). Et le chef apporte aussi ce dosage ineffable de grandeur pastorale (à la Dvorak), de tendresse enchantée, de mélancolie discrète et pleinement apaisée qui s’achève ainsi dans la douceur. Superbe lecture, puissante et détaillée, fine et colorée, que l’on retrouvera dans le disque précédemment paru (et critiqué sur classiquenews, distingué par notre CLIC de CLASSIQUENEWS, mars 2019).

 

 

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LIRE aussi notre critique du cd CHAUSSON : Symphonie en mi bémol majeur – opus 20, 1891 par l’ON LILLE / Alexandre Bloch / CLIC de CLASSIQUENEWS (mars 2019) :
http://www.classiquenews.com/cd-evenement-critique-ernest-chausson-poeme-de-lamour-et-de-la-mer-symphonie-opus-20-orchestre-national-de-lille-alexandre-bloch-veronique-gens-1-cd-alpha-2018/

 

 

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Programme de salle ici
https://www.onlille.com/saison_20-21/wp-content/uploads/prog-salle-Chausson-Janv2021.pdf

 

 

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audito-2.0-Orchestre-National-de-lille-concerts-annonce-critique-classiquenewsREVOIR le concert Escaich / Chausson par l’Orcehstre National de Lille / Alexandre Bloch sur le site YOUTUBE de l’ON LILLE – Orchestre National de Lille, Alexandre BLOCH : https://www.youtube.com/watch?v=FVkMKw1WSjY&feature=emb_logo

STREAMING événement : CHAUSSON, ESCAICH par l’Orchestre National de LILLE

ESCAICH_thierry_448_escaich-6736-c-guy-vivienE CONCERT : LILLE, sam 16 janvier 2021, 20h. CHAUSSON, ESCAICH. Musique française romantique et contemporaine. Confinement du secteur oblige, L’ONLille poursuit son cycle de concerts digitaux (Audito 2.0). Le concert programmé le 14 janvier 2021 est proposé en STREAMING ce sam 16 janvier 2021 à 20h sur le site YOUTUBE de l’Orchestre National de Lille. La Symphonie de Chausson est un monument orchestral du romantisme français encore méconnu et même sousestimé. Après l’avoir enregistré au disque, l’Orchestre National de Lille la joue lors de ce premier concert 2021 rpésenté ainsi en streaming samedi prochain.

 

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E CONCERT, STREAMING : Samedi 16 janvier 20hboutonreservation
Symphonie de Chausson / Concerto pour orgue de Thierry Escaich
Orchestre National de Lille, Alexandre Bloch (direction)

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Eblouissant symphonisme de ChausonPremier rendez-vous digital de l’année 2021, Alexandre Bloch dirige le compositeur français Ernest Chausson, génie de la texture purement romantique et française, sa Symphonie en si bémol majeur est en 1891, le premier coup d’éclat d’un compositeur singulier. Voici la critique de notre rédacteur Lucas Irom à propos du cd Symphonie de Chausson par l’Orchestre National de Lille / Alexandre Bloch : « Même geste nuancé pour le flux de la Symphonie en si bémol majeur (1891) qui délivre le même sentiment d’irrépressible malédiction. Le premier mouvement saisit par son souffle tragique (tchaikovskien : on pense à la 4è symphonie) et évidemment l’immersion dans la psyché wagnérienne la plus sombre et la plus résigné (avant l’essor de l’Allegro vivo). Chausson est un grand romantique tragique qui cependant égale par son orchestration scintillante et colorée, ses éclairs rythmiques, les grands opus de Ravel comme de Debussy. Voilà qui inscrit le compositeur fauché en 1899, – trop tôt, dans un sillon prestigieux, celui des grands symphonistes romantiques français : Berlioz, Lalo, évidemment Franck, mais aussi Dukas… Le « Très lent », volet central, s’immerge dans le pur désespoir, fier héritier des préludes de Tristan und Isolde de chaussonWagner (même couleur d’une douleur foudroyée), là encore. Comme s’il reprenait son souffle et sa respiration avec difficulté (en un « effet » volontaire, maîtrisé), l’orchestre, clair et précis, fluide et ondulant, plonge en eaux profondes. Lamento de la douleur inénarrable, l’épisode de presque 9 mn, étire sa langueur désespérée que la parure orchestrale recharge et énergise cependant constamment : en cela, la direction du chef se montre très efficace : jamais épaisse, toujours transparente : elle fait respirer chaque pupitre. Dévoilant des trésors d’harmonies rares, et d’alliages de timbres… d’une ivresse géniale. » – LIRE la critique complète : http://www.classiquenews.com/cd-evenement-critique-ernest-chausson-poeme-de-lamour-et-de-la-mer-symphonie-opus-20-orchestre-national-de-lille-alexandre-bloch-veronique-gens-1-cd-alpha-2018/

Le concert marque aussi les retrouvailles avec l’organiste et compositeur Thierry Escaich (né en 1965) – fidèle compagnon de l’orchestre et de son directeur musical Alexandre Bloch ; avec son premier Concerto pour orgue, Thierry Escaich, titulaire depuis 1997 des orgues à Saint-Etienne du Mont à Paris (comme Duruflé), confirme qu’il est l’un de nos grands compositeurs et organiste. Il enseigne l’écriture et l’improvisation au Conservatoire de Paris (CNSMD) depuis 1992. En 1995, Escaich a trente ans. Après de brillantes études au Conservatoire de Paris, il se fait très tôt remarquer par sa musique au lyrisme incandescent. Depuis l’enfance, l’orgue est l’instrument de prédilection du musicien dont il renouvelle en profondeur la palette expressive, l’imaginaire poétique. Fiévreux, brûlant et d’une clarté exceptionnelle, le Concerto pour orgue n°1 est l’un des chefs-d’oeuvre de son auteur et est l’une de ses pièces les plus jouées.

INFOS & RESERVATIONS :

www.onlille.com/saison_20-21/concert/la-symphonie-de-chausson

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A retrouver en février sur France Musique et BFM Grand Lille / Grand Littoral.
Retrouvez aussi en streaming gratuit les 8 premiers concerts de l’Orchestre dans l’Audito 2.0 – disponible depuis fin octobre 2020 : https://bit.ly/2INlAIg

L’Orchestre National de Lille joue la symphonie de Chausson

BLOCH alexandre ON LILLE metamorphosesLILLE, ONL, le 14 janv 2021. Chausson : Symphonie. Alexandre Bloch nous offre un somptueux concert de musique française en faisant dialoguer deux Å“uvres importantes, la Symphonie du Romantique Ernest Chausson, et le Concert pour orgue de Thierry Escaich… (avec en soliste le compositeur lui-même) Alliage réussi entre romantisme et musique contemporaine. Après l’avoir enregistré au disque, L’Orchestre National de Lille et Alexandre Bloch (directeur musical) jouent la Symphonie de Chausson, sommet orchestral du compositeur romantique français, avec son diptyque éblouissant « Poème de l’amour et de la mer » opus 19.
Notre rédacteur Lucas Irom écrivait alors (au moment de la sortie du disque, en mars 2019) : « On y sent et le poison introspectif wagnérien et la subtile texture debussyste et même ravélienne dans un raffinement inouï de l’orchestration »…

 

 

Chausson : un symphonisme wagnérien…

Eblouissant symphonisme de Chauson« Même geste nuancé pour le flux de la Symphonie en si bémol majeur (1891) qui délivre le même sentiment d’irrépressible malédiction. Le premier mouvement saisit par son souffle tragique (tchaikovskien : on pense à la 4è symphonie) et évidemment l’immersion dans la psyché wagnérienne la plus sombre et la plus résigné (avant l’essor de l’Allegro vivo). Chausson est un grand romantique tragique qui cependant égale par son orchestration scintillante et colorée, ses éclairs rythmiques, les grands opus de Ravel comme de Debussy.
Voilà qui inscrit le compositeur fauché en 1899, – trop tôt, dans un sillon prestigieux, celui des grands symphonistes romantiques français : Berlioz, Lalo, évidemment Franck, mais aussi Dukas… Le « Très lent », volet central, s’immerge dans le pur désespoir, fier héritier des préludes de Tristan und Isolde de Wagner (même couleur d’une douleur foudroyée), là encore. Comme s’il reprenait son souffle et sa respiration avec difficulté (en un « effet » volontaire, maîtrisé), l’orchestre, clair et précis, fluide et ondulant, plonge en eaux profondes. Lamento de la douleur inénarrable, l’épisode de presque 9 mn, étire sa langueur désespérée que la parure orchestrale recharge et énergise cependant constamment : en cela, la direction du chef se montre très efficace : jamais épaisse, toujours transparente : elle fait respirer chaque pupitre. Dévoilant des trésors d’harmonies rares, et d’alliages de timbres… d’une ivresse géniale.
Alexandre Bloch et l’Orchestre National de Lille ouvrent de larges perspectives dont l’ampleur nous terrifie comme elle nous captive : faisant surgir les guirlandes mélodiques sur un nuage brumeux de plus en plus menaçant et létal (après le motif du « temps des lilas » au cor anglais, réminiscence de Tristan). Le III applique à la lettre le principe cyclique de son maître Franck, récapitulation des motifs précédents mais harmonisés différemment, et dans un climat d’agitation voire de panique au début primitif. Alexandre Bloch exprime l’énergie brute, comme à vif, comme incandescente, son ivresse primitive, sa noirceur large et enveloppante (wagnérienne), tout en se souciant de l’intelligibilité de la texture (bois, cordes, cuivres sont d’une couleur toute française). » 

chaussonLa puissante écriture de Chausson (1891), son absence de tout formalisme ni révérences, affirme un tempérament original, qui inscrit la partition de l’auteur comme un jalon dans la riche et mésestimée histoire de la symphonie romantique française, portée par de compositeurs innovants, tous marquants pour leur audace formelle : Cherubini (1815), Berlioz (Symphonie Fantastique, 1830), Bizet (1855), Lalo (Symphonie espagnole, 1875), Saint-Saëns (5 symphonies dont la n°2 avec orgue, 1886), D’Indy (Symphonie Cévenole, 1887), enfin Franck (Symphonie en ré, 1889) ou Gounod (Symphonie n°2, 1890).

 

 

 

 

 

boutonreservationLILLE, Auditorium du Nouveau Siècle
Jeudi 14 janvier 2021, 20h
1h sans entracte

ESCAICH
Concerto pour orgue et orchestre n°1
CHAUSSON
Symphonie
Alexandre Bloch, direction
Thierry Escaich, orgue
Orchestre National de Lille

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RÉSERVEZ VOTRE PLACE
https://www.onlille.com/saison_20-21/concert/la-symphonie-de-chausson/

 

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Approfondir
LIRE notre critique complète du cd CD événement, critique. ERNEST CHAUSSON : Poème de l’amour et de la Mer, Symphonie opus 20 (Orchestre National de Lille, Alexandre Bloch / Véronique Gens – 1 cd Alpha 2018) / CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2019 :
http://www.classiquenews.com/cd-evenement-critique-ernest-chausson-poeme-de-lamour-et-de-la-mer-symphonie-opus-20-orchestre-national-de-lille-alexandre-bloch-veronique-gens-1-cd-alpha-2018/
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RETOUR SUR… Création de « Cris », le nouvel oratorio de Thierry Escaich (juin 2016)

cris-verdun-thierry-escaich-creation-mondiale-juin-2016-retour-sur-classiquenewsRETOUR SUR… Création de « Cris », le nouvel oratorio de Thierry Escaich (juin 2016). En juin dernier (17, 18, 19 juin 2016), l’organiste et compositeur Thierry Escaich a accompagné la création de son nouvel oratorio “Cris”, commémorant le souvenir de la Bataille de Verdun dont 2016 marque le centenaire. Le compositeur français répondait ainsi à une commande destinée à célébrer l’une des batailles de la Première Guerre parmi les plus longues et les plus meurtrières, qui s’est déroulée de février à décembre 1916.
Pour commémorer ainsi la “mère des batailles”, Thierry Escaich a conçu « Cris »  pour récitant, chÅ“ur, accordéon, percussions et huit violoncelles. Le titre renvoie au roman « Cris » de Laurent Gaudé paru en 2005, dont il a emprunté plusieurs textes . L’oratorio qui en résulte ainsi, évoque une épopée militaire et tragique, mêlant le destin de 7 poilus qui vivent l’enfer des tranchées. Malgré la difficulté du sujet, le compositeur réussit l’exercice : il sait transcender la souffrance tragique que chacun éprouve, en un puissant et progressif appel humaniste et fraternel. Dans son déroulement, l’oratorio permet au récitant (Pierre Val) de dialoguer avec le choeur de chambre : Les Cris de Paris dirigés par leur chef et fondateur Geoffroy Jourdain, avec le concours de l’ensemble de violoncelles Nomos et le trio percussions / accordéon, “KDM” trio qui est à l’origine du projet.

La création mondiale “CRIS” a été présentée les 17 et 18 juin 2016, au Théâtre de Verdun,  puis le 19, au pôle d’avenir d’Ecurey sur la commune de Montiers sur Saulx.

 

 

 

VIDEO : clip Ave Maria de Piazzolla par Thierry Escaich (orgue) et Christian-Pierre La Marca (violoncelle)

 

 

CD événement, compte-rendu critique. CANTUS : Christian-Pierre La Marca, violoncelle (1 cd Sony classical 2015)

CD événement, compte-rendu critique. CANTUS : Christian-Pierre La Marca, violoncelle (1 cd Sony classical 2015). Ce qui frappe immédiatement et qui assure la profonde cohérence d’un programme qui n’aurait paru qu’éclectique voire décousu, c’est la finesse élégantissime du son de Christian-Pierre La Marca (né à Nice en 1983). L’interprète maîtrise totalement la puissance cuivrée et chaleureuse de son violoncelle Jean-Baptiste Vuillaume de 1856 : un chant évidemment vocal (d’où le titre “Cantus”), à l’éloquence pénétrante et troublante qui affirme l’indiscutable musicalité de l’instrumentiste. Les plus rétifs à ce genre d’exercice – panorama sacré-, resteront sur une impression mitigée, entre kitsch saint-sulpicien, ou kaléidoscope autopromotionnel. Pourtant le concertiste qui joue dans les salles traditionnelles, les grandes Å“uvres du répertoire surtout concertantes et orchestrales, ose ici des choix (transpositions et associations de timbres) que permet le studio. Le choix régulier des airs de Jean-Sébastien Bach, présence permanente comme s’il s’agissait d’une source continue, tout en rappelant l’inspiration religieuse du programme, offre des défis nouveaux où la voix originelle est remplacée par le chant du violoncelle. Sans le texte et la parole originels, l’instrument atteint pourtant à une éloquence souvent irrésistible. Ainsi il suffit de n’écouter que les 3 premières plages – JS BACH (transcription de l’air si dramatique et exalté “Deposuit potentes”, du Magnificat BWV 243a), Pie Jesu du Requiem de Fauré, “Erbarme dich, mein Gott” de la Passion selon Saint-Matthieu-, pour mesurer le style du violoncelliste français, d’une suavité intérieure jamais démonstrative ni calculée ; son clair souci de mesure, d’allusion suggestive, son articulation poétique, son éloquence parlée, en un jeu d’une sûre et mâle délicatesse.

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Dans Cantus, l’instrumentiste français signe un récital personnel et ciselé

Le violoncelle embrasé, aérien de Christian-Pierre La Marca

 

Le musicien sait cultiver l’exquise musicalité de son instrument dont il projette la formidable vocalité, respirant, soufflant même comme une voix la mieux inspirée. Son chant fin, raffiné, d’un tact contrôlé et fluide, entre naturel et pudeur, se révèle bouleversant. On reconnaît la même intelligence dans la transposition (signée Samuel Strouk) du “Funeral Ikos” de John Tavener, l’Agnus Dei et l’Adagio du Quatuor de Barber (pour violoncelle solo et quintette à cordes) : un souci évident de l’articulation, de la caractérisation habitée, sertie de nuances et de profondeur, et sans guère d’instruments autres que les cordes (sauf la flûte de Alexis Kossenko), comme une grisaille scintillante dont les passages subtils, et les teintes ténues entre ombre, pénombre, éclairs façonnent un festival de timbres d’une finesse inouïe.
L’exigence artistique de Christian-Pierre La Marca a piloté le choix de toutes les pièces assemblées comme un collier de joyaux divers, éclatants par leur profonde quiétude, leur épanchement extrêmement pudique : on est donc loin, définitivement, de toute kitcherie.
Le violoncelliste français sait s’entourer de partenaires irrésistibles dont surtout son frère altiste Adrien (duo accordé, souple et suave “Et Misericordia” du Magnificat de JS BACH ; mystérieux, habité pour “De torrente in via bibet” du Dixit Dominus HWV 232, sublimant la profondeur haendélienne ni plus ni moins).
LA-MARCA-TAVENER-FUNERAL-IKOS-Christian-pierre-La-Marca-video-clipD’une inflexible justesse, la rondeur grave et sobre, rayonnante du violoncelliste fait paraître tout ce que la voix aigre et pincée du contre-ténor Philippe Jaroussky a de mièvre et d’affectée en comparaison : hors sujet selon nous (le maillon faible, unique erreur de ce récital qui frappe ailleurs par sa grande cohérence) ; le Panis angelicus de Franck en perd sa grâce originelle. Sommet expressif d’une rare et franche intelligence poétique, le triptyque enchaîné : Vivaldi / Piazzolla / Vivaldi (preuve que sur le thème de leurs deux noms si harmonieusement fraternels, il n’y a pas que le prétexte des Saisons comme seule carte musicale à jouer) ; Christian-Pierre La Marca a bien raison d’enchâsser, comme une perle sertie de deux autres gemmes, l’Ave Maria de l’argentin entre deux extraits du Stabat mater vivaldien. Cet Ave Maria saisit immédiatement par son intensité serrée, lumineuse pierre que le violoncelle fait briller de l’intérieur, comme l’expression contenue d’un secret intime.

S’associer à l’orgue du compositeur contemporain Thierry Escaich est un gage d’extrême musicalité : retenons de leur entente ineffablement fusionnée, le sublime Ave Maria (tout recueillement) d’après Astor Piazzola déjà cité dans sa parure vivaldienne ; la prière de Saint-Saëns (vrai équilibre d’une rare plénitude entre éloquence et profondeur, aux résonances miraculeuses violoncelle / orgue). Christian-Pierre La Marca a même commandé une nouvelle partition au compositeur : d’où “Enluminures” (avec la complicité de Patricia Petibon), presque 5mn d’aspiration incarnée à l’état de grâce auquel aspire le programme entier, à travers ses facettes multiples. On y retrouve ce scintillement suractif propre à l’écriture de Thierry Escaich, qui sait aussi travailler comme peu, l’articulation du texte en latin, “Alleluia”, – voix quasi parlée, et plus lyrique quand elle exprime l’essence même d’une prière primitive, toujours aérienne et cristalline qui s’achève- ultime miracle sonore, en un murmure suspendu, équivoque à laquelle répond le chant embrasé, transfiguré du violoncelle enveloppant. Le propre de ce récital où règne la souveraine musicalité du violoncelle de Christian-Pierre La Marca, est son goût. Ciselé, indiscutable. CLIC de CLASSIQUENEWS de février et mars 2016.

CLIC_macaron_2014CD événement, compte-rendu critique. CANTUS : airs sacrés transposés d’après JS Bach, Tavener, Haendel, Barber, Piazzolla, Saint-Saëns, Allegri. Enluminures de Thierry Escaich. Christian-Pierre La Marca, violoncelle. Les Ambassadeurs. Alexis Kossenko, direction. 1 cd Sony classical 88875098932 (enregistrement réalisé en juillet et octobre 2015). Parution : le 26 février 2016. CLIC de CLASSIQUENEWS de février et mars 2016.

Claude, l’opéra de Thierry Escaich et Robert Badinter sur Arte

Lyon claude boy escaich badinterTélé. Arte, dimanche 11 Mai,00h15. Escaich, Badinter: Claude (2013). Opéra de Lyon, avril 2013. Pour l’Opéra de Lyon, Robert Badinter, ancien garde des Sceaux et le compositeur Thierry Escaich relisent Claude Gueux de Victor Hugo : il en découle un nouvel opéra sur l’univers concentrationnaire où les personnages sont en quête d’humanité. Comme tous les ouvrages de Hugo, Claude offre un portrait mordant et sans illusion d’une société gangrénée par ses propres errements : un monde écarté de toute lumière, celle du pardon, de l’égalité des chances, du droit au dépassement de ses fautes antérieures. Ici les tenants de l’autorité et de l’ordre moral sont les pires bouchers tortionnaires, et les condamnés, les victimes d’un ordre arbitraire totalement injuste.

Olivier Py dessine un climat oppressant dévoilant en multiples scènes simultanées le destin maudit, oublié des prisonniers de longues peines.  Au cœur de cette parodie satire de la société, la barbarie d’un monde sans culture et sans éducation qui se révèle évidemment plus ignoble et terrifiant que l’animal: l’homme est bien ce diable qui invente contre ses semblables, le pire des cauchemars collectifs (esclavage, torture… de ce point de vue rien n’est épargné aux spectateurs dans la première partie) : l’opéra prison, dans son écrin gestapiste, est rempli de cette terreur inhumaine qu’incarne magnifiquement le chant rien que bestial et inhumain du directeur de la prison, Jean-Philippe Lafont. Face à lui, l’affamé, victime du monde industriel qui prend le travail aux honnêtes gens comme lui, le canut Jean-Sébastien Bou (ouvrier de la filière tissus), l’honnête homme, conduit malgré lui à la duplicité… puis au crime par nécessité et sentiment d’injustice.

Claude, Albin: l’amour contre la prison

CLAUDEHumanité avilie, humiliée, soumise à l’autorité de gardiens exténués, la prison de Clairvaux (acutellement lieu d’un festival de musique chaque mois d’octobre) a des allures d’asile psychiatrique pour cafards sans espérance. Ces hommes détruits symbolisent l’avenir de toute l’humanité. Alors quelle issue dans ce trou des condamnés d’où l’espoir hugolien aime faire jaillir une flamme de bonté ? L’élan irrésistible d’un désir de fusion et d’amour entre les deux hommes incarcérés : Claude et Albin (le haute contre Rodrigo Ferreira), codétenu de son mitard de Clairvaux. Comme dans un opéra classique, la passion submerge les cœurs jusqu’au delà du raisonnable et parce qu’il a séparé les amants apaisés, le directeur de la geôle est assassiné par Claude. Ce dernier est guillautiné.

arte_logo_2013Efficace, suractive, la musique de Thiery Escaich (qui signe son premier opéra), paraît plus narrative et strictement illustrative que vraiment inspirée. Souvent bavarde à force d’effets académiques, sans suspensions, sans transe, sans fièvre comme l’aurait mérité le livret, lui très dense et cohérent, voire passionnant par les thèmes philosophiques qu’il soulève autour du salut des condamnés. «  Justice injustice », tel était le thème retenu pour un cycle vaste et attendu par l’Opéra de Lyon. La réalisation visuelle et scénographie est à la hauteur de la portée du livret : Jean-Sébastien Bou s’y montre bouleversant entre félinité écÅ“urée et aspiration irrépressible à un monde meilleur : en lui souffle la flamme ardente des héros révolutionnaires, des visionnaires tragiques. Dommage que la musique soit aussi extérieure au sujet et finalement artificielle. Pourtant la dernière image convoquant au moment du supplice, une figure de danseuse exprime astucieusement l’idée de la justice qui doit faire son Å“uvre et dont on attend toujours dans bien des cas, l’activité libératrice…

Télé. Arte, dimanche 11 Mai, 00h15. Escaich, Badinter: Claude (2013).