CRITIQUE, opéra. STRASBOURG, le 10 oct 2021. VERDI : Stiffelio. Tetelman, Bassénz Andrea Sanguinetti / Bruno Ravella. 

stiffelio-verdi-bruno-ravella-opera-du-rhin,-critique-opera-classiquenews-strasbourg-mulhouse-verdi-critique-classiquenewsCRITIQUE, opĂ©ra. STRASBOURG, le 10 oct 2021. VERDI : Stiffelio. Tetelman, BassĂ©nz Andrea Sanguinetti / Bruno Ravella. L’OpĂ©ra National du Rhin propose une nouvelle production de l’opĂ©ra rare de Verdi, Stiffelio (1850), signĂ©e Bruno Ravella. DĂ©criĂ©, censurĂ©, remaniĂ©, puis oubliĂ©, l’opus voit dans cette rĂ©surrection alsacienne la seule crĂ©ation française d’aprĂšs l’édition critique de la partition (2003). L’excellente distribution des solistes (pour leur majoritĂ© en prise de rĂŽle et en dĂ©but Ă  Strasbourg), sont dirigĂ©s par Andrea Sanguineti qui fait aussi ses dĂ©buts Ă  l’OpĂ©ra en tant que directeur musical.

ÉlĂ©gante rĂ©surrection

L’Ɠuvre, jugĂ©e blasphĂ©matoire par la censure italienne Ă  sa crĂ©ation, en raison de quelques spĂ©cificitĂ©s du livret de Piave (d’aprĂšs Émile Souvestre et EugĂšne Bourgeois), est souvent prĂ©sentĂ©e comme sujet sur l’adultĂšre. L’histoire Ă  nuancer, est celle de Stiffelio, pasteur protestant charismatique, trompĂ© par sa femme Lina. Elle le trompe avec le gentilhomme Raffaele qui sera tuĂ© par le pĂšre, Stankar, pour l’honneur de la famille. Stiffelio, pasteur Ă  la sĂ©rĂ©nissime compassion, cĂŽtĂ© jardin, fou de rage meurtriĂšre, cĂŽtĂ© cour, rappelle Ă  la fin que le devoir d’un chrĂ©tien est de pardonner ; il accepte le repentir de sa femme (aprĂšs la signature d’un divorce quand mĂȘme !).
CensurĂ© officiellement en raison des Ă©lĂ©ments jugĂ©s « immoraux » (reprĂ©sentation scĂ©nique mondaine d’un objet de culte, citations bibliques dans une Ɠuvre profane, Ă©vocation du divorce
), l’opĂ©ra d’une grande richesse musicale est Ă  la fois un dĂ©fi majeur pour les metteurs en scĂšne ainsi qu’une opportunitĂ© parfaite pour montrer combien l’art lyrique, un art vivant, est intimement liĂ© aux sensibilitĂ©s de son public
 Nous y reviendrons.

Avant le lever du rideau le tĂ©nor protagoniste est annoncĂ© souffrant, mais il assurera nĂ©anmoins la reprĂ©sentation. Le spectacle commence avec une pĂ©tillante ouverture pot-pourri, marquĂ©e par un certain imbroglio instrumental que nous oublions rapidement grĂące Ă  la remarquable prestation de la trompette, avec sa dĂ©licieuse et charmante mĂ©lodie. Le tĂ©nor Jonathan Tetelman dans le rĂŽle-titre entre sur scĂšne avec un tel panache thĂ©Ăątrale et une projection vocale sans dĂ©faut que nous nous Ă©tonnons qu’il soit souffrant ! Un rĂŽle vocalement exigeant pour tout tĂ©nor, mais aussi une superbe occasion de montrer l’ampleur de ses talents, Tetelman l’interprĂšte dignement. Son timbre solaire, son beau chant trouvent un contraste heureux avec son jeu d’acteur, passionnĂ© et passionnant ; habitĂ©, plus thĂ©Ăątralement que musicalement, le tĂ©nor Ă©claire l’affreuse dualitĂ© entre l’amour christique qu’est sa fonction / mission et la rage meurtriĂšre aveuglante de l’homme blessĂ© qui ronge son cƓur. Si elle manque parfois de force sombre, la prise de rĂŽle Ă  Strasbourg bien est plus que remarquable
 Ă©poustouflante : une rĂ©vĂ©lation ! Ses duos avec la soprano Hrachuhi BassĂ©nz (Lina) sont excellents, en raison des spĂ©cificitĂ©s et ambiguĂŻtĂ©s de l’Ɠuvre et du parti pris de la production. Si les aigus cristallins sont lĂ  et que son legato ne fait pas dĂ©faut, sa rĂ©ussite se trouve ailleurs, prĂ©cisĂ©ment dans la distance qu’elle Ă©tablit avec presque tout le monde : il s’agĂźt aprĂšs tout d’une femme qui vit dans une communautĂ© fermĂ©e et qui a peur.

Les rĂŽles secondaires, lĂ©gĂšrement moins complexes, sont dignement interprĂ©tĂ©s par les solistes. Le baryton Dario Solari (Skandar, pĂšre de Lina), est touchant dans son chant plein d’esprit. Son air et cabaletta du 3e acte « Lina, pensai
 O gioia inesprimibile » est un moment de grand impact. La basse Önay Köse (Jorg, l’ancien) est hyper convaincant Ă  tout niveau, archaĂŻque, menaçant comme il le faut. Finalement le tĂ©nor Tristan Blanchet dans le rĂŽle de Raffaele brille par la force gaillarde du chant ; il offre une prestation Ă  l’espiĂšglerie nonchalante trĂšs efficace. La distribution rayonne encore plus et davantage lors des nombreux duos et dans les fins d’acte, trĂšs beaux.

« L’infamie ne vous suffit point, vous voulez ĂȘtre lĂąche ! »
Skandar

Pour revenir Ă  la mise en scĂšne, efficacitĂ© et pragmatisme paraissent ĂȘtre des mots-maĂźtres de la conception
 C’est simple, Ă©purĂ©, beau. Comme un tableau de RaphaĂ«l que nous aimons tous et qui ne choque personne. Bruno Ravella situe l’action, de façon tout Ă  fait ingĂ©nieuse et sage, dans une communautĂ© religieuse fermĂ©e, Ă  l’Amish. Le dĂ©cor unique Ă©voque le temple autour duquel tout se passe (dĂ©cors et costumes d’Hannah Clark, lumiĂšres de Malcolm Rippeth). Les matiĂšres sont belles et Ă©lĂ©gantes dans leur simplicitĂ©, les lumiĂšres efficaces, souvent tamisĂ©es. Or, dans cet opĂ©ra oĂč nous parlons de crimes d’honneur, oĂč nous sommes encore Ă  nouveau exposĂ©s Ă  la souffrance « coupable » d’une femme, violĂ©e, nous trouvons la transposition en terre Amish, politiquement correcte et bouleversante, comme s’il y avait peut-ĂȘtre une volontĂ© de ne pas froisser quelqu’un. Mais qui ? MatiĂšre Ă  rĂ©flexion. Si l’occasion de parler Ă  notre Ă©poque est quelque peu ratĂ©e, la crĂ©ation demeure agrĂ©ablement efficace, sans plus.
La direction du chef Andrea Sanguineti est, elle, parfois tendue. Nous constatons l’évolution progressive de la performance, souvent le cas dans une premiĂšre, Ă  vrai dire, et l’Orchestre symphonique de Mulhouse prend un certain temps Ă  trouver une dynamique cohĂ©rente et sa rĂ©gularitĂ©. La performance des instrumentistes se rĂ©vĂšle parfois trĂšs belle (cf. les vents, comme le hautbois sublime du duo « Opposto Ăš il calle che in avvenire » au 3e acte). Les chƓurs de l’OpĂ©ra, plutĂŽt cosmĂ©tiques, sont corrects.

L’Ɠuvre rare de Verdi est Ă  dĂ©couvrir et redĂ©couvrir Ă  l’OpĂ©ra National du Rhin, avant tout et surtout pour la beautĂ© du chant. A l’affiche les 10, 12, 14, 16 et 19 octobre Ă  Strasbourg, puis les 7 et 9 novembre Ă  Mulhouse.

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CRITIQUE, opĂ©ra. Strasbourg. OpĂ©ra National du Rhin, le 10 oct 2021. VERDI : Stiffelio. Jonathan Tetelman, Hrachuhi BassĂ©nz, Dario Solari, Tristan Blanchet, Önay Köse
 Orch symphonique de Mulhouse. Andrea Sanguinetti, direction / Bruno Ravella, mise en scĂšne.  Photos : © Klara Beck / ONR 2021.

A propos de Stiffelio, un opéra méconnu de Verdi, LIRE aussi :
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Notre dossier Stiffelio de Verdi
http://www.classiquenews.com/stiffelio-de-verdi/

Notre prĂ©sentation du Stiffelio de Verdi Ă  l’affiche de l’OpĂ©ra de Strasbourg en octobre 2021 :
http://www.classiquenews.com/stiffelio-a-strasbourg-et-mulhouse-10-oct-9-nov-2021/

Stiffelio Ă  Strasbourg et Mulhouse (10 oct – 9 nov 2021)

Vague verdienne en juin 2014OPERA DU RHIN. VERDI : Stiffelio (10 – 19 oct, STrasbourg), 7 – 9 nov (Mulhouse). RaretĂ© injustement Ă©cartĂ© des scĂšnes lyriques Ă  Strasbourg en octobre 2021. L’annĂ©e oĂč sont crĂ©Ă©s Lohengrin de Wagner et Genoveva de Schumann, 1850 : Verdi livre aprĂšs Luisa Miller, et avant Rigoletto, Stiffelio, une partition dont la violence morale surprend ; dont la justesse et la vĂ©ritĂ© des caractĂšres musicaux qui y sont brossĂ©s, saisissent. Et si nous tenions lĂ  un Verdi oubliĂ©, le chaĂźnon manquant dont l’absence sur les planches reste incomprĂ©hensible ?

Huis clos captivant

Source thĂ©Ăątrale française oblige, l’opĂ©ra de Verdi Ă©blouit par sa force dramatique, digne d’un vrai huit-clos intimiste et psychologique. Pas de hĂ©ros royaux, de princes ou de princesses dĂ©chues et sacrifiĂ©es ni de chƓurs sur fond historique, mais un trio de gens simples d’autant plus Ă©prouvĂ©s qu’ils appartiennent tous Ă  une communautĂ© spirituelle oĂč la rĂšgle de vertu morale s’applique sur toute autre chose.
Il est donc audacieux voire provocateur de la part de Verdi d’adapter la piĂšce de Souvestre et Bourgeois (Le Pasteur, 1849). Verdi y expĂ©rimente la confrontation structurante sur le plan dramatique du hĂ©ros tiraillĂ© par des spectres intĂ©rieurs, du collectif moralisateur opposĂ© Ă  la passion des individus


Opéra du RHIN
VERDI : STIFFELIO, 1850
Nouvelle production

STRASBOURG : les 10, 12, 14, 16 et 19 octobre 2021‹ / MULHOUSE : les 7 et 9 nov 2021
RÉSERVEZ vos places, ici :
https://www.operanationaldurhin.eu/fr/spectacles/saison-2021-2022/opera/stiffelio

Stiffelio : Jonathan Tetelman
Lina : Hrachuhí Bassénz
Stankar : Dario Solari
Raffaele : Tristan Blanchet
Jorg : Önay Köse
Federico : Sangbae ChoĂŻ
Dorotea : Clémence Baïz

ChƓur de l’OnR
Orchestre symphonique de Mulhouse

Direction musicale : Andrea Sanguineti
Mise en scĂšne : Bruno Ravella

De l’esprit de vengeance au pardon salvateur
L’ouvrage raconte comment le pasteur protestant Stiffelio apprenant l’adultĂšre de son Ă©pouse, se rĂ©volte d’abord, puis apprend parce qu’il la surmonte, l’épreuve du pardon et du renoncement. Verdi s’attache en psychologue accompli Ă  peindre le trĂ©fonds de l’ñme humaine, ses affrontements et distorsions silencieuses qui font de chacun des caractĂšres, une source de dĂ©passement et de grandeur finale : Stiffelio touchĂ© par la grĂące du pardon, atteint la lumiĂšre d’un saint homme ; Lina enfin pardonnĂ©e passe de cible diabolisĂ©e au statut de victime admirable.

Au spectateur, galvanisĂ© par la musique, de suivre pas Ă  pas chaque jalon d’une intrigue qui confine Ă  la parabole poĂ©tique et mystique dans un opĂ©ra qui se veut in fine, hymne d’amour au genre humain et Ă  l’espĂ©rance qu’il fait naĂźtre.
Verdi embrase littĂ©ralement cette intrigue, exploitant justement les ressorts dramatiques, pathĂ©tiques et tragiques de chacun des protagonistes. Il s’intĂ©resse Ă  la traĂźtresse (Lina) toujours amoureuse de son mari, dĂ©vorĂ©e par la culpabilitĂ© ; au mari lui-mĂȘme c’est Ă  dire Stiffelio (en fait Rodolfo, un prĂ©nom dĂ©cidĂ©ment verdien que l’on retrouve dans Luisa Miller, l’opĂ©ra qui prĂ©cĂšde Stiffelio, puis dans La Traviata qui lui succĂšde avec Rigoletto ) : il faut de la noirceur pour incarner l’ñme du pasteur rongĂ© par le doute, tiraillĂ© par le soupçon 

enfin sauvĂ© par lui-mĂȘme.

Stankar, modĂšle du baryton verdien

Et pour fermer l’action sur un trio remarquable, Verdi s’intĂ©resse tout autant au pĂšre de l’infidĂšle, Stankar, superbe figure paternelle lui aussi dĂ©truit par l’esprit du dĂ©shonneur et de la honte: il ne supporte pas que sa fille ait pu trahir l’époux si vertueux : un superbe air au III, avec un Ă©cart vertigineux d’humeurs enchaĂźnĂ©es, annonce les grands barytons verdiens : autoritĂ© morale Ă©difiante, pĂšres aimants et protecteurs- ; ainsi au III, Stankar apparaĂźt d’abord suicidaire dĂ©sespĂ©rĂ© puis ivre d’une vengeance qui se profile de façon imprĂ©vue: de fait il tuera celui par lequel le scandale arrive (Raffaelle). Stankar exige du chanteur un mĂ©tier solide. On connaissait dans l’illustration de la tendresse et de l’amour paternel les plus connus Rigoletto, Simon Boccanegra, 
 dĂ©sormais il faut compter avec Stiffelio : le personnage de Stankar les prĂ©figure tous : on vous l’a dit Stiffelio version originelle, rĂ©serve de superbes rĂ©vĂ©lations.

La fameuse scĂšne finale oĂč en pardonnant finalement Ă  son Ă©pouse, Stiffelio lit la parabole de la femme adultĂšre – un tableau qui avait susciter les foudres de la censure puritaine-, : une nuĂ©e de pierres semble s’abattre poĂ©tiquement sur chacun des fidĂšles rassemblĂ©s au temple. C’est un renversement symbolique de l’action et la preuve que la coupable est une victime comme les autres, surtout que personne ne peut s’élever en juge, s’il ne peut dĂ©montrer au prĂ©alable, sa puretĂ© morale. Du reste, le tableau Ă  l’église est le plus spectaculaire avec son prĂ©lude Ă  l’orgue qui plonge le spectateur dans la reprĂ©sentation non plus d’une action anecdotique mais bien d’un tableau exemplaire Ă  mĂ©diter. Le gĂ©nie de Verdi outre sa pertinence psychologique, place l’intrigue au rang d’enseignement universel. OpĂ©ra du pardon, Stiffelio est un appel Ă  la misĂ©ricorde et Ă  la comprĂ©hension : on s’étonne qu’à l’époque, l’ouvrage ait suscitĂ© tant de rĂ©probation de la censure.

Mais c’est dans sa forme mĂȘme que l’opĂ©ra trouve un Ă©quilibre parfait. Peu Ă  peu, on suit le resserrement de l’action du quatuor prĂ©alable (si l’on compte aux cĂŽtĂ©s de Stiffelio, Lina et Stankar, Raffaelle) au duo final (ultime confrontation du prĂȘtre face Ă  son Ă©pouse qui l’a trahi), quand avant le geste qui pardonne, Stiffelio en vĂ©ritable sage et homme de foi, convoque sa femme pour la libĂ©rer et renoncer
 Pourtant Ă  mesure que l’action s’accomplit c’est Ă©videmment la profondeur du sage qui s’affirme. Dans l’épreuve, Stiffelio comme Stankar s’humanisent.

Verdi : Stiffelio, dramma lirico en trois actes. Musique de Giuseppe Verdi. Livret de Francesco Maria Piave d’aprĂšs la piĂšce de Souvestre et Bourgeois, Le Pasteur ou L’Évangile et le foyer. CrĂ©Ă© Ă  l’OpĂ©ra de Trieste en 1850.

LIRE aussi Stiffelio Ă  l’OpĂ©ra de Monte-Carlo, avril 2013 : https://www.classiquenews.com/monaco-opra-de-monte-carlo-le-28-avril-2013-verdi-stiffelio-version-originelle-de-1850-jos-cura-nicola-alaimo-guy-montavo-mise-en-scne-maurizio-benini-direction/

Stiffelio de Verdi

VERDI_442_Giuseppe_Verdi_portraitFrance 2. VERDI : Stiffelio, jeudi 24 janvier 2019, minuit. MĂȘme en ses annĂ©es «  de galĂšre » (de 1842 Ă  1850) comme il le dit lui-mĂȘme, le jeune Verdi maĂźtrise comme personne la coupe frĂ©nĂ©tique et dramatique, rĂ©ussissant Ă  rĂ©gĂ©nĂ©rer par son nerf et sa fougue virile, le genre opĂ©ratique dans l’Italie romantique, bientĂŽt libĂ©rĂ©e du joug autrichien. Tous ses opĂ©ras, avec leur action qui porte la volontĂ© et l’autodĂ©termination des peuples rĂ©voltĂ©s, trouvent un Ă©cho immĂ©diat auprĂšs du peuple italienne, cette nation qui n’est pas encore unifiĂ©e mais qui est sur le point de l’ĂȘtre. On insistera jamais assez sur la modernitĂ© et l’actualitĂ© prĂ©Ă©minente des ouvrages verdiens Ă  leur Ă©poque. Verdi est en phase avec la vibration de son temps et rĂ©pond, entretient, nourrit l’élan libertaire et l’esprit rĂ©volutionnaire des Italiens.
En 8 années, le compositeur génial compose prÚs de 14 opéras, depuis le triomphe de Nabucco, son premier succÚs.
Conçu en 1850, quasi simultanĂ©ment Ă  Rigoletto, Stiffelio Ă©voque les souffrances d’un Pasteur trompĂ© par sa femme. Le sujet, scandaleux, dĂ©clencha les foudres de la censure : Verdi dut revoir sa copie originelle. L’amour, le devoir
 y forment un terreau fertile en confrontations et situations conflictuelles, entre Stiffelio (vrai tĂ©nor verdien, Ă  la fois passionnĂ© et tendre, d’une nouvelle Ă©paisseur psychologique) et son Ă©pouse Lina. Au couple principal (Stiffelio / Lina), Verdi imagine aussi, celui du pĂšre et de sa fille, Stankar / Lina, tout autant fouillĂ© et bouleversant : leurs scĂšnes trĂšs ciselĂ©es, rĂ©vĂ©lant une relation profonde et complexe, annoncent sur le mĂȘme thĂšme, – pĂšre / fille, Rigoletto (Gilda), ou Simon Boccanegra (Amelia)
 ne relation essentielle dans les opĂ©ras de maturitĂ© de Verdi, lui-mĂȘme, ayant Ă©tĂ© particuliĂšrement foudroyĂ© par le destin car il perdit son Ă©pouse et ses deux filles

A Venise, la mise en scĂšne de Johannes Weigand, dans cette production prĂ©sentĂ©e en 2016 Ă  La Fenice, reste claire et intense, rĂ©duite Ă  un immense portail mĂ©tallique, ouvert ou fermĂ© selon les sĂ©quences dramatiques, Ă©voquant le temple oĂč prĂȘche Stiffelio, le cimetiĂšre, l’intĂ©rieur du chĂąteau


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Argument / Synopsis :

Le pasteur Stiffelio prĂŽne la vertu et l’amour fraternel, alors qu’il est trahi par son Ă©pouse laquelle aime passionnĂ©ment le jeune aristocrate Raffaele. Le pĂšre de Lina est personnellement affectĂ© par la dĂ©loyautĂ© de sa fille Lina : il assassinera son amant. ConfrontĂ©s Ă  ce crime dĂ©sastreux et injuste pour la victime, Stiffelio et Lina se retrouvent, savent se pardonner
 dans l’amour de Dieu.

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France 2: “Au clair de la lune” – “Stiffelio” de Giuseppe Verdi – jeudi 24 janvier 2019 Ă  minuit

OpĂ©ra en trois actes de Giuseppe Verdi‹sur un livret de Francesco Maria Piave,  d’aprĂšs Le Pasteur ou l’Ă©vangile au foyer d’Émile Souvestre et EugĂšne Bourgeois,  crĂ©Ă© le 16 novembre 1850 au Teatro Grande de Trieste.

Orchestre et chƓur de La Fenice de Venise
Direction musicale : Daniele Rustioni
ChƓur et Orchestre du Teatro La Fenice
Mise en scĂšne : Johannes Weigand

Distribution
Stiffelio : Stefano Secco
Lina : Julianna Di Giacomo
Stankar : Dimitri Platanias
Raffaele : Francesco Marsiglia
Jorg : Simon Lim
Federico di Frengel : Cristiano Olivieri
Dorotea : Sofia Koberidze

Enregistré en janvier 2016, au Teatro La Fenice

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VERDI_402_Giuseppe-Verdi-9517249-1-402NOTRE AVIS. Nul doute que le nerf du jeune chef Daniele Rustioni apporte Ă  cette production de Stiffelio, opĂ©ra mĂ©connu mais superbe en intensitĂ©, l’énergie idĂ©ale. Dans cette version de 1850, et sur le livret de Piave, qui Ă©crit aussi celui de Rigoletto contemporain, la partition Ă©blouit par sa coupe dramatique, faisant se succĂ©der duos, trios, quatuor (jusqu’au septuor), sans interruption et avec une rĂ©elle gradation expressive et musicale, que permet quand elle est servie parfaitement, l’écriture continue d’un Verdi peu adepte des airs fermĂ©s. Comme Luisa Miller d’aprĂšs Schiller, Stiffelio est un drame noir, oĂč les passions s’embrasent et crĂ©pitent. Vivant, percutant, Ă  l’aise dans le rĂŽle-titre, le tĂ©nor Stefano Secco relĂšve le dĂ©fi de la passion noire qui traverse l’esprit impuissant du prĂȘtre dĂ©muni (mĂȘme s’il est missionnĂ© par Dieu). On note un lĂ©ger manque de naturel chez la Lina de Julianna Di Giacomo et chez le Stankar de Dimitri Platanias dont le bronze vocal cependant emporte l’adhĂ©sion. Leur couple vocal gagne en vraisemblance et intensitĂ©. Production rĂ©alisĂ©e Ă  la Fenice en janvier et fĂ©vrier 2016. DurĂ©e : 2h

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Monaco. Opéra de Monte Carlo. Verdi : Stiffelio, les 23,26,28 avril 2013

Opéra. José Cura chante Stiffelio à Monaco : 23,26,28 avril 2013

cura_jose_stiffelioA Monaco, sur les planches de l’OpĂ©ra de Monte Carlo, le tĂ©nor JosĂ© Cura chante la dignitĂ© blessĂ©e du pasteur Stiffelio dans un spectacle inĂ©dit sur le rocher qui rĂ©vĂšle l’annĂ©e du bicentenaire Verdi 2013, un authentique chef d’oeuvre Ă©trangement mĂ©connu crĂ©Ă© en 1850… Nouvelle production Ă©vĂ©nement. Le livret original de Stiffelio dĂ©chaina les foudres de la censure pour plusieurs raisons : la sociĂ©tĂ© italienne du XIXe siĂšcle et ses autoritĂ©s politiques, profondĂ©ment catholiques, n’Ă©taient pas prĂȘtes Ă  voir sur scĂšne une histoire d’adultĂšre dans la maison d’un pasteur, ni celui-ci accorder son pardon en plein prĂȘche tout en citant le Nouveau Testament. Lire notre prĂ©sentation de Stiffelio de Verdi

Distribution de Stiffelio Ă  l’OpĂ©ra de Monte Carlo :
Stiffelio, José Cura
Lina, Virginia Tola
Stankar, Nicola Alaimo
Raffaele, Bruno Ribeiro
Jorg, Jose Antonio Garcia
Dorotea, Diana Axentii
Federico, Maurizio PaceChoeur de l’OpĂ©ra de Monte Carlo
Orchestre Philharmonique de Monte CarloDirection : musicale Maurizio Benini
Mise en scÚne & lumiÚres :  Guy Montavon
DĂ©cors & costumes : Francesco Calcagnini
Chef de chƓur : Stefano Visconti

Stiffelio, version originelle de 1850
Opéra en trois actes
Musique de Giuseppe Verdi (1813 – 1901)
Livret de Francesco Maria Piave d’aprĂšs la piĂšce de Souvestre et Bourgeois, Le Pasteur ou L’Évangile et le foyer.
Création : Trieste, Teatro Grande, 16 nov. 1850
Nouvelle production en coproduction
avec le Teatro Regio de Parme

Plus d’infos sur le site de l’OpĂ©ra de Monte Carlo

Voir directement la page dĂ©diĂ©e Ă  Stiffelio de Verdi, premiĂšre Ă  l’OpĂ©ra de Monte Carlo

Verdi : Stiffelio,1850

Monaco. Opéra de Monte Carlo. Verdi : Stiffelio, les 23,26,28 avril 2013

cura_jose_stiffelioA Monaco, sur les planches de l’OpĂ©ra de Monte Carlo, le tĂ©nor JosĂ© Cura chante la dignitĂ© blessĂ©e du pasteur Stiffelio dans un spectacle inĂ©dit sur le rocher qui rĂ©vĂšle l’annĂ©e du bicentenaire Verdi 2013, un authentique chef d’oeuvre Ă©trangement mĂ©connu crĂ©Ă© en 1850… Nouvelle production Ă©vĂ©nement. Le livret original de Stiffelio dĂ©chaina les foudres de la censure pour plusieurs raisons : la sociĂ©tĂ© italienne du XIXe siĂšcle et ses autoritĂ©s politiques, profondĂ©ment catholiques, n’Ă©taient pas prĂȘtes Ă  voir sur scĂšne une histoire d’adultĂšre dans la maison d’un pasteur, ni celui-ci accorder son pardon en plein prĂȘche tout en citant le Nouveau Testament. Lire notre prĂ©sentation de Stiffelio de Verdi

Opéra. José Cura chante Stiffelio à Monaco : 23,26,28 avril 2013
Distribution de Stiffelio Ă  l’OpĂ©ra de Monte Carlo :
Stiffelio, José Cura
Lina, Virginia Tola
Stankar, Nicola Alaimo
Raffaele, Bruno Ribeiro
Jorg, Jose Antonio Garcia
Dorotea, Diana Axentii
Federico, Maurizio PaceChoeur de l’OpĂ©ra de Monte Carlo
Orchestre Philharmonique de Monte CarloDirection : musicale Maurizio Benini
Mise en scÚne & lumiÚres :  Guy Montavon
DĂ©cors & costumes : Francesco Calcagnini
Chef de chƓur : Stefano ViscontiStiffelio, version originelle de 1850
Opéra en trois actes
Musique de Giuseppe Verdi (1813 – 1901)
Livret de Francesco Maria Piave d’aprĂšs la piĂšce de Souvestre et Bourgeois, Le Pasteur ou L’Évangile et le foyer.
Création : Trieste, Teatro Grande, 16 nov. 1850
Nouvelle production en coproduction
avec le Teatro Regio de Parme

Plus d’infos sur le site de l’OpĂ©ra de Monte Carlo

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Opéra. José Cura chante Stiffelio à Monaco : 23,26,28 avril 2013

Opéra. José Cura chante Stiffelio à Monaco : 23,26,28 avril 2013

A Monaco, sur les planches de l’OpĂ©ra de Monte Carlo, le tĂ©nor JosĂ© Cura chante la dignitĂ© blessĂ©e du pasteur Stiffelio dans un spectacle inĂ©dit sur le rocher qui rĂ©vĂšle l’annĂ©e du bicentenaire Verdi 2013, un authentique chef d’oeuvre Ă©trangement mĂ©connu crĂ©Ă© en 1850… Nouvelle production Ă©vĂ©nement. Le livret original de Stiffelio dĂ©chaina les foudres de la censure pour plusieurs raisons : la sociĂ©tĂ© italienne du XIXe siĂšcle et ses autoritĂ©s politiques, profondĂ©ment catholiques, n’Ă©taient pas prĂȘtes Ă  voir sur scĂšne une histoire d’adultĂšre dans la maison d’un pasteur, ni celui-ci accorder son pardon en plein prĂȘche tout en citant le Nouveau Testament.

Le pardon d’un pasteur trompĂ©

cura_jose_stiffelioGiuseppe Verdi, dĂ©sespĂ©rĂ© et agacĂ©, devant pareille incomprĂ©hension mais conscient des immenses qualitĂ©s de sa partition, tentera (par dĂ©pit ?) de dĂ©truire toutes les copies existantes de son manuscrit. Il le mĂ©tamorphose sept ans plus tard en drame moyenĂągeux sous le nom d’Aroldo, ajoutant au passage un acte fort beau musicalement mais dont la fin convenue est bien loin du coup de gĂ©nie de la scĂšne finale de Stiffelio. Entretemps, la figure centrale de l’homme de Dieu avait disparu… Devenu un chevalier : Aroldo perdant de facto toute sa portĂ©e scandaleuse originelle.

Ce n’est pas avant 1960 qu’un manuscrit complet de l’Ɠuvre originale est retrouvĂ©, puis en 1993 et les reprĂ©sentations au Metropolitan de New York, le vĂ©ritable Stiffelio de Verdi reparaĂźt.  C’est au tour du public de l’OpĂ©ra de Monte-Carlo de dĂ©couvrir ce chef-d’Ɠuvre oubliĂ©, composĂ© en mĂȘme temps que Rigoletto, et dans le sillon tracĂ© par le sommet schillĂ©rien tragique et sublime, Luisa Miller.

Verdi

Stiffelio révélé

Opéra de Monte Carlo
Monaco, les 23,26 et 28 avril 2013

PremiĂšre Ă  l’OpĂ©ra de Monte-Carlo

Stiffelio, partition violente et barbare dans sa coupe dramatique premiĂšre qui avait tant scandalisĂ© la censure, s’affirme aujourd’hui, ce d’autant plus avec force en cette annĂ©e du bicentenaire Verdi 2013 oĂč les vraies rĂ©vĂ©lations ne sont pas lĂ©gions: la riche inspiration mĂ©lodique le dispute Ă  la puissance dramatique du sujet. La nouvelle production monĂ©gasque devrait relever un double dĂ©fi: souligner en 2013, les 200 ans de la naissance du compositeur, mais aussi confirmer un authentique chef d’Ɠuvre encore mĂ©connu. Quel plus bel apport pour l’annĂ©e Verdi 2013?

Plus d’infos sur le site de l’OpĂ©ra de Monte Carlo

Distribution de Stiffelio Ă  l’OpĂ©ra de Monte Carlo :
Stiffelio, José Cura
Lina, Virginia Tola
Stankar, Nicola Alaimo
Raffaele, Bruno Ribeiro
Jorg, Jose Antonio Garcia
Dorotea, Diana Axentii
Federico, Maurizio Pace

Choeur de l’OpĂ©ra de Monte Carlo
Orchestre Philharmonique de Monte Carlo

Direction : musicale Maurizio Benini
Mise en scÚne & lumiÚres :  Guy Montavon
DĂ©cors & costumes : Francesco Calcagnini
Chef de chƓur : Stefano Visconti

Stiffelio, version originelle de 1850
Opéra en trois actes
Musique de Giuseppe Verdi (1813 – 1901)
Livret de Francesco Maria Piave d’aprĂšs la piĂšce de Souvestre et Bourgeois, Le Pasteur ou L’Évangile et le foyer.
Création : Trieste, Teatro Grande, 16 nov. 1850
Nouvelle production en coproduction
avec le Teatro Regio de Parme