CRITIQUE, opéra. STRASBOURG, le 10 oct 2021. VERDI : Stiffelio. Tetelman, Bassénz Andrea Sanguinetti / Bruno Ravella. 

stiffelio-verdi-bruno-ravella-opera-du-rhin,-critique-opera-classiquenews-strasbourg-mulhouse-verdi-critique-classiquenewsCRITIQUE, opéra. STRASBOURG, le 10 oct 2021. VERDI : Stiffelio. Tetelman, Bassénz Andrea Sanguinetti / Bruno Ravella. L’Opéra National du Rhin propose une nouvelle production de l’opéra rare de Verdi, Stiffelio (1850), signée Bruno Ravella. Décrié, censuré, remanié, puis oublié, l’opus voit dans cette résurrection alsacienne la seule création française d’après l’édition critique de la partition (2003). L’excellente distribution des solistes (pour leur majorité en prise de rôle et en début à Strasbourg), sont dirigés par Andrea Sanguineti qui fait aussi ses débuts à l’Opéra en tant que directeur musical.

Élégante résurrection

L’œuvre, jugée blasphématoire par la censure italienne à sa création, en raison de quelques spécificités du livret de Piave (d’après Émile Souvestre et Eugène Bourgeois), est souvent présentée comme sujet sur l’adultère. L’histoire à nuancer, est celle de Stiffelio, pasteur protestant charismatique, trompé par sa femme Lina. Elle le trompe avec le gentilhomme Raffaele qui sera tué par le père, Stankar, pour l’honneur de la famille. Stiffelio, pasteur à la sérénissime compassion, côté jardin, fou de rage meurtrière, côté cour, rappelle à la fin que le devoir d’un chrétien est de pardonner ; il accepte le repentir de sa femme (après la signature d’un divorce quand même !).
Censuré officiellement en raison des éléments jugés « immoraux » (représentation scénique mondaine d’un objet de culte, citations bibliques dans une œuvre profane, évocation du divorce…), l’opéra d’une grande richesse musicale est à la fois un défi majeur pour les metteurs en scène ainsi qu’une opportunité parfaite pour montrer combien l’art lyrique, un art vivant, est intimement lié aux sensibilités de son public… Nous y reviendrons.

Avant le lever du rideau le ténor protagoniste est annoncé souffrant, mais il assurera néanmoins la représentation. Le spectacle commence avec une pétillante ouverture pot-pourri, marquée par un certain imbroglio instrumental que nous oublions rapidement grâce à la remarquable prestation de la trompette, avec sa délicieuse et charmante mélodie. Le ténor Jonathan Tetelman dans le rôle-titre entre sur scène avec un tel panache théâtrale et une projection vocale sans défaut que nous nous étonnons qu’il soit souffrant ! Un rôle vocalement exigeant pour tout ténor, mais aussi une superbe occasion de montrer l’ampleur de ses talents, Tetelman l’interprète dignement. Son timbre solaire, son beau chant trouvent un contraste heureux avec son jeu d’acteur, passionné et passionnant ; habité, plus théâtralement que musicalement, le ténor éclaire l’affreuse dualité entre l’amour christique qu’est sa fonction / mission et la rage meurtrière aveuglante de l’homme blessé qui ronge son cœur. Si elle manque parfois de force sombre, la prise de rôle à Strasbourg bien est plus que remarquable… époustouflante : une révélation ! Ses duos avec la soprano Hrachuhi Bassénz (Lina) sont excellents, en raison des spécificités et ambiguïtés de l’œuvre et du parti pris de la production. Si les aigus cristallins sont là et que son legato ne fait pas défaut, sa réussite se trouve ailleurs, précisément dans la distance qu’elle établit avec presque tout le monde : il s’agît après tout d’une femme qui vit dans une communauté fermée et qui a peur.

Les rôles secondaires, légèrement moins complexes, sont dignement interprétés par les solistes. Le baryton Dario Solari (Skandar, père de Lina), est touchant dans son chant plein d’esprit. Son air et cabaletta du 3e acte « Lina, pensai… O gioia inesprimibile » est un moment de grand impact. La basse Önay Köse (Jorg, l’ancien) est hyper convaincant à tout niveau, archaïque, menaçant comme il le faut. Finalement le ténor Tristan Blanchet dans le rôle de Raffaele brille par la force gaillarde du chant ; il offre une prestation à l’espièglerie nonchalante très efficace. La distribution rayonne encore plus et davantage lors des nombreux duos et dans les fins d’acte, très beaux.

« L’infamie ne vous suffit point, vous voulez être lâche ! »
Skandar

Pour revenir à la mise en scène, efficacité et pragmatisme paraissent être des mots-maîtres de la conception… C’est simple, épuré, beau. Comme un tableau de Raphaël que nous aimons tous et qui ne choque personne. Bruno Ravella situe l’action, de façon tout à fait ingénieuse et sage, dans une communauté religieuse fermée, à l’Amish. Le décor unique évoque le temple autour duquel tout se passe (décors et costumes d’Hannah Clark, lumières de Malcolm Rippeth). Les matières sont belles et élégantes dans leur simplicité, les lumières efficaces, souvent tamisées. Or, dans cet opéra où nous parlons de crimes d’honneur, où nous sommes encore à nouveau exposés à la souffrance « coupable » d’une femme, violée, nous trouvons la transposition en terre Amish, politiquement correcte et bouleversante, comme s’il y avait peut-être une volonté de ne pas froisser quelqu’un. Mais qui ? Matière à réflexion. Si l’occasion de parler à notre époque est quelque peu ratée, la création demeure agréablement efficace, sans plus.
La direction du chef Andrea Sanguineti est, elle, parfois tendue. Nous constatons l’évolution progressive de la performance, souvent le cas dans une première, à vrai dire, et l’Orchestre symphonique de Mulhouse prend un certain temps à trouver une dynamique cohérente et sa régularité. La performance des instrumentistes se révèle parfois très belle (cf. les vents, comme le hautbois sublime du duo « Opposto è il calle che in avvenire » au 3e acte). Les chœurs de l’Opéra, plutôt cosmétiques, sont corrects.

L’œuvre rare de Verdi est à découvrir et redécouvrir à l’Opéra National du Rhin, avant tout et surtout pour la beauté du chant. A l’affiche les 10, 12, 14, 16 et 19 octobre à Strasbourg, puis les 7 et 9 novembre à Mulhouse.

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CRITIQUE, opéra. Strasbourg. Opéra National du Rhin, le 10 oct 2021. VERDI : Stiffelio. Jonathan Tetelman, Hrachuhi Bassénz, Dario Solari, Tristan Blanchet, Önay Köse… Orch symphonique de Mulhouse. Andrea Sanguinetti, direction / Bruno Ravella, mise en scène.  Photos : © Klara Beck / ONR 2021.

A propos de Stiffelio, un opéra méconnu de Verdi, LIRE aussi :
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Notre dossier Stiffelio de Verdi
http://www.classiquenews.com/stiffelio-de-verdi/

Notre présentation du Stiffelio de Verdi à l’affiche de l’Opéra de Strasbourg en octobre 2021 :
http://www.classiquenews.com/stiffelio-a-strasbourg-et-mulhouse-10-oct-9-nov-2021/

Stiffelio Ă  Strasbourg et Mulhouse (10 oct – 9 nov 2021)

Vague verdienne en juin 2014OPERA DU RHIN. VERDI : Stiffelio (10 – 19 oct, STrasbourg), 7 – 9 nov (Mulhouse). RaretĂ© injustement Ă©cartĂ© des scènes lyriques Ă  Strasbourg en octobre 2021. L’annĂ©e oĂą sont crĂ©Ă©s Lohengrin de Wagner et Genoveva de Schumann, 1850 : Verdi livre après Luisa Miller, et avant Rigoletto, Stiffelio, une partition dont la violence morale surprend ; dont la justesse et la vĂ©ritĂ© des caractères musicaux qui y sont brossĂ©s, saisissent. Et si nous tenions lĂ  un Verdi oubliĂ©, le chaĂ®non manquant dont l’absence sur les planches reste incomprĂ©hensible ?

Huis clos captivant

Source théâtrale française oblige, l’opéra de Verdi éblouit par sa force dramatique, digne d’un vrai huit-clos intimiste et psychologique. Pas de héros royaux, de princes ou de princesses déchues et sacrifiées ni de chœurs sur fond historique, mais un trio de gens simples d’autant plus éprouvés qu’ils appartiennent tous à une communauté spirituelle où la règle de vertu morale s’applique sur toute autre chose.
Il est donc audacieux voire provocateur de la part de Verdi d’adapter la pièce de Souvestre et Bourgeois (Le Pasteur, 1849). Verdi y expérimente la confrontation structurante sur le plan dramatique du héros tiraillé par des spectres intérieurs, du collectif moralisateur opposé à la passion des individus…

Opéra du RHIN
VERDI : STIFFELIO, 1850
Nouvelle production

STRASBOURG : les 10, 12, 14, 16 et 19 octobre 2021
 / MULHOUSE : les 7 et 9 nov 2021
RÉSERVEZ vos places, ici :
https://www.operanationaldurhin.eu/fr/spectacles/saison-2021-2022/opera/stiffelio

Stiffelio : Jonathan Tetelman
Lina : Hrachuhí Bassénz
Stankar : Dario Solari
Raffaele : Tristan Blanchet
Jorg : Önay Köse
Federico : Sangbae ChoĂŻ
Dorotea : Clémence Baïz

Chœur de l’OnR
Orchestre symphonique de Mulhouse

Direction musicale : Andrea Sanguineti
Mise en scène : Bruno Ravella

De l’esprit de vengeance au pardon salvateur
L’ouvrage raconte comment le pasteur protestant Stiffelio apprenant l’adultère de son épouse, se révolte d’abord, puis apprend parce qu’il la surmonte, l’épreuve du pardon et du renoncement. Verdi s’attache en psychologue accompli à peindre le tréfonds de l’âme humaine, ses affrontements et distorsions silencieuses qui font de chacun des caractères, une source de dépassement et de grandeur finale : Stiffelio touché par la grâce du pardon, atteint la lumière d’un saint homme ; Lina enfin pardonnée passe de cible diabolisée au statut de victime admirable.

Au spectateur, galvanisé par la musique, de suivre pas à pas chaque jalon d’une intrigue qui confine à la parabole poétique et mystique dans un opéra qui se veut in fine, hymne d’amour au genre humain et à l’espérance qu’il fait naître.
Verdi embrase littéralement cette intrigue, exploitant justement les ressorts dramatiques, pathétiques et tragiques de chacun des protagonistes. Il s’intéresse à la traîtresse (Lina) toujours amoureuse de son mari, dévorée par la culpabilité ; au mari lui-même c’est à dire Stiffelio (en fait Rodolfo, un prénom décidément verdien que l’on retrouve dans Luisa Miller, l’opéra qui précède Stiffelio, puis dans La Traviata qui lui succède avec Rigoletto ) : il faut de la noirceur pour incarner l’âme du pasteur rongé par le doute, tiraillé par le soupçon …
enfin sauvé par lui-même.

Stankar, modèle du baryton verdien

Et pour fermer l’action sur un trio remarquable, Verdi s’intéresse tout autant au père de l’infidèle, Stankar, superbe figure paternelle lui aussi détruit par l’esprit du déshonneur et de la honte: il ne supporte pas que sa fille ait pu trahir l’époux si vertueux : un superbe air au III, avec un écart vertigineux d’humeurs enchaînées, annonce les grands barytons verdiens : autorité morale édifiante, pères aimants et protecteurs- ; ainsi au III, Stankar apparaît d’abord suicidaire désespéré puis ivre d’une vengeance qui se profile de façon imprévue: de fait il tuera celui par lequel le scandale arrive (Raffaelle). Stankar exige du chanteur un métier solide. On connaissait dans l’illustration de la tendresse et de l’amour paternel les plus connus Rigoletto, Simon Boccanegra, … désormais il faut compter avec Stiffelio : le personnage de Stankar les préfigure tous : on vous l’a dit Stiffelio version originelle, réserve de superbes révélations.

La fameuse scène finale où en pardonnant finalement à son épouse, Stiffelio lit la parabole de la femme adultère – un tableau qui avait susciter les foudres de la censure puritaine-, : une nuée de pierres semble s’abattre poétiquement sur chacun des fidèles rassemblés au temple. C’est un renversement symbolique de l’action et la preuve que la coupable est une victime comme les autres, surtout que personne ne peut s’élever en juge, s’il ne peut démontrer au préalable, sa pureté morale. Du reste, le tableau à l’église est le plus spectaculaire avec son prélude à l’orgue qui plonge le spectateur dans la représentation non plus d’une action anecdotique mais bien d’un tableau exemplaire à méditer. Le génie de Verdi outre sa pertinence psychologique, place l’intrigue au rang d’enseignement universel. Opéra du pardon, Stiffelio est un appel à la miséricorde et à la compréhension : on s’étonne qu’à l’époque, l’ouvrage ait suscité tant de réprobation de la censure.

Mais c’est dans sa forme même que l’opéra trouve un équilibre parfait. Peu à peu, on suit le resserrement de l’action du quatuor préalable (si l’on compte aux côtés de Stiffelio, Lina et Stankar, Raffaelle) au duo final (ultime confrontation du prêtre face à son épouse qui l’a trahi), quand avant le geste qui pardonne, Stiffelio en véritable sage et homme de foi, convoque sa femme pour la libérer et renoncer… Pourtant à mesure que l’action s’accomplit c’est évidemment la profondeur du sage qui s’affirme. Dans l’épreuve, Stiffelio comme Stankar s’humanisent.

Verdi : Stiffelio, dramma lirico en trois actes. Musique de Giuseppe Verdi. Livret de Francesco Maria Piave d’après la pièce de Souvestre et Bourgeois, Le Pasteur ou L’Évangile et le foyer. Créé à l’Opéra de Trieste en 1850.

LIRE aussi Stiffelio à l’Opéra de Monte-Carlo, avril 2013 : https://www.classiquenews.com/monaco-opra-de-monte-carlo-le-28-avril-2013-verdi-stiffelio-version-originelle-de-1850-jos-cura-nicola-alaimo-guy-montavo-mise-en-scne-maurizio-benini-direction/

Stiffelio de Verdi

VERDI_442_Giuseppe_Verdi_portraitFrance 2. VERDI : Stiffelio, jeudi 24 janvier 2019, minuit. Même en ses années «  de galère » (de 1842 à 1850) comme il le dit lui-même, le jeune Verdi maîtrise comme personne la coupe frénétique et dramatique, réussissant à régénérer par son nerf et sa fougue virile, le genre opératique dans l’Italie romantique, bientôt libérée du joug autrichien. Tous ses opéras, avec leur action qui porte la volonté et l’autodétermination des peuples révoltés, trouvent un écho immédiat auprès du peuple italienne, cette nation qui n’est pas encore unifiée mais qui est sur le point de l’être. On insistera jamais assez sur la modernité et l’actualité prééminente des ouvrages verdiens à leur époque. Verdi est en phase avec la vibration de son temps et répond, entretient, nourrit l’élan libertaire et l’esprit révolutionnaire des Italiens.
En 8 années, le compositeur génial compose près de 14 opéras, depuis le triomphe de Nabucco, son premier succès.
Conçu en 1850, quasi simultanĂ©ment Ă  Rigoletto, Stiffelio Ă©voque les souffrances d’un Pasteur trompĂ© par sa femme. Le sujet, scandaleux, dĂ©clencha les foudres de la censure : Verdi dut revoir sa copie originelle. L’amour, le devoir… y forment un terreau fertile en confrontations et situations conflictuelles, entre Stiffelio (vrai tĂ©nor verdien, Ă  la fois passionnĂ© et tendre, d’une nouvelle Ă©paisseur psychologique) et son Ă©pouse Lina. Au couple principal (Stiffelio / Lina), Verdi imagine aussi, celui du père et de sa fille, Stankar / Lina, tout autant fouillĂ© et bouleversant : leurs scènes très ciselĂ©es, rĂ©vĂ©lant une relation profonde et complexe, annoncent sur le mĂŞme thème, – père / fille, Rigoletto (Gilda), ou Simon Boccanegra (Amelia)… ne relation essentielle dans les opĂ©ras de maturitĂ© de Verdi, lui-mĂŞme, ayant Ă©tĂ© particulièrement foudroyĂ© par le destin car il perdit son Ă©pouse et ses deux filles…
A Venise, la mise en scène de Johannes Weigand, dans cette production présentée en 2016 à La Fenice, reste claire et intense, réduite à un immense portail métallique, ouvert ou fermé selon les séquences dramatiques, évoquant le temple où prêche Stiffelio, le cimetière, l’intérieur du château…

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Argument / Synopsis :

Le pasteur Stiffelio prône la vertu et l’amour fraternel, alors qu’il est trahi par son épouse laquelle aime passionnément le jeune aristocrate Raffaele. Le père de Lina est personnellement affecté par la déloyauté de sa fille Lina : il assassinera son amant. Confrontés à ce crime désastreux et injuste pour la victime, Stiffelio et Lina se retrouvent, savent se pardonner… dans l’amour de Dieu.

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France 2: “Au clair de la lune” – “Stiffelio” de Giuseppe Verdi – jeudi 24 janvier 2019 Ă  minuit

OpĂ©ra en trois actes de Giuseppe Verdi
sur un livret de Francesco Maria Piave,  d’après Le Pasteur ou l’Ă©vangile au foyer d’Émile Souvestre et Eugène Bourgeois,  crĂ©Ă© le 16 novembre 1850 au Teatro Grande de Trieste.

Orchestre et chœur de La Fenice de Venise
Direction musicale : Daniele Rustioni
Chœur et Orchestre du Teatro La Fenice
Mise en scène : Johannes Weigand

Distribution
Stiffelio : Stefano Secco
Lina : Julianna Di Giacomo
Stankar : Dimitri Platanias
Raffaele : Francesco Marsiglia
Jorg : Simon Lim
Federico di Frengel : Cristiano Olivieri
Dorotea : Sofia Koberidze

Enregistré en janvier 2016, au Teatro La Fenice

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VERDI_402_Giuseppe-Verdi-9517249-1-402NOTRE AVIS. Nul doute que le nerf du jeune chef Daniele Rustioni apporte à cette production de Stiffelio, opéra méconnu mais superbe en intensité, l’énergie idéale. Dans cette version de 1850, et sur le livret de Piave, qui écrit aussi celui de Rigoletto contemporain, la partition éblouit par sa coupe dramatique, faisant se succéder duos, trios, quatuor (jusqu’au septuor), sans interruption et avec une réelle gradation expressive et musicale, que permet quand elle est servie parfaitement, l’écriture continue d’un Verdi peu adepte des airs fermés. Comme Luisa Miller d’après Schiller, Stiffelio est un drame noir, où les passions s’embrasent et crépitent. Vivant, percutant, à l’aise dans le rôle-titre, le ténor Stefano Secco relève le défi de la passion noire qui traverse l’esprit impuissant du prêtre démuni (même s’il est missionné par Dieu). On note un léger manque de naturel chez la Lina de Julianna Di Giacomo et chez le Stankar de Dimitri Platanias dont le bronze vocal cependant emporte l’adhésion. Leur couple vocal gagne en vraisemblance et intensité. Production réalisée à la Fenice en janvier et février 2016. Durée : 2h

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Monaco. Opéra de Monte Carlo. Verdi : Stiffelio, les 23,26,28 avril 2013

Opéra. José Cura chante Stiffelio à Monaco : 23,26,28 avril 2013

cura_jose_stiffelioA Monaco, sur les planches de l’OpĂ©ra de Monte Carlo, le tĂ©nor JosĂ© Cura chante la dignitĂ© blessĂ©e du pasteur Stiffelio dans un spectacle inĂ©dit sur le rocher qui rĂ©vèle l’annĂ©e du bicentenaire Verdi 2013, un authentique chef d’oeuvre Ă©trangement mĂ©connu crĂ©Ă© en 1850… Nouvelle production Ă©vĂ©nement. Le livret original de Stiffelio dĂ©chaina les foudres de la censure pour plusieurs raisons : la sociĂ©tĂ© italienne du XIXe siècle et ses autoritĂ©s politiques, profondĂ©ment catholiques, n’Ă©taient pas prĂŞtes Ă  voir sur scène une histoire d’adultère dans la maison d’un pasteur, ni celui-ci accorder son pardon en plein prĂŞche tout en citant le Nouveau Testament. Lire notre prĂ©sentation de Stiffelio de Verdi

Distribution de Stiffelio Ă  l’OpĂ©ra de Monte Carlo :
Stiffelio, José Cura
Lina, Virginia Tola
Stankar, Nicola Alaimo
Raffaele, Bruno Ribeiro
Jorg, Jose Antonio Garcia
Dorotea, Diana Axentii
Federico, Maurizio PaceChoeur de l’OpĂ©ra de Monte Carlo
Orchestre Philharmonique de Monte CarloDirection : musicale Maurizio Benini
Mise en scène & lumières :  Guy Montavon
DĂ©cors & costumes : Francesco Calcagnini
Chef de chœur : Stefano Visconti

Stiffelio, version originelle de 1850
Opéra en trois actes
Musique de Giuseppe Verdi (1813 – 1901)
Livret de Francesco Maria Piave d’après la pièce de Souvestre et Bourgeois, Le Pasteur ou L’Évangile et le foyer.
Création : Trieste, Teatro Grande, 16 nov. 1850
Nouvelle production en coproduction
avec le Teatro Regio de Parme

Plus d’infos sur le site de l’OpĂ©ra de Monte Carlo

Voir directement la page dĂ©diĂ©e Ă  Stiffelio de Verdi, première Ă  l’OpĂ©ra de Monte Carlo

Verdi : Stiffelio,1850

Monaco. Opéra de Monte Carlo. Verdi : Stiffelio, les 23,26,28 avril 2013

cura_jose_stiffelioA Monaco, sur les planches de l’OpĂ©ra de Monte Carlo, le tĂ©nor JosĂ© Cura chante la dignitĂ© blessĂ©e du pasteur Stiffelio dans un spectacle inĂ©dit sur le rocher qui rĂ©vèle l’annĂ©e du bicentenaire Verdi 2013, un authentique chef d’oeuvre Ă©trangement mĂ©connu crĂ©Ă© en 1850… Nouvelle production Ă©vĂ©nement. Le livret original de Stiffelio dĂ©chaina les foudres de la censure pour plusieurs raisons : la sociĂ©tĂ© italienne du XIXe siècle et ses autoritĂ©s politiques, profondĂ©ment catholiques, n’Ă©taient pas prĂŞtes Ă  voir sur scène une histoire d’adultère dans la maison d’un pasteur, ni celui-ci accorder son pardon en plein prĂŞche tout en citant le Nouveau Testament. Lire notre prĂ©sentation de Stiffelio de Verdi

Opéra. José Cura chante Stiffelio à Monaco : 23,26,28 avril 2013
Distribution de Stiffelio Ă  l’OpĂ©ra de Monte Carlo :
Stiffelio, José Cura
Lina, Virginia Tola
Stankar, Nicola Alaimo
Raffaele, Bruno Ribeiro
Jorg, Jose Antonio Garcia
Dorotea, Diana Axentii
Federico, Maurizio PaceChoeur de l’OpĂ©ra de Monte Carlo
Orchestre Philharmonique de Monte CarloDirection : musicale Maurizio Benini
Mise en scène & lumières :  Guy Montavon
DĂ©cors & costumes : Francesco Calcagnini
Chef de chœur : Stefano ViscontiStiffelio, version originelle de 1850
Opéra en trois actes
Musique de Giuseppe Verdi (1813 – 1901)
Livret de Francesco Maria Piave d’après la pièce de Souvestre et Bourgeois, Le Pasteur ou L’Évangile et le foyer.
Création : Trieste, Teatro Grande, 16 nov. 1850
Nouvelle production en coproduction
avec le Teatro Regio de Parme

Plus d’infos sur le site de l’OpĂ©ra de Monte Carlo

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Opéra. José Cura chante Stiffelio à Monaco : 23,26,28 avril 2013

Opéra. José Cura chante Stiffelio à Monaco : 23,26,28 avril 2013

A Monaco, sur les planches de l’OpĂ©ra de Monte Carlo, le tĂ©nor JosĂ© Cura chante la dignitĂ© blessĂ©e du pasteur Stiffelio dans un spectacle inĂ©dit sur le rocher qui rĂ©vèle l’annĂ©e du bicentenaire Verdi 2013, un authentique chef d’oeuvre Ă©trangement mĂ©connu crĂ©Ă© en 1850… Nouvelle production Ă©vĂ©nement. Le livret original de Stiffelio dĂ©chaina les foudres de la censure pour plusieurs raisons : la sociĂ©tĂ© italienne du XIXe siècle et ses autoritĂ©s politiques, profondĂ©ment catholiques, n’Ă©taient pas prĂŞtes Ă  voir sur scène une histoire d’adultère dans la maison d’un pasteur, ni celui-ci accorder son pardon en plein prĂŞche tout en citant le Nouveau Testament.

Le pardon d’un pasteur trompĂ©

cura_jose_stiffelioGiuseppe Verdi, dĂ©sespĂ©rĂ© et agacĂ©, devant pareille incomprĂ©hension mais conscient des immenses qualitĂ©s de sa partition, tentera (par dĂ©pit ?) de dĂ©truire toutes les copies existantes de son manuscrit. Il le mĂ©tamorphose sept ans plus tard en drame moyenâgeux sous le nom d’Aroldo, ajoutant au passage un acte fort beau musicalement mais dont la fin convenue est bien loin du coup de gĂ©nie de la scène finale de Stiffelio. Entretemps, la figure centrale de l’homme de Dieu avait disparu… Devenu un chevalier : Aroldo perdant de facto toute sa portĂ©e scandaleuse originelle.

Ce n’est pas avant 1960 qu’un manuscrit complet de l’Ĺ“uvre originale est retrouvĂ©, puis en 1993 et les reprĂ©sentations au Metropolitan de New York, le vĂ©ritable Stiffelio de Verdi reparaĂ®t.  C’est au tour du public de l’OpĂ©ra de Monte-Carlo de dĂ©couvrir ce chef-d’Ĺ“uvre oubliĂ©, composĂ© en mĂŞme temps que Rigoletto, et dans le sillon tracĂ© par le sommet schillĂ©rien tragique et sublime, Luisa Miller.

Verdi

Stiffelio révélé

Opéra de Monte Carlo
Monaco, les 23,26 et 28 avril 2013

Première Ă  l’OpĂ©ra de Monte-Carlo

Stiffelio, partition violente et barbare dans sa coupe dramatique première qui avait tant scandalisĂ© la censure, s’affirme aujourd’hui, ce d’autant plus avec force en cette annĂ©e du bicentenaire Verdi 2013 oĂą les vraies rĂ©vĂ©lations ne sont pas lĂ©gions: la riche inspiration mĂ©lodique le dispute Ă  la puissance dramatique du sujet. La nouvelle production monĂ©gasque devrait relever un double dĂ©fi: souligner en 2013, les 200 ans de la naissance du compositeur, mais aussi confirmer un authentique chef d’Ĺ“uvre encore mĂ©connu. Quel plus bel apport pour l’annĂ©e Verdi 2013?

Plus d’infos sur le site de l’OpĂ©ra de Monte Carlo

Distribution de Stiffelio Ă  l’OpĂ©ra de Monte Carlo :
Stiffelio, José Cura
Lina, Virginia Tola
Stankar, Nicola Alaimo
Raffaele, Bruno Ribeiro
Jorg, Jose Antonio Garcia
Dorotea, Diana Axentii
Federico, Maurizio Pace

Choeur de l’OpĂ©ra de Monte Carlo
Orchestre Philharmonique de Monte Carlo

Direction : musicale Maurizio Benini
Mise en scène & lumières :  Guy Montavon
DĂ©cors & costumes : Francesco Calcagnini
Chef de chœur : Stefano Visconti

Stiffelio, version originelle de 1850
Opéra en trois actes
Musique de Giuseppe Verdi (1813 – 1901)
Livret de Francesco Maria Piave d’après la pièce de Souvestre et Bourgeois, Le Pasteur ou L’Évangile et le foyer.
Création : Trieste, Teatro Grande, 16 nov. 1850
Nouvelle production en coproduction
avec le Teatro Regio de Parme