CD coffret événement, annonce. SEIJI OZAWA The complete recordings on DG (50 cd Deutsche Grammophon)

OZAWA seiji complete recordings deutsche gramophon cd box set review cd critique cd classiquenews annonce critique maestro musique classique opera concerts infos actualitesCD coffret Ă©vĂ©nement, annonce. SEIJI OZAWA The complete recordings on DG (50 cd Deutsche Grammophon : 1972 – 2007) - Charles Munch (1949 – 1962), Erich Leinsdorf (1962-1969) avant Ozawa et après lui, James Levine furent les lĂ©gendes qui ont ciselĂ© la sonoritĂ© nerveuse et souple du Symphonique de Boston. Sous l’ère de Seiji Ozawa (de 1973 Ă  2002), la phalange amĂ©ricaine atteint des sommets de poĂ©sie symphonique, servie aussi par une ingĂ©nierie de l’enregistrement qui n’a rien Ă  voir avec notre format standard compact actuel . Le coffret des complete recordings on Deutsche Grammophon, dĂ©bute dès 1972 (avec le San Francisco Symphony dont il est directeur de 1970 Ă  1976), puis en 1973, avec ses chers instrumentistes de Boston : dĂ©sormais, dans tous les genres, concertos, symphonies et aussi opĂ©ra, Ozawa maintient un très haut niveau d’implication esthĂ©tique, cherchant un son Ă  la fois plein et dĂ©taillĂ©, qui fait merveille entre autres dans le rĂ©pertoire française, de Berlioz Ă  Ravel.
NĂ© en 1935, Ozawa signe alors ses enregistrements parmi les plus aboutis : âgĂ© de 38 ans au dĂ©but de son mandat Ă  Boston, le chef d’origine japonaise (en rĂ©alitĂ© nĂ© en Chine Ă  Shenyang) dĂ©fend une sensibilitĂ© de fauve, Ă  la subtilitĂ© fĂ©line, qui dans les tutti, – choraux ou de plein orchestre, prĂ©serve toujours la transparence. Les 50 cd du coffret DG doivent constituer les fondations de toute discographie actuelle car douĂ© d’une curiositĂ© Ă©largie, l’alchimiste Ozawa aborde chaque partition avec cette tension Ă©lectrique, nerveuse, pourtant habitĂ©e par l’échelle du monumental qui sait organiser et structurer tout dĂ©veloppement, assurant Ă  chaque Ă©pisode une architecture explicite qui frappe par sa hauteur de vue.

 

 

 

Intégrale des enregistrements pour DG
Seiji OZAWA le félin fauve de Boston

 

 

 

Le coffret DG Deutsche Grammophon rassemble ainsi plusieurs jalons de son riche rĂ©pertoire, qui mĂŞle les piliers archi connus et les perles moins jouĂ©es dont en particulier plusieurs Français (Damnation de Faust de Berlioz, Les Contes d’Hoffmann de Bizet – avec le National de France en 1986 ; PellĂ©as et MĂ©lisande, et Dolly de FaurĂ©)… qui en font l’un des meilleurs interprètes de notre rĂ©pertoire hexagonal.

Parmi les grands thèmes transversaux de ce narrateur symphoniste hors pair, distinguons les RomĂ©o et Juliette de Prokofiev, Berlioz, Tchaikovsky ; la maĂ®trise symphonique d’Ozawa se dĂ©voile et son confirme ici chez Brahms (Symphonies 1 et 2), Mahler (Symphonie n)1 « Titan », d’une fĂ©brilitĂ© fĂ©line Ă©blouissante), Berlioz (la Symphonie Fantastique) ; RAVEL (BolĂ©ro, Alborada del gracioso, Ma Mère l’Oye / Daphnis et Chloé…) ; TCHAIKOVSKY (musique des ballets du Lac des cygnes et de Casse-noisette / Symphonies n°4 et n°5 avec le Berliner Philharmoniker); PROKOFIEV dont il enregistre aussi avec le Berliner, les 7 symphonies en 1991-1992…

CLIC D'OR macaron 200Quelques perles de ce coffret indiscutable ? Les opus dédiés à POULENC (Stabat Mater avec Kathleen Battle, Concerto pour orgue, Concert champêtre,…), évidemment les BERLIOZ et les RAVEL déjà cités ; sans omettre, A Midsummer Night’s dream (solistes : Kathleen Battle, Frederica von Stade, 1994), et le plus récent enregistrement avec le pianiste Yundi Li (Concertos de Prokofiev et Ravel avec le Berliner, 2007). Pour les afficionados comme nous, reportez vous aussi au récent enregistrement de la 9è Symphonie de Beethoven dont le maestro Ozawa réalise une lecture aussi chambriste qu’éblouissante, réflexion sur le rapport des voix et des instruments, et au sein de l’orchestre des pupitres entre eux pour une vision régénérée, épurée, captivante par sa ligne et son intensité : LIRE ici notre critique BEETHOVEN : 9è par Ozawa (Mito Chamber Orchestra / Decca, janvier 2019)
http://www.classiquenews.com/cd-evenement-critique-seiji-ozawa-beethoven-9-mito-chamber-orchestra-1-cd-decca/

 

 

 

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OZAWA seiji complete recordings deutsche gramophon cd box set review cd critique cd classiquenews annonce critique maestro musique classique opera concerts infos actualitesCD coffret événement, annonce. SEIJI OZAWA The complete recordings on DG (50 cd Deutsche Grammophon) - Grande critique du coffret 50 cd DG Deutsche Grammophon : SEIJI OZAWA The complete recordings on DG Deutsche Grammophon, à venir dans le mag cd dvd livres de CLASSIQUENEWS

 

 

 

 

 

 

 

CD, Ă©vĂ©nement, critique. SEIJI OZAWA : BEETHOVEN 9 – Mito Chamber Orchestra (1 cd Decca)

OZAWA SEIJI BEETHOVEN 9 MITO chamber orchestra concert cd critique cd review classiquenews 4832566_SO_B9_A_FC-240x240CD, Ă©vĂ©nement, critique. SEIJI OZAWA : BEETHOVEN 9 – Mito Chamber Orchestra (1 cd Decca). 45 ans après son tout premier enregistrement pour Philips, le vĂ©tĂ©ran lĂ©gendaire, maestro Seiji Ozawa relit le sommet des symphonies romantiques germaniques : la 9è de Beethoven; Ă  l’âge de 83 ans, Ă  la tĂŞte du Mito Chamber Orchestra (fondĂ© en 1990), le chef – directeur musical de l’orchestre nippon Ă  partir de 2012-, montre en dĂ©pit d’une longue maladie dont il sort petit Ă  petit, une Ă©nergie nerveuse prĂŞte Ă  dĂ©coudre avec le massif beethovĂ©nien.

Le premier mouvement, frémissant, tendu, incandescent reconnecte le sentiment tragique à l’univers ; on y lit dans cette lecture nerveuse, mordante, éruptive, acérée et incisive, la volonté d’en découdre ou de faire surgir coûte que coûte, et en urgence, une résolution au conflit. C’est la réitération de plus en plus précise, claire d’une phrase qui récapitule toutes les guerres et leur essence tragique, extinction, barbarie, enfin reformulée de façon définitive et enfin claire à 16mn : Ozawa, pilotant un effectif chambriste, sculpte la matière orchestrale avec une précision de fauve, de loup en panique, pressé par l’obligation et l’urgence de résolution. L’engagement des instrumentistes produit une tension d’ensemble, une motricité collective qui fait feu de tout bois. Quand enfin dans les dernières mesures, s’énonce l’équation réponse qui est une déclaration affirmée, le sentiment de résolution peut s’accomplir. Tout est dit : tout est clair.

Le 2è mouvement est d’une énergie primitive, épurée, sautillante, vrai ballet, à la fois pulsation pure, et ciselure cristalline, vif-argent, enfin sans contrainte ; une nouvel élan, celui d’un espoir neuf… Si dans le premier mouvement il s’agissait de regretter et pleurer les morts et les victimes colatérales des batailles, ici, le courage recouvré, et l’espoir revivifié, transcendé (cor, basson…), la volonté de victoire, irrépressible et comme électrisée, animent toutes les troupes pour un nouveau combat (le dernier?)/ timbales, piccolos indiquent la marche heureuse (inconsciente ?), énivrée, éperdue. Ozawa redouble de nervosité détaillée, d’une frénésie primitive, énoncée avec l’urgence d’une force juvénile. Le travail du chef dans les nuances, l’élan, la clarté de l’architecture y paraît le plus manifeste et intelligible. C’est un concert parfaitement équilibré qui gagne un relief décuplé dans cette version recentrée sur un effectif essentiel (chambriste). La motricité et le souci de détail sont superlatifs.
Voyez comme à 7:51 : une étape est franchie soudainement, dans le sens d’une organisation et d’un objectif nouveau, plus trépidant encore qui reprend la frénésie du départ, une armée se met en mouvement.

Dans l’Adagio, sans s’alanguir vraiment, Ozawa fait chanter cordes et bois, en un énoncé plus feutré, rentré, prière fraternelle qui devient appel au renoncement accompagné des pleurs aux violons, un rien maniéré (8:40) ; Beethoven après l’évocation de la barbarie en un souffle tragique, ayant repris possession d’un espoir inespéré, exprime ici une confession intime qui dans le sens de la fraternité, indique clairement l’espoir d’un monde nouveau. Il y manque certainement l’ampleur d’enivrement d’autres versions ; Ozawa semble demeuré dans les instruments, à hauteur de pupitre, dans les cordes spécifiquement. Il lui manque un soupçon de distance réconciliatrice, de souffle poétique.

 
 
 

Du chant des armes
à la prière des cœurs
OZAWA plus fraternel que jamais

 
 
 

OZAWA maestro felin CLASSIQUENEWS portrait juillet août 2015 Le-chef-d-orchestre-Seiji-Ozawa-de-retour_article_landscape_pm_v8

 
 
 

Le destin frappe alors dans le 4è mouvement « Presto »: urgence nouvelle qui est très ralentie, exposée avec lenteur par les contrebasses.

On comprend bien la construction de ce massif ultime du génie beethovénien : conscience foudroyée d’abord, puis reconstruction humaniste.

En passant par le chant du chœur des homms d’abord puis des femmes, en s’incarnant par la voix des solistes, baryton qui exhorte, puis ténor qui invoque et prie, la parole de l’orchestre, s’apparentait à celle des armes (premier mouvement) ; désormais s’il y a levée de boucliers et chant de guerre, ils ne peuvent se réaliser que dans le sens d’une humanisation générale. Quelle vision prophétique qui vaut pour notre siècle (XXIè) celui ultime et décisif de tous les défis : climatique et écologique, sociétal et politique… Quelles valeurs voulons nous défendre ? C’est bien ce rapport désormais vital et dernier auquel nous invite Beethoven. Voilà qui fait sa modernité et ses vertus cathartiques aussi. Car à défaut d’en retrouver traces dans la réalité sociétale actuelle, le spectateur vit déjà dans l’écoulement de la symphone, cette expérience salutaire et clairvoyante qui lui restitue ce qui n’a aucun prix et vaut d’être défendu : le combat de l’homme pour l’homme.

Ozawa comprend les enjeux et la situation : c’est un cataclysme organisé, un nouveau chaos produisant une ère nouvelle qui s’accomplit alors, illuminé par l’humanisme fraternel du chant des solistes et du choeur.
CLIC_macaron_2014L’appel à l’amour universel et l’étreinte pacifique unit orchestre, chef et solistes en une course effrénée portée par l’urgence et la volonté de l’esprit initial. Ivre de son exaltation, le compositeur démiurge s’adresse dès lors au Créateur divin, dans l’espoir de toucher sa miséricorde car il aurait démontrer que sa créature (humaine) s’est enfin montrée digne de son créateur. Dans ce sens, l’ultime électrisation de tout l’orchestre, véritable orgie et transe collective saisit par sa justesse, sa vérité. A 80 ans, Ozawa se montre d’une sincérité désarmante ; son appétit, sa gourmandise affûtée (quitte à forcer parfois le trait, dans les tutti de la dernière séquence chorale), son intelligence féline font le miel et le nerf de cette lecture en tout point captivante.

 
 
 

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CD, critique. SEIJI OZAWA : Symphonie n°9 de BEETHOVEN. Mito chamber Orchestra – Rie Miyake (soprano), Mihoko Fujimura (mezzo-soprano), Kei Fukui (tenor), Markus Eiche (baritone) – 1 cd Decca

 
 
 

Approfondir
En savoir plus sur http://www.clubdeutschegrammophon.com/albums/beethoven-9/#M1JfhPiFJeRPb6QQ.99

 
 
 

Seiji Ozawa : the complete Warner recordings (25 cd)

SEIJI-OZAWA-the-complete-warner-recordings-coffret-cd-review-comte-rendu-critique-CLASSIQUENEWS-juillet-2015-CLIC-de-l-ete-2015 Seiji-Ozawa-The-Complete-Warner-Recordings1_actu-imageCD, coffret Ă©vĂ©nement, compte rendu critique. Seiji Ozawa : The complete Warner recordings, 25 cd). Mère chrĂ©tienne, père bouddhiste, Seiji Ozawa est la synthèse Orient Occident, nĂ© le 1er septembre 1935 en Chine (province du Mandchoukuo, la Mandchourie alors occupĂ©e par les japonais), c’est l’enfant de mĂ©tissages et de cultures subtilement associĂ©es dont la force et l’acuitĂ©, la sensibilitĂ© et l’Ă©nergie ont façonnĂ© une trajectoire singulière, l’une des plus passionnantes Ă  l’Ă©coute de son hĂ©ritage musicale parmi les chefs d’orchestre du XXème siècle. Il partage avec le regrettĂ© Frans Bruggen, la mĂŞme tension fĂ©line au pupitre, soucieuse de prĂ©cision et de souplesse. une leçon de communication et de maintien, pour tous les nouveaux princes de la baguette, rien qu’Ă  les regarder.
D’abord pianiste, Seiji se destine Ă  la baguette et Ă  la direction d’orchestre sous la houlette du professeur Hideo Saito, figure majeure de l’essor de la musique classique au Japon. Sa carrière est lancĂ©e avec l’obtention du premier prix Ă  Besançon en 1959 : l’Ă©lève Ă  Paris de Eugène Bigot a Ă©bloui par sa finesse et son charisme. Il a 24 ans. Le prodige est l’invitĂ© de CHarles Munch Ă  Boston, de Karajan Ă  Berlin. C’est aussi un Ă©lève assidu de Tanglewood dès 1960 : Ă  la discipline maĂ®trisĂ©e, le jeune chef approfondit son intuition, sa libertĂ© et ses prises de risques aux cĂ´tĂ©s de Munch, Bernstein, Copland… Assistant de Karajan, Seiji devient aussi celui de Bernstein.
CLIC D'OR macaron 200Dès lors, le nouveau tempĂ©rament de la direction circonscrit son propre rĂ©pertoire, idĂ©alement Ă©quilibrĂ© : la musique française, les piliers germaniques, classiques et romantiques, Tchaikovsky et Gustav Mahler (une passion transmise par Bernstein que dĂ©laissa Karajan). Mais ici pas de Mahler hĂ©las mais des Tchaikovski Ă  couper le souffle dont la 4ème avec l’Orchestre de Paris en 1970, qui depuis a perdu cet Ă©tat de grâce entre mordant vif argent et dramatisme universel, qui donne justement Ă  Piotr Illiytch des accents mahlĂ©riens. Le sens du fatum, la claire consciente d’une unicitĂ© Ă  la fois maudite et capable d’espoir, rĂ©tablit comme peu, l’hĂ©roisme tchaikovskien, sans omettre sur le plan de l’articulation et de la transparence un travail qui renoue avec Munch et Karajan. Rien de moins (cd5).

 

 

 

Faune pointilliste, direction féline

 

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L’ascension du jeune oriental très amĂ©ricanisĂ© ne tarde pas : directeur du festival de Ravinia (1964-1968), Seiji Ozawa devient directeur musical du Toronto Symphony orchestra ((1965-1969), du San Francisco Symphony (1970-1976), du Boston Symphony (depuis 1972 et jusqu’en 2002), de l’OpĂ©ra de Vienne (2002-2010). Ozawa a fondĂ© le New Japan Phiharmonic (1972), l’Orchestre Saito Kinen (littĂ©ralement en hommage Ă  Saito, 1984) , le festival de Matsumoto (1992) enfin en 2003, une nouvelle compagnie lyrique, the Tokyo Opera Nomori. DiminuĂ© Ă  cause d’un cancer Ă  l’oesophage, Ozawa a rĂ©duit ses engagements depuis 2010, revenant peu Ă  peu Ă  la vie musicale et honorant ses nombreuses responsabilitĂ© dans son pays, le Japon, et dĂ©clarant non sans humour, “Je vais essayer au maximum de m’empĂŞcher de mourir”.
Erato rĂ©Ă©dite l’ensemble de son hĂ©ritage enregistrĂ© depuis 1969 (Rimski, Bartok, Kodály, Janacek, Lutoslawski Ă  Chicago), jusqu’Ă  Shadows of time de Dutilleux dont il a pilotĂ© la crĂ©ation Ă  Boston en 1997…

 

Le Boston Symphony est particulièrement Ă  l’honneur dans ce corpus (30 ans de collaboration quand mĂŞme) mais aussi d’autres phalanges qui rĂ©vèlent l’adaptabilitĂ© et l’aisance du chef Ozawa Ă  relever les dĂ©fis de la direction d’orchestres aux profils diffĂ©rents : Chicago Symphony orchestra, Orchestre de Paris, Orchestre National de France, Berliner Philharmoniker, London Philharmonic Orchestra, Philharmonia, London Symphony orchestra, Japan Philarmonic orchestra… Ozawa Ă©tend son rĂ©pertoire aux oeuvres rares (Concerto pour violon de Sibelius et de Bruch (avec la soliste Masuko Ushioda), et surtout japonaises (Ă©videmment Takemitsu est ses climats supendus filigranĂ©s, certaines oeuvres nĂ©cessitant des instruments traditionnels (dans So-Gu II de Ishii). Mais mĂŞme lorsqu’il dirige son compatriote Takemitsu, Ozawa renoue avec la couleur et le sens du timbre, idĂ©al français (car Takemitsu doit beaucoup Ă  Ravel et Debussy).
A la tĂŞte de chaque phalange, malgrĂ© sa singularitĂ© voire l’ampleur de ses effectifs, le geste d’Ozawa prĂ©serve la transparence, la clartĂ© des couleurs, une prĂ©cision aussi d’horloger qui pourtant sait tempĂ©rer sa mĂ©trique trop rigide pour favoriser le souffle, la respiration intĂ©rieure, une certaine vision Ă  la fois organique et pointilliste des partitions. En faune inspirĂ©, Ozawa a toujours su instiller et transmettre une pulsation dynamique Ă©tonnamment alerte et vive voire agile et nerveuse : sa direction de fĂ©lin le caractĂ©rise principalement.

 

 

ozawa seiji chef orchestre maestro coffret review classiquenews 2015A Tanglewood, approchant Copland, Ozawa reçoit le goĂ»t de la musique amĂ©ricaine du XXème siècle : plusieurs gravures de ce coffret Warner en tĂ©moignent clairement : Concertos pour violon de Barber (avec Itzhak Perlman), de Earl Kim et Robert Starer, SĂ©rĂ©nade de Bernstein (hommage Ă  son maĂ®tre)… Chez les français, Ozawa allie sa maĂ®trise rythmique, son sens des couleurs, Ă  une intelligence de l’architecture totalement inĂ©dite, ses correspondances intĂ©rieures ; une telle affinitĂ© explique qu’il s’est particulièrement engagĂ© pour la crĂ©ation des oeuvres de Dutilleux et Messiaen : de ce dernier, crĂ©ation dès 1966 des Sept Haikai, spĂ©cilisation Ă  peine voilĂ©e dans l’interprĂ©tation de la TurangalĂ®la Symphonie, avant l’accomplissement lyrique spectaculaire, la crĂ©ation Ă  l’OpĂ©ra Bastille de Saint-François d’Assise en 1983. Il restait un nouveau volet Ă  se polyptique impressionnant : Le Temps l’horloge de Dutilleux crĂ©Ă© au TCE avenue Montaigne, lieu emblĂ©matique de la modernitĂ© depuis Le Sacre, en 2009 (RenĂ© Fleming et le National de France).

 

Parmi les partenaires, outre la violoniste dĂ©jĂ  citĂ©e, Masuko Ushioda (Sibelius, 1971), citons les grands partenaires du maestro : Alexis Weissenberg (Concerto de Ravel, 1970, avec l’Orchestre de Paris ; Rhapsodie in blue de Gershwin, 1983 avec le Berliner Philharmoniker), Michel BĂ©roff (Stravinsky, 1971), Itzhak Perlman (Wieniawski, 1971 ; Kim et Starer, Boston, 1983 ; Barber, 1994 ; Gagneux et Shchedrin, 1994), Vladimir Spivokov (Tchaikovsky, 1981),  Anne-Sophie Mutter (Symphonie espagnole de Lalo, National de France, 1984), surtout Mitslav Rostropovitch (Concertos de Dvorak, 1985 ; de Prokofiev et Shostakovitch, 1987 ), …

 

 

OZAWA maestro felin CLASSIQUENEWS portrait juillet aoĂ»t 2015 Le-chef-d-orchestre-Seiji-Ozawa-de-retour_article_landscape_pm_v8Comparaison Ă©difiante, l’Ă©coute comparative des deux versions de L’Oiseau de feu (ballet intĂ©gral) : Ă  9 annĂ©es d’intervalle ; d’abord avec l’Orchestre de Paris en avril 1972, puis avec le Boston Symphony orchestra en avril 1983. CiselĂ©e, et pourtant prenante, comme inscrite dans un matĂ©riau souterrain, la direction Ă©merveille par le sens du climat, de la transparence, dĂ©taillant chaque accent instrumental en une mosaĂŻque de couleurs Ă©tonnamment lisible : du grand art, pointilliste et dramatique. La Supplication de l’Oiseau (CD10, plage 6) allie la dĂ©finition des timbres (bois et cordes), les nuances et le sens de l’Ă©coulement en une danse envoĂ»tante portĂ©e Ă  incandescence… A Boston, 9 ans plus tard, autre orchestre autre Ă©quilibre : la sonoritĂ© s’est arrondie, disposant d’un orchestre moins nerveux, les dĂ©tails qu’y distille maĂ®tre Ozawa sont plus flous mais non moins prĂ©cisĂ©ment Ă©noncĂ©s, avec toujours ce sens scintillant des atmosphères, canalisant la tension en une formidable machinerie narrative : un faune ensorceleur qui de l’une Ă  l’autre gravure, maintient ici et lĂ  une Ă©tonnante capacitĂ© Ă  exprimer dans la clartĂ© et aussi l’absolu mystère : Ă©loge de l’action et de l’ombre. Saisissant : Ozawa sait faire sonner chaque qualitĂ© de l’Orchestre, de Paris Ă  Boston. Aucun doute lĂ  dessus, l’Ozawa des annĂ©es 1970 est d’un acier Ă©tincelant, qui souffle une fièvre dĂ©taillĂ©e vif argent, architecturĂ©e, “pointilliste” comme le chatoiement d’un Seurat et aussi l’Ă©clat scintillant organique d’un Titien : ce coffret qui regroupe la majoritĂ© des enregistrements de cette dĂ©cade miraculeuse forme un corpus incontournable.