CRITIQUE, OpĂ©ra. ORANGE, le 10 juillet 2021. SAINT-SAËNS: Samson et Dalila. Alagna / Lemieux. ABEL / GRINDA.

CRITIQUE, OpĂ©ra. ORANGE, le 10 juillet 2021. SAINT-SAËNS: Samson et Dalila. Alagna / Lemieux. ABEL / GRINDA. Centenaire de la mort de Saint-SaĂ«ns, distribution superlative, production magique et spectateurs en nombre, tous les ingrĂ©dients Ă©taient rĂ©unis pour que cette soirĂ©e reste dans les annales des ChorĂ©gies d’Orange. Le plus vieux festival lyrique dĂ©butant au XIXĂšme siĂšcle avait dĂ» pourtant se taire l’étĂ© dernier face au virus venu de Chine. La production prĂ©vue a heureusement pu ĂȘtre dĂ©calĂ©e d’un an. Le public a pu venir finalement en nombre, scannĂ© mais libre de s’asseoir sur les gradins antiques sous la voĂ»te Ă©toilĂ©e 
 pour jouir de la plus belle musique qui soit. Car ce qui frappe Ă  l’écoute de ce chef d’Ɠuvre c’est la qualitĂ© constante de la partition. Les airs et duos trĂšs aimĂ©s et connus ne doivent pas occulter les chƓurs qui sont tous splendides ; l’orchestration trĂšs subtile et efficace, et la musique de ballet, la plus belle qui soit Ă  l’opĂ©ra. Une belle production de Samson doit donc compter sur un orchestre et des chƓurs superlatifs. Ce soir l’Orchestre Philharmonique de Radio France et les chƓurs des opĂ©ras Grand Avignon et de Monte-Carlo sont excellents. La direction du chef canadien Yves Abel mĂ©rite tous les honneurs. En chantre de la musique française celui qui la dĂ©fend aux AmĂ©riques, dirige comme un dieu ce soir sous le ciel de Provence qui semble l’inspirer particuliĂšrement.

Un Samson parfait Ă  Orange

samson-dalila-saint-saens-orange-2021-alagna-lemieux-critique-operaCe n’est pas qu’un jeu de mots car ne l’oublions pas, Saint-SaĂ«ns avait prĂ©vu d’abord d’écrire un oratorio et quelque chose de ce projet premier est prĂ©sent dans cette noble partition surtout aux actes extrĂȘmes. Et c‘est peut-ĂȘtre la qualitĂ© la plus rare que possĂšde Yves Abel, celle de garder toute la noblesse et la hauteur de la musique tout en donnant un Ă©lan dramatique progressif. Ainsi le premier acte est comme retenu pour, petit Ă  petit, Ă©largir le drame avec la passion du deuxiĂšme acte et le tragique mystique du dernier acte. L’orchestre est superbe de bout en bout. La parfaite acoustique du thĂ©Ăątre antique, nous le remarquons chaque annĂ©e, permet une Ă©coute de chaque instrument. Les solistes sont magiques, les bois en particulier, et par exemple, le pupitre de contrebasses est saisissant de prĂ©sence. Les ChƓurs tant au lointain que face au public ont la prĂ©sence biblique attendue, conforme Ă  ce supplĂ©ment qui Ă©voque l’Oratorio. Cet opĂ©ra français dont le texte de grande qualitĂ© de Ferdinand Lemaire mĂ©rite le meilleur en termes de diction. Les chƓurs sont parfaits et le texte est limpide.  DĂ©licatesse des chants fĂ©minins, vaillance des hommes et ampleur des vastes pages chorales, plaintes dĂ©chirantes
 tout ravit l’amateur de chƓurs.

La distribution voulue francophone par Jean-Louis Grinda afin de faire honneur au texte sera-t-elle Ă  ce niveau de limpiditĂ© attendu ? C’est effectivement le cas ce soir et cela mĂ©rite d’ĂȘtre soulignĂ© car ce n’est que rarement possible. Roberto Alagna n’a pas toujours Ă©tĂ© si bien entourĂ© dans l’opĂ©ra français mĂȘme Ă  Orange. Les astres ont Ă©tĂ© en phase et rien, rien ne peut ĂȘtre critiquĂ©. Alagna est tout simplement royal en termes de diction. C’est beau, tellement beau que le français semble la voix mĂȘme du chant. Ce naturel, ces R non roulĂ©s, est un vĂ©ritable rĂ©gal dans chaque rĂŽle abordĂ© par Roberto Alagna. Dans Samson la qualitĂ© du livret rend tout cela encore plus impressionnant. Le chant de Roberto Alagna n’est peut-ĂȘtre plus aussi solaire ; il gagne dans l’homogĂ©nĂ©itĂ© du timbre avec des graves devenus magnifiques et un medium parfaitement Ă©quilibrĂ©. Ce rĂŽle trĂšs ample, long et exigeant avec des passages inconfortables, semble aujourd’hui parfaitement lui convenir. Roberto Alagna a la voix du rĂŽle, il est un Samson crĂ©dible et nous rend son combat proche. Il construit son interprĂ©tation de maniĂšre limpide, le personnage prenant conscience de son destin religieux petit Ă  petit, tout en essayant de brider la forte sensualitĂ© de sa passion pour Dalila. La mise en scĂšne lui rĂ©serve de beaux moments tout en lui permettant une Ă©volution progressive trĂšs intĂ©ressante. Roberto Alagna est un trĂšs, trĂšs grand Samson ! Ils ne sont pas nombreux ceux qui ont Ă©tĂ© un RomĂ©o aussi parfait puis endossent aussi bien le large costume du hĂ©ros biblique avec cette aisance. Marie-Nicole Lemieux est une Dalila aussi bien chantante que son Samson. Le timbre est somptueux, le vibrato contrĂŽlĂ©, la tessiture grave splendidement assumĂ©e et les aigus lumineux. Le chant est somptueusement sĂ©duisant, vraiment !  La diction (sans les « r » roulĂ©s habituels lĂ  encore) permet de dĂ©guster chaque mot. C’est scĂ©niquement que la sĂ©duction est en deça outre ses deux costumes qui ne la servent pas.  Nicolas Cavalier, basse française, est un Grand PrĂȘtre Ă©patant. Puissant, mĂ©chant, intransigeant avec une voix noire bien conduite et une diction parfaite. Le duo avec Dalila Ă  l’acte deux est effrayant Ă  souhait. Et quelle tension y distille l’orchestre sous la direction dramatique d’Yves Abel ! Le duo avec Samson est vocalement torride ! LĂ  aussi l’orchestre ainsi dirigĂ© est envoĂ»tant. Les autres petits rĂŽles sont parfaitement tenus, ainsi le toulousain Julien VeronĂšse est Ă  prĂ©sent Ă  son aise dans la cour des grands : son AbimĂ©lech est trĂšs impressionnant !  Et quel costume ! Nicolas Courjal est un vieillard hĂ©breu Ă©mouvant. RĂŽle court mais au combien important ! Marc Larcher, FrĂ©dĂ©ric Caton, Christophe Berry tiennent leur rang en si belle compagnie tant en diction qu’en voix sonores. Bravo !

Tout est musicalement Ă  la place attendue sans aucune faiblesse. La mise en scĂšne de Jean-Louis Grinda venue de Monte-Carlo devant Auguste et le mur tient plus de la mise en espace ; rien ne vient perturber la plĂ©nitude du chant. Le petit ange aux ailes lumineuses qui guide Samson vers son destin est une idĂ©e trĂšs heureuse qui poĂ©tise la parabole biblique un peu austĂšre. Aucune hystĂ©risation de la passion n’a lieu dans l’acte deux. Les dĂ©cors sont trĂšs rĂ©ussis. Ils respectent le sublime mur qui reste nu et ce sont les admirables lumiĂšres de Laurent Castaingt et les vidĂ©os d’Étienne Guiol et d’Arnaud Pottier, qui construisent les divers espaces. Des images sont fortes et belles (la nuit Ă©toilĂ©e du duo d’amour), parfois trĂšs Ă©mouvantes (la course du peuple) ou spectaculaires (la roue et les chaĂźnes de Samson, la destruction du temple). Le ballet est un moment tout Ă  fait superbe. Les danseurs des ballets du Grand Avignon et de Metz sont magnifiques et la chorĂ©graphie d’EugĂ©nie Andrin trouve les accents d’une sensualitĂ© barbare trĂšs subtile en parfait accord avec la musique. Ils ont Ă©tĂ© Ă  juste titre trĂšs applaudis ! Les costumes de Agostino Arrivabene sont magnifiques avec la petite rĂ©serve Ă©noncĂ©e pour ceux de Dalila. Les plus spectaculaires sont ceux du Satrape de Gaza, AbimĂ©lech et ses terribles guerriers.

ReportĂ©e d’un an, cette soirĂ©e magique a fait oublier au public venu nombreux la partager (5000 personnes), la triste Ă©poque virale que nous traversons. Et c’est peut-ĂȘtre cela le message de Samson et Dalila qui nous est nĂ©cessaire : ce sont les Ă©preuves qui fortifient les peuples en dĂ©passant la jouissance individuelle.

Merci aux ChorĂ©gies d’Orange d’avoir montĂ© Ă  la perfection un opĂ©ra français rare. Distribution, musique, chƓurs, scĂšne, tout a Ă©tĂ© Ă  la hauteur de ce chef d’Ɠuvre. La vie reprend vraiment si Orange renait sous les Ă©toiles de Provence. La rĂ©ussite de ce Samson 2021 en tĂ©moigne.

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CRITIQUE, OpĂ©ra. ORANGE, ThĂ©Ăątre antique, le 10 Juillet 2021. Camille Saint-SaĂ«ns (1835-1921) : Samson et Dalila, opĂ©ra en 3 actes et quatre tableaux sur un livret de Ferdinand Lemaire. Mise en scĂšne : Jean-Louis Grinda. Costumes : Agostino Arrivabene. LumiĂšres : Laurent Castaingt. ChorĂ©graphie : EugĂ©nie Andrin. VidĂ©o : Étienne Guiol et Arnaud Pottier. Avec : Marie-Nicole Lemieux, Dalila ; Roberto Alagna, Samson ; Nicolas Cavallier, Le Grand PrĂȘtre ; Julien VĂ©ronĂšse, AbimĂ©lech ; Christophe Berry, Le messager philistin ; Nicolas Courjal, Le Vieillard HĂ©breu ; Marc Larcher, premier philistin ; FrĂ©dĂ©ric Caton, deuxiĂšme philistin. ChƓur des OpĂ©ras Grand Avignon et Monte Carlo. Ballets des OpĂ©ras Gand Avignon et Metz. Orchestre Philharmonique de Radio France, direction : Yves Abel.

CRITIQUE, opéra. Orange, Chorégies, le 10 juillet 2021. Saint-Saëns : Samson et Dalila. Alagna, Lemieux
 Abel / Grinda

CRITIQUE, opĂ©ra. Orange, ChorĂ©gies, le 10 juillet 2021. Saint-SaĂ«ns : Samson et Dalila. Alagna, Lemieux
 Abel / Grinda. CrĂ©Ă©e Ă  Monte-Carlo en 2018, programmĂ©e Ă  Orange en 2020, puis reportĂ©e Ă  l’étĂ© 2021, covid oblige, et reportĂ©e en cet Ă©tĂ© 2021 du fait de la pandĂ©mie, la production de Samson et Dalila par Jean-Louis Grinda, souligne opportunĂ©ment le centenaire Saint-SaĂ«ns 2021.
La direction d’acteurs est claire et efficace, sans grille de lecture dĂ©calĂ©e, plaquĂ©e artificiellement sur l’action originelle. JL Grinda soigne la lisibilitĂ© des mouvements de foule (le chƓur est essentiel ici, exprimant attentes et priĂšres des HĂ©breus, rĂ©voltĂ©s, rĂ©duits en esclaves par les Philistins ; les philistins eux-mĂȘmes, dĂ©pravĂ©s au III, et punis car Ă©crasĂ©s sous les ruines du temple). Saluons le choeur, trĂšs impliquĂ©s en particulier dans le I et le III, il porte l’action Ă  l’identique des protagonistes.

 

 

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Samson (trĂšs convaincant Roberto Alagna, hĂ©ros humain et tristement naĂŻf) y paraĂźt guidĂ© par l’Ange de Jehova, investi par sa mission divine, bientĂŽt trahi / vaincu par Dalila, sirĂšne fatale, pilotĂ©e par le PrĂȘtre de Dagon. LibĂ©rateur malgrĂ© tout des hĂ©breux, Samson / Alagna dĂ©montre dans le III, une intensitĂ© qui convainc et Ă©meut, une grandeur vulnĂ©rable et pourtant surnaturelle. En sĂ©ductrice lascive, Marie-Nicole Lemieux, affirme peu Ă  peu son esprit de revanche, sa nature charnelle et dominatrice, sa ligne finement Ă©noncĂ©e; la beautĂ© voluptueuse envoĂ»te et captive Samson jusqu’à la mort ; son air hypersensuel, rendu cĂ©lĂšbre par Maria Callas, « Mon cƓur s’ouvre Ă  ta voix / ah verse moi l’ivresse !» (scĂšne III, Acte II) fait fondre toute rĂ©serve. Les deux chanteurs rĂ©ussissent le fameux duo du II, confrontation puis victoire de la femme coupeuse des cheveux de son amant dĂ©fait, rompant sec le nazirĂ©at de son amant vaincu (qui a dĂ©voilĂ© naĂŻvement le secret de sa force). Le secret du pouvoir de Dalila reste ici le trĂšs solide PrĂȘtre de Dagon, Nicolas Cavallier, qui impose sa tension virile, son emprise sur la courtisane Dalila, au point de la manipuler totalement. Tout aussi forts et bien caractĂ©risĂ©s les personnages du vieil hĂ©breux (Nicolas Courjal), du satrape AbimĂ©lech (Julien VĂ©ronĂšse), deux basses francophones, impeccables. A l’instar de leur comparse, FrĂ©dĂ©ric Caton, parfait en « deuxiĂšme Philistin ».

Belle direction d’Yves Abel, qui Ă©carte toute Ă©paisseur surexpressive, en particulier dans la bacchanale qui ouvre le III ; l’écriture d’une subtilitĂ© inouĂŻe d’une Saint-SaĂ«ns Ă  la fois orfĂšvre et peintre, y rayonne grĂące Ă  la prestation des instrumentistes du Philharmonique de Radio France.

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Diffusion sur France 5 le 16 juillet 2021, Ă  22h10.
Photos (© Philippe Gromelle)

SAMSON et DALILA sur FRANCE 5 (ChorĂ©gie d’Orange 2021)

FRANCE-5-SAMSON-ET-DALILAFRANCE 5, 16 juil 2021, 22h10. SAINT-SAËNS : SAMSON ET DALILA  -  opĂ©ra biblique, Samson et Dalila est crĂ©Ă© Ă  Weimar en dĂ©c 1877 grĂące Ă  Liszt, premier admirateur de Saint-SaĂ«ns. La partition regorge d’épisodes somptueux qui affirment le gĂ©nie lyrique de celui qui renouvelle ainsi le grand opĂ©ra Ă  la française. Action dramatique et spectaculaire, foule et duo intimiste, sans compter le ballet « institutionnel », la fameuse Bacchanale qui tout en soulignant l’érotisme et la sensualitĂ© assumĂ©e de la partition, confirme aussi l’immense talent du Saint-SaĂ«ns orchestrateur.
Sur la scĂšne du ThĂ©Ăątre Antique d’Orange, deux tempĂ©raments vocaux s’emparent des rĂŽles-titres : Roberto Alagna et Marie-Nicole Lemieux, Samson et Dalila Dans la mise en scĂšne de Jean-Louis Grinda, directeur des ChorĂ©gies d’Orange. Production Ă©vĂ©nement d’autant plus attendue et suivie que 2021 marque le centenaire de la mort de Camille Saint-SaĂ«ns. Roberto Alagna et Marie-Nicole Lemieux ont dĂ©jĂ  chantĂ© ensemble Ă  Orange dans Le TrouvĂšre de Verdi, superbe duo Manrico / Azucena (Ă©tĂ© 2015)…

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France 5, vendredi 16 juillet Ă  22h10, prĂ©cĂ©dĂ©e du documentaire d’Andy Sommer sur le tĂ©nor Roberto Alagna, « Ma vie est un opĂ©ra ».

 

 

 

SAINT-SAËNS : Samson et Dalila, 1877

DALILA : Marie-Nicole Lemieux
SAMSON : Roberto Alagna
LE GRAND PRÊTRE DE DAGON : Nicolas Cavallier
ABIMÉLECH, SATRAPE DE GAZA : Julien VĂ©ronĂšse
UN MESSAGER PHILISTIN : Christophe Berry
UN VIEILLARD HÉBREU : Nicolas Courjal
PREMIER PHILISTIN : Marc Larcher
DEUXIÈME PHILISTIN : Frédéric Caton

Orchestre philharmonique de Radio France
ChƓurs des OpĂ©ras Grand Avignon et de Monte-Carlo
Ballets des Opéras Grand Avignon et de Metz
DIRECTION MUSICALE : Yves Abel
MISE EN SCÈNE : Jean-Louis Grinda

COSTUMES : Agostino Arrivabene
ECLAIRAGES : Laurent Castaingt
CHORÉGRAPHIE : EugĂ©nie Andrin

Opéra en 3 actes et 4 tableaux
Musique de Camille Saint-Saëns (1835-1921)
Livret de Ferdinand Lemaire
Création : Théùtre Grand-Ducal de Weimar, 2 décembre 1877
Durée : 2h40

Photo © (c) Alain Hanel

 

 

 

 

 

 

COMPTE-RENDU, opéra. Strasbourg, ONR, le 16 oct 2020. Saint-Saëns : Samson et Dalila. Marie-Eve Signeyrole / Ariane Matiakh.

saint-saens-camille-portrait-carre-classiquenewsCOMPTE-RENDU, opĂ©ra. Strasbourg, ONR, le 16 oct 2020. Saint-SaĂ«ns : Samson et Dalila. Marie-Eve Signeyrole / Ariane Matiakh.Il aura donc fallu attendre 8 mois pour que Strasbourg puisse prĂ©senter une nouvelle production Ă  l’OpĂ©ra national du Rhin : peu avant le spectacle, son directeur Alain Perroux, nommĂ© l’an passĂ© suite au dĂ©cĂšs inattendu d’Eva Kleinitz, remercie au micro l’ensemble des intervenants, dans leurs domaines technique et artistique respectifs, avec une Ă©motion visible. Venu en nombre, le public a Ă©tĂ© rĂ©parti dans la salle dans le respect des mesures de distanciation, avant que la discipline de sortie en fin de soirĂ©e montre combien chacun respecte les nĂ©cessaires consignes d’organisation. Musicalement, ce contexte permet d’entendre le choeur rĂ©parti dans les deux derniers balcons en hauteur, 
une satisfaction paradoxale Ă  laquelle on ne s’attendait guĂšre : on se rĂ©gale de cette spatialisation oĂč chaque pupitre s’oppose avec force dĂ©tail, faisant de cette particularitĂ© l’un des grands moments de la soirĂ©e. On se fĂ©licite aussi d’avoir fait appel Ă  Ariane Mathiakh (nĂ©e en 1980) pour diriger la fosse, tant la Française insuffle une Ă©nergie sans pareil : Ă  force de dĂ©tails, sa direction sans vibrato, piquante et allĂ©gĂ©e (COVID oblige, les cordes ont Ă©tĂ© rĂ©duites), est un modĂšle d’Ă©lĂ©gance aĂ©rienne. Pour autant, l’ancienne laurĂ©ate de la premiĂšre Ă©dition « Talents chefs d’orchestre Adami », en 2008, n’en oublie jamais le drame, donnant dĂšs l’ouverture des couleurs sombres par des scansions appuyĂ©es aux contrebasses. Elle sait aussi ralentir le tempo dans des moments plus Ă©tonnants (premiĂšres mesures vĂ©nĂ©neuses de “Mon coeur s’ouvre Ă  ta voix” au 2e acte ou dans la Bacchanale au 3e acte, d’une grande tenue rythmique). On espĂšre retrouver trĂšs vite cette baguette trĂšs imaginative, sur scĂšne comme au disque.

 
 

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Face Ă  cette direction enthousiasmante, le plateau vocal se montre plus inĂ©gal. Convaincants : Jean-SĂ©bastien Bou (son Dagon est d’une grande force thĂ©Ăątrale, bien Ă©paulĂ© par sa parfaite diction, idĂ©alement projetĂ©e) ; de mĂȘme, les seconds rĂŽles superlatifs ne sont pas en reste : Wojtek Smilek et Patrick Bolleire – ce dernier familier du rĂŽle (voir notamment Ă  Metz https://www.classiquenews.com/compte-rendu-opera-metz-le-5-mai-2018-samson-et-dalila-saint-saens-jacques-mercier-paul-emile-fourny/ et Massy en 2018). Les deux rĂŽles-titres sont plus problĂ©matiques : la Dalila de Katarina Bradic, dont le manque de puissance est audible dans les ensembles. C’est certainement ce qui explique pourquoi la mezzo serbe s’Ă©panouit principalement dans le rĂ©pertoire baroque, lĂ  oĂč ses superbes couleurs cuivrĂ©es dans les graves font merveille – pianissimos trĂšs maitrisĂ©s. Ici, l’aigu est plus tendu dans les changements de registre au I, avec un manque d’Ă©clat constant dans les forte. MĂȘme dĂ©ception pour le trĂšs inĂ©gal Massimo Giordano (Samson), Ă  l’Ă©mission instable et serrĂ©e dans l’aigu, sans parler de son vibrato prononcĂ©. Seule la voix en pleine puissance sĂ©duit en de rares occasions, dans un rĂŽle il est vrai redoutable.

La mise en scĂšne de Marie-Eve Signeyrole joue la carte d’une transposition contemporaine rĂ©ussie, imaginant deux camps irrĂ©conciliables, entre conservateurs au pouvoir et mouvement anarchique des clowns – ces derniers rappelant inĂ©vitablement leurs lointains cousins les gilets jaunes. Comme Ă  son habitude (voir notamment son Nabucco https://www.classiquenews.com/compte-rendu-critique-opera-lille-le-19-mai-2018-verdi-nabucco-rizzi-brignoli-signeyrole/), Signeyrole s’appuie sur les dispositifs vidĂ©o souvent filmĂ©s en direct et projetĂ©s sur plusieurs Ă©crans, tout en expliquant son uchronie en un gĂ©nĂ©rique Ă  la double fonction, didactique et satirique : la vision du monde politique, ainsi montrĂ©e, ressemble Ă  une Ă©mission de tĂ©lĂ©-rĂ©alitĂ©, dont les spectateurs suivraient chaque Ă©pisode rocambolesque. Certains personnages n’hĂ©sitent pas Ă  s’adresser directement Ă  la camĂ©ra, tandis que l’utilisation d’un plateau tournant permet des allers-retours saisissants entre vies privĂ©e et publique : le ballet visuel incessant entre les diffĂ©rents tableaux est une grande rĂ©ussite tout au long de la soirĂ©e, rĂ©vĂ©lant un grand art dans les transitions. Juste aussi l’idĂ©e force de Signeyrole, de montrer Samson en handicapĂ© physique, comme s’il revivait sans cesse le cauchemar de sa chute : le dĂźner de con organisĂ© en son honneur au III donne Ă  voir toute l’horreur de sa situation, tandis que la mise en scĂšne se saisit astucieusement de l’accĂ©lĂ©ration du rĂ©cit Ă  la fin : ici, le chĂątiment divin disparait au profit d’une sorte d’entartage politique Ă  base de goudron et de plumes, en un final clownesque cohĂ©rent. Un travail global d’une belle richesse visuelle, toujours au service de l’oeuvre.

 
 
 
 

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COMPTE-RENDU, opĂ©ra. Strasbourg, ONR, le 16 oct 2020. Saint-SaĂ«ns : Samson et Dalila. Katarina Bradic (Dalila), Massimo Giordano (Samson), Jean-SĂ©bastien Bou (Le grand prĂȘtre de Dagon), Patrick Bolleire (AbimĂ©lech), Wojtek Smilek (Un vieillard hĂ©breu), Damian Arnold (Un messager philistin), Nestor Galvan (Premier Philistin), Damien Gastl (DeuxiĂšme Philistin), ChƓurs de l’OpĂ©ra national du Rhin, Orchestre symphonique de Mulhouse. Ariane Matiakh / Marie-Eve Signeyrole. A l’affiche jusqu’au 28 oct 2020 Ă  Strasbourg puis les 6 et 8 novembre 2020 Ă  Mulhouse. Photo : HDN Presse

Nouveau Samson de Saint-Saëns à Bastille

saint-saens-camille-portrait-carre-classiquenewsParis, OpĂ©ra Bastille : Samson et Dalila de Saint-SaĂ«ns : 1er octobre – 5 novembre 2016. Nouvelle production attendue, Samson et Dalila de Saint-SaĂ«ns se faisait attendre depuis des annĂ©es sur les planches parisiennes (prĂšs d’un quart de siĂšcle !). C’est dire l’abandon dont a souffert un opĂ©ra pourtant majeur de l’histoire de l’opĂ©ra français romantique) ; la faute probablement Ă  un manque d’estime pour notre patrimoine romantique français dans l’Hexagone, et surtout, l’absence de grandes voix pour dĂ©fendre les deux rĂŽles Ă©crasants du hĂ©ros trahi, Samson et de la sĂ©ductrice pernicieuse, Dalila. HĂ©ros blanc Ă  la façon d’un Hercule trop humain, envoĂ»tĂ© ; grande prĂȘtresse de l’amour qui a vendu son Ăąme au diable religieux, 
 l’intrigue, entre Ă©popĂ©e historique et Ă©rotisme Ă  peine voilĂ©, fait valoir ses formidables arguments dramatiques et poĂ©tiques. Qu’il s’agisse des scĂšnes d’intimisme voluptueux (comme les sĂ©quences de sĂ©duction entre Samson et Dalila), ou les tableaux collectifs (Ă©vocation des Philistins, danses ou orgie et Bacchanale, reconstuituĂ©es
), Saint-SaĂ«ns dĂ©montre une maestria irrĂ©sistible.

L’HISTOIRE BIBLIQUE SELON SAINT-SAËNS
 Quand il aborde l’AntiquitĂ© biblique, Camille Saint-SaĂ«ns, gĂ©nie romantique français qui n’obtint jamais le Prix de Rome, s’intĂ©resse Ă  la figure de Dalila, donneuse et sĂ©ductrice implacable, bras armĂ© du prĂȘtre de Dagon : en elle coule la veine d’une Kundry – grande tentatrice au chant voluptueux et serpentin
, elle trahit le puissant Samson, – dĂ©fenseur des hĂ©breux et d’Israel, pour dĂ©couvrir sa faiblesse et le livrer aux Philistins : sĂ©duire le hĂ©ros magnifique pour capter sa force et l’anĂ©antir totalement
 ainsi le plus bel air de tout l’opĂ©ra romantique en France au XIXĂš : « Mon cƓur s’ouvre Ă  ta voix comme s’ouvrent les fleurs aux baisers de l’aurore », – immortalisĂ© par Maria Callas, est le chant d’une sirĂšne fatale, consciente de ses agissements trompeurs. L’amour est une arme qui sert un dessein machiavĂ©lique ; rien ne rĂ©siste ici Ă  l’ensorceleuse haineuse et destructrice. Mais la vengeance d’un Samson Ă  prĂ©sent affaibli, humiliĂ© et aveugle (III) accomplit un suprĂȘme miracle, recouvrant in extremis sa force originelle pour dĂ©truire le temple paĂŻen et y ensevelir les ennemis de son dieu


CrĂ©Ă© dĂšs 1877 Ă  Weimar grĂące l’engagement et au soutien indĂ©fectible de Liszt, grand ami et protecteur des compositeurs de son Ă©poque, Samson et Dalila attendit encore 15 annĂ©es pour ĂȘtre enfin jouĂ© (et applaudi) Ă  Paris. Pour cette crĂ©ation parisienne, Saint-SaĂ«ns Ă©crit Ă©videmment un complĂ©ment : soit pour satisfaire les codes de la Maison française, une danse inĂ©dit : le ballet « des prĂȘtresses de Dagon ». Inimaginable oubli, depuis plus de 25 ans : l’ouvrage avait dĂ©sertĂ© les planches de l’OpĂ©ra national de Paris, voici qu’il ressuscite dans une distribution trĂšs prometteuse.

 

 

 

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Samson et Dalila de Camille Saint-Sans Ă  l’OpĂ©ra Bastille, Paris
Opéra en trois actes et quatre tableaux (1877)
Du 1er octobre au 5 novembre 2016
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Livret : Ferdinand Lemaire
Nouvelle production > 2h50 dont 2 entractes

Distribution
Direction musicale : Philippe Jordan
Mise en scĂšne : Damiano Michieletto

Dalila : Anita Rachvelishvili
Samson : Aleksandrs Antonenko
Le Grand PrĂȘtre de Dagon : Egils Silins
Abimélech : Nicolas Testé
Un Vieillard hébreu : Nicolas Cavallier
Un Messager philistin  : John Bernard
Premier Philistin  : Luca Sannai
DeuxiÚme Philistin : Jian-Hong Zhao

DĂ©cors : Paolo Fantin
Costumes : Carla Teti
LumiĂšres : Alessandro Carletti
Chef des Choeurs : José Luis Basso

Orchestre et ChƓurs de l’OpĂ©ra national de Paris

 

 

 

Approfondir

CAMILLE SAINT-SAËNS (1835-1921)
saint saens1008550-Camille_Saint-SaĂ«nsTempĂ©rament prĂ©coce, Saint-SaĂ«ns suit l’enseignement de HalĂ©vy, dĂšs ses 13 ans. Il Ă©choue Ă  deux reprises au Prix de Rome, mais son gĂ©nie, d’abord comme pianiste puis comme compositeur s’affirme trĂšs vite, obtenant nombre de rĂ©compenses et titres prestigieux : il devient acadĂ©micien, membre de l’Institut en 1881 (Ă  46 ans). Aux cĂŽtĂ©s du piano, Saint-SaĂ«ns Ă©blouit le parisiens Ă  l’orgue, en particulier de la Madeleine dont il est titulaire (1857-1877). TrĂšs engagĂ© pour la dĂ©fense du patrimoine français, Saint-SaĂ«ns est le premier Ă  rĂ©Ă©diter Gluck et Rameau. Et comme Liszt, sut dĂ©velopper une curiositĂ© d’esprit, admirant Schumann et Wagner. En 1871, Ă  36 ans, Saint-SaĂ«ns fonde alors que la France connaĂźt une dĂ©faite historique, la SociĂ©tĂ© national de de musique (pour en dĂ©missionner 15 ans plus tard, en 1886 : car Saint-SaĂ«ns est un esprit libre et indĂ©pendant ; Ă  sa crĂ©ation, la SNM comme parmi ses membres fondateurs : Franck, Guiraud, Saint-SaĂ«ns, Massenet, Garcin, FaurĂ©, Castillon, Duparc, Dubois, Taffanel et Bussine. L’objectif est de crĂ©er les oeuvres des membres devant le public, opĂ©ration exemplaire visant la promotion des oeuvres contemporaines, prĂ©cisĂ©ment Ă©crits par les compositeurs qui sont ses propres membres. Les rĂ©citals de musique de chambre sont donnĂ©s dans les salons Pleyel ; les concerts symphoniques, salle Erard et Ă©glise Saint-Gervais. Bussine, Franck, puis d’Indy en sont les premiers prĂ©sidents. En 1886, quand est dĂ©cidĂ© d’élargir le profil des compositeurs jouĂ©s et dĂ©fendus par la SNM, soit en faveur des compositeurs non membres et des Ă©trangers, le bureau fondateur implose pour divergence de vues : Saint-SaĂ«ns comme Bussine, dĂ©missionne. Mais l’élan pour la musique moderne Ă©tait lancĂ© et persistant : rejoignent la SociĂ©tĂ© ainsi renouvelĂ©e, Debussy et Ropartz (1888), puis Schmitt (1894), et enfin Ducasse et Ravel (1898-1899)

Saint-Saëns laisse une oeuvre importante dans tous les genres : 5 Symphonies dont la derniÚre avec orgue ; 5 Concertos pour piano ; 4 poÚmes Symphonique et plusieurs opéras dont Samson et Dalila (1877), Henry VIII (1883).

 

 

GRAND RETOUR de SAINT-SAËNS Ă  l'OpĂ©ra de PARISL’OPERA FRANCAIS ROMANTIQUE A L’ÉPOQUE DE SAINT-SAËNS : A l’époque de Saint-SaĂ«ns, l’opĂ©ra est le genre noble par excellence, un dĂ©fi et un but pour tout compositeur digne de ce nom. Le Conservatoire de Paris assure la formation des futurs compositeurs lyriques. Chacun souhaite Ă  terme faire crĂ©er son « grand opĂ©ra » Ă  l’AcadĂ©mie (l’opĂ©ra national de Paris actuel), en sacrifiant entre autres Ă  la convention du ballet intĂ©grĂ© dans l’action. L’opĂ©ra français connaĂźt ses heures de gloires avec Auber (La Muette de Portici, 1828), Meyerbeer (Robert Le Diable en 1831 ; L’Africaine en 1865), puis HalĂ©vy, Gounod, Thomas, Reyer et 
 Saint-SaĂ«ns. SimultanĂ©ment aux productions française (grand sepctacle) ainsi donnĂ© Ă  l’AcadĂ©mie, Le ThĂ©Ăątre-Italien prĂ©fĂ©rĂ© par les princes et aristocrates, affiche les opĂ©ras italiens, Ă©crins du bel canto signĂ©s Cimarosa, Rossini, Bellini, Donizetti. HĂ©ritier des oeuvres cocasses, dĂ©lirantes et souvent parodiques de la Foire, L’opĂ©ra-comique accueille le genre lyrique spĂ©cifique qui alterne le chanter et le parler, cultivant plutĂŽt la veine comique mordante, d’abord illustrĂ©e par Boieldieu, HĂ©rold, Adam, 
 puis Thomas, Delibes, Bizet avec lequel (Carmen, 1875), le genre ayant trĂšs Ă©voluĂ© ne prĂ©sente plus guĂšre d’accents humoristiques, mais intensĂ©ment dramatiques voire tragiques. DĂ©fenseurs de la veine comique et facĂ©tieuse, deux compositeurs innovant, enrichissent encore l’offre lyrique parisienne : Hervé fonde le thĂ©Ăątre des Folies-Nouvelles (1854) ; Offenbach, les Bouffes-Parisiens (1855) : ils y inventent simultanĂ©ment un nouveau genre : l’opĂ©rette, nouveau thĂ©Ăątre musical, faussement lĂ©ger car il ne manque pas de profondeur. Dans ce contexte, le classique Saint-SaĂ«ns fait crĂ©er Samson en 1892, suscitant un triomphe Ă©clatant, grĂące Ă  son orchestration raffinĂ©e et flamboyante, Ă  la sĂ©duction de ses mĂ©lodies, Ă  ce orientalisme qui n’empĂȘche pas de furieux accents voluptueux : car la sirĂšne Dalila, astucieuxe manipulatrice, est surtout une puissante force Ă©rotique, aux Ă©lans lascifs irrĂ©sistibles, que la musique de Saint-SaĂ«ns a parfaitement exprimĂ©.
Wagner 2014 : Le Ring nouveau de BayreuthWAGNERISME QUAND TU NOUS TIENS… Ainsi dans sa texture riche, colorĂ©e, somptueuse, l’orchestre de Saint-SaĂ«ns se montre lui aussi trĂšs permĂ©able au wagnĂ©risme, mĂȘme s’il a comme Nietzsche, rĂ©voquĂ© ensuite comme Debussy, l’attraction du maĂźtre de Bayreuth (d’ailleurs, mĂȘme dans le cas de Debussy, cf son opĂ©ra PellĂ©as et MĂ©lisande, la force de l’orchestre, demeure d’essence wagnĂ©rienne.) Tel est la contradiction des compositeurs français
 Car en dĂ©pit de la crĂ©ation sulfureuse de TannhaĂŒser en 1861, dont le choc fut reçu et fixĂ© par Baudelaire, Wagner ne cesse pendant toute la seconde moitiĂ© du XIXĂšme d’influencer profondĂ©ment les Français (dont surtout les wagnĂ©riens affichĂ©s, dĂ©clarĂ©s, tels JonciĂšres, Franck, Duparc, Chausson, Ropartz
). Par les rĂ©actions vives et souvent passionnĂ©es qu’il a suscitĂ©, qu’il soit source de fascination fĂ©conde et inspiratrice ou sujet de dĂ©testation, par les rĂ©actions qu’il a suscitĂ©, le wagnĂ©risme, trĂšs actif encore dans les annĂ©es 1870 et 1890 (Wagner a inaugurĂ© le premier festival de Bayreuth avec la TĂ©tralogie intĂ©gralement reprĂ©sentĂ©e en 1876, puis s’est Ă©teint en 1883), reste le mouvement esthĂ©tique du XIXĂš le plus fondamental en France, du Second Empire Ă  la IIIĂš RĂ©publique. Qu’il l’est minimisĂ© ou non, Saint-SaĂ«ns fait partie des auteurs qui l’ayant reçu, n’en sont pas sortis indemnes. L’orchestre de son Samson en prĂ©sente la trace.

 

 

 

Discographie : Saint-Saëns, cd récemment enregistrés : Concertos pour piano n°1 et 2 par Louis Schwizgebel (2015) 

 

Recréations récentes : Les Barbares (opéra de 1901, recréé à Saint-Etienne en 2014)