REPLAY, DANSE pendant le confinement : les perles de classiquenews

REPLAY DANSE pendant le confinement. CLASSIQUENEWS sélectionne ici les meilleurs ballets actuellement accessible sur la toile, avec mention de la date ultime pour les voir et les revoir. Profitez du confinement pour réviser vos classiques et (re)découvrir les productions les plus passionnantes de la décade


 

 

 

 spécial CONFINEMENT 2020

SĂ©lection DANSE de classiquenews

Tous les ballets les plus enchanteurs Ă  voir chez soi

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MERCE CUNNINGHAM, hommage par l’OpĂ©ra de Lyon
Jusqu’au 10 octobre 2020
https://www.france.tv/spectacles-et-culture/theatre-et-danse/1081207-l-hommage-a-merce-cunningham-par-le-ballet-de-l-opera-de-lyon.html
Durée : 1h06mn

 

 

exchange-cunningham-opera-de-lyon-danse-replay-danse-chez-soi-critique-annonce-ballet-classiquenewsHASARD CRÉATIF
 Pour les 10 ans de la mort de Merce Cunningham (2009), le Ballet de l’OpĂ©ra de Lyon rend hommage en 2019 au chorĂ©graphe amĂ©ricain, qui a rĂ©inventĂ© dans les annĂ©es 1940, le langage chorĂ©graphique (postmodern-dance) dans un esprit libre et fantaisiste comme marquĂ© par les impulsions nĂ©es du hasard dont aujourd’hui, la vitalitĂ© et la sincĂ©ritĂ© se distinguent. Ont collaborĂ© avec le chorĂ©graphe, le compositeur John Cage, les peintres nĂ©o-dadaĂŻstes prĂ©curseurs du Pop art Robert Rauschenberg et Jasper Johns, les musiciens Morton Feldman et David Tudor, au gĂ©nĂ©rique de cet anniversaire lyonnais. Au programme, deux piĂšces majeures Summerspace (1958) et Exchange (New York, 1978 ; notre photo ci dessus).
Sur un fond de scĂšne colorĂ© en touches pointillistes reprises sur le collant des solistes (signĂ© Robert Rauschenberg, pour Summerspace, jouĂ©e Ă  deux pianos), l’écriture des 6 danseurs est aĂ©rienne, flexible, en suspension, trĂšs contrĂŽlĂ©e, agissant par sĂ©quences plutĂŽt que par numĂ©ros amples et continus, en une sĂ©rie de figures individualisĂ©es. En cela au diapason d’une musique, elle aussi jaillissante, syncopĂ©e, fragmentĂ©e, expĂ©rimentale comme improvisĂ©e et sĂ©quentielle (Feldman). Exchange plus rĂ©cent, reprend le principe alĂ©atoire de John Cage dans sa musique : comme dans l’atelier, ou la coulisse oĂč s’affine le travail soliste et collectif, la moitiĂ© des danseurs exĂ©cute une sĂ©rie de gestes repris ensuite par l’autre moitiĂ© puis par l’ensemble, selon un ordre et des configurations nĂ©es du hasard. L’impression de work in progress est davantage rehaussĂ© par la musique, une bande sonore agglomĂ©rant des sons bruts, ceux d’une matrice instinctive, comme inaboutie


Chorégraphie : Merce Cunningham
Musique : Morton Feldman, Ixion
Ballet de l’OpĂ©ra de Lyon
filmé en nov 2018

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PROJET BEETHOVEN par John Neumeier
jusqu’au 12 mai 2020

https://www.arte.tv/fr/videos/095221-000-A/ballet-de-john-neumeier-le-projet-beethoven/

VOD-BALLET-ARTE-critique-danse-classiquenews-confinement-restez-chez-vous-VOD-danse-ballets-critiquesFilmĂ© depuis Baden Baden. Dans son “Projet Beethoven”, le chorĂ©graphe Ă  Hambourg John Neumeier mĂȘle les codes du ballet d’action (voire de la pantomime) au souffle grandiose du ballet symphonique. La premiĂšre partie, « Beethoven Fragments », sollicite d’abord le piano (Variation Diabelli par l’excellent pianiste MichaƂ BiaƂk) et un grand solo de danseur dans le style d’un pantin qui exalte le sentiment d’énergie et de facĂ©tie
 autour et sur le piano
 illustrant les Ă©pisodes de la vie du compositeur ; la seconde partie revendique et assume le souffle symphonique en s’appuyant sur l’architecture irrĂ©sistible de la Symphonie n°5, « Eroica ».
Au Festspielhaus de Baden-Baden, le danseur Aleix MartĂ­nez se glisse dans la peau du musicien de gĂ©nie. Sur scĂšne, il est accompagnĂ© d’Edvin Revazov (l’idĂ©al de Beethoven), d’Ann a Laudere (la « bien-aimĂ©e lointaine » de Beethoven), de Patricia Friza (la mĂšre de Beethoven) et de Borja Bermudez (le neveu de Beethoven) pour les autres rĂŽles principaux. John Neumeier parle d’un poĂšme chorĂ©graphique inspirĂ© de la musique de Beethoven »  Par la troupe de danseurs Hamburg Ballett John Neumeier accompagnĂ© par Deutsche Radio Philharmonie.

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BEETHOVEN : La Pastorale par Thierry Malandain
6Ăš symphonie de Beethoven
Jusqu’au 17 juin 2020

https://www.arte.tv/fr/videos/094382-000-A/la-pastorale-de-thierry-malandain-au-theatre-de-chaillot/

mallandrin-pastorale-beethoven“La Pastorale » synthĂ©tise ce qu’est la Symphonie n°6 dite Pastorale de Beethoven, selon la conception du chorĂ©graphe Thierry Malandain, directeur du Centre chorĂ©graphique national de Biarritz. La crĂ©ation commande du ThĂ©Ăątre national de la Danse Ă  Chaillot, cĂ©lĂšbre le 250Ăšme anniversaire du cĂ©lĂšbre compositeur allemand. Cela commence dans l’agitation voire la transe collective d’un corps de ballet tout de noir vĂȘtu, comme contraint dans un labyrinthe fait des barres des danseurs ; puis quand les premiĂšres mesures de la 6Ăš symphonie de Beethoven, miracle pastoral s’énonce, le corps de ballet paraĂźt en blanc, comme en un nouveau rituel paĂŻen et primitif

Thierry Malandain n’en est pas Ă  son premier Beethoven : aprĂšs Les CrĂ©atures (d’aprĂšs Les CrĂ©atures de PromĂ©thĂ©e) et Silhouette (d’aprĂšs le troisiĂšme mouvement de la Sonate n°30, opus 109), voici la troisiĂšme approche beethovĂ©nienne de Malandain. La SixiĂšme Symphonie de Beethoven est une cĂ©lĂ©bration de la nature. Sereine, exprimant le sentiment panthĂ©iste de la Beethoven, le ballet qu’en dĂ©duit Malandain ressuscite la pastorale antique, primitive, fleurie et candide. Beethoven pour sa part semble reprendre le chaemin dupeintre baroque Poussin, et revisiter ainsi l’Arcadie de l’ñge d’or : « terre de bergers oĂč l’on vivait heureux d’amour ». En plus de la symphonie Pastorale, Malandain ajoute des extraits d’une autre Ɠuvre de Beethoven : la Cantate opus 112 (Les Ruines d’AthĂšnes). Les 22 danseurs semblent y parcourir une nouvelle Ă©popĂ©e en GrĂȘce antique. Performance captĂ©e le 17 dĂ©cembre 2019 Ă  Chaillot – ThĂ©Ăątre national de la Danse, Paris.

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giselle-adam-opera-bastille-garnier-critique-danse-opera-classiquenews-ballet-classiquenews-critique-ballet-danseOpĂ©ra de Paris, GISELLE jusqu’au 5 aoĂ»t 2020. L’OpĂ©ra de Paris prĂ©sente cette lecture idĂ©ale de Giselle, ballet en deux actes crĂ©Ă© en 1841, sommet romantique par excellence, alliant passion tragique et surnaturel spectral en particulier grĂące Ă  son acte blanc, oĂč les jeunes filles mortes suicidĂ©es par dĂ©pit (les Wilis) ressuscitent pour envoĂ»ter et tuer les jeunes hommes perdus – avatar romantique français proposĂ© par ThĂ©ophile Gautier, auteur du livret – alternative aux sirĂšnes elles aussi sĂ©ductrices et fatales dans l’OdyssĂ©e d’HomĂšre, pour Ulysse et ses compagnons marins
 Excellente version avec les fleurons du corps de Ballet parisien et les nouvelles “Ă©toiles”: DorothĂ©e Gilbert (Giselle), Mathieu Ganio (Albrecht), Valentine Colasante (la reine Myrtha)…  portĂ©s par la baguette fluide, expressive, efficace de Koen Kessels (production filmĂ©e en 2019)

 

 

 

 

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BODY AND SOUL de Crystal PITE  jusqu’au 24 oct 2020

BODY-AND-SOUL-cristal-pyte-danse-ballet-opera-de-paris-ballet-chez-soi-opera-de-paris-critique-classiquenewsAprĂšs la crĂ©ation de The Seasons’ Canon en 2016, Crystal Pite retrouve les danseurs du Ballet de l’OpĂ©ra le temps d’un spectacle. Soixante minutes dĂ©coupĂ©es en autant de sĂ©quences dansĂ©es. NĂ©e au Canada, formĂ©e au Ballet de Francfort, la chorĂ©graphe assimile Forsythe, KyliĂĄn, Mats Ek pour inventer sa propre langue chorĂ©graphique. Elle insuffle au spectacle une Ă©nergie, un dĂ©fi Ă©motionnel qui pousse les danseurs au delĂ  de leur zone de confort
 pour un spectacle total. Ou la performance extrĂȘmiste croise l’équilibre rayonnant de corps maitrisĂ©s.


VISIONNER Body and Soul de Cristal Pyte Ă  l’OpĂ©ra de Paris
https://www.operadeparis.fr/magazine/body-and-soul-replay#slideshow_634/1
Mise en scÚne, chorégraphie : Crystal Pite
Musique Originale : Owen Belton
Musique additionnelle : FrĂ©dĂ©ric Chopin (24 PrĂ©ludes) / Teddy Geiger Body and Soul   -   durĂ©e : 1h20mn. Avec les Étoiles : LĂ©onore Baulac, Ludmila Pagliero, Hugo Marchand. Les Premiers Danseurs et le Corps de Ballet de l’OpĂ©ra de Paris. Jusqu’au 24 oct 2020

PARTIE UNE… D’abord, une courte sĂ©quence thĂ©Ăątrale oĂč paraissent deux figures que commente une voix off (Marina Hands) qui dĂ©crit et prĂ©cise l’action comme un storyboard (« figure 1, Figure 2. pause. Aucune des deux ne bouge »)
 Confrontation, opposition, combat, violence
 le mĂȘme scĂ©nario est incarnĂ© par un collectif qui rĂ©alise alors une variation Ă  grande Ă©chelle et fragmentation orchestrĂ©e. Crystal Pite nous offre un regard flamboyant sur l’écriture chorĂ©graphique entre thĂ©Ăątre et danse. Le corps de ballet n’est pas synchronisĂ© mais dĂ©calĂ©, offrant une implosion millimĂ©trĂ©e d’un schĂ©ma prĂ©Ă©tabli
 L’écriture interroge les corps en action : rĂ©pĂ©tĂ©s, affrontĂ©s, ralentis. Couple (d’hommes, de femmes) en huis clos figĂ© en un rite sombre, Ă©touffant, sans issue, sinon leur mort. De l’un par l’autre. Ce que nous dit le corps. Ce que nous disent les gestes, d’une vertigineuse prĂ©cision, investis par l’ñme
 l’onirisme naĂźt au delĂ  de la rĂ©pĂ©tition mĂ©canisĂ©e et finalement sublimĂ©e des corps dans un espace noir. Et lorsque s’égrĂšne, trĂšs lente, la torpeur des prĂ©ludes de Chopin, l’écriture des deux corps (un couple homme femme) semble rĂ©pĂ©ter toujours inlassablement le mĂȘme rituel amoureux
 rite d’extĂ©nuation, de vertige, de mort. Il faut une houle ocĂ©ane dont le mouvement des vagues est Ă©voquĂ© par le corps de ballet en entier pour prendre un peu de hauteur ; enfin
 respirer. Puis rĂ©sister Ă  travers une foule de corps combattant.

 

 

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Voici Chrystal Pite au travail, geste intime et collectif, organique, analytique. Elle intĂšgre aussi un somptueux tableau (partie 3 Ă  59mn) oĂč la gestuelle des insectes est dĂ©cortiquĂ©e et lĂ  encore transcendĂ©e par la chorĂ©graphie des corps associĂ©s
  La canadienne qui est nĂ©e Ă  Vancouver, a travaillĂ© Ă  Francfort au sein de la compagnie de William Forsythe, maĂźtrise le langage du corps de ballet, danse en nombre Ă  laquelle rĂ©pond de superbes duos Ă  la grĂące intime, plastique, Ă©lastique
 Avant un final dĂ©tonant qui reprend les paroles du titre dont il est question : corps et Ăąme / Body and soul.  Sublime, puissant, poĂ©tique. Body and soul rĂ©cidive la rĂ©ussite du ballet prĂ©cĂ©demment crĂ©Ă© Ă  l’OpĂ©ra de Paris en 2016 : Season’s canon : mille pattes Ă  54 danseurs qui dit le mĂȘme cri dans la nuit d’une humanitĂ© maudite. Mais qui danse.

 

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ROBERTO BOLLE 2017 / 2018 Ă  la RAI1
Danseur Ă©toile de la Scala di Milano
Star d’un soir dans une soirĂ©e dĂ©diĂ©e Ă  son art et ses goĂ»ts sur RAI 1 HD (NoĂ«l 2017 et 1er janvier 2018), Roberto Bolle prĂ©sente sa discipline et sa passion pour la danse
 L’élĂ©gance Ă  la tĂ©lĂ©vision italienne (invitĂ©s entre autres son ami le danseur syrien Ahmad, Sting, etc
)
https://www.raiplay.it/video/2017/12/Roberto-Bolle-Danza-con-me-0cdfaee2-8e3a-4df7-b9fc-a56c6e3ced66.html

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LE SONGE D’UNE NUIT D’ETE / Balanchine / Mendelsohn (filmĂ© en 2017)
Corps de Ballet de l’OpĂ©ra de Paris – en replay jusqu’au 10 mai 2020

 

songe-d-une-nuit-d-ete-balanchine-mendelssohn-danse-ballet-critique-classiquenewsNOTRE AVIS : Le Songe d’une nuit d’étĂ©. Dans cette version trĂšs limpide et efficace du Corps de Ballet de l’OpĂ©ra de Paris (filmĂ©e en 2017), rayonne l’élĂ©gance native des danseurs. Ainsi Ă©blouit la grĂące du couple royal d’abord en froid de Tatiana (Eleonora Abbagnato) et d’ObĂ©ron (Hugo Marchand) dont le fidĂšle serviteur Puck (Emmanuel Thibault) s’amuse Ă  croiser les 2 couples perdus, Ă©garĂ©s, paniquĂ©s dans le labyrinthe de la forĂȘt magique
 MĂȘme Tatiana s’éprend, sous le charme d’une fleur enchanteresse de l’ñne Bottom
 Sensible Ă  la poĂ©sie du sujet, Balanchine dĂ©ploie une Ă©criture chorĂ©graphique prĂ©cise, graphique, ouvertement nĂ©oclassique, trĂšs en phase avec la tendresse elle aussi lumineuse de la partition de Mendelssohn. Un classique du Corps de ballet de l’OpĂ©ra de Paris. Au diapason du compositeur, l’ouvrage convainc par juvĂ©nile candeur Ă  laquelle Balanchine apporte une rĂ©vĂ©rence stylĂ©e purement nĂ©oclassique (dont le sommet serait ici le tableau final nuptial et ses trompettes victorieuses en ouverture / dĂ©but Ă  1h10’52 / un final en argent et blanc, auquel rĂ©pondent les Ă©pisodes qui suivent oĂč triomphent l’ordre et la mesure, vrai rĂ©pertoire de gestes et profils purement classiques d’un Balanchine Ă©pris d’équilibre et qui semble mĂ©diter alors la candeur du Songe lĂ©guĂ© par Shakespeare et Mendelssohn / superbe duo Ă©thĂ©rĂ© Karl Paquette / Sae Eun Park)
 A voir indiscutablement.

VISIONNER le spectacle ici : https://www.operadeparis.fr/en/magazine/le-songe-dune-nuit-dete

LIRE aussi notre compte rendu critique du Songe d’une nuit d’Ă©tĂ© Mendelssohn / Balanchine ici : https://www.classiquenews.com/compte-rendu-danse-paris-opera-bastille-le-14-mars-2017-balanchine-le-songe-dune-nuit-dete-simon-hewett-direction-musicale/ 

 

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Roméo et Juliette de Kenneth MacMillan (chorégraphie)arte-concert-arts-de-la-scene-ballets-vod-critiques-classiquenews
par le Royal Ballet / Prokofiev – Koen Kessels
Jusqu’au 8 mai 2020

https://www.arte.tv/fr/videos/088015-000-A/romeo-et-juliette/

ROMEO-JULIETTE-PROKOFIEV-MCMILLAN-Royal-ballet-BalletBoyz-critique-danse-ballet-classiquenewsDirigĂ© par le duo fondateur des BalletBoyz, le Royal Ballet de Londres revisite le “RomĂ©o et Juliette” du chorĂ©graphe Kenneth MacMillan sur la partition coupĂ©e de SergueĂŻ Prokofiev. Le film au rendu cinĂ©matographique sublime la tendresse et la tragĂ©die du drame shakespearien. C’est l’histoire d’amour la plus connue au monde. ÉlevĂ©e au rang de mythe romantique, la piĂšce RomĂ©o et Juliette de Shakespeare inspire vorie Ă©lectrise compositeurs et chorĂ©graphes et devient comme ici un classique de la scĂšne du ballet. La musique de Prokofiev Ăąpre et mordante sait aussi ĂȘtre lyrique et Ă©perdue, mais elle ne gomme pas le cynisme barbare des guerres familiales que le couple amoureux subit au premier chef. Pour ce film de danse, Michael Nunn et William Trevitt (BalletBoyz), anciens danseurs du Royal Ballet de Londres, revisitent le RomĂ©o et Juliette du chorĂ©graphe Kenneth MacMillan (1929-1992), joyau du rĂ©pertoire de la compagnie britannique depuis sa premiĂšre reprĂ©sentation en 1965.
TournĂ© Ă  Budapest (dans les studios de la sĂ©rie The Borgias), le film dĂ©laisse la traditionnelle scĂšne de l’opĂ©ra pour le rĂ©alisme de la rue. De la cour du marchĂ© Ă  la salle de bal en passant par la chambre de Juliette, les dĂ©cors restituent l’atmosphĂšre de VĂ©rone Ă  la Renaissance. Autour des danseurs du Royal Ballet richement costumĂ©s, l’étoile Francesca Hayward (Juliette) et le premier soliste William Bracewell (RomĂ©o) expriment la candeur tragique du couple shakespearien, adolescents innocents, sacrifiĂ©s sur l’autel des haines dynastiques. RĂ©duite Ă  90 minutes, la partition de Prokofiev atteint une profondeur poĂ©tique saisissante dans ce ballet qui plonge au cƓur du mystĂšre shakespearien. Quand le couple RomĂ©o et Juliette meurt, c’est toute l’humanitĂ© et le sentiment Amour qui meurent. La lecture est aussi efficace que classique et sobre.

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HOMMAGE A JEROME ROBBINS jusqu’au 19 avril 2020

faune-debussy-jerome-robbins-hommage-danse-critique-classiquenews-uNE-582Jerome Robbins considĂ©rait le Ballet de l’OpĂ©ra de Paris comme sa seconde famille aprĂšs le New York City Ballet. Le spectacle diffusĂ© Ă  partir de ce soir depuis le site de l’OpĂ©ra de paris, est conçu en son honneur et rĂ©unit des Ɠuvres qui tĂ©moignent de l’infinie diversitĂ© de ses sources d’inspiration et de son gĂ©nie scĂ©nique. Energie de Glass Pieces, piĂšce de grand format ; douceur intĂ©rieure d’Afternoon of a Faun et de A Suite of Dances, 
 ainsi se dessine un goĂ»t dĂ©lectable, accessible, esthĂšte pour faire vibrer les corps. Avec l’entrĂ©e au rĂ©pertoire du cĂ©lĂšbre Fancy Free, portrait thĂ©Ăątral d’une Ă©poque, Robbins Ă©largit encore la palette impressionnante de ses talents. Le ballet permet de revoir l’excellent Karl Paquette, ex Ă©toile parisienne (Fancy Free) qui a dĂ©sormais pris sa retraite
  comme de rĂ©Ă©couter la poĂ©tique arachnĂ©enne de PrĂ©lude Ă  l’AprĂšs midi d’un Faune, (Ă  51’09), oĂč la musique est poĂ©sie pure
 et dans la danse de Robbins,  enivrement incertain des sens dans une salle de danse, au cours d’une rencontre qui ne dit rien de ses vraies intentions (Le Faune : Hugo Marchand, Ă  la silhouette gracile et animale, celle d’une Ăąme qui s’éveille seul au dĂ©part Ă  la voluptĂ© du sommeil). Et l’indicible retourne au mystĂšre
 Inoubliable performance d’autant que l’orchestre de l’OpĂ©ra de Paris s’y montre des plus allusifs.  FilmĂ© en 2018.

 

CE QUE NOUS EN PENSONS
 
Le ballet de Debussy (PrĂ©lude Ă  l’AprĂšs midi d’un Faune) est conçu comme un hymne Ă  l’art du danseur, Ă  sa voluptĂ© suspendue qui dans le cadre d’une salle de rĂ©pĂ©tition avec barres d’appui et miroirs, laisse s’exprimer la grĂące poĂ©tique des deux corps Ă©lastiques dans un style d’une Ă©lĂ©gance toute
 parisienne (Ă©coute intĂ©rieure, Ă©conomie des gestes, vocabulaire et figures classiques
).
robbins-opera-de-paris-replay-danse-a-la-maison-classiquenewsBeau contraste avec Glass Pieces (1981, 1983) destinĂ© au corps de ballet en nombre, fresques collectives d’une joie brute, scintillante qui mĂȘle 6 danseurs classiques (3 couples) au corps de ballet plus chamarrĂ© et urbain. Puis le tableau s’assombrit, atteint une grandeur poĂ©tique inquiĂšte oĂč se dessinent les arĂȘtes vives d’un seul couple de danseurs aux tracĂ©s ralentis, suspendus dans la lumiĂšre latĂ©rale, quand en fond de scĂšne, toutes les danseuses forment un mur vivant dans l’ombre
 Le dernier volet de ce triptyque rĂ©jouissant permet aux jeunes danseurs du Ballet d’exprimer leur Ă©nergie dans une chorĂ©graphie joyeuse mais prĂ©cise et synchronisĂ©e. Les garçons et les filles se confrontent, exultent, se croisent et se mĂȘlent enfin pour un feu d’artifice final Ă©clatant, dans la lumiĂšre. La musique de Philip Glass porte Ă©videmment jusqu’à la transe cette danse du collectif et de l’énergie millimĂ©trĂ©e. Stimulante alchimie : tout l’art de Robbins est lĂ .

 

 

 

 

 

 

DVD, critique. MASSENET : MANON par K MacMillan – Lamb, Muntagirov, Yates (Opus Arte, 2018)

MANON-MCMILLAN-DVD-opus-ARTE-lamb-muntagirov-review-critique-danse-dvd-opera-classiquenewsDVD, critique. MASSENET : MANON par K MacMillan – Lamb, Muntagirov, Yates (Opus Arte, 2018). Inusable poĂ©tique de McMillan
 Sir Kenneth MacMillan a marquĂ© les esprits par sa maĂźtrise du dramatisme, sachant revivifier la force Ă©motionnelle de sujets et mythes, tels Romeo et Juliette (1965 oĂč s’imposa Noureev, jeune pilier d’une Margot Fonteyn Ă  plus de 50 ans) ou la comĂ©die dramatique Mayerling (1978). Sa sensibilitĂ© narrative qui reste expressive et Ă©lĂ©gante s’est affirmĂ©e dĂšs 1973 lors de sa crĂ©ation Ă  Covent Garden (avec Anthony Dowell et Antoinette Sibley, duo mythique du Royal Ballet) dans son inusable Manon (de son titre complet « L’histoire de Manon »), d’aprĂšs Massenet (c’est Ă  dire ses opĂ©ras mais pas sa Manon contradictoirement). Comme John Cranko quand il s’empare de l’histoire d’OnĂ©guine (pas une note de l’opĂ©ra Ă©ponyme de Tchaikovski) MĂȘme si la fameuse scĂšne Ă  Saint-Sulpice oĂč la courtisane Manon parvient Ă  sĂ©duire et reconquĂ©rir DesGrieux devenu abbĂ©, a Ă©tĂ© supprimĂ©e, McMillan trouve le ton juste, rĂ©alise avec mesure et Ă©quilibre le thĂšme de l’amour contraint et finalement triomphant dans la mort; l’écriture narrative de McMillan, par sa clartĂ© et sa poĂ©sie – bel effet d’un Ă©quilibre maĂźtrisĂ©, a depuis influencĂ© dans cette mouvance dramatique, les Crnako donc, surtout John Neumeier, a contrario d’un BĂ©jart plus abstrait, et allĂ©gorique voire conceptuel. Jamais Ă©pais voire saint-sulpicien, McMillan prĂ©serve toujours une finesse psychologique admirable dont la Dame aux camĂ©lias de Neumeier est lui aussi redevable.

manon-500x333Sur les traces du roman de l’abbĂ© PrĂ©vost (1731), la place majeure est rĂ©servĂ©e Ă  la ballerina Sarah Lamb, Manon un peu sage cependant, qui devrait dĂ©ployer une caractĂ©risation riche, complexe, Ă  multiples facettes : lolita Ă©cervelĂ©e, jouisseuse manipulant ses protecteurs, adoratrice de bijoux et de diamants (II) ; surtout dans la mort, agonisante, amoureuse sincĂšre et jusqu’auboutiste, dans une plaine perdue de Louisiane (III) : peu Ă  peu ce que rĂ©vĂšle McMillan c’est l’évolution du personnage qui Ă  mesure qu’il perd son insouciance gagne en humanitĂ© et en profondeur pour se consumer totalement. Le DesGrieux de Vadim Muntagirov assoit la forte conviction de cette production de 2018 : c’est un partenaire trĂšs solide aux cĂŽtĂ©s de Sarah Lamb, liane sensuelle, fĂ©minine jusqu’aux bouts de ses chaussons. Face Ă  eux, agent du destin, qui rappelle toujours les deux cƓurs trop jeunes et crĂ©dules Ă  leur sort tragique, le Lescaut de Ryoichi Hirano s’impose par sa profondeur et la justesse du personnage.
CLIC_macaron_2014Dans la fosse, Martin Yates souligne les couleurs et les accents divers de la partition collectĂ©e par Leighton Lucas, qui reprend nombre de partitions extraites des opĂ©ras de Massenet. La version utilisĂ©e bĂ©nĂ©ficie d’une rĂ©orchestration rĂ©alisĂ©e par Yates en 2011. Plus de 40 aprĂšs sa crĂ©ation, cette Manon de McMillan d’aprĂšs Massenet n’a perdu aucun de ses charmes musicaux comme chorĂ©graphiques. Un jalon classique et essentiel pour toute collection chorĂ©graphique.

 

 

 

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Distribution :
Manon – Sarah Lamb
Des Grieux – Vadim Muntagirov
Lescaut – Ryoichi Hirano
Monsieur G.M. – Gary Avis
Lescaut’s Mistress – Itziar Mendizabal
Madame – Kirstin McNally
The Gaoler – Thomas Whitehead
Beggar Chief – James Hay
Courtesans – Fumi Kaneko, Beatriz Stix-Brunell, Olivia Cowley, Mayara Magri

Production:
Orchestration – Martin Yates (2011)
Choreography – Kenneth MacMillan
Staging – Julie Lincoln and Christopher Saunders
Designs – Nicholas Georgiadis
Lighting design – John B. Read

 

 

 

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DVD, critique. MASSENET : MANON par K MacMillan – Lamb, Muntagirov, Yates (Opus Arte, 2018) – Corps de Ballet du Royal Ballet, Orchestre de the Royal Opera House / Martin Yates, direction.

Illustration : © Alice Pennefather

 

 

 

 

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DVD, ballet, critique. Alice’s Adventures in Wonderland : Christopher Wheeldon (chorĂ©graphie / Joby Talbot, musique). Royal Ballet – ROH, (1 dvd Opus Arte, 2017).

alice adventures in wonderland royal opera house royal opera house royal balletDVD, ballet, critique. Alice’s Adventures in Wonderland : Christopher Wheeldon (chorĂ©graphie / Joby Talbot, musique). Royal Ballet – ROH, (1 dvd Opus Arte, 2017). Inusable Alice enchantĂ©e, dĂ©fricheuse des mondes parallĂšles et souvent comme dans la lecture de Christopher Wheeldon (crĂ©Ă© en 2011 dĂ©jĂ ), d’un onirisme haut en couleurs et tableaux dĂ©jantĂ©s. Son ballet en 3 actes est devenu un « must to see », Ă  Covent Garden, portĂ© par the Royal Ballet. Les profils psychologiques sont bien dessinĂ©s, la tension dramatique permanente, la chorĂ©graphie aussi enlevĂ©e et rythmĂ©e que l’histoire de Lewis Caroll est variĂ©e et surprenante. Wheeldon accentue surtout l’esprit Fantaisie et comĂ©die musicale, style Magicien d’Oz, en humanisant les protagonistes qui se pressent autour d’Alice, laquelle revĂȘt des allures de Lolita adolescente trĂšs « fifille » / entendez « girly », soulignant son romantisme sucrĂ©, acidulĂ©, lequel s dĂ©ploie en particulier avec le valet de cƓur. Les uns crieront Ă  la dĂ©naturation de la poĂ©sie, Ă©nigmatique, fantasque de Caroll, les autres applaudiront l’efficacitĂ© d’une production formatĂ©e comme une revue et une sĂ©rie de tableaux dĂ©lurĂ©s.

L’Alice, facĂ©tieuse et serpentine de Lauren Cuthbertson captive par sa silhouette effilĂ©e, souple, harmonieuse ; Federico Bonelli donne du corps et de l’élĂ©gance au personnage ailleurs secondaire du valet de cƓur. De mĂȘme la ballerine espagnole Laura Morera incarne avec dĂ©lices visible et beaucoup de crĂ©dibilitĂ© l’hystĂ©rique souveraine castratrice et hystĂ©rique Ă  souhait. Tous rĂ©pondent Ă  la conception gĂ©nĂ©rale qui prĂŽne un monde de fantaisie pure Ă  la Terry Gilliam. Par la caractĂ©risation rĂ©ussie de chaque personnage du conte, la cohĂ©rence de l’esthĂ©tique visuelle, cette Alice revisite le monde merveilleux de Caroll avec beaucoup de piquant, de drĂŽlerie, de rythme.

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DVD, ballet, critique. Alice’s Adventures in Wonderland : Christopher Wheeldon (chorĂ©graphie / Joby Talbot, musique). Dancers of the Royal Ballet – Royal Opera House, 2017 (1 dvd Opus Arte)

DVD, coffret. PYOTR ILYITCH TCHAIKOVSKY : The Ballets (Royal opera House, 3 DVD Opus Arte)

CLIC D'OR macaron 200DVD, coffret. PYOTR ILYITCH TCHAIKOVSKY : The Ballets (Royal opera House, 3 DVD Opus Arte). Coffret Ă©vĂ©nement qui complĂšte l’offre Ă©galement en dvd rĂ©capitulatif Ă©ditĂ© ce NoĂ«l par BelAirclassiques et dĂ©diĂ© Ă  l’école russe du Bolshoï
 Quoiqu’on en dise, Tchaikovski aura permi aux chorĂ©graphes et danseurs internationaux de perfectionner leur art, qu’il s’agisse de l’acrobatie virtuose et un rien froide, ou de l’élĂ©gance racĂ©e sublimement incarnĂ©e
 Voici 3 ballets qui restent 
 inaltĂ©rables.

ROYAL BALLET tchaikovsky the ballets 3 dvd set sleeping beauty ntucracker swan lake annonce critique dvd review classiquenews decembre cadeau de NOEL 2018Parlons d’abord du LAC DES CYGNES / Swan Lake version Osipova / Golding / Gruzin. EnregistrĂ© en mars 2015 au Royal Opera House, Covent Garden, et retransmise dans les cinĂ©mas du monde entier, le ballet fĂ©erique de Piotr Illiytch rĂ©unit deux tĂȘtes d’affiche du Royal Ballet, l’étoile russe Natalia Osipova (originaire du Bolshoi) et le canadien, Matthew Golding, nouveau duo pour ce lac attendu. La conception d’Anthony Dowell, qui date de 1987, s’inspire de l’originale de 1895 (Petipa / Ivanov), souhaite aussi rĂ©actualiser le propos en incluant des inserts venus de diffĂ©rents chorĂ©graphes plus contemporains, emblĂ©matiques Ă  Londres : en particulier Frederick Ashton. Sans omettre des citations de l’époque de Tchaikovski. Il en rĂ©sulte un mĂ©lange parfois confus, qui affecte le trĂšs haut niveau du Corps de Ballet londonien, pourtant au meilleur de sa forme, autant dans la rĂ©alisation synchronisĂ©e des ensembles, que dans le soutien au solos virtuoses (superbe Rothbart de Gary Avis). Technicienne, Natalia Osipova n’est pas une actrice affĂ»tĂ©e, ce qui altĂšre son double emploi : Odette, le cygne blanc, et Odile, le cygne noir. Expressive en Odette, elle manque de relief et de profondeur, mais aussi de prĂ©cision dans la noirceur d’Odile. RacĂ© certes mais uniforme dans sa posture disciplinaire, Matthew Golding fait finalement un prince Siegfried plus hautain qu’humain, ce qui nuit Ă  la finesse Ă©motionnelle de ses duos avec Odile / Odette. Evidemment, l’ampleur de ses portĂ©s est magistrale. LĂ  encore, une approche mĂ©canique, virtuose
 mais froide et distanciĂ©e qui ignore totalement l’empathie et la connexion avec sa partenaire. Dans la fosse, Boris Gruzin fait feu de tout bois, rĂ©alisant de la matiĂšre et soie tchaikovskienne, un scintillement orchestral continu. Trop technique et glaçante, la lecture ne dĂ©trĂŽne pas l’excellent duo Svetlana Zakharova / Roberto Bolle Ă  Milan en 2004
 Oui on nous dira nostalgie, nosltalgie, et « goood old times »  mais quand mĂȘme.

LA BELLE AU BOIS DORMANT version Nuñez, Muntagirov. Tout autre est la conception, elle aussi éclectique mais mieux assemblée et conçue de Monica Mason et Christopher Newton : à partir de la chorégraphie de Marius Petipa, ils conservent les ajouts signés Ashton, Wheeldon, Dowell, tout en redessinant la volupté onirique du conte originel français (Perrault)
grĂące aux costumes et dĂ©cors signĂ©s par Olivier Messel. Il en rĂ©sulte une lecture Ă  la fois majestueuse et trĂšs fine sur le plan de la caractĂ©risation psychologique des personnages. On prĂ©fĂšre souvent grossir et Ă©paissir le ballet de Tchaikovski en faisant ronfler les rĂ©fĂ©rences Ă  la solennitĂ© Grand SiĂšcle, au risque d’écarter tout ce qui relĂšve du drame : rien de tel ici. Car rayonne en un trio irrĂ©sistible trois danseurs-acteurs prodigieux littĂ©ralement : Marianela Nunez (Princesse Aurora, Ă  la fois proche et Ă©nigmatique), Kristen McNally (sidĂ©rante Carabosse par laquelle surgit la catastrophe et l’emprise des tĂ©nĂšbres, mais avec quelle Ă©conomie gestuelle : sa pantomime est du trĂšs grand art), enfin le Prince de Vladimir Muntagirov trouve le ton juste et la balance parfaite entre puissance athlĂ©tique et prĂ©sence affĂ»tĂ©e, sans omettre une excellente interaction avec ses partenaires, dans toutes les situations. VoilĂ  qui nous change du « rien que technique et virtuositĂ© solistique » du Lac des cygnes prĂ©cĂ©demment prĂ©sentĂ©. Le geste souple et habitĂ© de Koen Kessels rend service Ă  une partition colorĂ©e et raffinĂ©e dont il sait retirer toute boursouflure. Magistral.

casse-noisette_royal-ballet_4CASSE NOISETTE, 2016 : les 90 ans de Peter Wright. Le Royal Ballet fĂȘte ainsi les 90 ans du metteur en scĂšne et producteur Peter Wright, dans l’une de ses rĂ©alisations les plus emblĂ©matiques (et applaudies). CrĂ©Ă©e en 1984, la conception enchante en respectant l’empire du rĂȘve qui montre comment le magicien Drosselmeyer emmĂšne la jeune Clara jusqu’au monde enneigĂ© de la FĂ©e DragĂ©e, et au royaume des bonbons. Les aventures qui s’en suivent saisissent par leurs pĂ©ripĂ©ties contrastĂ©es voire martiales : le casse-noisette Hans-Peter se transforme en prince
 Mais Wright offre Ă  partir de la nouvelle onirique d’Hoffmann (Casse noisette et le roi des souris, 1816), une rĂ©flexion trĂšs fine de la magie de NoĂ«l, sachant et questionner le sens de la fĂ©erie et l’expĂ©rience morale qu’en tirent les jeunes protagonistes. Saluons l’excellent Gary AVIS, magicien dĂ©miurge, d’une prĂ©sence convaincante, entre autoritĂ© et mystĂšre. Il accompagne Clara dans son rite qui est aussi l’issue heureuse d’un envoĂ»tement diabolique, car son neveu Hans-Peter a Ă©tĂ© transformĂ© par le roi des souris, en casse-noisette, or seul l’amour d’une jeune fille pourra l’en libĂ©rer.
casse-noisette_royal-ballet_3Au premier acte, confrontĂ©e Ă  un immense sapin (qui ne cesse de grandir Ă  mesure que le songe devient rĂ©el), Clara rayonne par son angĂ©lisme jamais miĂšvre (trĂšs juste Francesca Hayward). Le Casse-noisette devient prince (seyant et habile Federico Bonelli)
 Au pays de la FĂ©e DragĂ©e, les danses de caractĂšres se succĂšdent avec variĂ©tĂ© et virtuositĂ©. Jusqu’au suprĂȘme pas de deux de la FĂ©e DragĂ©e, auquel l’étoile Lauren Cuthbertson rĂ©serve son Ă©lĂ©gance mĂ»re d’une sublime souplesse : face Ă  la Clara attendrie et naĂŻve de Hayward, Cuthbertson Ă©blouit par sa grĂące adulte. Le charme de la production, dĂ©fendu par des solistes de premier plan, semble atemporel. IrrĂ©sistible.

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DVD, coffret. PYOTR ILYITCH TCHAIKOVSKY : The Ballets (Royal opera House, 3 DVD Opus Arte).