PÂQUES 2021 : Passion selon Saint-Mathieu sur ARTEconcert

bach jean sebastian sebastien portrait vignette par classiquenews bach_js-jean-sebastianARTE concert, ven 2 avril 2021, 19h30. JS BACH : Passion selon St-Mathieu. Pygmalion. Depuis le Festival de PĂąques d’Aix-en-Provence formatĂ© en une Ă©dition 100% numĂ©rique, Arte cĂ©lĂšbre la magie et l’espoir du temps de PĂąques. Au programme : l’oratorio la Passion selon Saint-Matthieu (BWV 244) de Jean-SĂ©bastien Bach, sommet du baroque sacrĂ© germanique luthĂ©rien avec la Passion selon Saint-Jean (plus courte et plus fulgurante) et la Messe en si (testament spirituel du compositeur). La partition fut probablement rĂ©alisĂ©e pour la premiĂšre fois Ă  Leipzig, le 7 avril 1727 (Vendredi Saint) Ă  l’église Saint-Thomas ; au cours de sa fonction comme directeur musical Ă  Leipzig, Bach remania son manuscrit 3 fois au moins pour crĂ©er la version dĂ©finitive en 1736. Le drame de la Passion se dĂ©roule en combinant les Ă©pisodes du tĂ©moignage de Mathieu et les commentaires (en gĂ©nĂ©ral en forme de chorals, entonnĂ©s alors par le chƓur qui incarne la foule de croyants). Sans mise en scĂšne comme Ă  l’opĂ©ra, l’oratorio suscite nĂ©anmoins le chƓur tragique et dramatique (la foule ou turba) aux cĂŽtĂ©s des protagonistes (JĂ©sus, Pierre, Judas, Ponce Pilate, la femme de Pilate, tĂ©moins divers
) qui rendent vie et Ăąme Ă  l’action sacrĂ©e, celle du sacrifice et de la mort de JĂ©sus. L’ampleur de la Passion selon Saint-Mathieu (a contrario de celle selon Saint-Jean) dĂ©veloppe le sentiment de la compassion et de la douleur hĂ©roĂŻque du Christ sauveur. Les derniers instants de la vie de JĂ©sus sont ainsi narrĂ©s : (Partie 1:) la CĂšne, le veillĂ©e et la vision au mont des Oliviers (doute et espĂ©rance de jĂ©sus) ; l’arrestation (qui comprend avant le chƓur final, le chƓur de la foule en colĂšre exprimant sa dĂ©testation de JĂ©sus – (Partie 2:) l’interrogatoire, la condamnation, la crucifixion conclue par le grand chƓur final.

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JS BACH : Passion selon Saint-Matthieu
ARTEConcert, vendredi 2 avril 2021, 19h30
A VOIR ET A ECOUTER sur arteconcert.com
En replay pendant trois mois
EnregistrĂ© en l’Église de la Madeleine d’Aix-en-Provence
VOIR ici :
https://www.arte.tv/fr/arte-concert/musiques-classiques/

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Pygmalion, orchestre et chƓur
MaĂźtrise de Radio France *
Raphaël Pichon, direction

Julian PrĂ©gardien, ÉvangĂ©liste
Stéphane Degout, Jésus
Sabine Devieilhe, soprano 1
Hana BlaĆŸĂ­kovĂĄ, soprano 2
Lucile Richardot, alto 1
Tim Mead, alto 2
Reinoud van Mechelen, ténor 1
Emiliano Gonzalez Toro, ténor 2
Christian Immler, basse 2, Pilate

* Morgan Jourdain, directeur musical adjoint, chef de choeur

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A VOIR aussi sur ARTE Concert :
BACH johann-sebastian-bach-3La Passion selon Saint-Jean de Bach  -  Avec Benedikt Kristjánsson, Elina Albach und Philipp Lamprecht / Gotthold Schwarz- replay jusqu’au 25 avril 2021
EnregistrĂ© le 13 juin 2020, sans public, dans la vaste nef de l’église Saint-Thomas de Leipzig oĂč Jean-SĂ©bastien Bach fut directeur de la musique
 Version originale pour marimba, clavecin et voix… le texte est particuliĂšrement exposĂ© dans cette version chambriste trĂšs expressive.
https://www.arte.tv/fr/videos/097176-000-A/la-passion-selon-saint-jean-de-bach/
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PĂąques 2021 sur ARTE Concert :

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Vendredi 9 avril Ă  20.30
live stream sur arteconcert.com

JOHANNES BRAHMS : Concerto pour violon
Nikolaj Szeps-Znaider, violon
Orch Nat de France.

Depuis le Grand ThĂ©Ăątre de Provence d’Aix-en-Provence.

Au programme :

Antonín Dvoƙák (1841-1904)
Symphonie n°5 en fa majeur, op. 76
Johannes Brahms (1833-1897)
Concerto pour violon en ré majeur, op. 77

Orchestre national de France
Cristian Măcelaru, direction
Nikolaj Szeps-Znaider, violon

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Dimanche 4 avril Ă  18.15
à l’antenne d’ARTE
Kirill Petrenko dirige l’Orchestre philharmonique de Berlin

Premier concert de PĂąques du maestro russe Kirill Petrenko en tant que chef d’orchestre de l’Orchestre philharmonique de Berlin.
Programme placé sous le signe de la Russie :
ouverture fantaisie de Romeo et Juliette de Peter TchaĂŻkovski
Symphonie n°2 en mi mineur de Sergei Rachmaninov
Depuis la salle de la Philharmonie de Berlin.

COMPTE-RENDU, livre événement. Gilles CANTAGREL : Sur les traces de JS BACH (Buchet Chastel)

JS BACH Cantagrel critique classiquenews Sur-les-traces-de-J-S-Bach BUCHET CHASTEL CLIC de classiquenewsCOMPTE-RENDU, livre Ă©vĂ©nement. Gilles CANTAGREL : Sur les traces de JS BACH (Buchet Chastel). Remarquable Ă  maints titres ce nouvel essai thĂ©matisé aborde la vie, la personnalitĂ©, l’Ɠuvre bien sĂ»r du gĂ©nie baroque germanique Ă  travers plusieurs thĂ©matiques souvent originales ; toutes se sont prĂ©sentĂ©es Ă  l’auteur au cours de ses rencontres ; elles dĂ©voilent souvent des pans peu connus ou souvent passĂ©s rapidement ou superficiellement dans les mains de biographes ou de spĂ©cialistes trop rapides voire schĂ©matiques. Le mythe BACH a voilĂ© plusieurs aspects d’une vie bien remplie ; « contrevĂ©ritĂ©s », « incomprĂ©hensions » sont ainsi corrigĂ©es, nuancĂ©es ; elles ne concernent pas seulement Bach lui-mĂȘme, mais aussi ses proches, tels sa veuve Anna Magdalena Ă  laquelle rien ne fut Ă©pargnĂ© aprĂšs la mort de son mari en 1750


 

 

JS BACH DÉVOILÉ, RÉESTIMÉ
Sa vie, son Ɠuvre, sa fortune critique, ses proches, son hĂ©ritage


 

 

L’érudition libre et prĂ©cise aborde le mythe JS BACH comme d’un regard neuf qui rend plus attachant encore le monument musical ainsi reconsidĂ©rĂ© voire rĂ©Ă©valuĂ©. 16 chapitres trĂšs fluides et accessibles (en lecture), trĂšs complets (par l’argumentation des idĂ©es, comme la richesse des anecdotes) reconsidĂšrent les Ă©tapes de la vie de Jean SĂ©bastien BACH et aussi les thĂ©matiques fondamentales qu’exprime son Ɠuvre : depuis la Thuringe et la Wartburg ; les villes oĂč il sĂ©journa (de Ohrdruf, LĂŒneburg, Arnstadt Ă  LĂŒbeck, Weimar, Coethen ou Erfurt
 bien sĂ»r Leipzig (Ă  laquelle tout un chapitre est dĂ©diĂ© : «  le petit Paris ») ; sa cĂ©citĂ© (Bach comme Haendel Ă  la fin de sa vie Ă©prouva des difficultĂ©s immenses sur le plan physique qui le rendent plus proche encore de nous) ; la foi, entre pĂ©dagogie et prĂ©dication ; l’hĂ©ritage et la fortune critique de son Ɠuvre ; les pionniers de sa « redĂ©couverte », en particulier Ă  Leipzig, et en France (de 1800 Ă  1950).

CLIC D'OR macaron 200Les chapitres les plus intĂ©ressants, aux cĂŽtĂ©s des approches de l’Ɠuvre, demeure les « affaires » que Bach mena pour sauver son intĂ©rĂȘt voire son honneur (« Dans son bon droit » : affaires, querelles, conflits
), comme le « grand silence » (lassitude et maturation), Ă©vocation des atermoiements du compositeur, ou pourquoi Bach connut-il des pĂ©riodes de silence puis de retours Ă  la crĂ©ation ? Passionnant. L’auteur n’omet pas non plus, propre au baroque et son esthĂ©tique des passions, l’opĂ©ra chez Bach : lĂ  encore le regard est Ă©rudit, pertinent, prĂ©cis
 et comme l’aurait dit Bach lui-mĂȘme, penseur et croyant avant tous, 
 lumineux. Livre Ă©vĂ©nement. Un nouvel incontournable dans la bibliothĂšque de CLASSIQUENEWS.COM. Evidemment le titre Ă©ditĂ© par Buchet Chastel dĂ©croche naturellement le CLIC de classiquenews de fĂ©vrier 2021.

 

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COMPTE-RENDU, LIVRE Ă©vĂ©nement. GILLES CANTAGREL : Sur les traces de JS BACH (Buchet Chastel). Parution : fĂ©vrier 2021 – ISBN 978-2-283-03425-5 – en lire plus sur le site de Buchet Chastel

CD événement, annonce. JS BACH : Weihnachts / Noël Oratorium (Jordi Savall, 2 cd live recording, déc 2019)

JS-BACH-weihnachts-oratorium-oratorio-de-noel-cd-savall-nations-catalunya-alia-vox-cd-critique-ALIA-VOX-critique-cd-classiquenews-AVSA9940COVEROratoriPREPCD Ă©vĂ©nement, annonce. JS BACH : Weihnachts / NoĂ«l Oratorium (Jordi Savall, 2 cd live recording, dĂ©c 2019). Fin mai 1723, Jean SĂ©bastien Bach devenu kantor des quatre Ă©glises du centre historique de Leipzig, conçoit une sĂ©rie de cantates pour les cĂ©lĂ©brations de NoĂ«l et du nouvel An ; en rĂ©sultent les 6 cantates, Ă©crites courant 1733, qui forment aujourd’hui l’oratorio de NoĂ«l, en particulier dans  deux Ă©crins principaux : les Ă©glises Thomaskirche et Nikolaikirche. Ainsi sont fĂȘtĂ©s 7 jours : le 25 jour de NoĂ«l, le 26 Saint Etienne, lendemain de NoĂ«l, le 27 jour de la Saint Jean l’ÉvangĂ©liste, le dimanche avant la Saint-Sylvestre, le 1er janvier, le dimanche avant l’Épiphanie, et enfin le 6, jour de l’Épiphanie. En 1734, le hasard fit que le 26 fut un dimanche et Bach n’eut qu’à Ă©crire 6 cantates au lieu de 7, pour couvrir tous les services de ces festivitĂ©s. Jordi Savall montre comment Bach rĂ©utilise le matĂ©riel purement orchestral composĂ© prĂ©cĂ©demment pour le Collegium Musicum (acadĂ©mie profane de musique dont il devient le directeur 1729). Soucieux d’expressivitĂ© et d’articulation, de souffle fervent aussi, le geste du chef restitue la profonde unitĂ© qui structure un ensemble pourtant composĂ© et conçu de façon sĂ©parĂ©e. La cohĂ©rence dĂ©rive aussi des livrets Ă©crits par le poĂšte Picander, pseudonyme de Christian Friedrich Henrici (1700-1764), alors employĂ© au service postal de Leipzig : Bach l’a aussi sollicitĂ© pour des oeuvres capitales tels la Passion selon Saint Matthieu, Saint Marc, l’oratorio de l’Ascension, la Cantate du Café 

En dĂ©cembre 2019, Jordi Savall dirige sa fidĂšle troupe de La Capella Reial de Catalunya, du Concert des Nations (Manfredo Kraemer, concertino) et un plateau de solistes, au Palau de la Musica Ă  Barcelone, les 17 et 18 dĂ©c 2019. Le chef catalan rĂ©ussit Ă  exprimer non plus le doute de la croyance mais l’espĂ©rance et la joie que suscite dĂ©sormais une Ă©popĂ©e musicale du temps de NoĂ«l
 Prochaine critique complĂšte dans le mag cd dvd livres de classiquenews.‹

 

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Précédent CD critiqué de JORDI SAVALL sur CLASSIQUENEWS.COM :

CD événement, CLIC de CLASSIQUENEWS : Alcyone de Marin MARAIS : Lire notre critique complÚte ici : http://www.classiquenews.com/cd-evenement-critique-marais-alcione-jordi-savall-3cd-alia-vox-2017/
Intégré dans notre sélection de Noël 2020

 

 

 

PLUS D’INFOS sur le site d’ALIA VOX : https://www.alia-vox.com/fr/catalogue/pre-order-j-s-bach-weihnachts-oratorium/

CD critique. JS BACH : Johannes-Passion BWV 245 – Collegium vocale Gent / Philippe Herreweghe (mars 2018, Anvers / 2 cd Phi)

JOHANNES PASSION philippe herrewegheCD critique. JS BACH : Johannes-Passion BWV 245 – Collegium vocale Gent / Philippe Herreweghe (mars 2018, Anvers / 2 cd Phi)  -  D’une façon gĂ©nĂ©rale, s’il s’agit Ă©videmment de la Passion la plus puissante et originale de Bach, soucieux de trouver un Ă©quilibre tĂ©nu entre force spirituelle et expressivitĂ© dramatique, le choix de certains solistes fragilise la prĂ©sente lecture. CD1 / Prima parte. Dans la plage 13 / l’air panique de Pierre, « le serviteur » qui a reniĂ© JĂ©sus,  (« Ach mein Sinn » / ah mon Ăąme
), le tĂ©nor Robin Tritschler chante un rien droit et court, manquant de ce legato qui doit aussi porter le texte. L’air marque un point fort dans le dramatisme de la Passion : les remords du coupable Ă©treignant cette Ăąme faible et lĂąche. Le soliste passe Ă  cĂŽtĂ© de l’enjeu.

CD 2, Parte seconda. De mĂȘme l’air pour basse, autre appel en panique vers le Golgotha, lieu du supplice accompagnĂ© par le choeur dĂ©voile l’imprĂ©cision du soliste qui paraĂźt bien peu impliquĂ© par le sens du texte qu’il chante alors (24).
MĂȘme rĂ©serve pour la voix engorgĂ©e, instable, parfois maniĂ©rĂ©e du rĂ©citant EvangĂ©liste : lĂ  aussi la dĂ©ception est grande.

Mais surgit comme un Ă©clair sidĂ©rant (plage 21), l’air d’un dĂ©sespoire absolu et d’une espĂ©rance immĂ©diate dans le mĂȘme temps : « Zerfließe, mein herze, in fluten der zĂ€hren » par la soprano DorothĂ©e Mields : directe, scintillante, diamant lacrymal irrĂ©sistible, perle comme on en compte rarement qui est la contrepartie sublimĂ©e de l’air axial lui aussi et qui prĂ©cĂšde « Es ist vollbracht » (pour alto ici le contre tĂ©nor alto Damien Guillon, droit, dĂ©sincarnĂ©, un rien en retrait lui aussi : plage 16 « Tout est achevé », air axial qui marque le pivot central du drame)

Tout au long du pĂ©riple spirituel, le chƓur demeure impeccable, prĂ©cis, mĂ©tronomique, tendre ou hargneux plein de haine pointĂ©e (16b, 16d), mais aussi de sĂ©rĂ©nitĂ© mĂ©ditative pour chaque choral, entonnĂ© avec simplicitĂ© et dignitĂ©.
Notons surtout la rĂ©ussite du dernier choeur, vraie jubilation pour la sĂ©quence finale {39 : « Ruth wohl, ihr heiliegn Gebeine » / reposez bien, vous membres sacrĂ©s
}, superbe Ă©lan de tendresse rassĂ©rĂ©nante et qui compose comme un cercle de rĂ©confort pour l’ñme et le corps de celui qui s’est sacrifiĂ© : tout est pardonnĂ© « Ouvre le ciel pour moi et referme l’enfer ». SobriĂ©tĂ©, intimitĂ©, Ă©pure : le geste et la conception sont Ă  mille lieux des versions plus dramatiques, ici allĂ©gĂ©e et dĂ©jĂ  cĂ©leste. La justesse du Collegium Vocale Gent qui semble transcendĂ© lui-mĂȘme par le sens rĂ©surrectionnel du texte ultime, est saisissante. Et le grand livre de la RĂ©surrection (surtout de l’indĂ©fectible espĂ©rance) se referme et rassure ainsi, dans la quiĂ©tude et la lumiĂšre ; dans l’intimisme presque dĂ©sincarnĂ© de la part des chanteurs de l’impeccable chƓur gantois, Ă  la fois nuancĂ© et prĂ©cis. Tout relĂšve de la paix et du renoncement enfin exaucĂ©s. Avec DorothĂ©e Mields, la rĂ©alisation relĂšve de l’excellence. C’est donc malgrĂ© nos rĂ©serves (concernant certains solistes) un CLIC de CLASSIQUENEWS du printemps 2020.

 

 

 

 

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CLIC_macaron_2014CD critique. JS BACH : Johannes-Passion BWV 245 – Collegium vocale Gent / Philippe Herreweghe (mars 2018, Anvers / 2 cd Phi)  -  https://outhere-music.com/fr/albums/johannes-passion-bwv-245-lph031

 

 

 

 

 

Approfondir : notre vision de la partition de la Johannes Passion de JS BACH

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Moins longue d’une bonne heure la Saint-Jean comparĂ©e Ă  la Saint-Matthieu (1736), plus connue et jouĂ©e (et dĂ©couverte dĂšs 1849 par Mendelssohn), saisit par sa coupe fulgurante. Mais Bach n’a rien Ă©pargnĂ© au chercheur qui doit reconnaĂźtre que ce premier massif sacrĂ© destinĂ© Ă  Leipzig, n’a jamais Ă©tĂ© fixĂ© dans sa forme ; dĂšs aprĂšs sa premiĂšre « reprĂ©sentation », le 7 avril 1724 Ă  Saint-Thomas (pour le service des VĂȘpres du Vendredi Saint), JS Bach ne cesse de rĂ©viser, modifier, couper, ajouter 
 pour chaque nouvelle rĂ©alisation.
Qu’est devenue par exemple la « Sinfonia » pour orchestre qui remplaçait en 1732, la scĂšne du tremblement de terre juste aprĂšs l’expiration de JĂ©sus sur la Croix
 ?
Plus resserrĂ©e, plus dense et dramatique, la Saint-Jean avait dĂ©jĂ  frappĂ© l’esprit de Schumann ; mĂȘme la 4Ăš version documentĂ©e en 1749 n’a pas laissĂ© de partition complĂšte. Sans la signature ou la main autographe de JS Bach sur le matĂ©riel, rien ne prouve qu’il s’agisse de la forme dĂ©finitive de sa Passion.
Jusqu’à la derniĂšre exĂ©cution (1749 donc voire 1750, l’annĂ©e de sa mort), la Saint-Jean pose probĂšme au personnel municipal de Leipzig, peu enclin Ă  goĂ»ter les outrances du Cantor de Saint-Thomas, qu’ils ne cessent de tancer voire d’humilier afin que le compositeur leur soumette avant toute rĂ©alisation, texte et style de chaque nouvelle partition.
La durĂ©e de la Saint-Jean indique l’esthĂ©tique et la « premiĂšre maniĂšre » de Bach, fraĂźchement arrivĂ© de Köthen pour prendre Ă  l’étĂ© 1723, ses fonctions de director Musices de Leipzig, responsable de la musique de Saint-Thomas et Saint-Nicolas. Il s’agit pour lui de respecter le voeu de ses supĂ©rieurs : musique courte, non opĂ©ratique, devant susciter la dĂ©votion. Ici pas de cuivres dont l’éclat pour le temps de la Passion Ă©tait jugĂ© indĂ©cent. MalgrĂ© la puissance et l’originalitĂ© de sa musique, Bach est considĂ©rĂ© comme une auteur maladroit, « pompeux », « confus », « contre-nature » (!!!).

Le livret retenu est celui d’un anonyme qui reprend plusieurs textes de Barthold Heinrich Brockes (« JĂ©sus martyrisĂ© et mourant », 1712), riches en images trĂšs fortes. Pour le tableau de JĂ©sus sur la Croix au Golgotha, pour sa rĂ©surrection, Bach emprunte aussi au texte de Saint-Matthieu : quand JĂ©sus expire son dernier souffle, l’effet est hautement thĂ©Ăątral, preuve que dĂšs 1724, le compositeur dĂ©passe volontairement l’appel Ă  l’intimisme promu par sa hiĂ©rarchie. La clĂ© de voĂ»te de chaque Ă©difice sacrĂ© ainsi livrĂ© Ă©tant la sĂ©rie de chorals connus par l’assemblĂ©e des fidĂšles et qu’ils entonnent ensemble pour chacun.

Ce qui est certain c’est que pour la derniĂšre exĂ©cution de la Saint-Jean, de son vivant, 1749 voire 1750, Bach emploie un continuo Ă©toffĂ© (2 clavecins, un orgue,un contrebasson / « bassono grosso ») insistant sur le sparties graves et rĂ©sonantes. Qui plus est les parties chantĂ©es de Pierre et Pilate, auparavant entonnĂ©es par le choeur, sont dĂ©fendues par des parties isolĂ©es comme si les personnages du drame Ă©tait incarnĂ©s par des solistes individualisĂ©s, sĂ©parĂ©s du chƓur ; Bach souhaitant ainsi souligner l’esprit dramatique voire thĂ©Ăątral de sa passion.

Concerto pour piano de CLARA SCHUMANN

clara-schumann-piano-robert-schumann-concerto-pour-pianoARTE, dim 8 mars 2020, 18h55. CLARA SCHUMANN : Concerto pour piano, opus 7. En 2019, Ă  Leipzig, sous la direction d’Andris Nelsons, l’Orchestre du Gewandhaus interprĂšte le “Concerto pour piano” de Clara Schumann (1819-1896), nĂ©e alors il y a deux siĂšcles. L’épouse de Robert Schumann, compositrice comme lui, et surtout immense virtuose pour le piano, mĂ©ritait bien cet hommage pour son bicentenaire.
CrĂ©atrice prĂ©coce ĂągĂ©e de seulement 14 ans, le Concerto pour piano en la mineur indique un tempĂ©rament Ă©toilĂ©e, lumineux, d’une passion tendre et somptueuse mĂȘme, d’une Ă©tonnante vibration et sensibilitĂ© si l’on pense Ă  l’ñge de la jeune compositrice.

Le piano amoureux de Clara

Clara le joue Ă  Leipzig Ă  16 ans, en 1835, sous la direction de Felix Mendelssohn qui dirigeait alors l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig. RĂ©servĂ©e, secrĂšte, la jeune femme exprime une Ă©motivitĂ© pianistique qui respire et sait Ă©largir le champs musical. Son Concerto pour piano respire ample, rĂ©serve des plages d’éloquente langueur enivrĂ©e
 Trois mouvements enchaĂźnĂ©s : Allegro maestoso / Romance : andante non troppo con grazia / allegro non troppo. L’Andante « avec grĂące » et dĂ©jĂ  certaines sĂ©quences du premier Allegro font jaillir cette tendresse ardente (le violoncelle solo dans la Romance
 annonçant mais de façon aĂ©rienne Brahms qui a tant aimĂ© lui aussi Clara), effusion qui scellera le destin de Clara Ă  celui de Robert, union parfaite et lĂ©gendaire, unique dans l’Histoire de la musique europĂ©enne, et dont le vocable « RARO », personnage de l’imaginaire de Robert, reste l’emblĂšme. Ra de Clara, Ro de Robert, l’équation miraculeuse d’oĂč naĂźtront sous la plume des deux auteurs, tant de pages remarquables. En Ă©cho Ă  l’ivresse pianistique prĂ©coce de son Ă©pouse tant adorĂ©e, Robert Ă©crira lui aussi son Concerto pour piano, chef d’oeuvre tout autant, que crĂ©a Ă©videmment Clara en 1846
 au Gewandhaus de Leipzig.

 

 

 

ARTE, dim 8 mars 2020, 18h55. CLARA SCHUMANN : Concerto pour piano, opus 7 – LEIPZIG, 2019, concert pour le bicentenaire de CLARA SCHUMANN (1819-1896)

 

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NOTRE AVIS : pas sĂ»r que cette version convainc tout Ă  fait : la pianiste lettone Lauma Skride a un jeu Ă©pais et lourd, en rien nuancĂ© ni dĂ©taillĂ© et la direction d’Andris Nelsons malgrĂ© tout le bien que l’on pense de lui chez Chostakovitch ou Bruckner, peine lui aussi Ă  ciseler une Ă©criture qui regarde davantage vers Mozart, Chopin voire Tchaikovsky que Brahms et Rachmaninov
 Pour nous erreur de casting.

Autre Ɠuvre au programme la Symphonie n° 1 du mari de Clara, Robert Schumann.

 

 

 

 

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VOIR un extrait du concert CLARA SCHUMANN sur ARTE
https://www.arte.tv/fr/videos/091195-000-A/clara-schumann-concerto-pour-piano-en-la-mineur/

 

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VOIR sur Youtube : le Concerto pour piano de Clara Schumann / Beethovensaal Liederhalle Stuttgart, 2015 / Orchesterverein Stuttgart, direction : Alexander Adiarte / Diana Brekalo, piano. La séquence est trÚs mal cadrée, mais le son convenable révÚle un jeu expressif qui sait nuancer


https://www.youtube.com/watch?v=X4rhHiPUltE

 

 

 

 

 

Compte-rendu, concert. Bachfest, Thomaskirche, Leipzig, le 23 juin 2019. Jean-SĂ©bastien Bach : Messe en si mineur, BWV 232, Opera Fuoco, David STERN

Compte-rendu, concert. Bachfest, Thomaskirche, Leipzig, le 23 juin 2019. Jean-SĂ©bastien Bach : Messe en si mineur, BWV 232 / Opera Fuoco / David STERN.. En cette fin d’aprĂšs-midi, l’excitation monte dans l’attente du concert de clĂŽture de la Bachfest, dĂ©diĂ© Ă  la Messe en si mineur (1749) de Bach : tous les pas semblent converger vers l’Eglise Saint-Thomas, la plus prestigieuse de la ville de Leipzig, remplie Ă  craquer pour l’occasion. C’est lĂ  qu’officia le maitre de 1724 jusqu’Ă  sa mort, lui donnant ses lettres de noblesses, avant d’y ĂȘtre enterrĂ© au niveau du choeur. MĂȘme si l’acoustique est quelque peu Ă©touffĂ©e Ă  cet endroit, donnant une impression d’Ă©loignement par rapport aux interprĂštes rĂ©unis sur la tribune de l’orgue Ă  l’opposĂ©, entendre la Messe en si mineur aux cotĂ©s du maitre ne peut manquer d’impressionner.

 

 

 

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Les premiĂšres notes de l’ouvrage raisonnent avec un sens Ă©vident de l’Ă©conomie et de la modestie, en un legato enveloppant : l’impression de douceur ainsi obtenue invite au recueillement, comme une caresse bienveillante. On est bien Ă©loignĂ© des lectures nerveuses et virtuoses qui donnent un visage plus spectaculaire Ă  cette messe. Ce geste serein a pour avantage de mettre en valeur la jeunesse triomphante du splendide choeur d’enfants Tölzer, venu tout droit de Munich. Alors que l’ouvrage ne fait pas parti de leur rĂ©pertoire, les jeunes interprĂštes font preuve d’une vaillance et d’une prĂ©cision sans faille, de surcroit jamais pris en dĂ©faut dans la nĂ©cessaire justesse. C’est la sans doute le bĂ©nĂ©fice d’une tournĂ©e mondiale qui les a menĂ© en Chine et en France, au service de la promotion de cet ouvrage, avec David Stern.

Si la direction du chef amĂ©ricain a les avantages dĂ©taillĂ©s plus haut, on pourra toutefois regretter que le niveau technique global de son ensemble affiche plusieurs imperfections tout du long du concert, notamment au niveau des vents et trompettes, juste corrects. La qualitĂ© des solistes rĂ©unis se montrent aussi inĂ©gale, avec de jeunes chanteurs trĂšs prometteurs, Theodora Raftis et AndrĂ©s Agudelo, tous deux parfaits d’aisance technique. Andreas Scholl a pour lui des phrasĂ©s toujours aussi distinguĂ©s, mais dĂ©sormais entachĂ©s d’un timbre trĂšs dur dans l’aigu, tandis que Laurent Naouri a du mal Ă  faire valoir ses habituelles qualitĂ©s interprĂ©tatives dans ce rĂ©pertoire, dĂ©cevant les attentes par une Ă©mission engorgĂ©e et terne.

 

 

 

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Compte-rendu, concert. Bachfest, Thomaskirche, Leipzig, le 23 juin 2019. Jean-Sébastien Bach : Messe en si mineur, BWV 232. Theodora Raftis (soprano), AdÚle Charvet (mezzo soprano), Andreas Scholl (alto), Andrés Agudelo (ténor), Laurent Naouri (basse), Tölzer Knabenchor, Opera Fuoco, David Stern (direction). Crédit photo : © Bachfest Leipzig : Gert Mothes.

 

 

 
 

 

 

Compte-rendu, concert. Bachfest, Alte Börse, Leipzig, le 23 juin 2019. Joseph Haydn : Quatuor à cordes n° 5, opus 76 / J-S Bach / Dimitri Chostakovitch : Quatuor à cordes n°8, opus 110. Quatuor ELIOT

bach jean sebastian sebastien portrait vignette par classiquenews bach_js-jean-sebastianCompte-rendu, concert. Bachfest, Alte Börse, Leipzig, le 23 juin 2019. Joseph Haydn : Quatuor Ă  cordes n° 5, opus 76 / Jean-SĂ©bastien Bach : extraits d’oeuvres / Dimitri Chostakovitch : Quatuor Ă  cordes n°8, opus 110. Preuve s’il en est besoin de la variĂ©tĂ© des Ă©vĂ©nements proposĂ©s lors de la Bachfest, le prĂ©sent concert permet de dĂ©couvrir l’un des jeunes quatuors allemands parmi les plus prometteurs du moment. FormĂ© en 2014 Ă  Francfort, oĂč il est toujours en rĂ©sidence, le quatuor rassemble des solistes venus d’horizons divers : deux Russes, un Canadien et un Allemand. Entre eux, l’entente et l’Ă©coute mutuelle semblent Ă©vidents dĂšs les premiĂšres mesures du Quatuor Ă  cordes n° 5, opus 76 (1797) de Haydn, entonnĂ©es dans l’acoustique sonore de l’ancienne bourse aux Ă©changes (reconstruite Ă  l’identique aprĂšs-guerre). L’Ă©nergie du premier violon irradie en un geste dĂ©monstratif dans les passages verticaux, rapidement suivi par ses collĂšgues qui ne lui cĂšdent en rien dans le tranchant. On est loin de la sĂ©rĂ©nitĂ© fantasmĂ©e de “Papa Haydn”, ici revigorĂ© par une fougue toujours excitante. Les parties apaisĂ©es exclut tout dramatisme et vibrato, au service d’une lecture qui privilĂ©gie la perfection technique et la musique pure.

Les diffĂ©rents extraits d’oeuvres de Bach permettent ensuite Ă  chacun de se distinguer individuellement, notamment dans l’Andante de la sonate BWV 1003 (habituel bis des plus grands violonistes) ou dans le cĂ©lĂ©brissime prĂ©lude de la Suite pour violoncelle BWV 1007. Le concert atteint cependant son point d’orgue avec l’une des plus belles interprĂ©tations du Quatuor Ă  cordes n° 8 (1960) de Chostakovitch qu’il nous ait Ă©tĂ© donnĂ© d’entendre. Les jeunes solistes surprennent dĂšs l’introduction par une lecture dĂ©taillĂ©e et analytique qui allĂšge son cĂŽtĂ© sombre : la pudeur ainsi Ă  l’oeuvre laisse sourdre une Ă©motion Ă  fleur de peau, ce que confirme le violent contraste du premier tutti, Ă  la hargne rageuse. Le thĂšme dansant qui suit est murmurĂ© dans les piani, avant une nouvelle rupture façon “feu sous la glace”. Seule la toute fin du morceau perd quelque peu en intensitĂ©, mais n’enlĂšve rien Ă  la trĂšs favorable impression d’ensemble. Cette lecture sans concession donne en effet un Ă©crin passionnant Ă  cet ouvrage d’essence symphonique. En bis, les interprĂštes nous rĂ©galent du Da Pacem Domine d’Arvo Part, pour le plus grand bonheur de l’assistance, visiblement ravie.

Compte-rendu, concert. Bachfest, Alte Börse, Leipzig, le 23 juin 2019. Joseph Haydn : Quatuor Ă  cordes n° 5, opus 76 / Jean-SĂ©bastien Bach : extraits d’oeuvres diverses / Dimitri Chostakovitch : Quatuor Ă  cordes n°8, opus 110. Eliot Quartett : Maryana Osipova (violon), Alexander Sachs (violon), Dmitry Hahalin (alto), Michael Preuß (violoncelle). CrĂ©dit photo : © Bachfest Leipzig : Gert Mothes.

 

Compte-rendu, concert. Bachfest, Nikolaikirche, Leipzig, le 22 juin 2019. Jean-SĂ©bastien Bach : Cantates de Weimar (III) Akademie fĂŒr Alte Musik Berlin/ R Alessandrini.

bach jean sebastian sebastien portrait vignette par classiquenews bach_js-jean-sebastianCompte-rendu, concert. Bachfest, Nikolaikirche, Leipzig, le 22 juin 2019. Jean-SĂ©bastien Bach : Cantates de Weimar (III). A l’instar de sa voisine Dresde, Leipzig ne cesse de retrouver sa splendeur d’antan, d’annĂ©e en annĂ©e, effaçant les erreurs architecturales de l’aprĂšs-guerre par d’opportuns rehabillages ou reconstructions dans un style ancien. Pratiquement dĂ©diĂ© aux piĂ©tons, le centre-ville est d’ores et dĂ©jĂ  envahi par les touristes en cette saison estivale, tous sĂ©duits par les nombreuses terrasses Ă  chaque coin de rue. Outre l’attrait Ă©vident que reprĂ©sentent les gloires musicales locales (Bach et Mendelssohn bien sĂ»r, mais aussi… Wagner, natif de la CitĂ©), il faudra se perdre dans les nombreux et splendides passages couverts dont l’Ă©tat de conservation ne manquera pas d’impressionner les amateurs.

Pendant dix jours, la Bachfest donne Ă  entendre des accents venus des quatre coins du monde – les Français reprĂ©sentant les deuxiĂšmes visiteurs europĂ©ens en nombre (hors Allemagne) aprĂšs les NĂ©erlandais. On ne s’en Ă©tonnera pas, tant la manifestation fait figure d’Ă©vĂ©nement avec pas moins de 150 manifestations organisĂ©es pendant cette courte pĂ©riode, permettant de faire vivre un rĂ©pertoire centrĂ© sur la famille Bach et ses contemporains, sans oublier Mendelssohn, et ce Ă  travers toute la ville et les environs. On pourra aussi opportunĂ©ment coupler sa visite avec le festival Haendel, qui se tient dans la ville voisine de Halle la semaine prĂ©cĂ©dent la Bachfest.

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Parmi les joyaux de la citĂ©, l’Eglise Saint-Nicolas et ses surprenantes colonnes vĂ©gĂ©tales aux tons pastels “girly”, alternant vert et vieux rose, tient une place prĂ©pondĂ©rante (elle a notamment accueilli la crĂ©ation de la Passion selon Saint-Jean de Bach), et ce d’autant plus que son excellente acoustique en fait un lieu prisĂ© pour les concerts. C’est ici que se dĂ©roule l’un des plus attendus de cette Ă©dition 2019, sous la direction de Rinaldo Alessandrini. Son geste Ă©nergique met d’emblĂ©e en valeur les qualitĂ©s individuelles superlatives de l’Akademie fĂŒr Alte Musik Berlin, trĂšs engagĂ©e pour rendre leur Ă©clat Ă  ces cantates d’apparat, toutes composĂ©es pour Weimar. On soulignera notamment le trompette solo impressionnant de suretĂ© et de justesse ou le violoncelle solo gorgĂ© de couleurs, tandis que les chanteurs atteignent aussi un trĂšs haut niveau.

Si Katharina Konradi impressionne par son aisance technique au service d’un timbre superbe, on est plus encore sĂ©duit par la noblesse des phrasĂ©s d’Ingeborg Danz, tout simplement bouleversante d’Ă©vidence dans son premier air. Les quelques limites rencontrĂ©es dans les accĂ©lĂ©rations restent cependant parfaitement maitrisĂ©es par cette chanteuse qui sait la limite de ses moyens. A ses cotĂ©s, Patrick Grahl donne tout l’Ă©clat de sa jeunesse Ă  son incarnation, portĂ©e par une diction impeccable et une voix claire. Enfin, Roderick Williams passionne tout du long par l’intensitĂ© de ses phrasĂ©s et l’attention accordĂ©e au texte, mĂȘme s’il se laisse parfois couvrir par l’orchestre. Que dire, aussi, du parfait choeur de chambre de la RIAS, aux interventions aussi millimĂ©trĂ©es qu’irradiantes de ferveur ? Sans doute pas le moindre des atouts de ce concert en tout point splendide.

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Compte-rendu, concert. Bachfest, Nikolaikirche, Leipzig, le 22 juin 2019. Jean-SĂ©bastien Bach : Cantates de Weimar (III). Cantates «Herz und Mund und Tat und Leben», BWV 147a, «Nun komm, der Heiden Heiland», BWV 61, «Wachet! betet! betet! wachet!», BWV 70a, «Christen, Ă€tzet diesen Tag», BWV 63. Martin Henker (rĂ©citant), Katharina Konradi (soprano), Ingeborg Danz (alto), Patrick Grahl (tĂ©nor), Roderick Williams (basse), RIAS Kammerchor, Akademie fĂŒr Alte Musik Berlin, Rinaldo Alessandrini (direction). CrĂ©dit photo : © Bachfest Leipzig : Gert Mothes.

 

 

Compte-rendu, opĂ©ra. Leipzig. OpĂ©ra de Leipzig, le 6 mai 2016. R. Wagner : Die WalkĂŒre. Rosamund Gilmore, mise en scĂšne. Ulf Schirmer, direction musicale.

Cette production de Die WalkĂŒre Ă  l’OpĂ©ra de Leipzig, Ă©trennĂ©e in loco en dĂ©cembre 2012, s’avĂšre une vraie rĂ©ussite, Ă  la fois vocale et scĂ©nique. Loin du Regietheater qui rĂšgne en Allemagne, la mise en scĂšne de Rosamund Gilmore adopte en effet une position plutĂŽt prudente et classique, respectueuse de l’Ɠuvre, oĂč rien ne vient perturber en tout cas l’audition de la musique, si ce n’est peut-ĂȘtre l’omniprĂ©sence de personnages zoomorphes (Ă  tĂȘte de bĂ©lier, munis d’ailes de corbeaux, etc.) qui accompagnent ou Ă©pient les diffĂ©rents personnages. On les dĂ©couvre sur le toit du bunker qui sert de demeure Ă  Hunding et sa femme, oĂč ils exĂ©cutent une sorte de danse rituelle pendant l’ouverture. Mais nous garderons surtout en mĂ©moire le magnifique dĂ©cor du dernier acte (conçu par Carl Friedrich Oberle), une immense arcade trĂšs « mussolinienne » dans laquelle prennent place – pendant la scĂšne des adieux – les huit Walkyies ainsi que huit hĂ©ros tout de blanc vĂȘtus (photo ci contre).

 

 

 

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Dans le rĂŽle de Sieglinde, la soprano allemande Christiane Libor fait preuve d’une belle santĂ© vocale, en assumant avec plĂ©nitude l’un des plus magnifiques personnages de la mythologie wagnĂ©rienne, et en exprimant une rĂ©elle Ă©motion Ă  travers un jeu sensible et naturel. Elle forme avec Andreas Schager le couple des Walsung d’autant plus convaincant que le tĂ©nor autrichien impose le plus bel instrument et le chant le plus nuancĂ© de la soirĂ©e, avec des aigus d’une incroyable franchise (chacun des deux « Walse » sont tenus plus de 10 secondes !). D’emblĂ©e, il se place parmi les meilleurs Siegmund du moment.

La soprano suĂ©doise Eva Johannson est Ă©galement une Walkyrie sur laquelle on peut compter. ConfrontĂ©e aux Ă©preuves, cette BrĂŒnnhilde sait trouver profondeur et conviction dans l’incarnation, figure centrale autour de laquelle le drame se joue. La prĂ©cision de ses attaques et sa pugnacitĂ© dans l’aigu ne font cependant pas toujours oublier la monotonie engendrĂ©e par l’ingratitude du timbre, ainsi que quelques stridences dans les fameux « HoĂŻtohos ». Elle n’en phrase pas moins avec beaucoup de sensibilitĂ© l’« Annonce de la mort », puis le dernier face Ă  face avec Wotan.  Ce dernier est incarnĂ© par le baryton allemand Markus Marquadt qui offre un phrasĂ© et un legato particuliĂšrement raffinĂ©s, un registre grave superbe, mais les nuances de l’aigu, il faut le reconnaĂźtre, lui causent parfois difficultĂ©. Dans le rĂŽle de Hunding, la basse finlandaise Runi Brattaberg campe un personnage tout d’une piĂšce et fort menaçant, avec une voix dont on goĂ»te la noirceur du timbre et la perfection de la ligne de chant. De son cĂŽtĂ©, la Fricka vindicative de Kathrin Göring ne dĂ©mĂ©rite pas tandis que les huit Walkyries forment un ensemble assez homogĂšne.

 

 

 

En vĂ©ritable expert de cette partition, Ulf Schirmer – directeur gĂ©nĂ©ral et musical de l’OpĂ©ra de Leipzig – dirige avec prĂ©cision et une pertinence sans faille le fameux GewandhausOrchester, en se montrant constamment soucieux de dynamique et de coloris. Nous n’avons assistĂ© qu’Ă  la premiĂšre journĂ©e de ce Ring leipzigois, mais prĂ©cisons au lecteur qu’il sera possible d’assister au Cycle entier du 28 juin au 2 juillet prochain.

Compte-rendu, opĂ©ra. Leipzig. OpĂ©ra de Leipzig, le 6 mai 2016. R. Wagner : Die WalkĂŒre. Avec Christiane Libor (Sieglinde), Andreas Schager (Siegmund), Runi Brattaberg (Hunding), Markus Marquardt (Wotan), Eva Johannson (BrĂŒnnhilde), Kathrin Göring (Fricka). Rosamund Gilmore, mise en scĂšne et chorĂ©graphies. Carl Friedrich Oberle, dĂ©cors. Nicola Reichert, lumiĂšres. Ulf Schirmer, direction musicale.

 

 

Peinture. Le nouveau portrait de Jean-SĂ©bastien Bach Ă  Leipzig

bach_jean_sebastien_portrait-eisenach-haussmann-1730Peinture. Le nouveau portrait de Jean-SĂ©bastien Bach Ă  Leipzig. Perruque grise Ă  rouleaux et mise impeccable, voici le nouveau portrait authentifiĂ© de sa majestĂ© Johann Sebastian Bach, Jean-SĂ©bastien Bach (1685-1750), rĂ©cemment acquis (2013) par la Bachhaus d’Eisenach auprĂšs d’un collectionneur privĂ©. Le portrait au pastel Ă©tait connu depuis longtemps car il trĂŽnait parmi les portraits conservĂ©s Ă  Hambourg par le fils gĂ©nial de Jean-SĂ©bastien, Carl Philipp Emmanuel. JS Bach y figure Ă  l’Ăąge de 45 ans soit vers 1730, grĂące au talent du portraitiste Elias Haussmann. Bach est alors directeur de la musique (Director musices) de Leipzig depuis 7 ans (nommĂ© en 1723), directeur du Collegium Musicum (1729-1737 puis 1739-1744), participant de fait aux rĂ©unions actives du CafĂ© Zimmermann. Il est aussi nommĂ© en 1736, compositeur de la Chapelle royale de Saxe. Le portrait consacre donc la pĂ©riode la plus active du compositeur, responsable de l’activitĂ© musicale des deux Ă©glises majeures de Leipzig : Saint-Nicolas et Saint-Thomas. C’est l’Ă©poque aussi oĂč le pĂšre ne manque aucun des opĂ©ras importants Ă  Dresde oĂč son autre fils, Wilhelm Friedemann est organiste.Le portrait sera visible dĂ©sormais dans les collections permanentes du musĂ©e Bach d’Eisenach, la ville natale du compositeur baroque Ă  partir du 1er mai 2014.