ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE : Lambert Wilson chante Kurt WEILL

lambert-wilson_slide_328px_19-20LILLE, ONL. WEILL par LANBERT WILSON, 4, 5 mars 2020. Lambert Wilson chante Kurt Weill, en 3 concerts : les 4 et 5 mars 2020 au Nouveau SiĂšcle Ă  Lille, rĂ©sidence de l’Orchestre National de Lille; puis le 6 au ThĂ©Ăątre de BĂšthune. L’Orchestre National de Lille aime diversifier son rĂ©pertoire, en tĂ©moigne ce programme prometteur, hors des sentiers battus, oĂč le gĂ©nie mĂ©lodique de Kurt Weill est incarnĂ© par le comĂ©dien et chanteur Lambert Wilson ; l’Orchestre National de Lille sous la direction de Bruno Fontaine saura dĂ©fendre quant Ă  lui l’une des Ă©critures les plus raffinĂ©es au dĂ©but du XXĂš siĂšcle, rĂ©alisant ce souffle symphonique incomparable, entre opĂ©ra et cabaret, qui assure la puissance et la sĂ©duction des airs et chansons conçus par Kurt Weill (1900 – 1950). Le programme prĂ©sentĂ© au Nouveau SiĂšcle de Lille propose un voyage entre les 3 pĂ©riodes crĂ©atrices de Kurt Weill : de Berlin, Paris, New-York. Car le compositeur aprĂšs avoir Ă©bloui le Berlin des annĂ©es 1930, fuit l’Allemagne devenue nazi, et se fixe un temps Ă  Paris, avant de rejoindre New York.

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Mercredi 4 mars 2020, 20hboutonreservation
Jeudi 5 mars 2020, 20h
LILLE, Auditorium du Nouveau SiĂšcle

 

 

ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE
Direction et piano : Bruno Fontaine
Chant : Lambert Wilson

RÉSERVEZ VOS PLACES
directement sur le site de l’ON LILLE
ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE

https://www.onlille.com/saison_19-20/concert/lambert-wilson-chante-kurt-weill/

 

 

Tarifs: 5 Ă  55€ – RĂ©servations sur www.onlille.com
et à la Boutique de l’Orchestre,
3 place Mendùs France – LILLE –
Renseignements 03 20 12 82 40
(du lundi au vendredi 10h-18h)

Egalement en région Hauts-de-France :
Vendredi 6 mars au Théùtre de BÈTHUNE à 20h30

 

  

 

ProphĂšte et visionnaire,
Weill rĂ©invente l’opĂ©ra populaire et rĂ©aliste

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WEILL kurt opera concert festival concerts annonces critique classiquenews musique classique newsA partir de 1927, quand il collabore Ă©troitement avec l’homme de thĂ©Ăątre Bertold Brecht, Kurt Weill rĂ©alise enfin ce thĂ©Ăątre musical, loin des codes artificiels de l’opĂ©ra, un nouveau type de drame en musique, plus proche de la rue et plus rĂ©aliste. Le duo incarne un Ăąge d’or de la vie berlinoise aprĂšs au moment de la dĂ©pression de 1929 et jusqu’au dĂ©but des annĂ©es 1930. Leur coopĂ©ration durera 6 annĂ©es d’une complicitĂ© fĂ©conde et miraculeuse. PĂ©riode bĂ©nie et fragile, liĂ©e Ă  la fugace RĂ©publique de Weimar, auquel Weill et Brecht offrent un miroir artistique particuliĂšrement captivant.

Au programme du concert de Lambert Wilson et de l’Orchestre National de Lille, le songspiel, commande du Festival de Baden-Baden, Mahagonny (1927) ; puis L’OpĂ©ra de quatre sous, d’aprĂšs la piĂšce de John Gay The Beggar’s Opera Ă©crite en 1728 dont les deux compĂšres, alors en villĂ©giature sur la CĂŽte d’Azur, (10 aoĂ»t 1928) font un miroir de la sociĂ©tĂ© dĂ©cadente de la RĂ©publique de Weimar oĂč rĂšgnent cynisme et barbarie Ă  tous les Ă©tages, surtout dans les bas fonds ( triomphe est rĂ©servĂ© Ă  la « Complainte de Mackie » Ă©crite Ă  la fin

Puis c’est « Grandeur et DĂ©cadence de la Ville de Mahagonny », derniĂšre version du premier songspiel de 1927 ; le nouveau drame, apologie d’une sociĂ©tĂ© pourrie par la corruption et la manipulation, est crĂ©Ă© en 1930 Ă  Leipzig et immĂ©diatement portĂ© Ă  l’index comme vivement critiquĂ© par les nazis Ă©mergeants, d’autant que le compositeur, juif et iconoclaste, devient une cible dĂ©signĂ©e. Weill y dĂ©ploie une trĂšs virulente diatribe contre le conformisme petit bourgeois. En fuite, il se fixe un temps Ă  Paris, le temps d’yn prĂ©senter entre autres, un chef d’oeuvre inclassable, entre poĂ©sie et dĂ©sespoir Les 7 pĂ©chĂ©s capitaux (mars 1933), rĂ©cemment prĂ©sentĂ© Ă  l’OpĂ©ra de Tours (LIRE notre compte rendu des 7 pĂ©chĂ©s capitaux de Kurt Weill, avril 2019 : https://www.classiquenews.com/opera-de-tours-les-7-peches-capitaux-de-kurt-weill/ )

Lambert Wilson Ă©voque aussi le travail de Weill avec Cocteau, qui Ă©crit Es regnet, un texte fantaisiste, emblĂ©matique de la verve poĂ©tique et de l’imaginaire de l’écrivain français. A Paris, Weill compose aussi sur des textes français comme en tĂ©moigne le standard absolu « Marie-Galante », inspirĂ© du roman de Jacques DĂ©val : une amoureuse y exprime sa nostalgie de la terre natale aprĂšs son exil forcĂ© au Panama. ComplĂštent l’évocation du sĂ©jour parisien de Weill, deux autres chansons irrĂ©sistibles : « Je ne t’aime pas » , plein d’ironie, de dĂ©tachement, de poĂ©sie et de tendresse dont la trame est liĂ©e Ă  sa courte sĂ©paration avec son Ă©pouse Lotte Lenya
 ; et surtout « Youkali », habanera voluptueuse qui convoque la terre promise, ce paradis inaccessible. Un dĂ©menti Ă  la rĂ©alitĂ© de l’Allemagne hitlĂ©rienne.
Ayant rejoint les Etats-Unis en 1935, Kurt Weill compose des musiques pour le cinĂ©ma (comme Korngold) ; parmi ses plus succĂšs dans le nouveau monde 
 Lady in the Dark (1941), sur les textes d’Ira Gershwin : portrait dĂ©capant d’une rĂ©dactrice de mode. Virtuose de la mĂ©lodie, gĂ©nie de l’orchestration aussi, Weill en AmĂ©rique absorbe les caractĂšres de la ComĂ©die musicale amĂ©ricaine et les fusionne avec l’opĂ©ra et ce thĂ©Ăątre rĂ©aliste dont il a le secret depuis sa collaboration avec Bertold Brecht.

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AU PROGRAMME

Kurt Weill 

OPERA DE QUAT’ SOUS
Ouverture orchestrale / Die Moritat von Mackie Messer / Die   ZĂŒhalter   Ballade   /   Kanonensong   /   Zweites Dreigroschenfinale / « Wo von lebt der Mensch? »

GRANDEUR  ET  DECADENCE  DE  LA  VILLE  DE MAHAGONNY
Prélude / Alabama song / Comme on fait son lit, on se couche

CHANSONS ALLEMANDES
Es regnet / Das Lied von den Braunen
MARIE-GALANTE
Ouverture orchestrale / « scÚne du dancing » / Le Grand Lustucru

CHANSONS FRANCAISES
Je ne t’aime pas / Youkali

STREET SCENE
Ouverture orchestrale / Love life – This is the life

LADY IN THE DARK
Ouverture / This is new / My ship / Girl of the moment / ‱Dialogue en musique…. / Girl of the moment #2 


Voir le programme complet sur le site de
l’Orchestre National de Lille
https://www.onlille.com/saison_19-20/concert/lambert-wilson-chante-kurt-weill/

 

 

 

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Autour du concert Ă  LILLE
Prélude « Brecht / Weill »
Par les étudiants des départements
jazz et art dramatique du Conservatoire de Tourcoing
Mercredi 4 mars 2020, 18h45
(EntrĂ©e libre dans la limite des places disponibles pour les personnes munies d’un billet du concert)

En bord de scùne Rencontres  avec Lambert Wilson et Bruno Fontaine à l’issue des concerts lillois

 

  

 

COMPTE-RENDU, opéra. TOURS, Opéra, le 27 avril 2019. KURT WEILL : Les 7 péchés capitaux. M Lenormand
 Bleuse /Desbordes

COMPTE-RENDU, opĂ©ra. TOURS, OpĂ©ra, le 27 avril 2019. KURT WEILL : Les 7 pĂ©chĂ©s capitaux. M Lenormand
 Bleuse /Desbordes. Petite rĂ©serve tout d’abord dans la conception mĂȘme de la soirĂ©e. MalgrĂ© sa forme chaotique entre rĂ©cital de chansons, revue, volets habituels du cabaret berlinois, la premiĂšre partie de soirĂ©e (Berliner Kabarett) prĂ©sente quelques superbes mĂ©lodies aux textes tout autant savoureux ; curieusement en dĂ©pit de la prĂ©sence de l’orchestre en fond de scĂšne, c’est au piano seul que trois chanteurs Ă©grĂšnent leur juste complainte entre poĂ©sie et dĂ©sespoir, tous ont cette dĂ©sillusion enchantĂ©e qui est la marque du thĂ©Ăątre aussi politique que dĂ©lirant du duo Weill / Brecht.

Ainsi trois sĂ©quences sont mĂ©morables en particulier ; citons « l’heure bleue » ou l’extase au bain, que chante et qu’incarne en un nirvana cosmĂ©tique, avec une suavitĂ© Ă©vanescente la pulpeuse Marie Lenormand ; plus ambiguĂ« encore entre dĂ©sespĂ©rance et visions glaçantes (de larmes et de mort), « au fond de la Seine », est un splendide lamento, maĂźtrisĂ© dans des tenues de notes impeccables et trĂšs investies par le tĂ©nor RaphaĂ«l Jardin ; plus sombre encore, aprĂšs une critique acerbe contre l’hypocrisie dĂ©mocratique, en clown grimaçant hystĂ©rique, l’excellente basse française FrĂ©dĂ©ric Caton, 
lequel tombe le masque et exprime le deuil de la mĂšre qui a perdu son fils dans les tranchĂ©es. Le ton est juste, le texte dĂ©chirant; ce tragique noir, acide, lugubre, surgissant comme une douche froide, est du plus puissant effet; comme si Weill et Brecht nous avaient sĂ©duits et trompĂ©s par ce qui prĂ©cĂšde sur le ton d’un divertissement sans gravitĂ©, pour nous infliger cette appel Ă  conscience. Inoubliable. La voix naturelle de la basse, veloutĂ©e et toujours parfaitement intelligible (dans la grande tradition, et la seule exemplaire Ă  ce jour, celle du diseur Francois Le Roux), fait vibrer le texte en une sincĂ©ritĂ© qui touche au cƓur. Bravo l’artiste. Sous le masque d’un spectacle de pacotille, dans le mouvement d’une vacuitĂ© faite religion, s’impose Ă  nous, le cri dĂ©chirant de ce chant dont texte et musique ressuscitent le dĂ©nuement et la profondeur de Schubert.

Ces perles sont les piliers d’un spectacle qui Ă  partir de son prĂ©texte sur l’ivresse consumĂ©riste des grands magasins se fait brĂ»lot politique. Mais la forme Ă©clatĂ©e qui s’apparente Ă  une succession de numĂ©ros, sans liens apparents, et non intĂ©grĂ©s dans une action continue, unitaire, se rĂ©vĂšle Ă  la peine, dĂ©routante, dĂ©cousue, un rien confuse. Serait-ce pour mieux nous prĂ©parer Ă  la forme idĂ©ale, resserrĂ©e, continue de l’oeuvre qui suit et qui constitue le clou de la soirĂ©e : Les 7 pĂ©chĂ©s capitaux ? De fait la grande cohĂ©rence de la partition qui file Ă  toute allure saisit immĂ©diatement le spectateur.

 

 

 

SƓurs martyrs
d’un spectacle parodique et politique

 

 

 

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Rien avoir en effet dans ce cycle de 40 mn, menĂ© tambour battant tel un « road movie », et qui grĂące au dispositif des instrumentistes placĂ©s derriĂšre les chanteurs (qui ne sont plus sonorisĂ©s), rĂ©vĂšle sa nature hautement symphonique. On se glisse dans le sprachgesang de la mĂȘme Marie Lenormand, tout en confort et en naturel. Son intonation est juste et la couleur du chant mĂȘle les espĂ©rances de la conteuse Anna I, spectatrice et narratrice des avatars des deux Sisters, et la plainte lancinante de celle qui compte les mille humiliations et sĂ©vices (surtout sexuels) dont elles sont victimes (surtout Anna II) qui est un personnage non chantĂ© mais dansĂ© : dans ce dernier rĂŽle on distingue la performance de la danseuse Fanny Aguado dont postures et poses convoquent une lolita allumĂ©e, dĂ©vergondĂ©e et ingĂ©nue, une Lulu bis, diverses facettes d’une jeunette prĂȘte Ă  tout pour vendre ses charmes.
Les vrais responsables de ce jeu de dupes sont les parents et les (deux) frĂšres des deux Anna, sƓurs martyrs, prostituĂ©es dominĂ©es, consentantes, dont les revenus rĂ©guliers financent la petite maison familiale en Louisiane au bord du Mississipi. Le rĂȘve et l’idĂ©al tant dĂ©fendus relĂšvent peu a peu du cauchemar mais aussi dans le spectacle, dĂ©voile l’hypocrisie bien pensante qu’incarne Ă  la façon d’un chƓur rĂ©pĂ©titif, scandant chaque tableau des pĂ©chĂ©s (« Seigneur illumine tes fidĂšles, mĂšne-les vers la prospĂ©rité »), les 4 membres de la famille.
Impeccable en ce sens la mĂšre du mĂȘme FrĂ©dĂ©ric Caton : il/elle brandit le crucifix pour mieux envelopper ses turpitudes de mĂšre proxĂ©nĂšte.

 

 

 

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On ne saurait trop souligner la rĂ©ussite d’une telle partition, musicalement splendide, dramatiquement prenante ; les auteurs y dĂ©veloppent les thĂšmes dĂ©sormais structurels de leur travail sur la scĂšne : dĂ©nonciation de l’exploitation de l’homme par l’homme, hypocrisie bourgeoise, fausse morale, fausse religion ; et toujours cette tension et ce lugubre voire cette inquiĂ©tude souterraine qui doublent chaque situation. On a le sentiment qu’à chaque avancĂ©e dans cette chevauchĂ©e fantastique, c’est l’humanitĂ© et la beautĂ© du monde qu’on assassine. La musique est subtile et ambiguĂ«, troublante souvent dĂ©chirante. Le livret Ă  rebours d’une dĂ©nonciation en rĂšgle de la barbarie et des turpitudes humaines, nous parle bien de l’humain.
En rĂ©alitĂ©, Brecht, toujours mordant, tout en dĂ©nonçant les 7 pĂ©chĂ©s capitaux, dĂ©montre qu’en les appliquant strictement, – tentation lĂ©gitime, les deux sƓurs montent les Ă©chelons et amassent toujours un peu plus. Le monde est ainsi corrompu qu’il faille simplement appliquer les 7 tares pour rĂ©ussir et s’enrichir.

 

 

 

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La premiĂšre partie qui dure presque 1h30, souligne le climat et le contexte des spectacles de Weill et Brecht alors en transit Ă  Paris aprĂšs l’échec des idĂ©aux de la RĂ©publique de Weimar.
On ne cesse de penser tout au long de la soirĂ©e Ă  l’apocalypse collectif et sociĂ©tal des annĂ©es 1930 en Allemagne
 les arts du spectacle pourtant clairvoyants alors, se sont confrontĂ©s Ă  une sorte d’aveuglement et de fatalisme gĂ©nĂ©ral. Un Ă©tat de soumission inscrit dans l’air du temps
 Un parallĂšle avec nos dĂ©mocraties mourantes en Europe ?
Voila qui fait mĂȘme du choix de Weill / Brecht, Ă  Tours en avril 2019, Ă  quelques semaines des Ă©lections europĂ©ennes, un acte politique. DĂ©jĂ  Brecht et Weill avaient Ă©pingler le danger des faux dĂ©mocrates et des vrais dĂ©magogues populistes. Approche visionnaire, et spectacle passionnant.

 

 

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COMPTE-RENDU, opéra. TOURS, Opéra, le 27 avril 2019. KURT WEILL : Les 7 péchés capitaux. Marie Lenormand
 Bleuse /Desbordes

KURT WEILL : Les 7 péchés capitaux
CrĂ©Ă© le 7 juin 1933 au ThĂ©Ăątre des Champs-ÉlysĂ©es
Textes de Bertolt Brecht
Précédés de Berliner Kabarett

Nouvelle production de l’OpĂ©ra de Tours

Avec
Anna Marie Lenormand
La MÚre Frédéric Caton
Le PĂšre Carl Ghazarossian
Les FrÚres Jean-Gabriel Saint Martin, Raphaël Jardin
Danseuse et chorégraphe Fanny Aguado

Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire/Tours
Direction musicale:Pierre Bleuse
Mise en scĂšne:Olivier Desbordes

Costumes: Patrice Gouron
LumiÚre: Joël Fabing
Décors: Opéra de Tours

Illustrations : © Sandra Daveau / 7 pĂ©chĂ©s capitaux Kurt WEILL Ă  l’OpĂ©ra de Tours

 

 

 

Opéra de TOURS : Les 7 péchés capitaux de Kurt Weill

WEILL kurt opera concert festival concerts annonces critique classiquenews musique classique newsTOURS, OpĂ©ra. KURT WEILL : Les 7 pĂ©chĂ©s capitaux, 26,27, 28 avril 2019. Nouvelle production Ă  l’OpĂ©ra de Tours. Les Ɠuvres de Weill sont marquĂ©es par le sceau du gĂ©nie et de l’invention thĂ©Ăątrale. Kurt Weill (1900 – 1950) est un crĂ©ateur atypique, audacieux, rĂ©volutionnaire et visionnaire. Il a dĂ» quittĂ© l’Allemagne hitlĂ©rienne, rejoint Paris (oĂč sont crĂ©Ă©s les 7 pĂ©chĂ©s capitaux, 
 dans un incomprĂ©hension totale hĂ©las, et suscitant les foudres des antisĂ©mites particuliĂšrement virulents alors). Weill fut un auteur prĂ©coce Ă©crivant ses Quatuor, premier opĂ©ra, lieder) dĂšs l’adolescence. Il s’est formĂ© Ă  Berlin (Musikhoschule), auprĂšs de Ferrucio Busoni (AcadĂ©mie prussienne des arts). Avant son exil, Weill incarne le court Ăąge d’or des arts du spectacle des annĂ©es Weimar (avec Eisler, Krenek, Wolpe ; travaillant avec les plus grands chefs Erich Kleiber, Fritz Busch, Otto Klemperer, Hermann Scherchen
 ), soit pendant une dĂ©cennie, celle des annĂ©es 1920 et le dĂ©but des annĂ©es 1930 (jusqu’en 1933, en mars prĂ©cisĂ©meent oĂč il rejoint la France). A Paris, Les 7 PĂ©chĂ©s prolongent l’intelligence et l’imagination des ouvrages reconnus, cĂ©lĂ©brĂ©s : Der Protagonist, Royal Palace, L’Opera de quat’sous, Celui qui dit oui (Der Jasager)


 

 

 

Nouveau théùtre musical
créé à Paris sur la scÚne du TCE en 1933

Le dessein de Weill est de crĂ©er Ă  la suite de Mozart, un genre populaire, surtout pas Ă©litiste ; pour se faire il croise l’opĂ©ra classique, le ballet, le jazz
 d’oĂč une invention mĂ©lodique sans pareil. Ses lieder sont des tubes, chantĂ©s par tous. Il reste Ă  Paris, deux ans, jusqu’en 1935 (en septembre il quitte Paris pour New York avec le metteur en scĂšne Max Reinhardt, cofondateur avec R Strauss et Hofmannsthal du Festival de Salzbourg en 1922). Pour la scĂšne parisienne, Weill (qui parlait un français magnifique) compose Les 7 pĂ©chĂ©s capitaux, la Symphonie n°2 et Marie Galante. avant d’accoster en terre amĂ©ricaine, Weil Ă©voque le vertige des villes des Etats-Unis, avec Ă  dĂ©faut d’y avoir encore vĂ©cu, le fantasme de l’imaginaire.

 

 

 

weill-kurt-7-peches-capitaux-opera-de-tours-annonce-critique-opera-classiquenews-avril-2019-opera-musique-classique-concerts-festival-actualites-musique-classique-newsLes 7 pĂ©chĂ©s incarnent cette pause, entre deux mondes, avant que Weill ne se dĂ©die Ă  la comĂ©die amĂ©ricaine Ă  Broadway (il devient citoyen amĂ©ricain en 1943), grĂące aux ouvrages applaudies tels Lady in the Dark (1941), One touch of Venus (1943), Street scene (1947), ou Lost in the Stars (tragĂ©die de 1949). Au final, la culture, le sens critique, et l’imagination fertile de Weill le portent Ă  rĂ©inventer le genre musical et thĂ©Ăątral dans la premiĂšre moitiĂ© du XXĂš.
Face au sĂ©rialisme bon teint d’une Ă©lite pseudo conceptuelle, en mal d’ambition intellectuelle, l’écriture classique, tonale et populaire de Weill reprĂ©sente aujourd’hui cette veine poĂ©tique indiscutable qui tout en recyclant le savant et le mordant, Ă  su conserver un lien profitable avec le grand public. De fait, on ne cesse de reconnaĂźtre aujourd’hui la modernitĂ© et la singularitĂ© de son thĂ©Ăątre : poĂ©tique, dĂ©lirant, satirique, d’une justesse bouleversante. Weill n’est pas l’inventeur de chansons et mĂ©lodies inoubliables (Mack the Knife tirĂ© de l’OpĂ©ra de quat’sous, 1928 ; Surabaya Johnny, Alabama song, Youkali ou My Ship
) : il illustre un genre indĂ©trĂŽnable et inusable dont la saveur et la noirceur, le rĂ©alisme cynique et la grĂące poĂ©tique continuent de toucher le public. Ce n’est pas l’opĂ©ra ballet Les 7 pĂ©chĂ©s capitaux qui dĂ©mentiront cette qualitĂ©.

 

 

 

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TOURS, Opéra. KURT WEILL : Les 7 péchés capitauxboutonreservation
3 représentations
Vendredi 26 avril 2019 – 20h
Samedi 27 avril – 20h
Dimanche 28 avril – 15h

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.operadetours.fr/les-sept-peches-capitaux

 

 

 

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Les 7 péchés capitaux
CrĂ©Ă© le 7 juin 1933 au ThĂ©Ăątre des Champs-ÉlysĂ©es
Textes de Bertolt Brecht – NOUVELLE PRODUCTION de l’OpĂ©ra de Tours

Précédés de Berliner Kabarett

Direction musicale : Pierre Bleuse
Mise en scĂšne : Olivier Desbordes

Costumes : Patrice Gouron
LumiÚre : Joël Fabing
Décors : Opéra de Tours

Avec

Anna : Marie Lenormand
La MÚre : Frédéric Caton
Le PĂšre : Carl Ghazarossian
Les FrÚres : Jean-Gabriel Saint Martin, Raphaël Jardin
Danseuse et chorégraphe : Fanny Aguado

Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire / Tours

Conférence
Samedi 13 avril 2019 – 14h30
Grand ThĂ©Ăątre – Salle Jean Vilar
Entrée gratuite

 

 

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ACTION : le prix pour la rĂ©alisation d’un rĂȘve immobilier

Pour se payer leur propre maison, les parents deux sƓurs, Anna I et Anna II, les envoient faire un tour des villes amĂ©ricaines : soit pendant 7 ans, une nouvelle citĂ© chaque annĂ©e. Anna II tentĂ©e, sollicitĂ©e manquent de succomber aux 7 pĂ©chĂ©s (la paresse, l’orgueil, la colĂšre, la gourmandise, la luxure, l’avarice et l’envie). Mais plus raisonnĂ©e et mesurĂ©e, Anna I sait la sauver d’une nouvelle passe. Ainsi les parents suivent par articles de journaux interposĂ©s, les frasques de leur progĂ©nitures en mal de sensations : Ă  chaque ville explorĂ©e, sa tentation capitale
 la premiĂšre ville inconnue (la paresse) ; Memphis (l’orgueil) ; Los angeles (la colĂšre) ; Philadelphie (la gourmandise) ; Boston (la luxure) ; Baltimore (l’avarice) ; enfin, San Francisco (l’envie / la jalousie).
Au terme du cycle d’épreuves, aprĂšs sept ans, les deux Annas ont engrangĂ© un beau pactole ; rentrĂ©es en Louisiane, elles permettent que la famille Ă©difie enfin la maison familiale tant espĂ©rĂ©e.

TOURS, Opéra. KURT WEILL : Les 7 péchés capitaux

WEILL kurt opera concert festival concerts annonces critique classiquenews musique classique newsTOURS, OpĂ©ra. KURT WEILL : Les 7 pĂ©chĂ©s capitaux, 26,27, 28 avril 2019. Nouvelle production Ă  l’OpĂ©ra de Tours. Les Ɠuvres de Weill sont marquĂ©es par le sceau du gĂ©nie et de l’invention thĂ©Ăątrale. Kurt Weill (1900 – 1950) est un crĂ©ateur atypique, audacieux, rĂ©volutionnaire et visionnaire. Il a dĂ» quittĂ© l’Allemagne hitlĂ©rienne, rejoint Paris (oĂč sont crĂ©Ă©s les 7 pĂ©chĂ©s capitaux, 
 dans un incomprĂ©hension totale hĂ©las, et suscitant les foudres des antisĂ©mites particuliĂšrement virulents alors). Weill fut un auteur prĂ©coce Ă©crivant ses Quatuor, premier opĂ©ra, lieder) dĂšs l’adolescence. Il s’est formĂ© Ă  Berlin (Musikhoschule), auprĂšs de Ferrucio Busoni (AcadĂ©mie prussienne des arts). Avant son exil, Weill incarne le court Ăąge d’or des arts du spectacle des annĂ©es Weimar (avec Eisler, Krenek, Wolpe ; travaillant avec les plus grands chefs Erich Kleiber, Fritz Busch, Otto Klemperer, Hermann Scherchen
 ), soit pendant une dĂ©cennie, celle des annĂ©es 1920 et le dĂ©but des annĂ©es 1930 (jusqu’en 1933, en mars prĂ©cisĂ©meent oĂč il rejoint la France). A Paris, Les 7 PĂ©chĂ©s prolongent l’intelligence et l’imagination des ouvrages reconnus, cĂ©lĂ©brĂ©s : Der Protagonist, Royal Palace, L’Opera de quat’sous, Celui qui dit oui (Der Jasager)


 

 

 

Nouveau théùtre musical
créé à Paris sur la scÚne du TCE en 1933

Le dessein de Weill est de crĂ©er Ă  la suite de Mozart, un genre populaire, surtout pas Ă©litiste ; pour se faire il croise l’opĂ©ra classique, le ballet, le jazz
 d’oĂč une invention mĂ©lodique sans pareil. Ses lieder sont des tubes, chantĂ©s par tous. Il reste Ă  Paris, deux ans, jusqu’en 1935 (en septembre il quitte Paris pour New York avec le metteur en scĂšne Max Reinhardt, cofondateur avec R Strauss et Hofmannsthal du Festival de Salzbourg en 1922). Pour la scĂšne parisienne, Weill (qui parlait un français magnifique) compose Les 7 pĂ©chĂ©s capitaux, la Symphonie n°2 et Marie Galante. avant d’accoster en terre amĂ©ricaine, Weil Ă©voque le vertige des villes des Etats-Unis, avec Ă  dĂ©faut d’y avoir encore vĂ©cu, le fantasme de l’imaginaire.

 

 

 

weill-kurt-7-peches-capitaux-opera-de-tours-annonce-critique-opera-classiquenews-avril-2019-opera-musique-classique-concerts-festival-actualites-musique-classique-newsLes 7 pĂ©chĂ©s incarnent cette pause, entre deux mondes, avant que Weill ne se dĂ©die Ă  la comĂ©die amĂ©ricaine Ă  Broadway (il devient citoyen amĂ©ricain en 1943), grĂące aux ouvrages applaudies tels Lady in the Dark (1941), One touch of Venus (1943), Street scene (1947), ou Lost in the Stars (tragĂ©die de 1949). Au final, la culture, le sens critique, et l’imagination fertile de Weill le portent Ă  rĂ©inventer le genre musical et thĂ©Ăątral dans la premiĂšre moitiĂ© du XXĂš.
Face au sĂ©rialisme bon teint d’une Ă©lite pseudo conceptuelle, en mal d’ambition intellectuelle, l’écriture classique, tonale et populaire de Weill reprĂ©sente aujourd’hui cette veine poĂ©tique indiscutable qui tout en recyclant le savant et le mordant, Ă  su conserver un lien profitable avec le grand public. De fait, on ne cesse de reconnaĂźtre aujourd’hui la modernitĂ© et la singularitĂ© de son thĂ©Ăątre : poĂ©tique, dĂ©lirant, satirique, d’une justesse bouleversante. Weill n’est pas l’inventeur de chansons et mĂ©lodies inoubliables (Mack the Knife tirĂ© de l’OpĂ©ra de quat’sous, 1928 ; Surabaya Johnny, Alabama song, Youkali ou My Ship
) : il illustre un genre indĂ©trĂŽnable et inusable dont la saveur et la noirceur, le rĂ©alisme cynique et la grĂące poĂ©tique continuent de toucher le public. Ce n’est pas l’opĂ©ra ballet Les 7 pĂ©chĂ©s capitaux qui dĂ©mentiront cette qualitĂ©.

 

 

 

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TOURS, Opéra. KURT WEILL : Les 7 péchés capitauxboutonreservation
3 représentations
Vendredi 26 avril 2019 – 20h
Samedi 27 avril – 20h
Dimanche 28 avril – 15h

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.operadetours.fr/les-sept-peches-capitaux

 

 

 

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Les 7 péchés capitaux
CrĂ©Ă© le 7 juin 1933 au ThĂ©Ăątre des Champs-ÉlysĂ©es
Textes de Bertolt Brecht – NOUVELLE PRODUCTION de l’OpĂ©ra de Tours

Précédés de Berliner Kabarett

Direction musicale : Pierre Bleuse
Mise en scĂšne : Olivier Desbordes

Costumes : Patrice Gouron
LumiÚre : Joël Fabing
Décors : Opéra de Tours

Avec

Anna : Marie Lenormand
La MÚre : Frédéric Caton
Le PĂšre : Carl Ghazarossian
Les FrÚres : Jean-Gabriel Saint Martin, Raphaël Jardin
Danseuse et chorégraphe : Fanny Aguado

Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire / Tours

Conférence
Samedi 13 avril 2019 – 14h30
Grand ThĂ©Ăątre – Salle Jean Vilar
Entrée gratuite

 

 

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ACTION : le prix pour la rĂ©alisation d’un rĂȘve immobilier

Pour se payer leur propre maison, les parents deux sƓurs, Anna I et Anna II, les envoient faire un tour des villes amĂ©ricaines : soit pendant 7 ans, une nouvelle citĂ© chaque annĂ©e. Anna II tentĂ©e, sollicitĂ©e manquent de succomber aux 7 pĂ©chĂ©s (la paresse, l’orgueil, la colĂšre, la gourmandise, la luxure, l’avarice et l’envie). Mais plus raisonnĂ©e et mesurĂ©e, Anna I sait la sauver d’une nouvelle passe. Ainsi les parents suivent par articles de journaux interposĂ©s, les frasques de leur progĂ©nitures en mal de sensations : Ă  chaque ville explorĂ©e, sa tentation capitale
 la premiĂšre ville inconnue (la paresse) ; Memphis (l’orgueil) ; Los angeles (la colĂšre) ; Philadelphie (la gourmandise) ; Boston (la luxure) ; Baltimore (l’avarice) ; enfin, San Francisco (l’envie / la jalousie).
Au terme du cycle d’épreuves, aprĂšs sept ans, les deux Annas ont engrangĂ© un beau pactole ; rentrĂ©es en Louisiane, elles permettent que la famille Ă©difie enfin la maison familiale tant espĂ©rĂ©e.

 
 

TOURS, Opéra. KURT WEILL : Les 7 péchés capitaux, 26,27, 28 avril 2019

WEILL kurt opera concert festival concerts annonces critique classiquenews musique classique newsTOURS, OpĂ©ra. KURT WEILL : Les 7 pĂ©chĂ©s capitaux, 26,27, 28 avril 2019. Nouvelle production Ă  l’OpĂ©ra de Tours. Les Ɠuvres de Weill sont marquĂ©es par le sceau du gĂ©nie et de l’invention thĂ©Ăątrale. Kurt Weill (1900 – 1950) est un crĂ©ateur atypique, audacieux, rĂ©volutionnaire et visionnaire. Il a dĂ» quittĂ© l’Allemagne hitlĂ©rienne, rejoint Paris (oĂč sont crĂ©Ă©s les 7 pĂ©chĂ©s capitaux, 
 dans un incomprĂ©hension totale hĂ©las, et suscitant les foudres des antisĂ©mites particuliĂšrement virulents alors). Weill fut un auteur prĂ©coce Ă©crivant ses Quatuor, premier opĂ©ra, lieder) dĂšs l’adolescence. Il s’est formĂ© Ă  Berlin (Musikhoschule), auprĂšs de Ferrucio Busoni (AcadĂ©mie prussienne des arts). Avant son exil, Weill incarne le court Ăąge d’or des arts du spectacle des annĂ©es Weimar (avec Eisler, Krenek, Wolpe ; travaillant avec les plus grands chefs Erich Kleiber, Fritz Busch, Otto Klemperer, Hermann Scherchen
 ), soit pendant une dĂ©cennie, celle des annĂ©es 1920 et le dĂ©but des annĂ©es 1930 (jusqu’en 1933, en mars prĂ©cisĂ©meent oĂč il rejoint la France). A Paris, Les 7 PĂ©chĂ©s prolongent l’intelligence et l’imagination des ouvrages reconnus, cĂ©lĂ©brĂ©s : Der Protagonist, Royal Palace, L’Opera de quat’sous, Celui qui dit oui (Der Jasager)


 

 

 

Nouveau théùtre musical
créé à Paris sur la scÚne du TCE en 1933

Le dessein de Weill est de crĂ©er Ă  la suite de Mozart, un genre populaire, surtout pas Ă©litiste ; pour se faire il croise l’opĂ©ra classique, le ballet, le jazz
 d’oĂč une invention mĂ©lodique sans pareil. Ses lieder sont des tubes, chantĂ©s par tous. Il reste Ă  Paris, deux ans, jusqu’en 1935 (en septembre il quitte Paris pour New York avec le metteur en scĂšne Max Reinhardt, cofondateur avec R Strauss et Hofmannsthal du Festival de Salzbourg en 1922). Pour la scĂšne parisienne, Weill (qui parlait un français magnifique) compose Les 7 pĂ©chĂ©s capitaux, la Symphonie n°2 et Marie Galante. avant d’accoster en terre amĂ©ricaine, Weil Ă©voque le vertige des villes des Etats-Unis, avec Ă  dĂ©faut d’y avoir encore vĂ©cu, le fantasme de l’imaginaire.

 

 

 

weill-kurt-7-peches-capitaux-opera-de-tours-annonce-critique-opera-classiquenews-avril-2019-opera-musique-classique-concerts-festival-actualites-musique-classique-newsLes 7 pĂ©chĂ©s incarnent cette pause, entre deux mondes, avant que Weill ne se dĂ©die Ă  la comĂ©die amĂ©ricaine Ă  Broadway (il devient citoyen amĂ©ricain en 1943), grĂące aux ouvrages applaudies tels Lady in the Dark (1941), One touch of Venus (1943), Street scene (1947), ou Lost in the Stars (tragĂ©die de 1949). Au final, la culture, le sens critique, et l’imagination fertile de Weill le portent Ă  rĂ©inventer le genre musical et thĂ©Ăątral dans la premiĂšre moitiĂ© du XXĂš.
Face au sĂ©rialisme bon teint d’une Ă©lite pseudo conceptuelle, en mal d’ambition intellectuelle, l’écriture classique, tonale et populaire de Weill reprĂ©sente aujourd’hui cette veine poĂ©tique indiscutable qui tout en recyclant le savant et le mordant, Ă  su conserver un lien profitable avec le grand public. De fait, on ne cesse de reconnaĂźtre aujourd’hui la modernitĂ© et la singularitĂ© de son thĂ©Ăątre : poĂ©tique, dĂ©lirant, satirique, d’une justesse bouleversante. Weill n’est pas l’inventeur de chansons et mĂ©lodies inoubliables (Mack the Knife tirĂ© de l’OpĂ©ra de quat’sous, 1928 ; Surabaya Johnny, Alabama song, Youkali ou My Ship
) : il illustre un genre indĂ©trĂŽnable et inusable dont la saveur et la noirceur, le rĂ©alisme cynique et la grĂące poĂ©tique continuent de toucher le public. Ce n’est pas l’opĂ©ra ballet Les 7 pĂ©chĂ©s capitaux qui dĂ©mentiront cette qualitĂ©.

 

 

 

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TOURS, Opéra. KURT WEILL : Les 7 péchés capitauxboutonreservation
3 représentations
Vendredi 26 avril 2019 – 20h
Samedi 27 avril – 20h
Dimanche 28 avril – 15h

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http://www.operadetours.fr/les-sept-peches-capitaux

 

 

 

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Les 7 péchés capitaux
CrĂ©Ă© le 7 juin 1933 au ThĂ©Ăątre des Champs-ÉlysĂ©es
Textes de Bertolt Brecht – NOUVELLE PRODUCTION de l’OpĂ©ra de Tours

Précédés de Berliner Kabarett

Direction musicale : Pierre Bleuse
Mise en scĂšne : Olivier Desbordes

Costumes : Patrice Gouron
LumiÚre : Joël Fabing
Décors : Opéra de Tours

Avec

Anna : Marie Lenormand
La MÚre : Frédéric Caton
Le PĂšre : Carl Ghazarossian
Les FrÚres : Jean-Gabriel Saint Martin, Raphaël Jardin
Danseuse et chorégraphe : Fanny Aguado

Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire / Tours

Conférence
Samedi 13 avril 2019 – 14h30
Grand ThĂ©Ăątre – Salle Jean Vilar
Entrée gratuite

 

 

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ACTION : le prix pour la rĂ©alisation d’un rĂȘve immobilier

Pour se payer leur propre maison, les parents deux sƓurs, Anna I et Anna II, les envoient faire un tour des villes amĂ©ricaines : soit pendant 7 ans, une nouvelle citĂ© chaque annĂ©e. Anna II tentĂ©e, sollicitĂ©e manquent de succomber aux 7 pĂ©chĂ©s (la paresse, l’orgueil, la colĂšre, la gourmandise, la luxure, l’avarice et l’envie). Mais plus raisonnĂ©e et mesurĂ©e, Anna I sait la sauver d’une nouvelle passe. Ainsi les parents suivent par articles de journaux interposĂ©s, les frasques de leur progĂ©nitures en mal de sensations : Ă  chaque ville explorĂ©e, sa tentation capitale
 la premiĂšre ville inconnue (la paresse) ; Memphis (l’orgueil) ; Los angeles (la colĂšre) ; Philadelphie (la gourmandise) ; Boston (la luxure) ; Baltimore (l’avarice) ; enfin, San Francisco (l’envie / la jalousie).
Au terme du cycle d’épreuves, aprĂšs sept ans, les deux Annas ont engrangĂ© un beau pactole ; rentrĂ©es en Louisiane, elles permettent que la famille Ă©difie enfin la maison familiale tant espĂ©rĂ©e.

 

 
 

 

Compte rendu, opĂ©ra. Massy. OpĂ©ra, le 7 fĂ©vrier 2014. Kurt Weill : Un Train pour Johannesburg. D’aprĂšs Lost in the Stars. Jean-Loup PagĂ©sy, Eric Vignau, Anandha Seethanen, Dominique Magloire, JoĂ«l O’Cangha, Christophe Lacassagne. Dominique Trottein, direction musicale. Olivier Desbordes, mise en scĂšne

AprĂšs sa crĂ©ation au festival de Saint-CĂ©rĂ© durant l’étĂ© 2012 et une tournĂ©e qui se poursuit toujours Ă  travers l’Hexagone, la production française de Lost in the Stars de Kurt Weill imaginĂ©e par Olivier Desbordes – et rebaptisĂ©e Un train pour Johannesburg – fait halte sur la scĂšne de l’OpĂ©ra de Massy. DerniĂšre crĂ©ation scĂ©nique du compositeur, cette tragĂ©die musicale, jouĂ©e pour la premiĂšre fois Ă  Broadway en octobre 1949, dĂ©fend, au prix d’épreuves douloureuses, la paix raciale en Afrique du Sud. DĂ©peignant avec justesse le monde des Blancs et celui des Noirs, leurs peurs, leurs passions, leurs drames et leurs espoirs, l’Ɠuvre narre la quĂȘte du pasteur Stephen Kumalo, parti Ă  Johannesburg retrouver son fils Absalom tombĂ© dans la criminalitĂ© et condamnĂ© Ă  mort pour l’assassinat du fils d’un planteur blanc. Assailli par le doute, perdu dans sa foi, le prĂȘtre renonce Ă  ses fonctions religieuses et, alors qu’Absalom va mourir, les deux pĂšres se recueillent ensemble, dans une ultime rĂ©conciliation. Une piĂšce intense et poignante, superbement servie par la scĂ©nographie simple et dĂ©pouillĂ©e conçue par le directeur d’OpĂ©ra EclatĂ©, vĂ©ritable homme de thĂ©Ăątre, fidĂšle aux principes dĂ©fendus par Weill. Une structure mĂ©tallique dĂ©limitant l’espace scĂ©nique, des lumiĂšres oĂč chacune reprĂ©sente, par sa seule prĂ©sence, un lieu de l’action, un grand voile blanc, tout cela suffit Ă  faire voyager le spectateur dans cet univers oĂč l’espĂ©rance voisine avec le dĂ©sespoir.

Un train pour les Ă©toiles

Seule réserve à nos yeux : la traduction française, qui alterne dans les chansons avec le texte anglais original, trouve ses limites dans les dialogues parlés, souvent manichéens et peu incarnés ce soir-là par les artistes, semblant traduire une simplicité dans le propos que dément souvent la musique.
La partition s’inspire du jazz et du blues, tout en gardant une structure en apparence classique, dans une multiplicitĂ© des genres qui fait le miel de cette musique si riche et si accessible Ă  la fois. Saluons les instrumentistes qui servent ces couleurs avec brio, aussi Ă©mouvants que dĂ©bordants d’énergie, dirigĂ©s avec enthousiasme et une prĂ©cision remarquable par Dominique Trottein depuis son piano. Le plateau qui fait vivre ce drame s’apparente Ă  une vĂ©ritable troupe, chaque soliste apparaissant aussi vite qu’il rejoint le chƓur, tous animĂ©s par la mĂȘme flamme. Au milieu de cette Ă©quipe soudĂ©e et unie, oĂč chacun serait Ă  citer, on remarque tout particuliĂšrement l’Irina touchante d’Anandha Seethanen, le Leader percutant d’Eric Vignau et le James Jarvis Ă  la puissance dramatique croissante de Christophe Lacassagne. Mention spĂ©ciale pour la Linda impressionnante de puissance et d’étendue vocale de Dominique Magloire, qu’on aimerait revoir dans un vrai rĂŽle lyrique depuis sa mĂ©morable prestation dans « L’altre notte » extrait du Mefistofele de Boito durant la masterclasse de Leo Nucci au ThĂ©Ăątre du ChĂątelet en dĂ©cembre 2011 – un grand soprano lirico-spinto dans la lignĂ©e de Leontyne Price, avis aux directeurs –.
Mais celui qui porte littĂ©ralement le spectacle sur ses Ă©paules, c’est bien entendu Jean-Loup PagĂ©sy dans le rĂŽle du pasteur, jouant de sa belle et sonore voix de basse, Ă  la couleur chaleureuse et tendre, bouleversant dans ce rĂŽle qu’on croirait Ă©crit pour lui. LittĂ©ralement habitĂ© dans tout son corps par ce personnage tout de tendresse, de pardon et d’amour, le chanteur offre une prestation qui restera dans les mĂ©moires.
Une trĂšs belle soirĂ©e, qui a sans doute fait briller chez plus d’un spectateur une Ă©toile au coin des yeux.

Massy. OpĂ©ra, 7 fĂ©vrier 2014. Kurt Weill : Un Train pour Johannesburg. D’aprĂšs Lost in the Stars. PiĂšce de Maxwell Anderson, traduction française du livret par Hilla Maria Heintz. Avec Stephen Kumalo : Jean-Loup PagĂ©sy ; Leader : Eric Vignau ; Irina / Mme Mkise : Anandha Seethanen ; Linda / Grace Kumalo : Dominique Magloire ; Absalom Kumalo / William : JoĂ«l O’Cangha ; James Jarvis / Le contremaĂźtre : Christophe Lacassagne ; Johannes Paroufi / John Kumalo : Josselin Michalon ; Arthur Jarvis / Eland / Juge : Alexandre Charlet ; Nita / Rosa / La domestique / Danseuse : Geraude Ayeva Derman ; Sutty / Hlabeni : Sonia Fakhir ; Edward Jarvis / Burton / Un danseur : Alexandre Martin Varroy ; Matthew Kumalo / Paulus : Yassine Benameur ; Alex : TimotĂ© PagĂ©sy. Ensemble instrumental OpĂ©ra EclatĂ©. Dominique Trottein, direction musicale. Mise en scĂšne : Olivier Desbordes ; Costumes : Jean-Michel Angays ; ScĂ©nographie et lumiĂšres : Patrice Gouron.