Valses de Vienne Ă  LILLE et en RĂ©gion

©matheuz_328px_18-19LILLE, NORD, les Valses des Strauss, ONL,13 dĂ©c>15 janv 2019. Le pĂšre nĂ© en 1804, le dernier fils mort en 1899
 la famille STRAUSS couvre ainsi tout un siĂšcle, que l’on dit romantique et qui fut aussi marquĂ© par l’essor formidable de l’écriture orchestrale, adaptĂ©e au cadre stimulant de la Valse. La Vienne fin de siĂšcle, semble donner le ton et le diapason de l’élĂ©gance et du raffinement social et mondain.

 

 

 

strauss-johann-II-petit-portrait-298-294-640px-Johann_Strauss_II_by_August_Eisenmenger_1888Parfum impĂ©rial et fanĂ©, mais terriblement raffinĂ©, comme singuliĂšrement sensuel – malgrĂ© un puritanisme de façade, comme en Angleterre (autre Empire), oĂč le corsetĂ© des robes et des costumes masculins se devaient de craquer, dans la danse sublimĂ©e par les Strauss, pĂšre et fils : la sulfureuse valse Ă  trois temps s’impose toujours Ă  nous comme une ivresse irrĂ©sistible, codifiĂ©e mais sublimĂ©e par les timbres de l’orchestre symphonique.
Pour donner corps Ă  cette jubilation des sens, en couleurs et en rythmes contrastĂ©s et spĂ©cifiques, selon l’écriture du pĂšre ou des fils (Johann, Edouard, Josef
), l’Orchestre National de Lille invite le chef Diego Matheus pour un cycle enivrant de concerts festifs et raffinĂ©s, qui comprend 3 dates Ă  Lille, les 13, 16 et 18 dĂ©c (Auditorium du Nouveau SiĂšcle), et aussi rayonnant en rĂ©gion, pour 6 dates, les 14 (Carvin), 15 (Sainghin-en-MĂ©lantois, 19 (Valenciennes), 20 dĂ©cembre (Maubeuge), puis 4 janvier (Sin-le-Noble), et 5 janvier 2019 (Longuenesse). Illustration : Johann II Strauss (DR)

 

 

 

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Cycle BAL DE L’EMPEREURboutonreservation
La Marche de Radetzky (Johann pĂšre)
Le Beau Danube bleu (Johann fils)
Valses et polkas des Strauss, pĂšre et fils
(Johann, Josef, Eduard, Hellmesberger, Lanner, Suppé, Waldteufel
)

LILLE, Nouveau SiĂšcle
jeudi 13 déc 2018, 20h
dim 16 déc 2018, 17h
mardi 18 déc 2018, 20h

Toutes les infos sur le site de l’Orchestre National de Lille
http://www.onlille.com/saison_18-19/concert/bal-de-lempereur/

 

 
 

 

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A NOTER
ThĂ© dansant, dim 16 dĂ©c 2018, 15h (Lille, Nouveau SiĂšcle). Pour danseurs tous niveaux, chevronnĂ©s, amateurs, novices : « partagez un tour de piste » – accĂšs gratuit selon disponibilitĂ© (rĂ©servations, informations conseillĂ©es)

Pour la billetterie des concerts en rĂ©gion, consultez la page BAL DE L ‘EMPEREUR sur le site de l’Orchestre National de Lille : les rĂ©servations se font directement auprĂšs des salles

Orchestre National de Lille
30 Place MendĂšs France BP 70119 / 59027 Lille cedex
+33 (0)3 20 12 82 40
Accueil-billetterie : 3 place MendĂšs France
Ouvert du lundi au vendredi de 10h Ă  18h

 

 
 

 

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UNE AFFAIRE DE FAMILLE… D’un gĂ©nie orchestrateur, Ă©mergent les pĂ©pites du fils (Johann II) : Le Beau Danube bleu (1867), La valse de l’Empereur : vĂ©ritable manifeste esthĂ©tique de la Vienne impĂ©riale de François-Joseph et de son Ă©pouse « Sissi ». Si les trois temps assurent le rebond et l’élan (du dĂ©sir ainsi amorcĂ©, cultivĂ©, porté ), le quatriĂšme qui en est dĂ©duit, se fait toujours attendre
 car il ne vient pas. Cette irrĂ©solution cristallise la pulsion premiĂšre, viscĂ©rale d’une danse – transe, Ă  l’érotisme Ă©vident et qui en son temps, fut taxĂ© d’abord, de perversitĂ©, d’immoralitĂ©, d’indĂ©cence.

Mais le fils bĂ©nĂ©ficia de la gloire dĂ©jĂ  Ă©tablie du nom Strauss, affirmĂ© par son pĂšre avant lui (Johnn I); aprĂšs avoir enfantĂ© d’un chef d’oeuvre qui Ă©voque aussi l’esprit de toute une Ă©poque, la fameuse Marche de Radetsky (pour la fĂȘte de la rĂ©conciliation, le 22 sept 1849, pour le retour d’Italie du fameux marĂ©chal), Johann pĂšre meurt le 25 septembre 1849 Ă  
 45 ans. Une gloire chasse l’autre,
 c’est ensuite dans la seconde moitiĂ© du XIXĂš, que le fils dĂ©trĂŽna le pĂšre, redoublant de raffinement orchestral, de verve et d’imagination ciselĂ©es (Ă  partir d’un concert tremplin au Casino Dommayer, le 15 octobre 1844), rĂ©Ă©crivant dĂ©sormais le roman familial aussi, car c’et bien Johann Strauss II qui supplanta tous les autres, obligeant mĂȘme son frĂšre Josef Ă  reprendre la direction de l’orchestre du clan, pilotant les tournĂ©es de plus en plus Ă©reintantes, il devait mourir de surmenage Ă  43 ans


 

 
 

 

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LIRE aussi notre critique complùte de l’excellent ouvrage JOHANN STRAUSS (Actes Sud / oct 2017)

http://www.classiquenews.com/livre-critique-compte-rendu-johann-strauss-le-pere-le-fils-et-lesprit-de-la-valse-par-alain-duault-collection-classica-actes-sud/

Concert, compte rendu critique. Vienne, Concert du Nouvel An 2016. En direct sur France 2. Vendredi 1er janvier 2016. Wiener Philharmoniker, Mariss Jansons, direction. Valses de Strauss johann I, II; Josef ; Eduard. Waldtaufel…

mariss-jansons_c_jpg_681x349_crop_upscale_q95Concert, compte rendu critique. Vienne, Concert du Nouvel An 2016. En direct sur France 2. Vendredi 1er janvier 2016. En direct de la Philharmonie viennoise, le Konzerthaus, le concert du nouvel An rĂ©alise un rĂȘve cathodique et solidaire : succĂšs planĂ©taire depuis des dĂ©cennies pour ce rendez vous diffusĂ© en direct par toutes les chaĂźnes nationales du monde et qui le temps des fĂȘtes, rassemblent toutes les espĂ©rances du monde, en une trĂšs large diffusion pour le plus grand nombre (les places sont vendues Ă  un prix exorbitant destinĂ© aux fortunĂ©s de la planĂšte) pour un temps meilleur riche en promesses de bonheur. Cette annĂ©e c’est le chef Mariss Jansons, maestro letton (rĂ©sident Ă  Saint-PĂ©tersbourg), autant lyrique que symphonique bien trempĂ© qui dirige les divins instrumentistes viennois, ceux du plus subtil des orchestres mondiaux et qui pour l’évĂ©nement cĂ©lĂšbre l’insouciance par la finesse et l’élĂ©gance, celle des valses des Strauss, Johann pĂšre et fils bien sĂ»r, ce dernier particuliĂšrement Ă  l’honneur, et aussi Joef et Eduard ses frĂšres (tout aussi talentueux que leur ainĂ©), Eduard dont 2016 marque le centenaire. Affaibli par une maladie tenace, Jansons a rĂ©cemment quittĂ© le Concergebouw d’Amsterdam et a rĂ©duit considĂ©rablement la voilure, amenuisant le nombre de ses concerts annuels
 PrivilĂ©giĂ©s, les Viennois le retrouvent ainsi, pour sa 3Ăšme session Ă  la tĂȘte des Wiener Philharmoniker, Ă  l’occasion de ce 3Ăšme Concert du Nouvel An avec lui. Pourtant lors de ce programme rĂ©jouissant oĂč a rĂ©sonnĂ© parmi l’effervescence straussienne, la frĂ©nĂ©sie mordante et nerveuse, racĂ©e et tendue de Chabrier (Espana remise en forme sous l’aspect d’une suite de Valse par Waldteufel), c’est un maestro trĂšs solide et d’une suggestivitĂ© dans les morceaux le plus poĂ©tiques qui s’est affirmĂ© pour le plus grand plaisir de l’audience et des instrumentistes. Nerf, souplesse mais surtout de notre point de vue, retenue introspective et rĂȘveuse, pourtant idĂ©alement prĂ©servĂ©e (« pas de sucre sur le miel » selon le chef, trĂšs avisĂ©, et donc Ă  juste titre partisan d’un jeu sobre et d’un style Ă©conome).
Formé à Leningrad puis à Vienne, Mariss Jansons a derechef démontrer son étonnante maßtrise de la direction, dans un programme original, malgré le rituel et le déjà vu propre à la cérémonie cathodique diffusée en mondiovision, entre sensibilité sûre et finesse suggestive. Un modÚle de direction.

C’est d’abord Robert Stolz (compositeur de musique lĂ©gĂšre port en 1975) et sa « Uno-Marsch », partition choisie pour cĂ©lĂ©brer les 70 ans des Nations Unies (la prĂ©sence de Ben Kimoon a Ă©tĂ© remarquĂ© par les camĂ©ras assurant la rĂ©alisation) : affirmation festive et martiale, esprit de parade,
 et grĂące au chef, d’emblĂ©e finesse d’orchestration (piccolo, triangle, cuivres et trompettes
). Surgit immĂ©diatement par les couleurs et les rythmes de l’orchestre, le chatoiement dynamique d’une rue pavoisĂ©e, celle des cĂ©lĂ©brations populaires et collectives


 

 

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De Johann Strauss fils (II), Jansons joue ensuite plusieurs morceaux plus dans le thĂšme du concert et de l’occurence. Schatz-Walzer. opus 418 ou la Valse du trĂ©sor, extrait de Baron Tzigane : sonne comme une romance mĂ©lancolique (cordes aux rythmes entraĂźnants). Le Concert du Nouvel mieux que dans la salle, se dĂ©lecte Ă  la tĂ©lĂ© (Ă©ventuellement coupe de champagne Ă  la main) : le rĂ©alisateur comme chaque annĂ©e s’en donne Ă  cƓur joie : osant des raccourcis, des vues vertigineusess, et toujours propre au kitsch viennois, la multitude des bancs de fleurs fraĂąiches (la rose est trĂšs exposĂ©e cette annĂ©e), au premier plan
 Sur le dvd du concert, dĂ©jĂ  annoncĂ© chez Sony classical le 9 janvier prochain, le spectateur pourra mesurer les vertus de la rĂ©alisation : vues serrĂ©es sur les cariatides de la salle, ou les caissons peints du plafond du splendide rectangle doré  Dans cette partition, le grotesque, le fantasque voisinent avec la finesse mĂ©lancolique de la valse en une succession d’épisodes intensĂ©ment dramatiques car le morceau s’inscrit dans la continuitĂ© d’une opĂ©rette, comme peut l’ĂȘtre l’ouverture irrĂ©sistible de la Chauve Souris.

Puis c’est Violetta, Polka française, op. 404 oĂč le rythme trinaire fait place Ă  une musique binaire ; cette premiĂšre Polka est lente : rythmĂ©e astucieusement par la caisse claire. Redevable au geste clair et sans enflures de Jansons, les superbes ralentis stylĂ©s, oĂč cuivres, vents et bois s’accordent aux cordes enivrĂ©es
 avec l’éclat lumineux de la flĂ»te au chant continu. Ce qui frappe d’emblĂ©e chez Johann II, c’est comme pour ses frĂšres, le raffinement de la sonoritĂ©, dĂ» Ă  la richesse trĂšs rĂ©flĂ©chie de l’orchestration. La seconde Polka du mĂȘme (VergnĂŒgungszug. Polka, schnell, op. 281) Ă©voque le Train de plaisir ; polka plus rapide, l’entrain des instrumentistes exprime le galop de la machine, la loco vapeur, emblĂšme de toute une sociĂ©tĂ© rĂ©cemment industrielle, ivre de sensations nouvelles liĂ©es Ă  la vitesse nouvellement maĂźtrisĂ©e.

Au chapitre des compositeurs moins connus, Carl Michael Ziehrer, mort en 1922, paraĂźt avec sa Weaner Madl’n Walzer (Valse des jeunes filles de Vienne) op. 388. Pas sĂ»r que les Strauss (surtout le plus menacĂ©, Edi ou Eduard, le cadet de la fratrie) aient Ă©tĂ© flattĂ©s de voir le compositeur au programme de leur concert, car Ziehrer fut un rival redoutable pour le dernier Strauss Ă  entretenir la flamme de l’orchestre familial
 Ici l’art du sifflement par les musiciens eux-mĂȘmes (sur un tapis de harpe) en est la composante – effet de surprise recherchĂ©-, principale : les jeunes filles de Vienne y sont donc sifflĂ©es avec un tact et une nuance comique irrĂ©sistible. La sĂ©duction de la partition s’impose dĂšs le dĂ©but en une aube instrumentale pleine de finesse entonnĂ©e d’abord par les clarinettes


Rival de Ziehrer donc, Eduard Strauss reparaĂźt avec Mit Extrapost. Galopp, op. 259 (le courrier express). C’est le frĂšre le plus talentueux, et pourtant moins connu aujourd’hui que Johann ou Josef
 : sa polka sur le courrier express, affirme une maĂźtrise Ă©blouissante du galop en une finesse d’orchestration spĂ©cifique (qui avait Ă©tĂ© l’an dernier, la rĂ©vĂ©lation du concert du Nouvel An 2015). Pour la rĂ©alisation visuelle du concert, les producteurs cultivent toujours un sens de la mise en scĂšne pleine de facĂ©tie (parfois un rien potache) : avant que le chef n’entame les premiĂšres mesures, un postier apporte la baguette de Johann fils lui-mĂȘme : finesse, subtilitĂ©, clartĂ©, sens de l’élĂ©gance supĂ©rieure Ă  tout ce qui a Ă©tĂ© Ă©coutĂ© jusque lĂ . Culminant par son entrain au sommet de l’orchestre, le chant du Piccolo indique un
tourbillon, une ivresse, une transe instrumentale jamais lourde ni appuyée. Du grand art.

AprĂšs l’entracte, retour Ă  l’orchestration expressive et raffinĂ©e des Strauss pĂšre et fils.

De Johann Strauss II, les spectateurs savourent la diversitĂ© dramatique de l’OuvertĂŒre zu Eine Nacht in Venedig (Wiener Fassung) / Ouverture d’une nuit Ă  Venise : scintillement dramatique liĂ© au drame qui s’ouvre ici : marche entraĂźnante puis carnaval bariolĂ© oĂč le gĂ©nie de Johann II maĂźtrise l’art de chauffer Ă  blanc tous les pupitres dans un galop de plus en plus entraĂźnant avec un succession d’épisodes dramatiques, finement caractĂ©risĂ©s, d’une allĂ©gresse soutenue, libĂ©rĂ©e, entre malice et nostalgie. Une combinaison poĂ©tique dĂ©licate dont Jansons comprend la subtilitĂ© mĂ©canique.

D’Eduard Strauss, Ausser Rand und Band. Polka schnell, op. 168, chef et musiciens Ă©clairent l’allant irrĂ©pressible de la Polka (mot Ă  mot « dĂ©chainĂ©e »). L’orchestre atteint une ivresse et une transe lumineuse et scintillante 
 avec pour les tĂ©lĂ©spectateurs, les danseurs du ballet de l’OpĂ©ra de Vienne, qui exprime la frĂ©nĂ©sie de la vie industrielle dans l’hippodrome viennois.

 

 

 

Le 1er janvier 2016, le letton Mariss Jansons dirige le concert du Nouvel An Ă  Vienne

Mariss Jansons,
un chef inspirĂ© au sommet de l’élĂ©gance viennoise

 

 

JANSSONS-320-JANSONS-MARISS-nouvel-an-2016-konzert-wien-presentation-classiquenews-jansons1002_marco_borggreve_hochSphĂ€renklĂ€nge.Walzer, op. 235 ou Musique des sphĂšres de Josef Strauß est l’une des rĂ©vĂ©lations de ce programme mĂȘlant brio et poĂ©sie. La partition est un bijou jouĂ© en pianissimos, d’oĂč jaillit une valse d’une finesse allusive, comme l’éveil d’une belle endormie. Jansons convainc par ses apports spĂ©cifiques, cette finesse naturelle dans la poĂ©sie du lointain, dirigĂ©e avec une intelligence des nuances et une sensibilitĂ© intĂ©rieure idĂ©ale. Le morceau est bien celle d’un esthĂšte douĂ© d’un goĂ»t trĂšs juste : Josef Strauss Ă©tait ingĂ©nieur, poĂšte, peintre, et donc compositeur comme ses frĂšres, Johann et Eduard.Pour rompre avec la succession symphonique ordinaire, Jansons joue la carte de la complĂ©mentaritĂ© non sans pertinence : il a rĂ©clamĂ© le concours des Petits chanteurs de Vienne, institution autrichienne qui chantent ici deux polkas. N’oublions pas que la mĂ©lodie du Beau Danube Bleue fut d’abord conçue comme un chant choral pour voix d’hommes avant de devenir la cĂ©lĂšbre valse que l’on sait. Rien de plus naturel donc que de programmer les deux Polkas chantĂ©es : Johann Strauss II : SĂ€ngerslust. Polka francaise, op. 328, puis Josef Strauss : Auf Ferienreisen. Polka schnell, op. 133 / En voyage de vacances.

Puis aprĂšs la musique pour entracte de FĂŒrstin Ninetta – Entr’acte zwischen 2. und 3. Akt, d’une intĂ©rioritĂ© tendre pour laquelle le chef dirige mains nues comme pour donner plus de coeur (valse scintillante et pudique, frappante elle aussi par la magie de ses plans lointains d’une admirable expressivitĂ©, mĂ©lancolique), Mariss Jansons offre un beau contraste stylistique. Aux cĂŽtĂ©s des Ă©lĂ©gants Viennois, voici le meilleur reprĂ©sentant de la valse française, favori d el’Empereur NapolĂ©on III, Émile Waldteufel, avec España, valse op. 236 : inspirĂ©e par les thĂšmes de Chabrier, la valse de Waldteufel impose une classe folle : dramatique, racĂ©e, nerveuse et pourtant elle aussi d’une Ă©lĂ©gance et d’un maintien hĂ©roĂŻque, frĂ©tillant comme une parade enjouĂ©e, populaire, l’ivresse d’une tauromachie scintillante et mĂȘme insolente
 Nouvel Ă©pisode scĂ©nique : le cymbalier Ă©vente ses confrĂšres et aussi une partie du public situĂ©e derriĂšre eux
 Nerveuse, colorĂ©e, plein de caractĂšre, la sĂ©quence Ă©blouit par son chien et le tempĂ©rament que sait insuffler le maestro. L’énergie est brillante et le panache, somptueux.

Enfin, voici le volet final du programme, aprĂšs deux courtes sĂ©quences, trĂšs contrastĂ©es l’une Ă  l’autre : Seufzer-Galopp, op. 9 de Johann Strauss pĂšre (sa premiĂšre incursion avant la marche de Radetzky) : galop vif et pĂ©tillant, plein d’un humour dĂ©jantĂ© avec en contrepoint, les 4 phrases d’une mĂ©canique endormie (entonnĂ© par les musiciens) : les soupirs justement de ce « galop des soupirs ».
Puis c’est la fameuse libellule de Josef Strauss (Die Libelle. Polka mazur, op. 204) : polka mesurĂ©e et rĂȘveuse, expressive mais tendre, entre mĂ©lancolie, noblesse, oĂč la vibration suspendue dominante vient des bois (clarinettes en particulier
 qui tel un bourdonnement calibrĂ© exprime le vol frĂ©missant et saccadĂ© de la libellule). LĂ  encore la finesse suggestive du chef d’une flexibilitĂ© poĂ©tique trĂšs convaincante, enchante.

Pour finir, le concert mĂȘle le visuel et la musique, soit l’orchestre et les danseurs dans l’indĂ©modable Valse de l’Empereur / Kaiser-Walzer, op. 437. Les danseurs de l’OpĂ©ra de Vienne sont Ă  Schönnbrun. Dans les salons puis dans les jardins illuminĂ©s du Versailles autrichien, c’est un rĂȘve Ă©veillĂ© (et donc dansĂ©) ou une nuit d’ivresse amoureuse ; les 10 danseurs, hommes et femmes s’enivrent ; les couples se forment et se dĂ©fend au grĂ© du parcours
 le blond dĂ©robe aux autres toutes les belles dans un dĂ©capotable, le petit matin venu. Avec une vue sur le BelvĂ©dĂšre des plus enchanteresses
 La rĂ©alisation est particuliĂšrement soignĂ©e demandant des danseurs, les vertus d’excellents acteurs. Avouons que nous aimons aussi chaque Concert du Nouvel An Ă  Vienne pour la crĂ©ativitĂ© affichĂ©e du Ballet de l’OpĂ©ra.

Enfin, aprĂšs une ultime Polka (Auf der Jagd. Polka schnell, op. 373), c’est Ă  dire « A la chasse » : polka trĂšs entraĂźnante ou tomber de rideau plein de pĂ©tillante frĂ©nĂ©sie (et vrai hymne Ă  l’ivresse collective), voici celui que l’on attend tous, morceau de bravoure pour l’orchestre et son chef invitĂ©, d’un charme fluvial et liquide inusable : Le Beau Danube Bleu de Johann II. LĂ  encore le cĂ©rĂ©moniel prend le dessus
 AprĂšs avoir entonnĂ© les premiĂšres mesures, le chef s’arrĂȘte, se tourne vers le public et lance les vƓux de bonne nouvelle annĂ©e (entonnĂ© par tous les instrumentistes et fortissimo), pour un Beau Danube Bleu, parmi les plus enivrants jamais Ă©coutĂ©s sous le plafond dorĂ© : allusive, nerveuse, palpitante, aux Ă©quilibres millimĂ©trĂ©s, la direction Ă©blouit par sa cohĂ©rence poĂ©tique et organique. Attentif aux couleurs et Ă  aux scintillements de timbres, le chef s’est dĂ©passĂ© plus encore qu’en dĂ©but et milieu de programme. Sa maĂźtrise personnelle des plans sonores, qui Ă©videmment rappellent l’immense chef lyrique, rĂ©organise la perception du paysage orchestral chez Strauss avec une stimulante excitation. C’est un feu d’artifice idĂ©al pour cette conclusion symphonique (avec pour les tĂ©lĂ©spectateurs, des nombreuses vues des villes situĂ©es sur les rives du Danube).

jansons-mariss-concert-du-nouvel-an-2016Enfin, tout Concert du Nouvel An ne serait pas rĂ©ussi s’il n’était
 interactif. La Marche de Radetzki, de Johann PĂšre permet au public de frapper des mains au rythme de l’orchestre et sous la conduite complice du chef : l’exercice est devenu un poncif du concert, particuliĂšrement apprĂ©ciĂ© des spectateurs et idĂ©alement tĂ©lĂ©gĂ©nique. La partition de Johann pĂšre, cĂ©lĂšbre la victoire autrichienne contre les PiĂ©montais en 1848. Retour donc, en un mouvement symĂ©trique qui rĂ©tablit l’équilibre du cycle, Ă  l’esprit de marche militaire (mais ĂŽ combien sublimĂ©) entonnĂ© au dĂ©but, en hommage aux Nations unies. La frĂ©nĂ©sie d’une parade populaire, portĂ© par l’enthousiasme de l’armĂ©e victorieuse s’épanouit
le chef s’est Ă©clipsĂ© un moment laissant tout l’orchestre jouĂ© seul, puis revient baguette en mains, saluĂ© par un public debout, ravi, conquis, Ă©nergisĂ© pour l’annĂ©e nouvelle 2016. Bravo maestro. DVD et CD du concert du Nouvel An Ă  Vienne 2016 sont annoncĂ©s chez Sony classical le 9 janvier 2016.

CD. Nikolaus Harnoncourt. Johann Strauss II (7 cd Warner classics)

Johann-Strauss-II-par-Nikolaus-Harnoncourt_Nikolaus Harnoncourt. Johann Strauss II (7 cd Warner classics) coffret boxCD. Nikolaus Harnoncourt. Johann Strauss II (7 cd Warner classics). Harnoncourt s’est expliquĂ© longuement sur le sujet : nĂ© allemand mais viennois jusqu’au bout de la baguette, le chef berlinois, 85 ans en 2015, porte en lui cette Ă©lĂ©gance autrichienne, fine combinaison entre Ă©lĂ©gance et danses populaires, raffinement et 
 rusticitĂ©. InspirĂ© par les mĂ©lodies de la rue comme les danses traditionnelles, Johann II Strauss (1825-1899), roi de la valse, s’inscrit dans la tradition d’un Schubert, et avant lui de Haydn et de Mozart. Le maestro si convaincant chez Monteverdi et nombre de compositeurs baroques dont il aura renouvelĂ© l’approche avec ses musiciens du Concentus Musicus,- mais aussi Mozart ou Beethoven : Harnoncourt depuis toujours dĂ©fend un Strauss concrĂštement
 rustique et Ă©lĂ©gantissime.

Nouvelle Chauve Souris Ă  l'OpĂ©ra de ToursC’est toute la valeur du coffret de 7cd Warner : premier hommage Ă  celui qui reste Ă  plus de 80 ans, d’une audace et d’une exigence absolues, infiniment plus visionnaire encore que bon nombre de ses hĂ©ritiers et disciples, « suiveurs » de la 2,3Ăš et 4Ăš gĂ©nĂ©rations d’interprĂštes. Les Gustav Leonhardt et Frans BrĂŒggen sont partis ; reste Harnoncourt (et ses cadets parmi lesquels le plus actif William Christie), vĂ©ritables dĂ©tenteurs d’un regard sans concession, – et depuis plus de 30 ans-, argumentĂ©, original, lĂ©gitime et constamment critique sur les rĂ©pertoires choisis. Harnoncourt, Christie n’incarnent pas seulement une sonoritĂ©, un hĂ©ritage musical fabuleux, ils transmettent aussi une esthĂ©tique et un mode de travail dĂ©sormais inĂ©vitable, dont la justesse devrait mieux inspirer la plupart des orchestres modernes (si routiniers, si pĂ©pĂšres et sans surprise
).

Le coffret rĂ©unit deux opĂ©ras-opĂ©rettes : l’ineffable et si subtile Chauve souris enregistrĂ©e ici au Concertgebouw d’Amsterdam en juin 1987 (et donc avec l’orchestre local du royal Concertgebouw : Die Fledermaus, avec Gruberova, dĂ©lectable comtesse hongroise et Ă  la ville Madame Eisenstein, soit Rosalinde ; Barbara Bonney en AdĂšle / Olga
 dĂ©licieusement insolente ; surtout Lipovsek en Orlofsky dĂ©pressif, suavement androgyne) ; Le baron Tzigane enregistrĂ© au Konzerthaus de Vienne en avril 1994 Ă  la tĂȘte du Wiener Symphoniker (Der Zigeunerbaron) soit les 4 premiers cd ; suivent un important legs symphonique de danses : valses, polkas, galops, poĂšme symphonique dont Le beau Danube bleu (cd5 : Nikolaus Harnoncourt y dirige le royal Concertgebouw d’Amsterdam : ouvertures du Baron Tzigane et de La Chauve souris, valses diverses
 – Concertgebouw d’Amsterdam, mai 1986 et juin 1987).

Harnoncourt_maestro nikolaus harnoncourt johann strauss coffret 7 cd Warner classicsLes deux derniers cd comprennent deux programmes plus rĂ©cents encore : « Johann Strauss Ă  Berlin » (live captĂ© avec le Philharmonique de Berlin en septembre 1998) et le dorĂ©navant lĂ©gendaire concert du Nouvel An au Konzerthaus de Vienne 2001, moment heureux d’une incontestable plĂ©nitude orchestrale : cycle de danses et valses de Johann II, complĂ©tĂ© par la Marche de Radetsky (signĂ© par le pĂšre Johann I), et Die Schönbrunner de Joseph Lanner (de la mĂȘme gĂ©nĂ©ration que Johann pĂšre
 ). Outre l’affinitĂ© d’Harnoncourt avec l’élĂ©gance et la nostalgie johannesque, le programme Ă  Vienne dĂ©voile aussi le gĂ©nie de l’autre Strauss, frĂšre cadet de Johann II, Josef qui malgrĂ© sa passion de la mĂ©canique et qui voulait ĂȘtre ingĂ©nieur, suivit les pas de aĂźnĂ©, affirmant une inspiration aussi puissante, originale et raffinĂ©e que celle de son frĂšre (Halekin Polka, Dorfschwalben aux Österreich)

La rĂ©alisation est digne d’intĂ©rĂȘt voire indispensable : rien ne saurait remplacer Harnoncourt dans un rĂ©pertoire qu’il sert avec une sanguinitĂ© suave d’un raffinement contagieux : Ă©videmment La Chauve souris de 1987, Baron Tzigane de 1994, et le dernier cd, comprenant Strauss abordĂ© avec le Philharmonique de Vienne pour le concert du Nouvel 2001
 sont les perles d’une sĂ©lection trĂšs conviancante
 voire irrĂ©sistible. Coffret Ă©vĂ©nement.

CD. Nikolaus Harnoncourt. Johann Strauss II (7 cd Warner classics).

 

 

 

 logos warner classics eratoCD 1 & 2 : Johann Strauss II : Die Fledermaus (La chauve-souris) : Werner Hollweg – Edita Gruberova – Christian Boesch – Marjana LipovĆĄek – Josef Protschka – Anton Scharinger – Waldemar Kmentt – Barbara Bonney – Elisabeth von Magnus. Chorus off De Nederlandse Opera – Orchestre du Royal Concertgebouw.

CD 3 & 4 : Johann Strauss II : Der Zigeunerbaron (Le Baron tzigane) : Herbert Lippert – Pamela Coburn – Rudolf Schasching – Julia Hamari – Wolfgang Holzmair – Christiane Oelze – Elisabeth von Magnus – Hans-JĂŒrgen Lazar – JĂŒrgen Flimm – Robert FlorianschĂŒtz. Arnold Schoenberg Chor – Wiener Symphoniker.

CD 5 : Johann Strauss II : Ouverture du ‘Baron tzigane’ – Kreuzfidel – Leichtes Blut – Histoires de la forĂȘt viennoise – Marche Ă©gyptienne – Wiener Bonbons – Pizzicato-Polka – Unter Donner und Blitz – Le Beau Danube bleu – Ouverture de ‘La chauve-souris’
Orchestre du Royal Concertgebouw, Amsterdam.


CD 6 : Johann Strauss II : Kaiserwalzer – Ouverture de ‘Une nuit Ă  Venise’ – Die Tauben von San Marco – Voix du printemps – Ouverture de ‘La chauve-souris’ – Seid umschlungen, Millionen – Lob der Frauen – Simplicius-Walzer – Tritsch-Tratsch polka – Kaiser Franz Josef I. Rettungs-Jubel Marsch
Berliner Philharmoniker


CD 7 : Concert du Nouvel an 2001 (Vienne)
Johann Strauss I : Marche de Radetzky. Joseph Lanner : Die Schönbrunner – JĂ€gers Lust – Steyerische TĂ€nze. Johann Strauss II : MorgenblĂ€tter – Elektro-magnetische Polka – Electrofor – Ouverture de ‘Une nuit Ă  Venise’ – Harlekin-Polka – Dorfschwalben aus Österreich – VergnĂŒgungszug – Seid umschlungen, Millionen – Der Kobold – Luzifer-Polka
Wiener Philharmoniker. Coffret 7CD 0825646222391

Nouvelle Chauve Souris Ă  l’OpĂ©ra de Tours

strauss-johann-II-petit-portrait-298-294-640px-Johann_Strauss_II_by_August_Eisenmenger_1888Tours, OpĂ©ra. Johann Strauss II : La Chauve Souris. Les 27,28,30, 31 dĂ©cembre 2014. FĂȘtez la fin 2014 avec La Chauve Souris de Johann Strauss fils : la finesse des situations rĂ©pond ici au raffinement d’une partition orchestrale totalement enivrante et pĂ©tillante comme une flĂ»te de champagne. Au dĂ©part, il s’agit d’une vengeance, celle de Falke qui ridiculisĂ© par Eisenstein : – il fut obligĂ© de traverser toute la ville habillĂ© en chauve souris avec un bec jaune -, invite son « ami » devenu cible au bal du prince Orlofsky : Eisenstein croit y sĂ©duire de nouvelles sirĂšnes (alors qu’il est mariĂ© Ă  Rosalinde) mais il tombera dans un piĂšge dĂ©voilant sa nature infidĂšle.

 

 

 

FĂȘtez le passage 2014-2015 Ă  l’OpĂ©ra de Tours

La Chauve souris, joyau de Johann Strauss II

 

prinet 1905 le_balconSa propre Ă©pouse grimĂ©e en princesse hongroise se laisse sĂ©duire par lui et accepte qu’il lui offre sa montre : un objet qui permettra Ă  la jeune femme de dĂ©montrer l’infidĂ©litĂ© crasse de son mari
 Au terme d’un soirĂ©e grisante oĂč l’on change d’identitĂ© comme de partenaires, oĂč la soubrette AdĂšle (servante des Eisenstein) s’émancipe en actrice dĂ©lurĂ©e (Olga)-, Falke et son parieur Orlofsky rient d’Eisenstein copieusement ridiculisĂ© mais trompĂ© finalement en un dernier chƓur oĂč l’ivresse et l’insouciance collective apportent une conclusion apparemment festive et apaisĂ©e. Pourtant rien n’est rĂ©solu
 MalgrĂ© la rĂ©jouissance affichĂ©e et la rĂ©conciliation des amis, Rosalinde est plus que jamais dĂ©sireuse de divorcer de son Ă©poux volage.

Nouvelle Chauve Souris de Johann II Strauss Ă  l'OpĂ©ra de ToursRien n’égale le double jeu, les apparences trompeuses, l’ambivalence d’une partition d’une sĂ©duction infinie. Au cƓur de la rĂ©ussite de La Chauve Souris, se dĂ©ploie le gĂ©nie mĂ©lodique et orchestral de Johann Strauss, heureux rival de son pĂšre, et qui ne reconnaissait qu’un seul maĂźtre : son propre frĂšre, Josef dont on s’obstine Ă  Ă©carter toujours valses et poĂšmes symphoniques. Le roi de la valse, Johann II, a toujours reconnu la supĂ©rioritĂ© du gĂ©nie de son cadet Josef, alors que ce dernier aurait prĂ©fĂ©rĂ© s’adonner Ă  la recherche et l’ingĂ©nierie. Quoiqu’il en soit de la valeur de Johann II ou de Josef, La Chauve Souris est une opĂ©rette parmi les mieux Ă©crites de tout le rĂ©pertoire lyrique ; sous sa sĂ©millante lĂ©gĂšretĂ© se cachent des joyaux d’élĂ©gance et de raffinement. Une comĂ©die ciselĂ©e qui n’a jamais perdu de son charme ni de sa profondeur depuis sa crĂ©ation en avril 1874 Ă  Vienne. Toute nouvelle production de La Chauve Souris offre une immersion dans l’ivresse musicale la plus exquise. Gageons que cette promesse se rĂ©alise particuliĂšrement Ă  l’OpĂ©ra de Tours en dĂ©cembre 2014


 

Jean-Beraud-An-Argument-in-the-Corridors-of-the-Opera-1889

 

 

Johann Strauss IIstrauss-johann-II-petit-portrait-298-294-640px-Johann_Strauss_II_by_August_Eisenmenger_1888
Die fledermaus, La Chauve Souris
Opérette viennoise en 3 actes, livret de Richard Genée
Création à Vienne, Theater an der Wien, le 5 avril 1874
Edition BĂ€renreiter (Ă©dition critique) – ChantĂ©e en Allemand, dialogues en français, surtitrĂ© en français

Tarifs : sĂ©rie E (de 7€ Ă  65€) le 31/12/2014 : sĂ©rie E+ (de 7€ Ă  70€)
RĂ©servations : 02 47 60 20 20 / www.operadetours.fr

4 représentations à Tours :

Samedi 27 décembre,  20h
Dimanche 28 décembre, 15h
Mardi 30 décembre, 20h
Mercredi 31 décembre, 20h

Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre – Tours
ChƓurs de l’OpĂ©ra de Tours
(Direction : Emmanuel Trenque)

Nouvelle co-production Opéra de Tours,
Opéra de Reims, Art musical et Opéra Théùtre Grand Avignon

Avec le soutien exceptionnel de l’Association des Amis du Centre Lyrique de Tours, à l’occasion de ses soixante ans

Direction  : Jean-Yves Ossonce
Mise en scÚne : Jacques Duparc
Décors Christophe Vallaux et Art musical Costumes, accessoires : Art musical LumiÚres : Marc DelaméziÚre

Rosalinde : Mireille Delunsch
Adele : Vannina Santoni
Prince Orlofsky : Aude Extremo
Gabriel von Eisenstein : Didier Henry
Dr Falke : Michal Partyka*
Franck : Frédéric Goncalves*
Frosch : Jacques Duparc
Alfred : Eric Huchet
Dr Blind : Jacques Lemaire

* DĂ©buts Ă  l’OpĂ©ra de Tours

 
Nouvelle Chauve Souris à l'Opéra de Tours

 

Illustration : une scĂšne Ă  l’OpĂ©ra par Jean BĂ©raud, 1889. Une soirĂ©e, 1878 (DR)

Johann Strauss II : Le Beau Danube bleu (1866)

Nouvelle Chauve Souris Ă  l'OpĂ©ra de ToursLes 1er, 4 janvier 2015. Johann Strauss II : Le Beau Danube Bleu (1866). L’histoire de la partition du Beau Danube bleu relĂšve du roman…   Danube impĂ©tueux. Le fleuve Ă  l’Ă©poque oĂč le jeune Strauss vit Ă  Vienne, n’est pas encore rĂ©gulĂ© : ses crues font dĂ©placer les habitants de Leopoldstadt (actuel 2 Ăšme ardt de Vienne), et lors d’un dĂ©bordement inĂ©dit, le grand pĂšre de Johann fut emportĂ©. L’Ɠuvre pourrait bien rendre hommage Ă  son ancĂȘtre. La partition s’inscrit aussi dans un pĂ©riode belliqueuse. En pleine humiliation autrichienne, face Ă  la suprĂ©matie prussienne menĂ©e par l’indomptable et irrĂ©sistible Bismark, Johann Strauss fils compose la premiĂšre version de sa valse chantĂ©e : le beau Danube bleu en fĂ©vrier 1867. C’est une commande de la SociĂ©tĂ© chorale masculine, soucieuse de rĂ©conforter le bon peuple de Vienne : hĂ©las, le concert est une fiasco retentissant et Johann II remise sa partition pour ne plus y penser !

 

 

 

 

Le Danuble, un triomphe parisien

 

Nouvelle Chauve Souris de Johann II Strauss Ă  l'OpĂ©ra de ToursLa France de NapolĂ©on III se rapproche alors de l’Autriche affaiblie : Pauline de Maetternich, Ă©pouse de l’Ambassadeur d’Autriche Ă  Paris, intime de l’ImpĂ©ratrice EugĂ©nie, invite Johann Strauss Ă  Paris : le compositeur devient l’Ă©lĂ©ment central du rapprochement Paris-Vienne : le 28 mai 1867, en pleine Exposition Universelle, le compositeur autrichien joue ses compositions et suscite un vaste engouement populaire : il rĂ©Ă©crit alors Le beau Danuble bleu mais uniquement pour l’orchestre. C’est un triomphe parisien sans prĂ©cĂ©dent et l’auteur est nommĂ© Ă  paris, roi de la valse. L’Ɠuvre est d’abord un triomphe parisien pour lequel Johann II gagne ses galons de popstar, tout en incarnant la rĂ©ussite de l’alliance franco-autrichienne contre la Prusse.
Le Beau Danube Bleu connaĂźt une seconde reconnaissance phĂ©nomĂ©nale Ă  Boston oĂč la partition est jouĂ©e par 20 000 instrumentistes et 100 chefs sous la conduite du compositeur autrichien auquel on avait indiquĂ© le dĂ©but du concert par un coup de canon. A partir de cette passion mondiale pour la valse viennoise, le clan Strauss dĂ©veloppe une industrie familiale qui emploie outre Johann II, ses deux frĂšres : Josef – le plus douĂ© : autiste et dĂ©pressif mais d’un raffinement que Johann son ainĂ© trouvait supĂ©rieur au sien-; et le cadet Eddy ou Edouard, lui aussi commis Ă  la direction qui rechignait toujours car il se voyait plutĂŽt ingĂ©nieur comme Josef ; Edouard en un acte inimaginable et de revanche, brĂ»lera toutes les partitions de la sociĂ©tĂ© Strauss !! Johann II devra ensuite rĂ©Ă©crire de mĂ©moire la partition du Beau Danube Bleu…
La saga de la dynastie est loin d’ĂȘtre un long fleuve tranquille : Johann II n’eut guĂšre de rapport paisible avec son pĂšre ; aprĂšs que ce dernier abandonne le foyer, c’est sa mĂšre qui l’Ă©lĂšve seule, favorisant ses dons de violoniste et de compositeur.
Le beau Danube bleu est une partition parmi les plus raffinĂ©es de Strauss : elle est construite simplement faisant succĂ©der Ă  une superbe ouverture, une partie centrale qui met en avant les bois puis un final spectaculaire. Brahms (comme Wagner) qui y reconnaissait la maĂźtrise de l’orchestration (en particulier favorisant ses instruments de prĂ©dilection : cors et violoncelles) admire Johann II. Le compositeur incarne jusqu’Ă  la position gĂ©ographique de Vienne : enclave trĂšs Ă  l’Est entre l’Allemagne et l’italie. Son Ă©criture mĂȘle profonde mĂ©lancolique slave, technicitĂ© germanique, suavitĂ© italienne.

danube bleu portes de fer serbie roumanieLe Danube (2875 km) est le second fleuve d’Europe (aprĂšs la Volga qui coule en Russie) : puisant ses sources en Allemagne mĂ©ridionale (ForĂȘt noire) et en Suisse, il traverse l’Autriche, sĂ©pare la Slovaquie de la Hongrie, et la Croatie de la Serbie, enfin la Roumanie de la Bulgarie et de l’Ukraine, puis remonte Ă  l’est de la Roumanie oĂč il se jette dans la Mer noire.

 

 

france2 logo-france2France 2 : Concert du Nouvel An Ă  Vienne, le 1er janvier 2015 dĂšs 11h. En direct du Musikverein de Vienne. Philharmonique de Vienne. Zubin Mehta, direction.

 

logo_francemusiqueFrance Musique, dimanche 4 janvier 2015, 20h30. La tribune des critiques de disques. Pour nous rien ne saurait Ă©galer l’enchantement et la magique ivresse de Karajan dirigeant le Philharmonique de Vienne.

 

 

Nouvelle Chauve Souris Ă  Tours

Johann_Strauss_IITours, OpĂ©ra. La Chauve Souris : 27>31 dĂ©cembre 2014. Johann Strauss fils, roi de la valse Ă  Vienne, est aussi un gĂ©nie de l’opĂ©rette. Pour preuve le raffinement dĂ©lirant jamais dĂ©menti de son joyau lyrique, La Chauve Souris
 Elle avance masquĂ©e,  reste insaisissable et symbolise la folie raffinĂ©e d’une nuit d’effervescence absolue offrant aux chanteurs des rĂŽles dĂ©jantĂ©s travestis, à l’orchestre grĂące Ă  l’inspiration superlative de Johann Strauss fils, une texture instrumentale ciselĂ©e,  qui incarne depuis la crĂ©ation de l’oeuvre en 1874,  le sommet de la culture viennoise associant valses envoĂ»tantes hypnotiques et dramaturgie cocasse,  drolatique, dĂ©lirante. Ainsi Ă  l’Ă©poque oĂč Paris dĂ©couvre les impressionnistes (exposition au salon de 1874),  Vienne s’abandonne dans l’ivresse d’une musique flamboyante et d’un thĂ©Ăątre dĂ©jantĂ© qui peut aussi se comprendre comme le miroir de sa propose vanitĂ©, comme une satire mordante autant qu’élĂ©gante de la sociĂ©tĂ© puritaine,  hypocrite,  hiĂ©rarchisĂ©e. C’est une parodie satire d’aprĂšs le thĂ©Ăątre de boulevard parisien oĂč perce aussi la guerre des sexes. D’astucieuses jeunes femmes, la bonne (AdĂšle), l’Ă©pouse (Rosalinde) entendent se venger d’un Ă©poux/patron libidineux infidĂšle (Eisenstein)…

strauss-johann-II-petit-portrait-298-294-640px-Johann_Strauss_II_by_August_Eisenmenger_1888Les choeurs virtuoses,  la magie mĂ©lodique et le raffinement de l’orchestration qui synthĂ©tise le meilleur Strauss,  sans omettre la dĂ©licatesse de l’intrigue qui revisite les standards des comĂ©dies de boulevards mais sur un mode lĂ©ger et infiniment subtil comme les grands airs isolĂ©s (celui de la comtesse hongroise chantant dans Heimat un grand solo nostalgique d’une irrĂ©sistible sensibilitĂ© pendant la fĂȘte chez Orlofski au II)…. sont autant de qualitĂ©s complĂ©mentaires d’un spectacle d’une profondeur poĂ©tique rare et d’une expressivitĂ© palpitante pour peu que le chef et les chanteurs rĂ©unis dont la fameuse invitĂ©e surprise (gala dans l’opĂ©ra) aient Ă  coeur d’en ciseler toutes les facettes, hors de la caricature.
Souhaitons que la nouvelle production de l’OpĂ©ra de Tours rĂ©unisse l’une ou l’autre et probablement les deux car le souci du chef,  l’engagement des musiciens du Symphonique maison comme souvent la cohĂ©rence du plateau vocal rĂ©alisent d’indiscutables rĂ©ussites Ă  Tours.

 

 

Johann Strauss IIstrauss-johann-II-petit-portrait-298-294-640px-Johann_Strauss_II_by_August_Eisenmenger_1888
Die fledermaus, La Chauve Souris
Opérette viennoise en 3 actes, livret de Richard Genée
Création à Vienne, Theater an der Wien, le 5 avril 1874
Edition BĂ€renreiter (Ă©dition critique) – ChantĂ©e en Allemand, dialogues en français, surtitrĂ© en français

Tarifs : sĂ©rie E (de 7€ Ă  65€) le 31/12/2014 : sĂ©rie E+ (de 7€ Ă  70€)
RĂ©servations : 02 47 60 20 20 / www.operadetours.fr

4 représentations à Tours :

Samedi 27 décembre,  20h
Dimanche 28 décembre, 15h
Mardi 30 décembre, 20h
Mercredi 31 décembre, 20h

Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre – Tours
ChƓurs de l’OpĂ©ra de Tours
(Direction : Emmanuel Trenque)

Nouvelle co-production Opéra de Tours,
Opéra de Reims, Art musical et Opéra Théùtre Grand Avignon

Avec le soutien exceptionnel de l’Association des Amis du Centre Lyrique de Tours, à l’occasion de ses soixante ans

Direction  : Jean-Yves Ossonce
Mise en scĂšne : Jacques Duparc
Décors Christophe Vallaux et Art musical Costumes, accessoires : Art musical LumiÚres : Marc DelaméziÚre

Rosalinde : Mireille Delunsch
Adele : Vannina Santoni
Prince Orlofsky : Aude Extremo
Gabriel von Eisenstein : Didier Henry
Dr Falke : Michal Partyka*
Franck : Frédéric Goncalves*
Frosch : Jacques Duparc
Alfred : Eric Huchet
Dr Blind : Jacques Lemaire

* DĂ©buts Ă  l’OpĂ©ra de Tours

Conférence des Amis du Centre Lyrique de Tours
Conférence ACLT
Samedi 13 décembre, 14h30
Salle Jean Vilar, Grand Théùtre de Tours Intervenant : Didier Roumilhac

 

Argument – synopsis

Tout commence quelques mois auparavant, quand, un matin de bringue, revenant tous deux d’un bal masquĂ©, le rentier Gabriel von Eisenstein contraignit son ami Dr Falke, notaire, Ă  traverser la ville, revĂȘtu d’un dĂ©guisement de Chauve-souris. Le Dr Falke tout feignant d’en rire, jure de se venger
.

Acte I : Ă  Pontoise chez Gabriel von Eisenstein

Une altercation avec un garde-champĂȘtre a valu Ă  Gabriel von Eisenstein huit jours de prison. Il dĂ©cide d’oublier son chagrin dans le fumet d’un bon dĂźner avec sa femme Rosalinde. Son ami, Dr Falke, lui rend visite et lui propose de passer cette derniĂšre soirĂ©e en joyeuse compagnie chez le Prince Orlofsky. Gabriel von Eisenstein enthousiaste accepte et aprĂšs un petit mensonge Ă  son Ă©pouse : Rosalinde, part soit disant pour « la prison » !

Rosalinde est bouleversĂ©e quand tout Ă  coup elle reçoit la visite d’un ami d’enfance, ex et toujours amoureux « transi » , Alfred qui s’invite illico au diner en tentant de sĂ©duire celle qu’il aime encore ! Ils sont surpris par Franck, le directeur de la prison qui en fait, vient chercher le prisonnier Eisenstein. Alfred ne voulant pas rĂ©vĂ©ler son identitĂ©, doit achever la soirĂ©e en prison, sous le nom de Gabriel von Eisenstein.

Rosalinde apprend par la soubrette AdĂšle que son mari n’est pas parti pour la prison mais pour un bal masquĂ© avec de jolies filles. Elle dĂ©cide d’y aller pour confondre son mari : elle se fera passer pour une princesse hongroise.

 

 

Acte II : Chez le Prince Orlofsky

Gabriel von Eisenstein sous un faux nom, se retrouve donc Ă  la soirĂ©e du Prince Orlofsky avec son ami le Dr Falke. Le Directeur de la prison, Franck, est aussi invitĂ©. Sous un faux nom Ă©galement, il fait la connaissance de Mr Gabriel Von Eisenstein. Arrive la « princesse Hongroise » ! Gabriel Von Eisenstein, fait une cour assidue Ă  la prĂ©tendue Comtesse sans se rendre compte qu’il s’agit de sa propre femme ! Rosalinde se fait confier en gage d’amour sa montre, auquel son chevalier servant tient pourtant beaucoup. Elle confondra son Ă©poux en lui montrant l’objet ainsi « offert ».

 

 

Acte III : A la prison de Pontoise, à l’aube

Le lendemain Ă  l’aube, Franck revient Ă  sa prison, encore gris du champagne de la veille. Gabriel von Eisenstein arrive lui aussi Ă  la prison pour faire ses « 8 jours » au grand Ă©bahissement de Franck qui lui dĂ©clare que le « vrai » Gabriel von Eisenstein est enfermĂ© depuis la veille. Eisenstein trĂšs intriguĂ© se fait passer pour son avocat et interroge Alfred dans sa cellule ; sa femme Rosalinde, munie de la montre, arrive Ă  son tour avec Dr Falke. Von Eisenstein est confondu et ne peut que s’excuser auprĂšs de Rosalinde. Le Dr Falke avoue ĂȘtre l’auteur de cette machination en reprĂ©sailles de Gabriel von Eisenstein qui se souvient alors de cette fameuse blague du dĂ©guisement de « Chauve Souris » ! Honteux et confus Gabriel ne sera pas le dernier Ă  en rire.

en LIRE + : prĂ©sentation complĂšte de la nouvelle production de La Chauve Souris Ă  l’OpĂ©ra de Tours

Nouvelle Chauve Souris de J. Strauss II Ă  l’OpĂ©ra-Comique

Johann_Strauss_IIParis, OpĂ©ra-Comique. La Chauve Souris : 21 dĂ©cembre > 1er janvier 2015. Johann Strauss fils, roi de la valse Ă  Vienne, est aussi un gĂ©nie de l’opĂ©rette. Pour preuve le raffinement dĂ©lirant jamais dĂ©menti de son joyau lyrique, La Chauve Souris
 Elle avance masquĂ©e, reste insaisissable et symbolise la folie raffinĂ©e d’une nuit d’effervescence absolue offrant aux chanteurs des rĂŽles dĂ©jantĂ©s travestis, Ă  l’orchestre grĂące Ă  l’inspiration superlative de Johann Strauss fils, une texture instrumentale ciselĂ©e, qui incarne depuis la crĂ©ation de l’oeuvre en 1874, le sommet de la culture viennoise associant valses envoĂ»tantes hypnotiques et dramaturgie cocasse, drolatique, dĂ©lirante. Ainsi Ă  l’Ă©poque oĂč Paris dĂ©couvre les impressionnistes (exposition au salon de 1874), Vienne s’abandonne dans l’ivresse d’une musique flamboyante et d’un thĂ©Ăątre dĂ©jantĂ© qui peut aussi se comprendre comme le miroir de sa propose vanitĂ©, comme une satire mordante autant qu’élĂ©gante de la sociĂ©tĂ© puritaine, hypocrite, hiĂ©rarchisĂ©e. C’est l’Ă©poque de l’empire vacillant celui qui aprĂšs le choc de 1870 qui voit Ă©merger la Prusse conquĂ©rante, va bientĂŽt ĂȘtre entraĂźnĂ© avec la fin de la premiĂšre guerre en 1918.
Les choeurs virtuoses, la magie mĂ©lodique et le raffinement de l’orchestration qui synthĂ©tise le meilleur Strauss, sans omettre la dĂ©licatesse de l’intrigue qui revisite les standards des comĂ©dies de boulevards mais sur un mode lĂ©ger et infiniment subtil comme les grands airs isolĂ©s (celui de la comtesse hongroise chantant dans Heimat un grand solo nostalgique d’une irrĂ©sistible sensibilitĂ© pendant la fĂȘte chez Orlofski au II)…. sont autant de qualitĂ©s complĂ©mentaires d’un spectacle d’une profondeur poĂ©tique rare et d’une expressivitĂ© palpitante pour peu que le chef et les chanteurs rĂ©unis dont la fameuse invitĂ©e surprise (gala dans l’opĂ©ra) aient Ă  coeur d’en ciseler toutes les facettes, hors de la caricature.
chauve_souris_image_principale_blanc-bdFortement pĂ©nĂ©trĂ© par l’esprit de la fin comme dĂ©jĂ  conscient de la chute des valeurs impĂ©riales, l’ouvrage enchante autant par ses formidables audaces dramatiques que le raffinement d’une partition parmi les plus bouleversantes qui soient. Sous le masque de la comĂ©die et de la farce, le ton est bien celui d’une parodie de la vie sociale oĂč en une nuit de travestissement et d’ivresse, les vĂ©ritables sentiments se rĂ©vĂšlent. Les masques, les identitĂ©s croisĂ©es, usurpĂ©es symbolisent la crise et le dĂ©litement d’une sociĂ©tĂ© malade. Rares les mise en scĂšne capables de jouer sur les deux tableaux: la sincĂ©ritĂ©, l’Ă©lĂ©gance mais aussi la verve et l’intelligence parodique. Qu’en sera-t-il Ă  l’OpĂ©ra-Comique oĂč la production annoncĂ©e sera chantĂ©e en français sous la direction de Marc Minkowski ? On sait la facilitĂ© du chef pour grossir le trait voire Ă©paissir la caricature… l’Ă©lĂ©gance comme la subtilitĂ© straussiennes survivront-elles Ă  cette adaptation gauloise ? RĂ©ponse Ă  partir du 21 dĂ©cembre 2014 sur la scĂšne de l’OpĂ©ra Comique, salle Favart Ă  Paris.

 

 

Johann Strauss II
Die fledermaus, La Chauve Souris
Opérette viennoise en 3 actes, livret de Richard Genée
Création à Vienne, Theater an der Wien, le 5 avril 1874

 

 

Direction musicale, Marc Minkowski
Mise en scĂšne, Ivan Alexandre

Avec Stéphane Degout, Chiara Skerath, Sabine Devieilhe, Frédéric Antoun, Florian Sempey, Franck Leguérinel, Kangmin Justin Kim, Christophe Mortagne, Jodie Devos, Atmen Kelif, Delphine Beaulieu

Orchestre et chƓur, Musiciens du Louvre Grenoble

 

 
 

 

RĂ©servez vos places sur le site de l’OpĂ©ra-Comique, Paris
Offre spĂ©ciale pour la journĂ©e du 25 dĂ©cembre 2014 : fĂȘtez NoĂ«l en assistant Ă  la Chauve Souris de Johann Strauss, version française

 

 
 

 

Nouvelle Chauve Souris Ă  Tours

Johann_Strauss_IITours, OpĂ©ra. La Chauve Souris : 27>31 dĂ©cembre 2014. Johann Strauss fils, roi de la valse Ă  Vienne, est aussi un gĂ©nie de l’opĂ©rette. Pour preuve le raffinement dĂ©lirant jamais dĂ©menti de son joyau lyrique, La Chauve Souris
 Elle avance masquĂ©e,  reste insaisissable et symbolise la folie raffinĂ©e d’une nuit d’effervescence absolue offrant aux chanteurs des rĂŽles dĂ©jantĂ©s travestis, à l’orchestre grĂące Ă  l’inspiration superlative de Johann Strauss fils, une texture instrumentale ciselĂ©e,  qui incarne depuis la crĂ©ation de l’oeuvre en 1874,  le sommet de la culture viennoise associant valses envoĂ»tantes hypnotiques et dramaturgie cocasse,  drolatique, dĂ©lirante. Ainsi Ă  l’Ă©poque oĂč Paris dĂ©couvre les impressionnistes (exposition au salon de 1874),  Vienne s’abandonne dans l’ivresse d’une musique flamboyante et d’un thĂ©Ăątre dĂ©jantĂ© qui peut aussi se comprendre comme le miroir de sa propose vanitĂ©, comme une satire mordante autant qu’élĂ©gante de la sociĂ©tĂ© puritaine,  hypocrite,  hiĂ©rarchisĂ©e. C’est l’Ă©poque de l’empire vacillant celui qui aprĂšs le choc de 1870 qui voit Ă©merger la Prusse conquĂ©rante,  va bientĂŽt ĂȘtre entraĂźnĂ© avec la fin de la premiĂšre guerre en 1918.
Les choeurs virtuoses,  la magie mĂ©lodique et le raffinement de l’orchestration qui synthĂ©tise le meilleur Strauss,  sans omettre la dĂ©licatesse de l’intrigue qui revisite les standards des comĂ©dies de boulevards mais sur un mode lĂ©ger et infiniment subtil comme les grands airs isolĂ©s (celui de la comtesse hongroise chantant dans Heimat un grand solo nostalgique d’une irrĂ©sistible sensibilitĂ© pendant la fĂȘte chez Orlofski au II)…. sont autant de qualitĂ©s complĂ©mentaires d’un spectacle d’une profondeur poĂ©tique rare et d’une expressivitĂ© palpitante pour peu que le chef et les chanteurs rĂ©unis dont la fameuse invitĂ©e surprise (gala dans l’opĂ©ra) aient Ă  coeur d’en ciseler toutes les facettes, hors de la caricature.
Fortement pĂ©nĂ©trĂ© par l’esprit de la fin comme dĂ©jĂ  conscient de la chute des valeurs impĂ©riales,  l’ouvrage enchante autant par ses formidables audaces dramatiques que le raffinement d’une partition parmi les plus bouleversantes qui soient.  Sous le masque de la comĂ©die et de la farce,  le ton est bien celui d’une parodie de la vie sociale oĂč en une nuit de travestissement et d’ivresse, les vĂ©ritables sentiments se rĂ©vĂšlent. Les masques, les identitĂ©s croisĂ©es, usurpĂ©es symbolisent la crise et le dĂ©litement d’une sociĂ©tĂ© malade.  Rares les mise en scĂšne capables de jouer sur les deux tableaux: la sincĂ©ritĂ©,  l’Ă©lĂ©gance mais aussi la verve et l’intelligence parodique. Souhaitons que la nouvelle production de l’OpĂ©ra de Tours rĂ©unisse l’une ou l’autre et probablement les deux car le souci du chef,  l’engagement des musiciens du Symphonique maison comme souvent la cohĂ©rence du plateau vocal rĂ©alisent d’indiscutables rĂ©ussites Ă  Tours.

 

 

Johann Strauss II
Die fledermaus, La Chauve Souris
Opérette viennoise en 3 actes, livret de Richard Genée
Création à Vienne, Theater an der Wien, le 5 avril 1874
Edition BĂ€renreiter (Ă©dition critique) – ChantĂ©e en Allemand, dialogues en français, surtitrĂ© en français

Tarifs : sĂ©rie E (de 7€ Ă  65€) le 31/12/2014 : sĂ©rie E+ (de 7€ Ă  70€)
RĂ©servations : 02 47 60 20 20 / www.operadetours.fr

4 représentations à Tours :

Samedi 27 décembre,  20h
Dimanche 28 décembre, 15h
Mardi 30 décembre, 20h
Mercredi 31 décembre, 20h

Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre – Tours
ChƓurs de l’OpĂ©ra de Tours
(Direction : Emmanuel Trenque)

Nouvelle co-production Opéra de Tours,
Opéra de Reims, Art musical et Opéra Théùtre Grand Avignon

Avec le soutien exceptionnel de l’Association des Amis du Centre Lyrique de Tours, à l’occasion de ses soixante ans

Direction  : Jean-Yves Ossonce
Mise en scĂšne : Jacques Duparc
Décors Christophe Vallaux et Art musical Costumes, accessoires : Art musical LumiÚres : Marc DelaméziÚre

Rosalinde : Mireille Delunsch
Adele : Vannina Santoni
Prince Orlofsky : Aude Extremo
Gabriel von Eisenstein : Didier Henry
Dr Falke : Michal Partyka*
Franck : Frédéric Goncalves*
Frosch : Jacques Duparc
Alfred : Eric Huchet
Dr Blind : Jacques Lemaire

* DĂ©buts Ă  l’OpĂ©ra de Tours

Conférence des Amis du Centre Lyrique de Tours
Conférence ACLT
Samedi 13 décembre, 14h30
Salle Jean Vilar, Grand Théùtre de Tours Intervenant : Didier Roumilhac

 

Argument – synopsis
Un matin, revenant tous deux d’un bal masquĂ©, le rentier Gaillardin contraignit son ami Duparquet, notaire, Ă  traverser la ville, revĂȘtu de son dĂ©guisement : une Ă©norme Chauve-souris. Duparquet feignit d’en rire avec les autres mais jura de se venger.

Acte I : Ă  Pontoise chez Gaillardin
Une altercation avec un garde-champĂȘtre a valu Ă  Gaillardin huit jours de prison. Il dĂ©cide d’oublier son chagrin dans le fumet d’un bon diner. Duparquet lui propose de passer cette derniĂšre soirĂ©e en joyeuse compagnie chez le Prince Orlofsky. Gaillardin enthousiaste accepte, au grand soulagement de Caroline, son Ă©pouse qui va ainsi pouvoir diner en tĂȘte Ă  tĂȘte avec Alfred, un ami venu lui demander un rendez-vous. Survient Tourillon, le directeur de la prison. Alfred ne voulant pas rĂ©vĂ©ler son identitĂ©,  achĂšve la soirĂ©e en prison, sous le nom de Gaillardin.

Acte II : Chez le Prince Orlofsky
Caroline ayant eu vent de l’équipĂ©e de son mari, se rend aussi Ă  la soirĂ©e chez le Prince, se faisant passer pour une « comtesse hongroise ». Duparquet la reconnaĂźt. Gaillardin sous le nom du Marquis de Valengoujar fait une cour assidue Ă  la prĂ©tendue Comtesse et Caroline se fait confier en gage d’amour sa montre, auquel son chevalier servant tient beaucoup.

Acte III : A la prison de Pontoise, à l’aube
Sous le faux nom de Baron de Villebouzin, Tourillon a Ă©tĂ© Ă  la fĂȘte lui aussi et n’est rentrĂ© qu’au petit matin. Gaillardin, alias marquis de Valengoujar, arrive Ă  la prison au grand Ă©bahissement de Tourillon qui lui dĂ©clare que le « vrai » Gaillardin est enfermĂ© depuis la veille. Gaillardin trĂšs intriguĂ© se fait passer pour un avocat et interroge Alfred dans sa cellule ; sa femme Caroline, munie de la montre, arrive Ă  son tour avec Duparquet. Celui-ci avoue ĂȘtre l’auteur de cette machination. Gaillardin se souvient de la « chauve-souris », honteux et confus il ne sera pas le dernier Ă  en rire.

Sur la mise en scĂšne de La Chauve Souris Ă  l’opĂ©ra de Tours

Un mot de Jacques Duparc, metteur en scĂšne

Die FLEDERMAÜS , LA CHAUVE SOURIS
.quel drĂŽle de titre pour une Ɠuvre musicale d’opĂ©ra
 ! Ces ouvrages portent souvent des titres ronflants: “Princesse Czardas”, “Valses de Vienne”, “Quadrille Viennois”, etc… Et puis ces histoires racontent souvent des romans de Prince et de Princesse.
Dans la Chauve-souris, rien de tel : nous nageons dans une existence banale de petits bourgeois Ă©triquĂ©s, incultes et avec pour dĂ©co sur les murs des tĂȘtes de sangliers de cerfs ou de biches et un renard empaillĂ© prĂšs de l’escalier! Et un prince androgyne blasĂ© par la vie!
Et pour clĂŽre le tout, un 3Ăšme acte qui se passe dans une prison! Nous pourrions alors penser que cet ouvrage raconte une histoire Ă  la Feydeau avec un amant dans le placard: mĂȘme pas! L’hĂ©roĂŻne est une femme mariĂ©e, fidĂšle avec nobles valeurs et sentiments!
Alors bien sĂ»r, tout cela excite nos papilles par l’originalitĂ© du propos! Et la beautĂ© de la musique bien sĂ»r! Strauss est au sommet de son art! On peut peut-ĂȘtre mĂȘme oser dire que cette Ɠuvre est une comĂ©die musicale avant l’heure, mais une “comĂ©die musicale- opĂ©ra” ! Je pense notamment Ă  tout le final du 2Ăšme acte chez Orlovsky.

Car la partition mĂ©rite des belles voix et au delĂ  des airs de Valse ou de polkas – je pense notamment Ă  l’air de Rosalinde “CZARDAS” au 2Ăšme acte”, Strauss et les librettistes nous conduisent dans un tourbillon de duos, de trios et d’ensemble musicaux qui font oublier le rythme des Valses pour donner de vrais contenus aux situations thĂ©Ăątrales qui nous sont proposĂ©es : je pense notamment au Trio du 3Ăšme acte dans la Prison. Je ne vous parle pas de l’Ouverture Ă  l’orchestre qui reste l une des plus belles de ce rĂ©pertoire
.
Bref, cette Chauve-souris, (Der FledermaĂŒs titre original) reste un magnifique divertissement musical et thĂ©Ăątral , colorĂ© et festif , qui mĂ©rite de rester au rĂ©pertoire des belles et grandes Ɠuvres Ă  proposer Ă  tous les amateurs de musique et de thĂ©Ăątre chantĂ©!

DĂ©couvrir une Ɠuvre : Le Beau Danube Bleu

strauss johann portraitArte. Le Beau Danube Bleu de Johann Strauss II, 2 novembre 2014. Le Beau Danube bleu composĂ© en 1867 par Johann Strauss II (1825 – 1899) clĂŽt chaque annĂ©e le concert du Nouvel An Ă  Vienne : apothĂ©ose de la grand messe mĂ©diatique la plus regardĂ©e au monde sur les tĂ©lĂ©s du monde entier. La nostalgie Ă©lĂ©gantissime du Viennois gĂ©nial cultive toujours ce parfum irrĂ©sistible entre tendresse exquise, enivrement rythmique, raffinement instrumental et bien sĂ»r, sĂ©duction mĂ©lodique
 Retour sur la genĂšse d’une valse au succĂšs planĂ©taire ainsi que les circonstances qui l’ont rendue cĂ©lĂšbre. « Un message d’espoir, d’amitiĂ© et de paix », c’est ainsi que Johann Strauss venant jouer sa musique Ă  Paris, tout juste baptisĂ©e « Ville LumiĂšre », rĂ©suma Ă  l’Empereur NapolĂ©on III l’esprit qui animait sa valse Le Beau Danube bleu. Car en gĂ©nie poĂ©tique accompli, Johann Strauss sait exprimer l’irrĂ©sistible flux liquide de son sujet, le souffle et la magie d’une partition trĂšs inspirĂ©e tout au long de son dĂ©veloppement musical.
Au-delĂ  de son succĂšs musical, Le Beau Danube entre de plein pied dans l’Histoire. AprĂšs la dĂ©faite de l’Autriche Ă  Könitzgratz en 1866 face Ă  la puissance montante de la nouvelle Allemagne d’Otto Von Bismarck, le Beau Danube Bleu contribue Ă  la consolation des Viennois avant d’accompagner les premiers pas diplomatiques entre la France de NapolĂ©on III et l’Autriche de François-Joseph de Habsbourg. Devenu symbole de paix, ce chef d’oeuvre accompagna pourtant le Vieux-Continent dans ses dĂ©chirements, de la guerre franco-allemande en 1870 jusqu’Ă  la Seconde Guerre mondiale.

 

 

 

Johann_Strauss_IILe film Ă©voque tout autant la vie de son compositeur, Johann Strauss fils, gĂ©nie musical viennois qui fut au 19Ăšme siĂšcle, avec son pĂšre et ses frĂšres (Josef, Eduard), Ă  la tĂȘte d’une vĂ©ritable industrie musicale. La rivalitĂ© entre le pĂšre Johann Strauss I et son fils Johann Strauss II est l’un des fils conducteurs du film, illustrĂ©e notamment grĂące Ă  des extraits du « Chant du Danube », premier film parlant rĂ©alisĂ© par Alfred Hitchcock en 1934.
Johann Strauss fut le seul Ă  faire de ses valses des oeuvres musicales symphoniques sur lesquelles les viennois, trĂšs friands de bals, ne cessĂšrent de danser, de s’abandonner, de s’enivrer par leur propre proclamation culturelle : la valse de Strauss Ă©tant pour Vienne, ce que serait l’accordĂ©on pour Paris : une image peut-ĂȘtre caricaturale mais juste. Polkas, valses, marches
 font de Strauss aujourd’hui, par le raffinement de l’orchestration et le gĂ©nie de mĂ©lodies ce « roi de la valse » qui rendait jaloux jusqu’à Offenbach. Son opĂ©ra La Chauve souris, « Die Fledermaus » reste un pilier du rĂ©pertoire : critique sociale et aussi comĂ©die dĂ©jantĂ©e d’une force de sĂ©duction inĂ©galĂ©e. De facto, en cultivant ses dons pour les danse, Johann Strauss II participa involontairement Ă  l’une des premiĂšres rĂ©volutions sexuelles en Europe grĂące au contact prolongĂ© des corps qu’impose sa chorĂ©graphie destinĂ©e au couple.

Intervenants
Franz-Welser-Möst, Chef d’orchestre, directeur musical de l’opĂ©ra de Vienne et de Cleveland,
Christophe Wagner-Treikwitz, historien, musicologue et spécialiste de la valse
Christine Mondon, historienne, spécialiste de Vienne.
Patrick Souillot Chef d’orchestre & directeur musical de l’orchestre symphonique universitaire de Grenoble.

 

 

arte_logo_2013Arte. Le Beau Danube Bleu de Johann Strauss II, dimanche 2 novembre 2014. Documentaire. DĂ©couvrir une Ɠuvre : le beau Danube bleu (An der schönen blauen Donau), op. 314. RĂ©alisation : Pierre-Henri Salfati /Production : La Compagnie des Phares et Balises , ARTE France.

 

 

La Chauve Souris de Johann Strauss, en direct du Met

France Musique : La Chauve Souris de Strauss fils, en direct du Met, samedi 11 janvier Ă  19h. L’opĂ©rette La Chauve Souris de Johann Strauss II, sommet de l’Ă©lĂ©gance et de la finesse viennoise Ă  son apogĂ©e, un dĂ©lire fantasque et subtile, mĂȘlant quiproquos, mĂ©lange des classes et des genres (comiques, tragiques) qui prolonge les meilleures rĂ©alisations d’Offenbach dans le genre comĂ©dies lĂ©gĂšres. La distribution rĂ©unie par le Met est solide (la jeune soprano Jane Archibald entre autres, dĂ©jĂ  remarquĂ©e Ă  Angers Nantes OpĂ©ra dans Lucio Silla de Mozart puis dans Ariadne auf Naxos de Strauss Ă  Bastille…) et comprend aussi Costanzo, Maltman, Fabiano, Szot, Carfizzi, Burstein, tous tempĂ©raments dirigĂ©s par le chef Adam Fischer.Environ 2h20 de pur bonheur oĂč la musique, spirituelle et pĂ©tillante coule Ă  flot comme du champagne… La Chauve Souris doit sa sĂ©duction jamais Ă©moussĂ©e Ă  la subtilitĂ© de ses mĂ©lodies, le raffinement d’une orchestration lumineuse qui porte allusivement toute l’Ă©lĂ©gance et la nostalgie de la Vienne impĂ©riale. Johann Strauss II est le roi de la Valse et sa Chauve Souris, dans ce sens, une synthĂšse des danses que le compositeur a su magistralement sublimer: polkas, valses et mĂȘme czardas (voir l’air de la fausse comtesse hongroise au II).  Il fallait Ă©galer voire dĂ©passer la franche inventivitĂ© des opĂ©rettes d’Offenbach et donc inventer un nouveau genre, l’opĂ©rette viennoise. Il en rĂ©sulte un thĂ©Ăątre enivrĂ© donc enivrant oĂč le dĂ©lire des situations comiques et cocasses, propices aux imbroglios, quiproquos, travestissements et tutti quanti dialogue sur un rythme effrĂ©nĂ© avec la finesse des mĂ©lodies, un bel canto rĂ©inventĂ©, du pur thĂ©Ăątre comique et drĂŽlatique accordĂ© Ă  un orchestre Ă©tincelant… Incontournable. Champagne et bonne annĂ©e !

 

Depuis le Metropolitan Opera New York
Johann Strauss II : Die Fliedermaus
La Chauve Souris (Vienne 1874)En direct sur France Musique, samedi 11 janvier 2014, 19h

La Chauve souris en direct du Metropolitan Opera de New York

 

Créé au Theater an der Wien de Vienne le 5 avril 1874., sur un livret de Richard Genée et Karl Haffner, revu par Douglas Carter Beane.
avec :
Susanna Phillips, Rosalinda
‹Jane Archibald, Adele
Anthony Roth Costanzo, prince Orlofsky
‹Christopher Maltman, Gabriel von Eisenstein
‹Michael Fabiano, Alfred
Paulo Szot, Dr. Falke
Patrick Carfizzi, Frank
‹Danny Burstein, Frosch
Choeur et Orchestre du Metropolitan Opera
Adam Fischer, direction

Lire aussi notre dossier spĂ©cial La Chauve Souris de Johann Strauss II, Ă  l’occasion de la nouvelle production de l’opĂ©rette de Johann Strauss proposĂ©e par l’OpĂ©ra de Nice en janvier 2014

 

 

Johann Strauss II : La Chauve Souris Ă  Nice

Strauss Johann IINice, OpĂ©ra: La Chauve Souris. Du 17 au 23 janvier 2014. Nouvelle production en 4 dates. A l’initiative du nouveau directeur artistique, Marc Adam (depuis novembre 2012), l’OpĂ©ra de Nice confirme sa nouvelle orientation lyrique et artistique et prĂ©sente sa nouvelle production de La Chauve souris Ă  partir du 17 janvier 2014. L’oeuvre la plus cĂ©lĂšbre de la scĂšne viennoise de la fin du XIX Ăšme siĂšcle fut Ă©crite par un libĂ©ral, convaincu par les idĂ©aux rĂ©volutionnaires. Johann Strauss fils fut un ĂȘtre sanguin, passionnĂ© par la musique, violoniste virtuose (comme son pĂšre qui tenta d’empĂȘcher toujours mais vainement sa carriĂšre), travailleur acharnĂ©, cĂ©lĂšbre de Vienne Ă  Saint-PĂ©tersbourg. Sa vie affective est digne d’un roman fleuve. sa premiĂšre opĂ©rette immĂ©diatement applaudie dans toute l’Europe, La Chauve Souris resplendit et s’envole de nouveau, cycle habituel au moment des fĂȘtes: il y est question d’une sociĂ©tĂ© plus Ă©prises de divertissements et de champagne que de sacrifice et de tragĂ©die hĂ©roĂŻque.

Nice, Opéra
Johann Strauss II
La Chauve Souris, 1874
Die Fledermaus
Nouvelle production
4 dates : les 17, 21 et 23 janvier 2014 Ă  20h, le 19 janvier Ă  15h.

boutonreservationInformations et rĂ©servations sur le site de l’OpĂ©ra de Nice

 

 

Nouvelle Chauve souris Ă  Nice

 

Opérette en trois actes
Livret de Karl Haffner et Richard GenĂ©e d’aprĂšs le vaudeville de Meilhac et HalĂ©vy Le rĂ©veillon
Créée à Vienne le 5 avril 1874
Texte chanté et dialogue en français
Adaptation Robin Belfond

Johann Strauss fils (1825-1899)
La Chauve souris, 1874
NOUVELLE PRODUCTION en coopération avec le Salzburger Landestheater

Direction musicale Bruno Ferrandis
Mise en scĂšne Andreas Gergen
DĂ©cors Court Watson
Costumes Regina Schill
LumiĂšres Patrick MĂ©eĂŒs
Chorégraphie Pascale Sabine Chevroton

Orchestre Philharmonique de Nice
Choeur de l’OpĂ©ra de Nice

Eisenstein Fabrice Dalis
Rosalinde Sophie Marin-Degor
Franck Bernard Imbert
Prince Orlofsky Karine Ohanyan
Alfred Christian Baumgaertel
Docteur Falke Boris Grappe
Docteur Blind Frédéric Diquero
AdĂšle Melody Louledjian
Ida Virginie Maraskin-Berrou
Frosch Noëlle Perna

 

 

 

L’Ă©lĂ©gant rebelle

 

Strauss Johann IIJohann Strauss fils a 49 ans lorsque, aprĂšs avoir composĂ© un catalogue inĂ©galĂ© de valses, qui a fait de lui l’empereur de la danse viennoise, il Ă©crit sa premiĂšre opĂ©rette La Chauve Souris, en 1874. A l’époque oĂč les impressionnistes prĂ©parent la rĂ©volution chromatique qui rĂ©formera la perception de la peinture, le “directeur des bals de la Cour”, admirĂ© de Wagner, Brahms et Liszt, enchante Ă  nouveau son public au thĂ©Ăątre. Strauss s’inspire d’un vaudeville rĂ©digĂ© par les librettistes d’Offenbach (lequel a alors composĂ© la majoritĂ© de son oeuvre lyrique). En effet, Meillac et HalĂ©vy lui “offrent” le prĂ©texte Ă  rebondissements d’une piĂšce, Le RĂ©veillon, dont l’action est elle-mĂȘme tirĂ©e de la piĂšce allemande de Benedix, La Prison. Au dĂ©part, il s’agit de la vengeance d’un notaire (qui deviendra le Docteur Falke dans la piĂšce de Strauss): maĂźtre Duparquet souhaite en effet punir son ami Gaillardin de l’avoir obligĂ© Ă  rentrer costumĂ©, Ă  l’aube, aprĂšs une soirĂ©e bien arrosĂ©e, semant le ridicule sur son passage. Le notaire invite son ami au dĂźner d’un prince russe oĂč sont Ă©galement rĂ©unis le directeur de la prison oĂč il doit sĂ©journer, ainsi que quelques “cocottes”.

Strauss et son librettiste, Richard GenĂ©e, transforment l’intrigue et les personnages: Gaillardin, le sujet de la vengeance devient Eisenstein et le dĂźner russe fait place Ă  une grande cĂ©rĂ©monie masquĂ©e, conduisant Ă  un bal typiquement viennois chez un prince, Orlofsky, riche et dĂ©sabusĂ©. Au souper paraissent l’épouse d’Eisenstein (Rosalinde), dĂ©guisĂ©e en comtesse hongroise (superbe prĂ©texte pour le compositeur Ă  composer un air typique) et aussi sa femme de chambre (AdĂšle), qui se prĂ©sente comme une grande actrice. Au final, comme portĂ© par l’élan des rythmes suscitĂ©s par la composition, Strauss Ă©crit sa Chauve Souris en 43 jours, en en faisaint un hymne irrĂ©pressible Ă  la valse et au “roi”champagne. Au-delĂ  de la comĂ©die des masques, Strauss, comme Offenbach vis Ă  vis de la sociĂ©tĂ© du Second Empire, brosse un portrait critique de la sociĂ©tĂ© de son Ă©poque, en particulier la facultĂ© de la classe moyenne et bourgeoise Ă  rompre toute licence pour “oublier” l’infamie et les misĂšres suscitĂ©s par le krach boursier contemporain, comme Ă  s’élever socialement et prĂ©tendre au divertissement aristocratique. L’oeuvre est crĂ©Ă© au ThĂ©Ăątre en der Wien, le 5 avril 1874.

Les Johann Strauss, le fils contre le pĂšre
Il y a comme toujours dans l’oeuvre lĂ©gĂšre de la sĂ©dition et une pointe acerbe tendue contre les dĂ©rĂšglements de la sociĂ©tĂ© contemporaine. L’univers de la prison, dans la Chauve Souris, met en vĂ©ritĂ©, l’accent sur des tares qu’il faudra bien rĂ©gler un jour. La contestation et l’esprit de la revanche, comme celui de la vengeance, animent tout l’ouvrage: sous l’action du dĂ©guisement, il s’agit bien de donner une leçon contre celui qui produit l’humiliation. Y aurait-il des liens avec la propre vie de Johann Strauss fils qui fut toujours opposĂ© Ă  son pĂšre? En effet, tous deux ne se sont jamais entendus. Le pĂšre abandonne trĂšs tĂŽt la cellule familiale pour convoler avec sa maĂźtresse Emilie: Johann fils n’a que 10 ans (1835). Sa mĂšre Anna demande le divorce et Ă©duque seule ses enfants avec une petite pension allouĂ©e par son ancien mari, alors que celui-ci mĂšne bon train avec sa maĂźtresse. Pire, le pĂšre interdit Ă  son fils de jouer (comme lui) du violon et de devenir musicien, quand sa mĂšre l’encourage dans ses Ă©tudes et recopie mĂȘme ses compositions. Il tentera mĂȘme de saboter la premiĂšre soirĂ©e de concert officielle de son fils en 1844, mais vainement. AprĂšs la rĂ©volution de 1848, les deux Johann, pĂšre et fils deviennent des ennemis politique: le premier, dans la marche de Radetszy entonne une hymne monarchiste pour celui qui a rĂ©primĂ© dans le sang les rĂ©voltĂ©s lombards, le second est le porte-parole de la force Ă©tudiante, ralliĂ© aux rĂ©volutionnaires et libĂ©ral. Le 3 dĂ©cembre 1848, Johann le fils fait jouer La Marseillaise, ce qui lui vaut d’ĂȘtre inquiĂ©tĂ© par la police de l’Empereur d’Autriche et d’ĂȘtre mis sous contrĂŽle. AprĂšs la mort de son pĂšre (1849), Johann fils dirige toute la musique Ă  Vienne, hĂ©ritant de son orchestre et de ses fonctions: il est fait rĂ©gent des bals de la Cour ImpĂ©riale, et au terme d’une tournĂ©e qui le mĂšne de Dresde Ă  Hambourg, est retrouvĂ© inconscient en 1852, pour surmenage.

Vie de Johann Strauss fils
SimultanĂ©ment Ă  Vienne, Johann Strauss suscite un immense succĂšs en Russie: invitĂ© Ă  Pavlosk, prĂšs de Saint-PĂ©tersbourg, il y signe un contrat annuel pour donner des concerts de musique viennoise (1855). En 1858, il rencontre une aristocrate russe Olga Smirnitzkaya qui devient sa maĂźtresse et qu’il voudrait Ă©pouser, mais deux annĂ©es plus tard, ils doivent se sĂ©parer, la famille de la jeune femme refusant qu’il Ă©pouse un roturier. De retour Ă  Vienne, Johann rencontre la cantatrice Jetty Treffz (1861) au cours d’une soirĂ©e dont le Baron Mortiz Todesco qui est aussi l’amant de Jetty, a le secret: le bal masquĂ© de la Chauve Souris recrĂ©erait-il ces fastes Ă©phĂ©mĂšres qu’a rĂ©ellement connus Strauss? Jetty dĂ©cide d’épouser Johann Strauss en 1862. L’orchestre familial compte deux autres chefs, les deux frĂšres de Johann, Josef et Eduard Strauss. La position de Johann s’élĂšve encore: en Ă©tant nommĂ© en 1863 (au moment oĂč Offenbach connaĂźt lui aussi une ascension musicale Ă  Paris progressive), Hofball Musikdirektor, il renonce Ă  jouer dans les faubourgs.

 

Ses frĂšres, Josef et Eduard crĂ©ent une nouvelle sociĂ©tĂ© de musique. ParallĂšlement Ă  ses activitĂ©s de chef et de compositeur, Johann s’intĂ©resse Ă  la musique contemporaine: il dirige Wagner dĂšs 1854 (ouverture de TannhĂ€user), rencontre Brahms en 1862, dirige aussi la musique de TchaĂŻkovsky (1865, l’annĂ©e oĂč Offenbach fait jouer La Belle HĂ©lĂšne). En 1867, il donne Le beau Danube Bleu, sans succĂšs!, puis participe Ă  l’Exposition universelle de Paris, pour laquelle Offenbach a composĂ© La Grande Duchesse de GĂ©rolstein et surtout La Vie Parisienne. Les annĂ©es 1870 sont noires: Johann perd sa mĂšre, Anna, puis son frĂšre Josef, de santĂ© fragile et surmenĂ© dĂšs 1865.
En 1873, un krach boursier ruine les bourgeois et une grande partie de la noblesse viennoise. La banquier juif Rotschild qui a senti le vent venir, a transfĂ©rĂ© tous sesa voirs avant la crise: il a sauvĂ© sa fortune, ce qui sĂšme une levĂ©e d’antisĂ©mitisme. C’est Ă  cette Ă©poque que Johann Strauss crĂ©e Die Fledermaus, La Chauve Souris qui recueille un succĂšs assez tiĂšde. En 1877, succĂšs du Baron Tzigane, non pas Ă  Vienne mais Ă  Paris. Johann retrouve le cadavre de son Ă©pouse Jetty dans leur maison: pris de panique, le compositeur s’enfuit en Italie. En 1878, le compositeur Ă©pouse Angelica Dietrich: leur liaison ne durera pas, et Johann rencontre AdĂšle Deutsch, jeune veuve de 21 ans. Il en a 53. 1883: double premiĂšre Ă  Berlin et Ă  Vienne d’Une nuit Ă  Venise. Johann Strauss est devenu une personalitĂ© reconnue: pour les 40 ans de sa carriĂšre viennoise, en 1884, il est nommĂ© “citoyen de Vienne”. En 1885, Ă  50 ans, Johann quitte l’Autriche: il se convertit au protestantisme pour Ă©pouser AdĂšle (1887). EN 1894, cĂ©lĂ©bration du jubilĂ© de Johann Strauss comme compositeur: Ă  Hambourg, Mahler joue Die Fledermaus, et Richard Strauss dirige Perpetuum mobile au Concert Philharmonique de Berlin. L’ annĂ©e de sa mort, le compositeur assiste (et participe) au 25Ăšme anniversaire de La Chauve Souris (22 mai, Hofoper), puis s’éteint le 3 juin suivant. Le 25 octobre 1899, une cĂ©rĂ©monie funĂšbre est organisĂ©e: le Requiem allemand de Brahms est interprĂ©tĂ©. En 1907, Eduard Strauss aui a dissoud l’orchestre familiale en 1901, fait brĂ»ler l’ensemble des partitions de la sociĂ©tĂ© familial dont des manuscrits inĂ©dits et prĂ©cieux.3 Je ne peux pas faire autrement”, dira-t-il Ă©nigmatique. Il meurt en 1916. AdĂšle Strauss survivra Ă  son Ă©poux jusqu’en 1930.

Crédit photographique: Johann Strauss et Johannes Brahms (DR)