JAMES TISSOT : la femme, la mode, le spirituel

tissot-une-a-l-affiche-orsay-expo-critique-classiquenewsARTE, dim 5 avril 2020, 17h45. JAMES TISSOT L’étoffe d’un peintre – Portraitiste de la haute sociĂ©tĂ© britannique et parisienne, le nantais James Tissot (1836-1902) portraiture les mondanitĂ©s et les rituels sociaux comme les mutations de son temps, en particulier celui de l’Angleterre Ă  l’âge industriel quand il se fixe Ă  Londres (1871) après la guerre de 1870.
S’il a renié son prénom (Jacques-Joseph) fleurant bon la bourgeoisie provinciale (nantaise) du XIXe siècle succombant à l’anglomanie ambiante (l’Angleterre victorienne, celle du musicien Elgar, est la première puissance européenne), « James » Tissot, né à Nantes en 1836, a conservé le goût de la religion, les ambiances portuaires; les tissus – son père est marchand de soie, sa mère, modiste. Formé aux Beaux-Arts de Paris – expert praticien en costumes médiévaux et kimonos japonais –, il devient le peintre fétiche de l’élite du Second Empire suite à son Portrait de Mlle L.L. (1864), à la silhouette furieusement à la mode.

 

 

Mondain, modiste, mystique : l’Ă©clectisme exigeant de James Tissot

 

tissot-james-expo-peinture-classiquenews-critique-expo-concert-opera-classiquenews-par-edgar-degas-1866Eclectique, très en phase avec l’hyperculturisme de la fin du siècle, Tissot revient Ă  Paris dès 1882, peint la femme comme un naturaliste inspirĂ© – comme Massenet ou Puccini Ă  l’opĂ©ra. FrappĂ© par une vision mystique en 1888, il se dĂ©die alors Ă  un art essentiellement religieux, oĂą il recycle les souvenirs de ses voyages en Palestine et Ă  Jerusalem, renouvelant le tĂ©moignage fervent d’un Chateaubriant, au dĂ©but du siècle. Tissot synthĂ©tise impressionnisme, Ingres, un rĂ©alisme qui rĂ©vèle un sens de la construction sans possĂ©der et maĂ®triser le cadrage photographique voire cinĂ©matographique de son ami, l’immense Edgar Degas (sujet de la rĂ©trospective prĂ©cĂ©dente au MusĂ©e d’Orsay). Tissot Ă  Londres cisèle un regard prĂ©cis, nerveux voire parodique et critique du genre humain et surtout urbain : comme il avait croquer les combats pour le Morning Post, pendant le front franco-prussien. A Londres, il portraiture les bonnes gens et les aristos britanniques, capturant des scènes plus triviales pĂŞchĂ©es dans le port de Londres. Sa muse Kathleen Newton, divorcĂ©e irlandaise et mère de deux enfants, s’impose. Après la disparition de celle qui Ă©tait devenue sa compagne, en 1882, le peintre regagne la France. ÉpinglĂ© peintre de la mode, Tissot dĂ©voile une acuitĂ© rĂ©aliste plus profonde qu’il n’y paraĂ®t. Ce docu assez diluĂ© et pas toujours prĂ©cis tente d’en dĂ©voiler les qualitĂ©s.

 

 

 

 

arte_logo_2013ARTE, dim 5 avril 2020, 17h45. Documentaire de Pascale BouhĂ©nic (France, 2020, 52mn) – Coproduction : ARTE France, CinĂ©tĂ©vĂ©, MusĂ©es d’Orsay et de l’Orangerie – Rappel : Exposition “James Tissot, l’ambigu moderne”, prĂ©sentĂ©e du 24 mars au 19 juillet au musĂ©e d’Orsay.
Illustration : femmes regardant des objets jamponais, vers 1869 / James Tissot peint par Degas (DR)

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VIDEO, opéra. DEGAS ET MOI, de Arnaud des Pallières

VIDEO, opĂ©ra. DEGAS ET MOI… L’OpĂ©ra National de Paris diffuse sa nouvelle fiction DEGAS ET MOI, rĂ©alisĂ©e par Arnaud des Pallières dont le contenu dĂ©voile plusieurs pans dĂ©licats de la personnalitĂ© du peintre… Degas despote antisĂ©mite. PrĂ©sentation et critique du film, diffusĂ© sur le site de la 3ème Scène, Ă  partir du 30 octobre 2019. Le film fait Ă©cho Ă  l’exposition actuellement prĂ©sentĂ©e au MusĂ©e d’Orsay Ă  Paris : Degas Ă  l’OpĂ©ra (jusqu’en janvier 2020).

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le nouveau film de la 3è Scène

DEGAS ET MOI

dès le 30 octobre 2019

 

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Degas et moi. Le réalisateur Arnaud des Pallières ne s’intéresse pas à l’œuvre du peintre ni à sa manière de peindre les jeunes danseuses ; il n’interroge pas non plus sa relation (pourtant fascinante) à l’Opéra de Paris (Salle Le Peletier d’abord, puis Opéra Garnier ensuite).
Il questionne plutôt plutôt l’homme, vieux : rattrapé par l’âge et par l’effondrement physique (fatigué, quasi aveugle et d’autant plus solitaire) ; à sa personnalité, soulignant ses engagements « douteux », c’est à dire son antisémitisme radical au moment de l’affaire Dreyfus. Il en découlera sa rupture avec la famille Halévy, second foyer, et dont les entrées à l’Opéra, lui avaient permis d’approcher les coulisses (c’est à dire les séances de répétitions du corps de ballet) et le cercle fermé des abonnés.

 

 

 

 

Portrait d’Edgar Degas

DEGAS vieux, despotique, antisémite

 

 

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Ainsi, chez lui, vieux, amaigri, DEGAS paraît ici en vagabond, vieillard, voûté, seul, diminué (très plausible Michael Lonsdale). C’est d’abord une silhouette qui ne parle pas ; se souvient des séances sur le motif quand il dessinait au crayon, les jeunes danseuses, adolescentes aux corps souples et réguliers ; ainsi Degas (jeune) dessine.
Pourtant l’ambiance générale est funèbre : « C’est fini la vie » déclare le peintre ; alors que se déroule la musique au piano de Schubert (adaptation de la Sonate D 939). C’est une lente marche vers la mort, sans paroles jusqu’à 4’30, où Michael Lonsdale parle (enfin) comme s’il se filmait lui-même et s’adressait à son dernier visiteur.

Il se rappelle les séances de répétitions, celles des jeunes danseuses, en robes blanches et rubans de couleurs ; figures disciplinées à la barre, obéissant au maître de ballet… « Il faut remettre au dessin et au pastel 100 fois le même sujet : les danseuses, de bas en haut ; commencer par les pieds, remonter la forme plutôt que la descendre… » Et jusque dans la musique du piano, dans ce balancement presque hypnotique, s’impose, presque gênante, la répétition des gestes : les pieds balaient le sol ; la main trace sur le papier.

Dans le cas de la petite danseuse en cire, « je m’acharne à la ressemblance et à quelque chose de plus… c’est l’œuvre d’un aveugle qui veut faire croire qu’il voit… »

De fait le peintre devient aveugle ; le film souligne le cynisme de ce désarroi intime ; comme Beethoven est sourd. Le pastel, gras, pourtant trace. Il y a donc de l’éphémère et du fragile dans ce constat des choses. Ce qui rend le travail du peintre, observateur et poète, d’autant plus singulier.

DEGAS DEMANDE PARDON…
Puis Degas fait acte de confession et d’humilité. En particulier vis à vis de son jeune modèle, Marie van Goethem (qui a posé pour sa statue de la petite danseuse de 14 ans).

« Tout vieillit en moi à part le cœur.
Je suis fatigué d’être seul.  Célibataire et vieux.
J’ai accepté un entraînement à la brutalité qui venait de mes doutes »
Contrit, Degas demande pardon. A 88 ans. Ainsi ce qui pourrait être la clé du film, est finalement dévoilée à 14’15, en privilégiant non plus le parti du peintre, mais la vision du modèle ; cette jeune danseuse éprouvée, éreintée voire humiliée après la séance de pose…

LE CAS DE LA JEUNE MODELE, MARIE… A l’atelier de Mr Degas n’a que faire du corps épuisé ; de la souffrance qu’impose la tenue de la pose ; de sa nudité surtout, impudeur éprouvante… malgré son air charmant, Degas creuse la ligne et la pose de la jeune fille, « à coups de poings dans le dos ».

Le portrait devient Ă  charge : Degas marche dans la rue
comme un vieillard qui se néglige mais farouchement antidreyfusard comme pas un à Paris. Degas contre les juifs moleste son jeune modèle… Il dénonce la place qu’occupent les juifs partout. « Jamais je ne vais dans un magasin tenu par un juif… ». Le portrait est sans appel et suscite la consternation.

Désespérée d’avoir été congédié par Degas qui la prit pour une juive, et donc a été chassée sans être payée. « Que vais je dire à Maman ? ».

Pas sûr que les admirateurs du peintre apprécient ce portrait subjectif, plutôt sombre et négatif du génie de la peinture française. Mais la 3è Scène confirme sa place à part, celle d’un lieu de création artistique, libre et original. A n’en pas douter, ce film partial donc discutable, suscite le débat sur la personnalité du peintre et sculpteur… A chacun de se faire son opinion. A la fin de la fiction, on ne cesse de s’interroger. A voir incontestablement.

Degas et moi  -  Film réalisé par Arnaud des Pallières, interprété par Michael Lonsdale et Bastien Vivès. Visible gratuitement dès le 30 octobre sur la 3e Scène. D’après la correspondance de Degas, lettre imaginaire à son ami abonné de l’Opéra, Daniel Halévy.

 

 

 

 

VISITEZ, DECOUVREZ le site de la 3è scène / Opéra National de PARIS
https://www.operadeparis.fr/3e-scene

 

 

 

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Quelques rappels sur la 3e Scène…

> Un espace de création numérique
Créée en 2015 par l’Opéra national de Paris, la 3e Scène invite des artistes de tous horizons à s’exprimer dans des genres différents : fiction, documentaire, animation, performance. Ces œuvres, disponibles gratuitement sur la plateforme 3e Scène et la chaîne Youtube, ont déjà enregistré plus de 4 millions de vues.

> D’Apichatpong Weerasethakul à Bret Easton Ellis ou Fanny Ardant
La 3e Scène offre la possibilitĂ© Ă  des cinĂ©astes, artistes contemporains, chorĂ©graphes ou Ă©crivains, de rĂ©aliser une Ĺ“uvre en lien avec l’univers de la danse, de la musique ou de l’opĂ©ra. Parmi ces artistes : Abd Al Malik, Mathieu Amalric, Fanny Ardant, Bertrand Bonello, Hiroshi Sugimoto, Jean-StĂ©phane Bron, ClĂ©ment Cogitore, Bret Easton Ellis, William Forsythe, SĂ©bastien Laudenbach, Claude LevĂŞque, Benjamin Millepied, ClĂ©mence PoĂ©sy, Eric Reinhardt, Xavier Veilhan, Jhon Rachid, Ramzi Ben Sliman, Apichatpong Weerasethakul….

 

 

> Chiffres-clés
• 54 créations originales
• 4 prix reçus par la plateforme 3e Scène à son lancement
• 49,7% de vues des films sur smartphones et tablettes
• 4,4 millions de vues depuis le lancement
• 49% de visiteurs âgés entre 15 et 34 ans
• 44% d’audience étrangère
• Plus de 20 projections « hors les murs » dont le Château de Versailles, la GaĂ®tĂ© Lyrique, les Rencontres d’Arles et le Centre Pompidou-Metz…
• Plus de 70 sélections officielles dans des festivals de cinéma en France et à l’étranger
> Retrouvez très prochainement les créations originales de Michel Ocelot, Marie Amachoukeli, Hugo Arcier, Blaise Harrison, Sergei Loznitsa et Jafar Panahi.

 

 

COMPTE-RENDU, critique, opéra. NANCY, le 17 oct 2019. REYER : Sigurd. Frédéric Chaslin (version de concert).

SIGURD-REYER-opera-de-nancy-production-nouvelle-annonce-critique-opera-classiquenewsCompte-rendu, opĂ©ra. Nancy, OpĂ©ra national de Lorraine, le 17 octobre 2019. Reyer : Sigurd. FrĂ©dĂ©ric Chaslin (version de concert). Pour fĂŞter le centenaire de la construction de son théâtre actuel, idĂ©alement situĂ© sur la place Stanislas Ă  Nancy, l’OpĂ©ra de Lorraine a eu la bonne idĂ©e de plonger dans ses archives pour remettre au goĂ»t du jour le rare Sigurd (1884) d’Ernest Reyer (1823-1909) – voir notre prĂ©sentation dĂ©taillĂ©e de l’ouvrage http://www.classiquenews.com/sigurd-de-reyer-a-nancy/ Qui se souvenait en effet que le chef d’oeuvre du compositeur d’origine marseillaise avait Ă©tĂ© donnĂ© en 1919 pour l’ouverture du nouveau théâtre nancĂ©ien ? Cette initiative est Ă  saluer, tant le retour de ce grand opĂ©ra sur les scènes contemporaines reste timide, de Montpellier en 1994 Ă  Genève en 2013, Ă  chaque fois en version de concert. On notera que FrĂ©dĂ©ric Chaslin et Marie-Ange Todorovitch sont les seuls rescapĂ©s des soirĂ©es donnĂ©es Ă  Genève voilĂ  six ans.

D’emblĂ©e, la fascination de Reyer pour Wagner se fait sentir dans le choix du livret, adaptĂ© de la saga des Nibelungen : pour autant, sa musique spectaculaire n’emprunte guère au maĂ®tre de Bayreuth, se tournant davantage vers les modèles Weber, Berlioz ou Meyerbeer. La prĂ©sence monumentale des choeurs et des interventions en bloc homogène traduit ainsi les influences germaniques, tandis que l’instrumentation manque de finesse, se basant principalement sur l’opposition rigoureuse des pupitres de cordes, avec une belle assise dans les graves et des bois piquants en ornementation. La première partie guerrière tombe ainsi dans le pompiĂ©risme avec les mĂ©lodies faciles des nombreux passages aux cuivres, il est vrai aggravĂ© par la direction trop vive de FrĂ©dĂ©ric Chaslin, … aux attaques franches et peu diffĂ©renciĂ©es. Le chef français se rattrape par la suite, dans les trois derniers actes, lorsque l’inspiration gagne en richesse de climats, tout en restant prĂŞte Ă  s’animer de la verticalitĂ© des inĂ©vitables conflits. MalgrĂ© quelques parties de remplissage dans les quelques 3h30 de musique ici proposĂ©es, Reyer donne Ă  son ouvrage un souffle Ă©pique peu commun, qui nĂ©cessite toutefois des interprètes Ă  la hauteur de l’évĂ©nement.

SIGURD Ă  Nancy
un souffle Ă©pique peu commun
un superbe plateau…

 

 

C’est prĂ©cisĂ©ment le cas avec le superbe plateau entièrement francophone (Ă  l’exception du rĂ´le-titre) rĂ©uni pour l’occasion : le tĂ©nor britannique Peter Wedd (Sigurd) fait valoir une diction très satisfaisante, Ă  l’instar d’un Michael Spyres (entendu dans un rĂ´le Ă©quivalent cet Ă©tĂ© pour Fervaal https://www.classiquenews.com/compte-rendu-opera-montpellier-le-24-juil-2019-dindy-fervaal-spyres-schonwandt). Les quelques passages en force, bien excusables tant le rĂ´le multiplie les difficultĂ©s, sont d’autant plus comprĂ©hensibles que  Peter Wedd multiplie les prises de risque, en un engagement dramatique constant. On lui prĂ©fère toutefois le Gunter de Jean-SĂ©bastien Bou, toujours impeccable dans l’Ă©loquence et l’intelligence des phrasĂ©s. Des qualitĂ©s Ă©galement audibles chez JĂ©rĂ´me Boutillier (Hagen), avec quelques couleurs supplĂ©mentaires, mais aussi un manque de tessiture grave en certains endroits dans ce rĂ´le.

Vivement applaudie, Catherine Hunold (Brunehild) fait encore valoir toute sa sensibilitĂ© et ses nuances au service d’une interprĂ©tation toujours incroyable de vĂ©ritĂ© dramatique, bien au-delĂ  des nĂ©cessitĂ©s requises par une version de concert. On ne dira jamais combien cette chanteuse aurait pu faire une carrière plus Ă©clatante encore si elle avait Ă©tĂ© dotĂ©e d’une projection plus affirmĂ©e, notamment dans les accĂ©lĂ©rations. L’une des grandes rĂ©vĂ©lations de la soirĂ©e nous vient de la Hilda de Camille Schnoor, dont le veloutĂ© de l’Ă©mission et la puissance ravissent tout du long, en des phrasĂ©s toujours nobles. A l’inverse, Marie-Ange Todorovitch (Uta) fait valoir son tempĂ©rament en une interprĂ©tation plus physique, en phase avec son rĂ´le de mère blessĂ©e, faisant oublier un lĂ©ger vibrato et une ligne parfois hachĂ©e par un sens des couleurs et des graves toujours aussi mordants. On soulignera enfin les interventions superlatives de Nicolas Cavallier et Eric Martin-Bonnet dans leurs courts rĂ´les, tandis que les choeurs des OpĂ©ras de Lorraine et d’Angers Nantes se montrent très prĂ©cis tout du long, surtout cotĂ© masculin.

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COMPTE-RENDU, critique, opĂ©ra. Nancy, OpĂ©ra national de Lorraine, le 17 octobre 2019. Reyer : Sigurd. Peter Wedd (Sigurd), Jean-SĂ©bastien Bou (Gunter), JĂ©rĂ´me Boutillier (Hagen), Catherine Hunold (Brunehild), Camille Schnoor (Hilda), Marie-Ange Todorovitch (Uta), Nicolas Cavallier (Un prĂŞtre d’Odin), Eric Martin-Bonnet (Un barde), Olivier Brunel (Rudiger), ChĹ“ur de l’OpĂ©ra national de Lorraine, Merion Powell (chef de chĹ“ur), ChĹ“ur d’Angers Nantes OpĂ©ra, Xavier Ribes (chef de chĹ“ur), Orchestre de l’OpĂ©ra national de Lorraine, FrĂ©dĂ©ric Chaslin (version de concert). A l’affiche de l’OpĂ©ra national de Lorraine les 14 et 17 octobre 2019. Photo : OpĂ©ra national de Lorraine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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APPROFONDIR (NDLR)*
L’actuelle exposition Ă  Paris : DEGAS Ă  l’opĂ©ra a mis en lumière le goĂ»t musical du peintre indĂ©pendant qui a exposĂ© avec les impressionnistes. Degas a applaudi Ă©perdument la soprano ROSA CARON crĂ©atrice du rĂ´lede Brunnhilde dans SIGURD  de REYER. L’enthousiasme du peintre, inventeur de l’art moderne en peinture Ă  l’extrĂŞme fin du XIXè fut tel que Degas Ă©crivit mĂŞme un poème pour exprimer l’émotion qui lui procurait Sigurd (applaudi plus de 36 fois Ă  l’OpĂ©ra de Paris)… Degas Ă©tait partisan du grand opĂ©ra Ă  la française quand beaucoup d’intellectuels parisiens prĂ©fĂ©raient alors l’opĂ©ra “du futur”, celui de Wagner…  LIRE notre prĂ©sentation de l’exposition « DEGAS Ă  l’opĂ©ra » jusqu’au janvier 2020 :

http://www.classiquenews.com/degas-a-lopera-presentation-de-lexposition-a-orsay/

* note / ajout de la RĂ©daction

PARIS, Musée d’Orsay : DEGAS à l’Opéra, jusqu’au 19 janvier 2020

affiche13_300PARIS, Musée d’Orsay : DEGAS à l’Opéra, jusqu’au 19 janvier 2020. C’est l’expo phare de cette rentrée 2019 et l’accrochage à ne pas manquer pour la fin d’année et la nouvelle année 2020. Créateur atypique à l’époque des impressionnistes (il est l’ami de Manet dont il croque le profil à plusieurs reprises), Edgar Degas (1834-1917), célibataire endurci, fils de banquier, observe, analyse et réinterprète la réalité ; celle de Paris, du Second Empire à la IIIè République, réussissant là où on ne l’attend jamais. Il réussit très tôt comme portraitiste. Son dessin dans la suite d’Ingres sait condenser l’expression, la situation, l’essence d’une présence.

 

 

LA FOSSE ET LE BALLET PLUTOT QUE LA SCENE LYRIQUE… Le musĂ©e d’Orsay s’intĂ©resse Ă  son travail Ă  l’OpĂ©ra de Paris. Pas une seule reprĂ©sentation d’un ouvrage lyrique, aucun chanteur d’opĂ©ra (pourtant le baryton vedette Jean-Baptiste FAURE lui commandera nombre de peintures sur le thème de l’opĂ©ra)… ce qui intĂ©resse le peintre ce sont des portraits quasi instantanĂ©s de musiciens, dans la fosse de l’orchestre de l’opĂ©ra de Paris, Salle Le Peletier puis OpĂ©ra Garnier ; des moments de spectacles… toujours liĂ©s Ă  la prĂ©sence des danseuses du Ballet de l’opĂ©ra. Elles sont d’ailleurs davantage en rĂ©pĂ©titions, corps Ă©reintĂ©s, en tension – rarement dĂ©ployĂ©es, aĂ©riennes… plutĂ´t dans une pause, après l’effort, reprenant dans des poses cassĂ©es, douloureuses, un semblant de souffle et d’élasticitĂ©.

 
 

 
 

4 clés révélées pour mieux comprendre
l’exposition DEGAS Ă  l’OPERA…

 

 

 

 

 

DANSEUSES ÉREINTÉES… Il en découle nombre de tableaux et dessins fixant les traits d’instrumentistes (violoncellistes, bassonistes, et même guitariste avec dans ce cas le seul et rare portrait de son père tant aimé, mais déjà vieux et fatigué, qui encouragea toujours les efforts de fils artiste), surtout de danseuses avec tutu, éreintées donc, au comble de l’effort ; esclaves modernes d’un divertissement devenu épreuves permanentes. Rares les figures heureuses et épanouies. Même son grand portrait (le plus grand format exposé dans ce genre) de la danseuse Eugénie Fiocre, souvenir du ballet la Source, est rêveuse, absente : songe-t-elle à un autre monde que celui fatiguant voire plus, de la danse et du spectacle à l’opéra ? Il est certain qu’elle a retiré les chaussons et les pointes, pour reposer ses petits pieds fatigués. Belle image d’une jeune âme déjà éprouvée, nostalgique d’un milieu qu’elle ignore…

Car Degas, peintre audacieux, aux cadrages inédits, parfois déconcertants, mais très inspirés de la photographie (qu’il pratique), épingle une réalité tout autre ; celle des abonnés en hauts de forme, éperviers noirs, prédateurs sexuels qui dans les coulisses séduisent et monnayent les charmes des belles nymphes chorégraphiques. Tout est représenté dans ce réalisme certes esthétique mais tout autant sociologique. Même les mères des jeunes filles, jouent volontiers les entremetteuses, prêtes à tout pour extraire quelques pièces de ce rapprochement abonnés / danseuses, guère candide.

 

 

orsay-exposition-degas-a-l-opera-opera-350-ans-exposition-presentation-classiquenews-annonce-synthese-comprendre-l-exposition-par-classiquenews-degas-danseuseCORPS, FORMES, MATIERES… En définitive, maître de son crayon et des couleurs, Degas, contemporains et proche des impressionnistes, peint l’abstraction avant l’abstraction. Comme esthète, Degas tire ces corps vers le haut et le beau idéal : le corps de la danseuse lui rappelle l’équilibre de la plastique grecque antique. On ne saurait mieux faire du moderne dans le souvenir de l’ancien. C’est qu’il est diablement cultivé ; aimant copier les peintures du Louvre comme aucun autre avant lui… Degas s’émancipe bientôt, multiplie les techniques, libère son coup de crayon, de plus en plus sûr et synthétique, des dessins aux monotypes, jusqu’aux traits noirs sur papier calque, où l’architecture du corps préfigure les Matisse et les Mondrian à venir. En 1900, les figures ne sont plus lignes mais matière iridescentes, qui se décomposent comme par implosion à travers les couleurs « orgiaques » des pastels. C’est que le sujet intéresse autant l’artiste que la réflexion sur la forme qu’il autorise.

 

 

Ainsi pendant près de 40 annĂ©es, des annĂ©es 1960 au dĂ©but des annĂ©es 1900, Degas note, dessine tout ce qu’il voit et bouge Ă  l’OpĂ©ra. Le théâtre est devenu sa « chambre Ă  lui ». Un atelier, un laboratoire aux resources et rĂ©serves de motifs, infinies. Salle et scène, loges, foyer et salle de danse – sont les lieux de cette quĂŞte de la forme qui danse, dans un espace de plus en plus abstrait.

LYRICOPHILE, DEGAS divinise la jeune DANSEUSE…. Evidemment il y a explicité le goût de Degas à l’opéra (Sigurd de Reyer, applaudie 30 fois !), ceux qui l’ont introduit dans l’institution (son ami le librettiste et compositeur Halévy)… au centre de l’exposition, manifestation la plus aboutie de cette recherche d’absolu autour du thème de la danseuse, la sculpture hyperréaliste de la Petite Danseuse de 14 ans (entre 1865 / 1881) avec son vrai tutu en tulle et son ruban de satin rose dans les cheveux de bronze : en une effigie, Edgar Degas peintre et observateur devenu sculpteur, est le Pygmalion de sa propre quête : il adore son œuvre ainsi personnifiée ; il portraiture la danseuse idéale (les pieds en quatrième position), adolescente et jeune fille, (en réalité un vrai modèle qui a posé dans son atelier : Marie van Goethem) sujet de tous les regards et de tous les fantasmes d’alors : une Salomé statufiée, troublante et bouleversante. C’est de toute évidence, dans la position du corps qui reste digne et pudique, mystérieux même, un hommage du peintre à son modèle, son intégrité sanctuarisé, fière et énigmatique, divinisé, malgré la réalité crue et sexuellement infecte qui régnait alors dans les coulisses de l’Opéra de Paris. Passionnant.

  

 

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EXPOSITION : Degas Ă  l’OpĂ©ra. Paris, MusĂ©e d’Orsay. Jusqu’au 19 janvier 2020.

Du 24 septembre au 31 dĂ©cembre : du mardi au dimanche et fĂŞtes de 9h30 Ă  18h, nocturne jeudi fĂŞtes jusqu’Ă  21h45. FermĂ© le 25 dĂ©cembre. ; Du 1er janvier au 19 janvier 2020 : du mardi au dimanche et fĂŞtes de 9h30 Ă  18h, nocturne jeudi fĂŞtes jusqu’Ă  21h45.

MusĂ©e d’Orsay
1 rue de la LĂ©gion-d’Honneur
75007 Paris
Du mardi 24 septembre 2019 au dimanche 19 janvier 2020

INFOS et réservations privilégiées

 

  

 

Livre événement. Degas par Henri Loyrette. «Je voudrais être illustre et inconnu» (Éditions Gallimard, collection « Découvertes »).

degas gallimard decouvertes expositon deags a l opera de apris musee d orsay exposition 23 sept fevrier 2020 classiquenews A76087Livre Ă©vĂ©nement. Degas par Henri Loyrette. «Je voudrais ĂŞtre illustre et inconnu» (Éditions Gallimard, collection « DĂ©couvertes »). CHANTRE DE LA MODERNITÉ… PrĂ©sentation par l’éditeur : « «Je voudrais ĂŞtre illustre et inconnu», disait Edgar Degas. Illustre, il l’est, par ses danseuses, ses jockeys, ses femmes au bain. Inconnu, Ă©galement, tant ces thèmes occultent le reste de l’Ĺ“uvre, peintures d’histoire, portraits, paysages, tant l’Ĺ“uvre a dĂ©vorĂ© la vie privĂ©e. Sur une carrière de soixante ans dont Henri Loyrette restitue la richesse et la cohĂ©rence, on dĂ©couvre alors l’insatiable curiositĂ© technique, la constante recherche d’expressions nouvelles, l’Ă©vidente continuitĂ© de la ligne mĂ©lodique ».
Notre avis… Le fils d’une famille aisée, de banquiers, doit cependant à son père (Auguste) d’être encouragé dans sa vocation artistique. Ce n’est pas tant, la ligne (cultivée toujours selon les préceptes de son « maître et idôle » Ingres), la couleur (digne des Impressionnistes dont il sera toujours très proche), la puissance de la palette et du trait (qui le rapproche d’un Manet, son ami), que son œil, qui se révèle dans son cas, déterminant. Degas méprise le milieu académique et donc le Prix de Rome : dépassé, conservateur. Il a bien raison. La modernité n’est jamais venue en peinture de ce réseau politique formaté. Degas développe une acuité de conception hors du commun à son époque. Son œil décortique l’espace (d’où des cadrages et des points de vue inédits et donc résolument « modernes »), déconstruit la forme, pour en extraire le squelette expressif, l’ossature synthétique, essentiel (d’où ce qu’il voit et capte dans le sujet des danseuses : des corps qui souffrent, des lignes qui fléchissent, des mouvements qui éreintent et forcent… au bord du claquage.

 

 

Degas moderne
L’œil déconstruit, reconstruit…

 

 

danseuses degas

 

Deux danseuses (DR)

 

Beaucoup de scènes de répétitions, de gestes et attitudes répétées, de détente aussi (dont même des danseuses qui baillent…) Entre réalisme et familiarité, jamais cela n’avait été représenté avant lui. De sorte que l’on contemple un autre Degas : non pas le peintre obsédé par les danseuses en tutu, mais l’analyste qui décrypte le dénuement et la misère de jeunes artistes démunies et souffrantes, qui phénomène que l’on commence à expliciter, sont les proies des prédateurs sexuels dans la coulisse.
affiche13_300Degas a conçu tout cela, remarquablement expliqué dans ce petit livre immanquable, indispensable viatique préparatoire pour l’exposition actuelle au Musée d’Orsay : « DEGAS à L’OPERA », jusqu’en janvier 2020. Car au juste qu’a peint Degas de l’Opéra ? La réponse est loin d’être évidente. Car Degas est un créateur tout sauf conformiste. On peut affirmer qu’en plein wagnérisme, au cœur de la France nationaliste, opposée à l’hégémonie prussienne, Degas, se passionna pour la Sigurd du marseillais Reyer, le « petit Wagner de la Canebière » (au point de la voir 30 fois à l’Opéra le Peletier, à partir de sa création à l’Opéra de paris le 12 juin 1885). Wagnérien, Reyer dans Sigurd offre une véritable alternative française au romantisme musical, puisant après Berlioz, chez Gluck, sachant colorer aussi son orchestre par des éclats fantastiques empruntés à Weber. Les amateurs du Ring, retrouvent certes les personnages de Hagen, Gunter et aussi Brünnhilde… Mais si le sujet est emprunté aux légendes nordiques, comme la Tétralogie, la conception elle est bien française.
Comme Reyer à l’opéra, Degas incarne une spécificité française, « moderne », antiacadémique, foncièrement avant-gardiste, entre 1880 et 1910. Un cas à part, et une œuvre à redécouvrir aujourd’hui.

 

 

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Livre Ă©vĂ©nement. Degas par Henri Loyrette. «Je voudrais ĂŞtre illustre et inconnu» (Éditions Gallimard, collection « DĂ©couvertes ») – 160 pages, ill., sous couverture illustrĂ©e, 125 x 178 mm
Genre : Documents et reportages Thème : arts en gĂ©nĂ©ral /peinture CatĂ©gorie > Sous-catĂ©gorie : Connaissance > Arts en gĂ©nĂ©ral – Époque : XXe-XXIe siècle – ISBN : 9782070760879 – Gencode : 9782070760879 – Code distributeur : A76087 – Première parution en 1988 -
CoĂ©dition Gallimard/RMN – Grand Palais. Nouvelle Ă©dition en 2012.
Collection Découvertes Gallimard (n° 36), Série Arts, Gallimard. CLIC de CLASSIQUENEWS

 

 

 

 

ARTE : DEGAS Ă  l’OpĂ©ra

autoportrait degas Degas_Edgar_21_autoportrait_maxARTE, dim 6 oct 2019. DEGAS Ă  l’OpĂ©ra… Au théâtre lyrique, le peintre Edgar Degas (1834 – 1917) qui dĂ©testait Wagner, c’est peut-ĂŞtre lĂ  son seul dĂ©faut, anlayse, observe, scrute les corps en mouvement. Non pas ceux des chanteurs acteurs, moins les instrumentistes en fosse (quoiqu’il joue des formes des instruments : crosses, archets, etc…), surtout ce qui passionne le peintre , quand mĂŞme un peu voyeur, ce sont les danseuses. En 1868, il immortalise la danseuse EugĂ©nie Fiocre interprète du ballet la Source, rĂ©cemment remis Ă  l’honneur de l’OpĂ©ra Garnier. Degas frĂ©quente assidument l’OpĂ©ra de Paris, alors rue Le Peletier… Puis il croque au pastel, attitudes, contorsions bridant les corps, mouvements en groupe…, port de tĂŞte, arabesques des bras, des jambes, dĂ©tail des mains. Aucun portrait sauf Fiovre au dĂ©part : que des attitudes… et des ĂŞtres qui souffrent, dans des compositions audacieuses, des cadrages photographiques. Il en dĂ©coulera la statue en cire perdue, scandaleuse tant elle est rĂ©aliste, de La Petite danseuse de 14 ans… Grâce Ă  son ami le librettiste et compositeur Ludovic HalĂ©vy, Degas peut atteindre les coulisses et assister aux cours et rĂ©pĂ©titions ses spectacles. Aucun doute, mĂŞme si après l’incendie de l’OpĂ©ra Le Peletier et au moment de l’édification du futur opĂ©ra Garnier, Degas dĂ©sormais rĂ©invente ce qu’il a vu et observĂ©, dans son atelier, le temple lyrique et chorĂ©graphique demeure son laboratoire : une source essentielle pour sa crĂ©ativitĂ© d’une exceptionnelle modernitĂ©. Mais au gĂ©nie des formes nouvelles et des dispositions novatrices, Degas, mĂŞme s’il se refuse Ă  ĂŞtre dĂ©nonciateur, peint aussi la rĂ©alitĂ© sociale du mĂ©tier de danseuse : l’exposition au dĂ©sir et Ă  la convoitise des abonnĂ©s mâles, qui, dans la coulisse, contrastant avec le raffinement et la magie de la scène, cherchent Ă  sĂ©duire et payer les jeunes crĂ©atures pour quelques heures de plaisir. De l’art Ă  la prostitution, il n’y a que quelques pas de danse, menus, menus.  Documentaire inĂ©dit, 2019. RĂ©alisation : Blandine Armand, Vincent Trisolini – 52 mn.

 

 

 

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arte_logo_2013ARTE, dim 6 oct 2019. DEGAS à l’Opéra… 17h35. Documentaire en liaison avec l’exposition événement réprésentée par le Musée d’Orsay jusqu’au 19 janvier 2020 : http://www.classiquenews.com/paris-exposition-musee-dorsay-degas-a-lopera-24-sept-2019-19-janv-2020/

 

 

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EXPOSITION, Paris, M’O : DEGAS Ă  l’OpĂ©ra (jusqu’au 19 janv 2020)

DEGAS orchestre de l opĂ©ra palais garnier degas a l opĂ©raPARIS, EXPO : DEGAS et l’OPERA. Du 24 septembre 2019 au 19 janvier 2020, le MusĂ©e d’Orsay accueille une rĂ©trospective majeure dĂ©diĂ©e au travail du peintre Edgar Degas Ă  l’OpĂ©ra de Paris: visions oniriques d’un dĂ©fenseur du ballet français qui dĂ©testait Wagner… « Sur toute sa carrière, de ses dĂ©buts dans les annĂ©es 1860 jusqu’à ses oeuvres ultimes au-delĂ  de 1900, Degas a fait de l’OpĂ©ra le point central de ses travaux, sa “chambre Ă  lui”. Il en explore les divers espaces – salle et scène, loges, foyer, salle de danse -, s’attache Ă  ceux qui les peuplent, danseuses, chanteurs, musiciens de l’orchestre, spectateurs, abonnĂ©s en habit noir hantant les coulisses. Cet univers clos est un microcosme aux infinies possibilitĂ©s ; il permet toutes les expĂ©rimentations : multiplicitĂ© des points de vue, contraste des Ă©clairages, Ă©tude du mouvement et de la vĂ©ritĂ© du geste.

LIRE notre prĂ©sentation de l’exposition et les raisons pour ne pas la manquer au MusĂ©e d’Orsay, Ă  partir du 24 septembre prochain :

http://www.classiquenews.com/paris-exposition-musee-dorsay-degas-a-lopera-24-sept-2019-19-janv-2020/?fbclid=IwAR1JkKwph04bc_243Wg3CJSvlPq2FWAkjcWA_VPCPw_qTxclByB8hMSB_Ig

Degas à l'opéra : l'exposition choc au Musée d'Orsay

PARIS, Exposition. Musée d’Orsay, DEGAS à l’Opéra : 24 sept 2019-19 janv 2020

the-orchestra-at-the-operaPARIS, MusĂ©e d’Orsay, DEGAS Ă  l’OpĂ©ra : 24 sept 2019-19 janv 2020. Quand il peint les danseuses, Edgar Degas invente un nouveau langage pictural et dĂ©nonce la prĂ©dation sexuelle en coulisses dont sont victimes les jeunes danseuses si mal payĂ©es et “chapotĂ©es” par leurs mères maquerelles… RĂ©formateur plasticien et sociologue affĂ»tĂ©, DEGAS peint et analyse.  Degas  aime les plans originaux, dĂ©calĂ©s, hors scène frontale, dans les coulisses et en dehors de la reprĂ©sentation elle-mĂŞme ; c’est pourquoi, ses vues dĂ©voilent ce qui n’est pas connu ni officialisĂ© : l’arrière de la scène, le foyer, les rĂ©pĂ©titions,… tout un monde non convenu, jamais attendu dont la libertĂ© se lit dans les poses inĂ©dites. Il peint des corps dĂ©sarticulĂ©s, et comme mĂ©canisĂ©s, c’est Ă  dire dĂ©shumanisĂ©s, mais dont la ligne est saisissante. A l’OpĂ©ra, aux cĂ´tĂ©s des danseuses et de leur travail fastidieux au Foyer, en rĂ©pĂ©tition, Degas, le peintre solitaire qui a un Ĺ“il comme personne, analyse aussi l’orchestre dans la fosse du Palais Garnier : il focuse sur le bassoniste, pĂ©nètre dans l’orchestre par les bois et l’harmonie. Les cadrages sont toujours aussi captivants car originaux et jamais vus avant lui : l’influence de la photographie est Ă©vidente. L’oeil moderne et analyste de Degas observe avec une acuitĂ© saisissante le milieu instrumental de l’OpĂ©ra de Paris…

Présentation de l’exposition par le Musée d’Orsay :
« Sur toute sa carrière, de ses dĂ©buts dans les annĂ©es 1860 jusqu’Ă  ses oeuvres ultimes au-delĂ  de 1900, Degas a fait de l’OpĂ©ra le point central de ses travaux, sa “chambre Ă  lui”. Il en explore les divers espaces – salle et scène, loges, foyer, salle de danse -, s’attache Ă  ceux qui les peuplent, danseuses, chanteurs, musiciens de l’orchestre, spectateurs, abonnĂ©s en habit noir hantant les coulisses. Cet univers clos est un microcosme aux infinies possibilitĂ©s ; il permet toutes les expĂ©rimentations : multiplicitĂ© des points de vue, contraste des Ă©clairages, Ă©tude du mouvement et de la vĂ©ritĂ© du geste.

Aucune exposition jusqu’ici n’a envisagĂ© l’OpĂ©ra globalement, Ă©tudiant tout Ă  la fois le lien passionnĂ© que Degas avait avec cette maison, ses goĂ»ts musicaux, mais aussi les infinies ressources de cette merveilleuse “boĂ®te Ă  outils”. Ă€ travers l’œuvre/ l’œil du peintre Degas, l’exposition prĂ©sentĂ© Ă  la rentrĂ©e 2019 au MusĂ©e d’Orsay, offre un superbe portrait de l’OpĂ©ra de Paris au XIXe siècle. 

 

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PARIS, exposition «  DEGAS Ă  l’OpĂ©ra », musĂ©e d’Orsay : 24 septembre 2019 – 19 janvier 2020

 
 

 
 


DEGAS orchestre de l opéra palais garnier degas a l opéra

 

 

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Commissaire général
Henri Loyrette

Commissaires
LeĂŻla Jarbouai, conservatrice arts graphiques au musĂ©e d’Orsay, Marine Kisiel, conservatrice peintures au musĂ©e d’Orsay et Kimberly Jones, conservateur des peintures françaises du XIXe siècle Ă  la National Gallery of Art de Washington

Exposition organisĂ©e par les musĂ©es d’Orsay et de l’Orangerie, Paris et la National Gallery of Art, Washington oĂą elle est programmĂ©e du 1er mars au 5 juillet 2020, et donc Ă  Paris, Ă  l’occasion du trois cent cinquantième anniversaire de l’OpĂ©ra de Paris.

https://www.musee-orsay.fr/fr/evenements/expositions/aux-musees/presentation-generale/article/degas-a-lopera-47631.html?tx_ttnews%5BbackPid%5D=254&cHash=14b265340f

  

 

 

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AGENDA CONCERT
Concert de l’Orchestre national de l’Opéra national de Paris sous la direction de Philippe Jordan
Paris, MusĂ©e d’Orsay / Grand Nef du musĂ©e – 9 dĂ©c. 2019 Ă  20h

 

 

 

 

 

 

 

CLÉS DE COMPRÉHENSION :
DEGAS à l’opéra : l’œil explore et invente du neuf…

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autoportrait degas Degas_Edgar_21_autoportrait_maxPendant toute la carrière, des annĂ©es 1860 jusqu’au-delĂ  de 1900, Degas a fait de l’OpĂ©ra le point central de ses travaux, sa “chambre Ă  lui ». Un laboratoire oĂą il puise autant de motifs linĂ©aires, des profils, des silhouettes, des formes Ă  fixer ; que des sensations au carrefour des disciplines. L’opĂ©ra, théâtre total, Ă  l’époque de Wagner, Verdi, Gounod, Massenet, compose un rĂ©servoir pour celui qui a rĂ©volutionnĂ© la peinture en la menant vers le cinĂ©ma et la photo. Degas y expĂ©rimente la multiplicitĂ© des points de vue, des cadrages audacieux (perspectives contournĂ©es, vues plongeantes : di sotto insu), le contraste des Ă©clairages, les effets inĂ©dits de la couleur et du trait, l’étude Ă  la fois analytique et synthĂ©tique du mouvement et de la vĂ©ritĂ© du geste. C’est aussi Ă  travers la ligne et la trace du pinceau, des crayons, l’acuitĂ© d’un regard qui pense : l’opĂ©ra est un lieu de spectacle et comme chez Balzac, l’endroit des situations et des relations humaines, inouĂŻes, Ă  la fois scandaleuses et fascinantes.

Psychologique, psychiatre même, Degas décrypte les apparences en une vision balzacienne : il réalise entre 1876 et 1877, la série sur le thème du Maître de ballet, puis son premier monotype, La petite Danseuse de 14 ans, de 1881, qui deviendra une statue, aussi réaliste que scandaleuse.

Ballet et Grand opéra français contre le wagnérisme

degas_opera_orchestre_comptes_rendus_382Alors en Louisiane, Degas se plaint de ne pas aller à l’opéra dont le manque le fait souffrir. Depuis la rétrospective de 1988, voici une rétrospective attendue qui précise le regard du plasticien sur l’opéra et le milieu lyrique, mais aussi ses goûts : admiration du grand opéra français, et détestation de Wagner. Degas côtoie les directeurs successifs de la Maison parisienne; il se lit avec les compositeurs Auber, Reyer, Chaussson, le corps de ballet (Mesdemoiselles Salle, Sanlaville, Van Goethem, Chabot, Biot, Mauri…), les chanteurs Jean-Baptiste Faure, Rosa Caron…, les abonnés du cercle Halévy.

Le thème des groupes qui s’affrontent, image du ballet naît dès Petites filles spartiates provoquant les garçons à la lutte (1860, Londres Nal Gallery) ; puis c’est le portrait déjà exposé en 1988 à Paris, Eugénie Fiocre dans le Ballet de la Source (1868, Brooklyn Museum, NY) ; enfin, comme une apothéose de milliers d’heures d’observation, L’orchestre de l’Opéra de Paris (Musée d’Orsay, Paris, vers 1870)… qui est aussi la revendication du génie musical français contre le germanisme envahissant.

Salle et scène, loges, foyer, salle de danse, danseuses (les fameuses « belles grappes de bras et de jambes »), chanteurs, musiciens de l’orchestre, spectateurs, abonnĂ©s en habit noir hantant les coulisses peuplent des scènes peintes ou façonnĂ©es au pastel. Au moment du 350è anniversaire de l’OpĂ©ra de Paris, voici le portrait et la visite de l’institution par un guide original et passionnant dont le goĂ»t musical se prĂ©cise Ă  mesure : Edgar Degas.

 

 
 

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 Portrait d’Eugènie Fiocre / Ballet La Source (© DR NY Brooklyn Museum)