VidĂ©o, clip : Nouvelle Chauve Souris Ă  l’OpĂ©ra de Tours, dĂ©cembre 2014

Épatante Chauve Souris Ă  l'OpĂ©ra de ToursVIDEO,clip. Tours, OpĂ©ra : nouvelle Chauve Souris. Dialogues en français, airs chantĂ©s en allemand, la nouvelle production de La Chauve-Souris de Johann Strauss II prĂ©sentĂ©e par l’OpĂ©ra de Tours les 27,28,30 et 31 dĂ©cembre 2014 rĂ©tablit l’Ă©lĂ©gance, la finesse d’une partition musicalement irrĂ©sistible et théâtralement pĂ©tillante : l’acteur et metteur en scène Jacques Duparc rĂ©invente la saveur des situations sans les dĂ©naturer, dans la fosse, Jean-Yves Ossonce fait briller couleurs et caractères des danses Ă©crites par Strauss, chez les Eisenstein, au bal du Prince Orlofsky, dans la prison de Franck oĂą chacun abat son masque… nuit de folie, nuit d’ivresse et de travestissements, La Chauve Souris est aussi la rĂ©alisation d’une vengeance, celle de Falke au dĂ©triment d’Eisenstein, dindon de la farce : le sĂ©ducteur impuni est dĂ©voilĂ© par sa femme Rosalinde masquĂ©e en comtesse hongroise… Au sein d’une distribution très homogène et scĂ©niquement impliquĂ©e, brille le soprano suave et gĂ©nĂ©reux de Vannina Santoni (Adèle/Olga), rĂ©vĂ©lation de la production. Clip vidĂ©o © classiquenews.tv. Reportage vidĂ©o Ă  venir.

LIRE aussi notre compte rendu de La Chauve Souris Ă  l’OpĂ©ra de Tours (dĂ©cembre 2014)

Nouvelle Chauve Souris Ă  l’OpĂ©ra de Tours

strauss-johann-II-petit-portrait-298-294-640px-Johann_Strauss_II_by_August_Eisenmenger_1888Tours, OpĂ©ra. Johann Strauss II : La Chauve Souris. Les 27,28,30, 31 dĂ©cembre 2014. FĂŞtez la fin 2014 avec La Chauve Souris de Johann Strauss fils : la finesse des situations rĂ©pond ici au raffinement d’une partition orchestrale totalement enivrante et pĂ©tillante comme une flĂ»te de champagne. Au dĂ©part, il s’agit d’une vengeance, celle de Falke qui ridiculisĂ© par Eisenstein : – il fut obligĂ© de traverser toute la ville habillĂ© en chauve souris avec un bec jaune -, invite son « ami » devenu cible au bal du prince Orlofsky : Eisenstein croit y sĂ©duire de nouvelles sirènes (alors qu’il est mariĂ© Ă  Rosalinde) mais il tombera dans un piège dĂ©voilant sa nature infidèle.

 

 

 

Fêtez le passage 2014-2015 à l’Opéra de Tours

La Chauve souris, joyau de Johann Strauss II

 

prinet 1905 le_balconSa propre épouse grimée en princesse hongroise se laisse séduire par lui et accepte qu’il lui offre sa montre : un objet qui permettra à la jeune femme de démontrer l’infidélité crasse de son mari… Au terme d’un soirée grisante où l’on change d’identité comme de partenaires, où la soubrette Adèle (servante des Eisenstein) s’émancipe en actrice délurée (Olga)-, Falke et son parieur Orlofsky rient d’Eisenstein copieusement ridiculisé mais trompé finalement en un dernier chœur où l’ivresse et l’insouciance collective apportent une conclusion apparemment festive et apaisée. Pourtant rien n’est résolu… Malgré la réjouissance affichée et la réconciliation des amis, Rosalinde est plus que jamais désireuse de divorcer de son époux volage.

Nouvelle Chauve Souris de Johann II Strauss à l'Opéra de ToursRien n’égale le double jeu, les apparences trompeuses, l’ambivalence d’une partition d’une séduction infinie. Au cœur de la réussite de La Chauve Souris, se déploie le génie mélodique et orchestral de Johann Strauss, heureux rival de son père, et qui ne reconnaissait qu’un seul maître : son propre frère, Josef dont on s’obstine à écarter toujours valses et poèmes symphoniques. Le roi de la valse, Johann II, a toujours reconnu la supériorité du génie de son cadet Josef, alors que ce dernier aurait préféré s’adonner à la recherche et l’ingénierie. Quoiqu’il en soit de la valeur de Johann II ou de Josef, La Chauve Souris est une opérette parmi les mieux écrites de tout le répertoire lyrique ; sous sa sémillante légèreté se cachent des joyaux d’élégance et de raffinement. Une comédie ciselée qui n’a jamais perdu de son charme ni de sa profondeur depuis sa création en avril 1874 à Vienne. Toute nouvelle production de La Chauve Souris offre une immersion dans l’ivresse musicale la plus exquise. Gageons que cette promesse se réalise particulièrement à l’Opéra de Tours en décembre 2014…

 

Jean-Beraud-An-Argument-in-the-Corridors-of-the-Opera-1889

 

 

Johann Strauss IIstrauss-johann-II-petit-portrait-298-294-640px-Johann_Strauss_II_by_August_Eisenmenger_1888
Die fledermaus, La Chauve Souris
Opérette viennoise en 3 actes, livret de Richard Genée
Création à Vienne, Theater an der Wien, le 5 avril 1874
Edition Bärenreiter (édition critique) – Chantée en Allemand, dialogues en français, surtitré en français

Tarifs : série E (de 7€ à 65€) le 31/12/2014 : série E+ (de 7€ à 70€)
RĂ©servations : 02 47 60 20 20 / www.operadetours.fr

4 représentations à Tours :

Samedi 27 décembre,  20h
Dimanche 28 décembre, 15h
Mardi 30 décembre, 20h
Mercredi 31 décembre, 20h

Orchestre Symphonique Région Centre – Tours
Chœurs de l’Opéra de Tours
(Direction : Emmanuel Trenque)

Nouvelle co-production Opéra de Tours,
Opéra de Reims, Art musical et Opéra Théâtre Grand Avignon

Avec le soutien exceptionnel de l’Association des Amis du Centre Lyrique de Tours, à l’occasion de ses soixante ans

Direction  : Jean-Yves Ossonce
Mise en scène : Jacques Duparc
Décors Christophe Vallaux et Art musical Costumes, accessoires : Art musical Lumières : Marc Delamézière

Rosalinde : Mireille Delunsch
Adele : Vannina Santoni
Prince Orlofsky : Aude Extremo
Gabriel von Eisenstein : Didier Henry
Dr Falke : Michal Partyka*
Franck : Frédéric Goncalves*
Frosch : Jacques Duparc
Alfred : Eric Huchet
Dr Blind : Jacques Lemaire

* Débuts à l’Opéra de Tours

 
Nouvelle Chauve Souris à l'Opéra de Tours

 

Illustration : une scène Ă  l’OpĂ©ra par Jean BĂ©raud, 1889. Une soirĂ©e, 1878 (DR)

Nouvelle Chauve Souris Ă  Tours

Johann_Strauss_IITours, OpĂ©ra. La Chauve Souris : 27>31 dĂ©cembre 2014. Johann Strauss fils, roi de la valse Ă  Vienne, est aussi un gĂ©nie de l’opĂ©rette. Pour preuve le raffinement dĂ©lirant jamais dĂ©menti de son joyau lyrique, La Chauve Souris… Elle avance masquĂ©e,  reste insaisissable et symbolise la folie raffinĂ©e d’une nuit d’effervescence absolue offrant aux chanteurs des rĂ´les dĂ©jantĂ©s travestis, à l’orchestre grâce Ă  l’inspiration superlative de Johann Strauss fils, une texture instrumentale ciselĂ©e,  qui incarne depuis la crĂ©ation de l’oeuvre en 1874,  le sommet de la culture viennoise associant valses envoĂ»tantes hypnotiques et dramaturgie cocasse,  drolatique, dĂ©lirante. Ainsi Ă  l’Ă©poque oĂą Paris dĂ©couvre les impressionnistes (exposition au salon de 1874),  Vienne s’abandonne dans l’ivresse d’une musique flamboyante et d’un théâtre dĂ©jantĂ© qui peut aussi se comprendre comme le miroir de sa propose vanitĂ©, comme une satire mordante autant qu’élĂ©gante de la sociĂ©tĂ© puritaine,  hypocrite,  hiĂ©rarchisĂ©e. C’est une parodie satire d’après le théâtre de boulevard parisien oĂą perce aussi la guerre des sexes. D’astucieuses jeunes femmes, la bonne (Adèle), l’Ă©pouse (Rosalinde) entendent se venger d’un Ă©poux/patron libidineux infidèle (Eisenstein)…

strauss-johann-II-petit-portrait-298-294-640px-Johann_Strauss_II_by_August_Eisenmenger_1888Les choeurs virtuoses,  la magie mĂ©lodique et le raffinement de l’orchestration qui synthĂ©tise le meilleur Strauss,  sans omettre la dĂ©licatesse de l’intrigue qui revisite les standards des comĂ©dies de boulevards mais sur un mode lĂ©ger et infiniment subtil comme les grands airs isolĂ©s (celui de la comtesse hongroise chantant dans Heimat un grand solo nostalgique d’une irrĂ©sistible sensibilitĂ© pendant la fĂŞte chez Orlofski au II)…. sont autant de qualitĂ©s complĂ©mentaires d’un spectacle d’une profondeur poĂ©tique rare et d’une expressivitĂ© palpitante pour peu que le chef et les chanteurs rĂ©unis dont la fameuse invitĂ©e surprise (gala dans l’opĂ©ra) aient Ă  coeur d’en ciseler toutes les facettes, hors de la caricature.
Souhaitons que la nouvelle production de l’OpĂ©ra de Tours rĂ©unisse l’une ou l’autre et probablement les deux car le souci du chef,  l’engagement des musiciens du Symphonique maison comme souvent la cohĂ©rence du plateau vocal rĂ©alisent d’indiscutables rĂ©ussites Ă  Tours.

 

 

Johann Strauss IIstrauss-johann-II-petit-portrait-298-294-640px-Johann_Strauss_II_by_August_Eisenmenger_1888
Die fledermaus, La Chauve Souris
Opérette viennoise en 3 actes, livret de Richard Genée
Création à Vienne, Theater an der Wien, le 5 avril 1874
Edition Bärenreiter (Ă©dition critique) – ChantĂ©e en Allemand, dialogues en français, surtitrĂ© en français

Tarifs : série E (de 7€ à 65€) le 31/12/2014 : série E+ (de 7€ à 70€)
RĂ©servations : 02 47 60 20 20 / www.operadetours.fr

4 représentations à Tours :

Samedi 27 décembre,  20h
Dimanche 28 décembre, 15h
Mardi 30 décembre, 20h
Mercredi 31 décembre, 20h

Orchestre Symphonique Région Centre – Tours
Chœurs de l’Opéra de Tours
(Direction : Emmanuel Trenque)

Nouvelle co-production Opéra de Tours,
Opéra de Reims, Art musical et Opéra Théâtre Grand Avignon

Avec le soutien exceptionnel de l’Association des Amis du Centre Lyrique de Tours, à l’occasion de ses soixante ans

Direction  : Jean-Yves Ossonce
Mise en scène : Jacques Duparc
Décors Christophe Vallaux et Art musical Costumes, accessoires : Art musical Lumières : Marc Delamézière

Rosalinde : Mireille Delunsch
Adele : Vannina Santoni
Prince Orlofsky : Aude Extremo
Gabriel von Eisenstein : Didier Henry
Dr Falke : Michal Partyka*
Franck : Frédéric Goncalves*
Frosch : Jacques Duparc
Alfred : Eric Huchet
Dr Blind : Jacques Lemaire

* Débuts à l’Opéra de Tours

Conférence des Amis du Centre Lyrique de Tours
Conférence ACLT
Samedi 13 décembre, 14h30
Salle Jean Vilar, Grand Théâtre de Tours Intervenant : Didier Roumilhac

 

Argument – synopsis

Tout commence quelques mois auparavant, quand, un matin de bringue, revenant tous deux d’un bal masqué, le rentier Gabriel von Eisenstein contraignit son ami Dr Falke, notaire, à traverser la ville, revêtu d’un déguisement de Chauve-souris. Le Dr Falke tout feignant d’en rire, jure de se venger….

Acte I : Ă  Pontoise chez Gabriel von Eisenstein

Une altercation avec un garde-champêtre a valu à Gabriel von Eisenstein huit jours de prison. Il décide d’oublier son chagrin dans le fumet d’un bon dîner avec sa femme Rosalinde. Son ami, Dr Falke, lui rend visite et lui propose de passer cette dernière soirée en joyeuse compagnie chez le Prince Orlofsky. Gabriel von Eisenstein enthousiaste accepte et après un petit mensonge à son épouse : Rosalinde, part soit disant pour « la prison » !

Rosalinde est bouleversée quand tout à coup elle reçoit la visite d’un ami d’enfance, ex et toujours amoureux « transi » , Alfred qui s’invite illico au diner en tentant de séduire celle qu’il aime encore ! Ils sont surpris par Franck, le directeur de la prison qui en fait, vient chercher le prisonnier Eisenstein. Alfred ne voulant pas révéler son identité, doit achever la soirée en prison, sous le nom de Gabriel von Eisenstein.

Rosalinde apprend par la soubrette Adèle que son mari n’est pas parti pour la prison mais pour un bal masqué avec de jolies filles. Elle décide d’y aller pour confondre son mari : elle se fera passer pour une princesse hongroise.

 

 

Acte II : Chez le Prince Orlofsky

Gabriel von Eisenstein sous un faux nom, se retrouve donc à la soirée du Prince Orlofsky avec son ami le Dr Falke. Le Directeur de la prison, Franck, est aussi invité. Sous un faux nom également, il fait la connaissance de Mr Gabriel Von Eisenstein. Arrive la « princesse Hongroise » ! Gabriel Von Eisenstein, fait une cour assidue à la prétendue Comtesse sans se rendre compte qu’il s’agit de sa propre femme ! Rosalinde se fait confier en gage d’amour sa montre, auquel son chevalier servant tient pourtant beaucoup. Elle confondra son époux en lui montrant l’objet ainsi « offert ».

 

 

Acte III : A la prison de Pontoise, à l’aube

Le lendemain à l’aube, Franck revient à sa prison, encore gris du champagne de la veille. Gabriel von Eisenstein arrive lui aussi à la prison pour faire ses « 8 jours » au grand ébahissement de Franck qui lui déclare que le « vrai » Gabriel von Eisenstein est enfermé depuis la veille. Eisenstein très intrigué se fait passer pour son avocat et interroge Alfred dans sa cellule ; sa femme Rosalinde, munie de la montre, arrive à son tour avec Dr Falke. Von Eisenstein est confondu et ne peut que s’excuser auprès de Rosalinde. Le Dr Falke avoue être l’auteur de cette machination en représailles de Gabriel von Eisenstein qui se souvient alors de cette fameuse blague du déguisement de « Chauve Souris » ! Honteux et confus Gabriel ne sera pas le dernier à en rire.

en LIRE + : prĂ©sentation complète de la nouvelle production de La Chauve Souris Ă  l’OpĂ©ra de Tours

Johann Strauss II : La Chauve Souris Ă  Nice

Strauss Johann IINice, OpĂ©ra: La Chauve Souris. Du 17 au 23 janvier 2014. Nouvelle production en 4 dates. A l’initiative du nouveau directeur artistique, Marc Adam (depuis novembre 2012), l’OpĂ©ra de Nice confirme sa nouvelle orientation lyrique et artistique et prĂ©sente sa nouvelle production de La Chauve souris Ă  partir du 17 janvier 2014. L’oeuvre la plus cĂ©lèbre de la scène viennoise de la fin du XIX ème siècle fut Ă©crite par un libĂ©ral, convaincu par les idĂ©aux rĂ©volutionnaires. Johann Strauss fils fut un ĂŞtre sanguin, passionnĂ© par la musique, violoniste virtuose (comme son père qui tenta d’empĂŞcher toujours mais vainement sa carrière), travailleur acharnĂ©, cĂ©lèbre de Vienne Ă  Saint-PĂ©tersbourg. Sa vie affective est digne d’un roman fleuve. sa première opĂ©rette immĂ©diatement applaudie dans toute l’Europe, La Chauve Souris resplendit et s’envole de nouveau, cycle habituel au moment des fĂŞtes: il y est question d’une sociĂ©tĂ© plus Ă©prises de divertissements et de champagne que de sacrifice et de tragĂ©die hĂ©roĂŻque.

Nice, Opéra
Johann Strauss II
La Chauve Souris, 1874
Die Fledermaus
Nouvelle production
4 dates : les 17, 21 et 23 janvier 2014 Ă  20h, le 19 janvier Ă  15h.

boutonreservationInformations et rĂ©servations sur le site de l’OpĂ©ra de Nice

 

 

Nouvelle Chauve souris Ă  Nice

 

Opérette en trois actes
Livret de Karl Haffner et Richard GenĂ©e d’après le vaudeville de Meilhac et HalĂ©vy Le rĂ©veillon
Créée à Vienne le 5 avril 1874
Texte chanté et dialogue en français
Adaptation Robin Belfond

Johann Strauss fils (1825-1899)
La Chauve souris, 1874
NOUVELLE PRODUCTION en coopération avec le Salzburger Landestheater

Direction musicale Bruno Ferrandis
Mise en scène Andreas Gergen
DĂ©cors Court Watson
Costumes Regina Schill
Lumières Patrick Méeüs
Chorégraphie Pascale Sabine Chevroton

Orchestre Philharmonique de Nice
Choeur de l’OpĂ©ra de Nice

Eisenstein Fabrice Dalis
Rosalinde Sophie Marin-Degor
Franck Bernard Imbert
Prince Orlofsky Karine Ohanyan
Alfred Christian Baumgaertel
Docteur Falke Boris Grappe
Docteur Blind Frédéric Diquero
Adèle Melody Louledjian
Ida Virginie Maraskin-Berrou
Frosch Noëlle Perna

 

 

 

L’Ă©lĂ©gant rebelle

 

Strauss Johann IIJohann Strauss fils a 49 ans lorsque, après avoir composé un catalogue inégalé de valses, qui a fait de lui l’empereur de la danse viennoise, il écrit sa première opérette La Chauve Souris, en 1874. A l’époque où les impressionnistes préparent la révolution chromatique qui réformera la perception de la peinture, le “directeur des bals de la Cour”, admiré de Wagner, Brahms et Liszt, enchante à nouveau son public au théâtre. Strauss s’inspire d’un vaudeville rédigé par les librettistes d’Offenbach (lequel a alors composé la majorité de son oeuvre lyrique). En effet, Meillac et Halévy lui “offrent” le prétexte à rebondissements d’une pièce, Le Réveillon, dont l’action est elle-même tirée de la pièce allemande de Benedix, La Prison. Au départ, il s’agit de la vengeance d’un notaire (qui deviendra le Docteur Falke dans la pièce de Strauss): maître Duparquet souhaite en effet punir son ami Gaillardin de l’avoir obligé à rentrer costumé, à l’aube, après une soirée bien arrosée, semant le ridicule sur son passage. Le notaire invite son ami au dîner d’un prince russe où sont également réunis le directeur de la prison où il doit séjourner, ainsi que quelques “cocottes”.

Strauss et son librettiste, Richard Genée, transforment l’intrigue et les personnages: Gaillardin, le sujet de la vengeance devient Eisenstein et le dîner russe fait place à une grande cérémonie masquée, conduisant à un bal typiquement viennois chez un prince, Orlofsky, riche et désabusé. Au souper paraissent l’épouse d’Eisenstein (Rosalinde), déguisée en comtesse hongroise (superbe prétexte pour le compositeur à composer un air typique) et aussi sa femme de chambre (Adèle), qui se présente comme une grande actrice. Au final, comme porté par l’élan des rythmes suscités par la composition, Strauss écrit sa Chauve Souris en 43 jours, en en faisaint un hymne irrépressible à la valse et au “roi”champagne. Au-delà de la comédie des masques, Strauss, comme Offenbach vis à vis de la société du Second Empire, brosse un portrait critique de la société de son époque, en particulier la faculté de la classe moyenne et bourgeoise à rompre toute licence pour “oublier” l’infamie et les misères suscités par le krach boursier contemporain, comme à s’élever socialement et prétendre au divertissement aristocratique. L’oeuvre est créé au Théâtre en der Wien, le 5 avril 1874.

Les Johann Strauss, le fils contre le père
Il y a comme toujours dans l’oeuvre légère de la sédition et une pointe acerbe tendue contre les dérèglements de la société contemporaine. L’univers de la prison, dans la Chauve Souris, met en vérité, l’accent sur des tares qu’il faudra bien régler un jour. La contestation et l’esprit de la revanche, comme celui de la vengeance, animent tout l’ouvrage: sous l’action du déguisement, il s’agit bien de donner une leçon contre celui qui produit l’humiliation. Y aurait-il des liens avec la propre vie de Johann Strauss fils qui fut toujours opposé à son père? En effet, tous deux ne se sont jamais entendus. Le père abandonne très tôt la cellule familiale pour convoler avec sa maîtresse Emilie: Johann fils n’a que 10 ans (1835). Sa mère Anna demande le divorce et éduque seule ses enfants avec une petite pension allouée par son ancien mari, alors que celui-ci mène bon train avec sa maîtresse. Pire, le père interdit à son fils de jouer (comme lui) du violon et de devenir musicien, quand sa mère l’encourage dans ses études et recopie même ses compositions. Il tentera même de saboter la première soirée de concert officielle de son fils en 1844, mais vainement. Après la révolution de 1848, les deux Johann, père et fils deviennent des ennemis politique: le premier, dans la marche de Radetszy entonne une hymne monarchiste pour celui qui a réprimé dans le sang les révoltés lombards, le second est le porte-parole de la force étudiante, rallié aux révolutionnaires et libéral. Le 3 décembre 1848, Johann le fils fait jouer La Marseillaise, ce qui lui vaut d’être inquiété par la police de l’Empereur d’Autriche et d’être mis sous contrôle. Après la mort de son père (1849), Johann fils dirige toute la musique à Vienne, héritant de son orchestre et de ses fonctions: il est fait régent des bals de la Cour Impériale, et au terme d’une tournée qui le mène de Dresde à Hambourg, est retrouvé inconscient en 1852, pour surmenage.

Vie de Johann Strauss fils
Simultanément à Vienne, Johann Strauss suscite un immense succès en Russie: invité à Pavlosk, près de Saint-Pétersbourg, il y signe un contrat annuel pour donner des concerts de musique viennoise (1855). En 1858, il rencontre une aristocrate russe Olga Smirnitzkaya qui devient sa maîtresse et qu’il voudrait épouser, mais deux années plus tard, ils doivent se séparer, la famille de la jeune femme refusant qu’il épouse un roturier. De retour à Vienne, Johann rencontre la cantatrice Jetty Treffz (1861) au cours d’une soirée dont le Baron Mortiz Todesco qui est aussi l’amant de Jetty, a le secret: le bal masqué de la Chauve Souris recréerait-il ces fastes éphémères qu’a réellement connus Strauss? Jetty décide d’épouser Johann Strauss en 1862. L’orchestre familial compte deux autres chefs, les deux frères de Johann, Josef et Eduard Strauss. La position de Johann s’élève encore: en étant nommé en 1863 (au moment où Offenbach connaît lui aussi une ascension musicale à Paris progressive), Hofball Musikdirektor, il renonce à jouer dans les faubourgs.

 

Ses frères, Josef et Eduard créent une nouvelle société de musique. Parallèlement à ses activités de chef et de compositeur, Johann s’intéresse à la musique contemporaine: il dirige Wagner dès 1854 (ouverture de Tannhäuser), rencontre Brahms en 1862, dirige aussi la musique de Tchaïkovsky (1865, l’année où Offenbach fait jouer La Belle Hélène). En 1867, il donne Le beau Danube Bleu, sans succès!, puis participe à l’Exposition universelle de Paris, pour laquelle Offenbach a composé La Grande Duchesse de Gérolstein et surtout La Vie Parisienne. Les années 1870 sont noires: Johann perd sa mère, Anna, puis son frère Josef, de santé fragile et surmené dès 1865.
En 1873, un krach boursier ruine les bourgeois et une grande partie de la noblesse viennoise. La banquier juif Rotschild qui a senti le vent venir, a transféré tous sesa voirs avant la crise: il a sauvé sa fortune, ce qui sème une levée d’antisémitisme. C’est à cette époque que Johann Strauss crée Die Fledermaus, La Chauve Souris qui recueille un succès assez tiède. En 1877, succès du Baron Tzigane, non pas à Vienne mais à Paris. Johann retrouve le cadavre de son épouse Jetty dans leur maison: pris de panique, le compositeur s’enfuit en Italie. En 1878, le compositeur épouse Angelica Dietrich: leur liaison ne durera pas, et Johann rencontre Adèle Deutsch, jeune veuve de 21 ans. Il en a 53. 1883: double première à Berlin et à Vienne d’Une nuit à Venise. Johann Strauss est devenu une personalité reconnue: pour les 40 ans de sa carrière viennoise, en 1884, il est nommé “citoyen de Vienne”. En 1885, à 50 ans, Johann quitte l’Autriche: il se convertit au protestantisme pour épouser Adèle (1887). EN 1894, célébration du jubilé de Johann Strauss comme compositeur: à Hambourg, Mahler joue Die Fledermaus, et Richard Strauss dirige Perpetuum mobile au Concert Philharmonique de Berlin. L’ année de sa mort, le compositeur assiste (et participe) au 25ème anniversaire de La Chauve Souris (22 mai, Hofoper), puis s’éteint le 3 juin suivant. Le 25 octobre 1899, une cérémonie funèbre est organisée: le Requiem allemand de Brahms est interprété. En 1907, Eduard Strauss aui a dissoud l’orchestre familiale en 1901, fait brûler l’ensemble des partitions de la société familial dont des manuscrits inédits et précieux.3 Je ne peux pas faire autrement”, dira-t-il énigmatique. Il meurt en 1916. Adèle Strauss survivra à son époux jusqu’en 1930.

Crédit photographique: Johann Strauss et Johannes Brahms (DR)