GSTAAD Menuhin Festival. BIZET : Carmen, le 24 août 2019 (Gaëlle Arquez)

gstaad-menuhin-festival-2019-PARIS-annonce-présentation-classiquenews-582GSTAAD Menuhin Festival. BIZET : Carmen, le 24 août 2019. Le samedi 24 août à 19h30, Carmen de Bizet en version de concert (Tente de Gstaad) avec dans le rôle titre, la mezzo hexagonale Gaëlle Arquez… L’esprit et le raffinement des couleurs parisiennes à GSTAAD. Le MENUHIN Festival a toujours su proposer de grands événements lyriques sous la tente. Cette Carmen devrait marquer l’édition 2019, sollicitant un plateau prometteur et les musiciens de l’opéra de Zürich. L’amour, la tendresse, le drame, le pittoresque, les couleurs… le sang espagnol ; la passion criminelle et la jalousie qui rend fou … il ya tou chez Bizet. Dans son ultime opéra, créé en 1875, et malheureux échec qui devait précipiter sa mort (foudroyé à 36 ans par un arrêt du cœur), Georges Bizet se montre grand connaisseur de l’âme humaine et en particulier de l’amour jaloux et exclusif.

 

 

CARMEN française à GSTAAD
La partition enchaîne les tubes : de la Habanera «L’amour est un oiseau rebelle» à la Séguedille «Près des remparts de Séville», chanté par la cigarière de Séville, sans omettre le langoureux et tendre «La fleur que tu m’avais jetée», Everest de tout les ténors qui ose incarner Don José, brigadier devenu contrebandier pour l’amour de Carmen.

Le plus de cette production lyrique en version de concert à GSTAAD : Gaëlle Arquez en Carmen, Marcelo Alvarez en Don José (avec de somptueux costumes selon la présentation d’annonce du Festival…).

Bizet, Prix de Rome, s’ennuie ferme dans les années 1860. Il peine à se faire un nom sur la scène lyrique parisienne. Après le Second-Empire, et la Commune (1870), malgré le wagnérisme ambiant, le jeune compositeur s’affirme en 1872 à l’Opéra-Comique avec Djamileh, un ouvrage en un acte, au parfum oriental… Fort de ce premier jalon applaudi, le compositeur reçoit une commande plus ambitieuse, avec pour librettistes Henri Meilhac et Ludovic Halévy, déjà sollicités et eux aussi remarqués par Offenbach.

Bizet choisit lui-même la nouvelle Carmen de Prosper Mérimée, roman hispanisant écrit dans les années 1830 ; le compositeur s’inspire aussi du poème Les Gitans de Pouchkine (1824). La première de Carmen a lieu le 3 mars 1875. L’accueil est froid car le meurtre représenté sur scène, la sauvagerie du portrait de l’héroïne, le réalisme de l’action, souvent brutale et exacerbée, ne manque pas de surprendre voire de choquer. Même Jacques Offenbach présent à la première, crie que Bizet lui a volé l’air de Micaëla du troisième acte!
Tout cela crée un parfum de scandale. Puccini s’en souviendra, la crudité naturaliste de Bizet en moins. Pourtant comme il est très bien expliqué dans le livret programme édité par le GSTAAD MENHIN Festival, « Bizet ne fait autre chose que de renvoyer à la bourgeoisie l’image de sa propre hypocrisie décadente! ». Un effet de miroir qui frappe encore aujourd’hui par sa justesse.

Son ami Ernest Guiraud remplace les dialogues parlés (propre au style de l’opéra comique et un rien maniéristes) par des récitatifs qui s’inscrivent mieux entre chaque séquence dramatique dont le sens du coloris et le dramatisme intense, ne cessent de captiver, de la première apparition de Carmen, à sa mort, près des arènes de Séville…

 
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Infos pratiques :
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Georges Bizet (1838–1875) «Carmen»,
Oper in 4 Akten / Opéra en 4 actes – halbszenische Aufführung

GAËLLE ARQUEZ, Mezzosopran (Carmen)
MARCELO ALVAREZ, Tenor (Don José)
JULIE FUCHS, Sopran (Micaëla)
LUCA PISARONI, Bariton (Escamillo)
ULIANA ALEXYUK, Sopran (Frasquita)
SINÉAD O’KELLY, Mezzosopran (Mercédès)
MANUEL WALSER, Tenor (Le Dancaïre)
OMER KOBILJAK, Tenor (Le Remendado)
ALEXANDER KIECHLE, Bass (Zuniga)
DEAN MURPHY, Bariton (Moralès)
KINDERCHOR DES OPERNHAUS ZÃœRICH
PHILHARMONISCHER CHOR BRNO / PETR FIALA, Einstudierung
ORCHESTER DER OPER ZÜRICH – PHILHARMONIA ZÜRICH
MARCO ARMILIATO, direction
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boutonreservationGSTAAD Menuhin Festival. BIZET : Carmen, le 24 août 2019. A 19h30, en version de concert (sous la tente de Gstaad) – RESERVEZ VOTRE PLACE

 

 

 

 

COMPTE-RENDU, opéra. LUXEMBOURG, le 10 mai 2019. BIZET : Les Pêcheurs de perles. D Reiland / FC Bergman

Compte-rendu, opéra. Luxembourg, Grand Théâtre, le 10 mai 2019. Bizet : Les Pêcheurs de perles. David Reiland / FC Bergman (Stef Aerts, Marie Vinck, Thomas Verstraeten, Joé Agemans). Conçue par l’Opéra des Flandres en fin d’année dernière, la nouvelle production des Pêcheurs de perles de Georges Bizet (1838-1875) fait halte à Luxembourg en ce début de printemps avec un plateau vocal identique. Il est à noter que ce spectacle de très bonne tenue sera repris début 2020 à l’Opéra de Lille avec des chanteurs et un chef différents : une excellente initiative, tant s’avère réjouissant le travail du collectif théâtral anversois « FC Bergman », dont c’est là la toute première mise en scène lyrique.

 

 

 

Le jeune Bizet au Luxembourg

Première réussie pour FC BERGMAN

 

 

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Ce collectif créé en 2008 a en effet la bonne idée de transposer l’action des Pêcheurs de perles dans une maison de retraite, ce qui permet au trio amoureux de revivre les événements les ayant conduits à l’impasse : des doubles de Leïla et Nadir, interprétés par deux jeunes danseurs, revisitent ainsi le superbe décor tournant, constitué d’une immense vague figée qui symbolise les illusions perdues des protagonistes. Le travail de FC Bergman fourmille de détails savoureux, distillant quelques traits humoristiques bienvenus pour corser l’action : ainsi du chœur des retraités aussi farfelu qu’attentif au respect de « l’ordre moral ». Pour autant, la mise en scène n’en oublie pas de dénoncer le tabou de la mort dans les maisons de retraite, donnant à voir la fin de vie dans toute sa crudité. On rit jaune, mais on s’amuse beaucoup de ce second degré qui permet d’animer un livret parfois redondant et statique : de quoi compenser les faiblesses d’inspiration de ce tout premier ouvrage lyrique d’envergure de Bizet, créé en 1863, soit douze ans avant l’ultime chef d’œuvre Carmen. On notera également quelques traits de poésie astucieusement traités au niveau technique, tels ces doubles figés comme des statues aux poses acrobatiques improbables, qui défient les lois de l’attraction terrestre. De même, le ballet des tourtereaux en tenue d’Eve est parfaitement justifié au niveau théâtral.

 

 

 

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Face à cette mise en scène réussie, le plateau vocal réuni se montre plus inégal en comparaison. Ainsi du décevant Zurga de Stefano Antonucci, dont le placement de voix et la justesse sont mis à mal par les redoutables changements de registres. Le chant manque de l’agilité requise, avec une émission étroite dans l’aigu, et plus encore étranglée dans le suraigu : le public, chaleureux en fin de représentation, ne semble pas lui en tenir rigueur pour autant. Il est vrai que le chant idéalement projeté d’Elena Tsallagova (Leïla) emporte l’adhésion d’emblée par une diction au velouté sensuel, d’une aisance confondante dans l’aigu. Il ne lui manque qu’un grave plus affirmé encore pour faire partie des grandes de demain. A ses côtés, Charles Workman (Nadir) assure bien sa partie malgré un timbre qui manque de couleurs. On aime son jeu et sa classe naturelle qui apportent beaucoup de crédibilité à son rôle. A ses côtés, le Chœur de l’Opéra des Flandres manque sa première intervention, manifestement incapable d’éviter les décalages dans les accélérations, avant de se reprendre ensuite dans les parties plus apaisées.

L’une des plus belles satisfactions de la soirée vient de la fosse, où David Reiland (né en 1979) fait crépiter un Orchestre de l’Opéra des Flandres admirable d’engagement.

Récemment nommé directeur musical de l’Orchestre national de Metz (en 2018), le chef belge n’a pas son pareil pour exalter les contrastes et conduire le récit en un sens dramatique toujours précis et éloquent. David Reiland fait désormais parti de ces chefs à suivre de très près.

 

 

 

 

 

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Compte-rendu, opéra. Luxembourg, Grand Théâtre, le 10 mai 2019. Bizet : Les Pêcheurs de perles. Elena Tsallagova (Leïla), Charles Workman (Nadir), Stefano Antonucci (Zurga), Stanislav Vorobyov (Nourabad, Jeune Zurga), Bianca Zueneli (Jeune Leïla), Jan Deboom (Jeune Nadir). Chœur et Orchestre de l’Opéra des Flandres, direction musicale, David Reiland / mise en scène, FC Bergman (Stef Aerts, Marie Vinck, Thomas Verstraeten, Joé Agemans)

A l’affiche du Grand Théâtre de Luxembourg jusqu’au 10 mai 2019. Crédit photo : Annemie Augustins

 

 

 

Les Pêcheurs de Perles de Bizet au cinéma

Cinéma. En direct du Met, le 16 janvier 2016, 18h55. Bizet:Les Pêcheurs de perles. Avec Diana Damrau, soprano vedette, récente Traviata sur la scène de l’Opéra Bastille, qui chante donc Leïla – la grande prêtresse hindoue, la nouvelle production des Pêcheurs de Perles de Bizet crée outre Atlantique, l’événement lyrique de ce début d’année 2016, comme La Scala le 7 décembre 2015 avait créé l’événement grâce à la diva austro russe Anna Netrebko dans le rôle de Giovanna d’Arco sous la direction de Riccardo Chailly.

En direct du Metropolitan Opera de New York

Les Pêcheurs de Perles au cinéma

pecheurs perles bizet diana damrau metropolitan opera new york cinemaEn janvier 2016, le Metropolitan Opera de New York affiche donc The Pearl fischers – Les Pêcheurs de Perles, opéra orientaliste de Georges Bizet, futur auteur de l’espagnolade lyrique, Carmen, d’après Mérimée. Les Pêcheurs de Perles n’avaient pas été produits sur la scène new yorkaise depuis 100 ans. Créé en 1863, et donc propre à l’esthétique éclectique et néo-orientale du Second Empire,  Les Pêcheurs de Perles convoque le rêve indien où deux hommes au début liés par un pacte d’amitié (Zurga, chef des pêcheurs, baryton) et Nadir qui revient d’un long périple (ténor), se retrouvent rivaux, désirant la même femme Leïla, devenue prêtresse vouée à la chasteté, dont ils ne devaient tous deux jamais s’éprendre. Après maintes péripéties, où Zurga, rongé par la jalousie, les dénonce puis les défend, enfin, généreux et porté par le pardon, laisse les deux amants fuir le village où ils devaient être brûlés vifs.

Si Berlioz loue les qualités de l’orchestration (particulièrement raffinée) comme la séduction de l’inspiration mélodique (se distinguent entre autres de nombreux airs mémorables : duo Zurga/Nadir (C’est toi… au fond du temple saint), duo Leila/Nadir (Ton cÅ“ur n’a pas compris), sans omettre la fameuse Romance de Nadir (d’une tendresse orientale), la partition tombe dans l’oubli, donnant jour à des versions remaniées et dénaturées, enfin écartées grâce au travail du musicologue Michel Poupet (1973) qui fixe la version officielle, autographe telle que l’avait conçue Bizet en 1863 (présentée pour la première fois par le Welsh National Opera, Ecosse). Les connaisseurs savent reconnaître au-delà de la séduction musicale qui rend un hommage direct à Gounod (maître de Bizet), le clair génie lyrique du compositeur, futur auteur de Carmen, quelques 12 années plus tard. Jamais Bizet ne fut aussi séducteur et sensuel que dans Les Pêcheurs de Perles.

Les Pêcheurs de Perles de Bizet au Metropolitan Opera de New York, mise en scène de Penny Woolcock. Durée : 2h30mn, chanté en français.

Cinéma. En direct du Met, le 16 janvier 2016, 18h55. Bizet:Les Pêcheurs de perles. Avec Diana Damrau, dans les salles de cinéma partenaires (réseau pathelive.com)

BizetLes Pêcheurs de Perles, qualités d’une partition orientaliste. L’oeuvre est le produit de la rencontre entre le directeur du Théâtre Lyrique, Léon Carvalho, défenseur des jeunes auteurs pour le théâtre et Georges Bizet (suivront dans le prolongement de leur entente : La Jolie Fille de Perth, et L’Arlésienne). Carvalho donne sa chance au compositeur prix de Rome : il devra livrer une nouvel opéra où sur l’île de Ceylan, les deux amis Zurga et Nadir s’opposent malgré eux puis se réconcilie autour de la belle Leïla. Dès la création, Berlioz loue non seulement le génie d’orchestrateur de Bizet (le thème de la déesse, fixant d’abord le duo préalable Zurga / Nadir, revient huit fois dans la partition), mais aussi son intelligence dramatique. Ainsi l’éclat du finale du III, avec un chÅ“ur sublime qui annonce la force collective de Carmen, est célébré : le peuple réclame alors la mort des deux amants maudits, Nadir et Leïla. A contrario de l’enthousiasme de Berlioz, le jeune Chabrier, âgé de 22 ans, non sans jalousie, reproche à Bizet son manque de personnalité (« le grand défaut de la musique de Bizet est de manquer de style ou plutôt de les voir tous.. », relevant ici un emprunt à Gounod, Félicien David, et même Verdi…). Et de conclure : « en un mot, Bizet n’est presque jamais et nous le voulons lui, car il peut beaucoup sans le secours des autres. ». A sa créaction en 1863, la partition tint l’affiche du Théâtre Lyrique, 18 fois : honnête succès qui suscita aussi l’enthousiasme d’un Prix de Rome, Emile Paladilhe (« cette partition est très remarquable et bien supérieure à tout ce que font aujourd’hui Auber, Thomas, Clapisson, Reber…. »). Carvalho reprit l’ouvrage à l’Opéra Comique en 1893, installant désormais l’opéra au répertoire.

 

Livres, compte rendu critique. Jérôme Bastianelli. Georges Bizet (Actes Sud)

bizet, georges biographie portrait jerome bastianelli presentation review account of compte rendu critique du livre sur CLASSIQUENEWS livres critiqueLivres, compte rendu critique. Jérôme Bastianelli. Georges Bizet (Actes Sud). On pensait tout connaître de la vie et de l’œuvre de Georges Bizet (1838-1875 ; mort à 37 ans), l’auteur de l’inusable opéra Carmen (créé en mars 1875) qui lui valut bien des déboires et surtout une dépression, prolongeant l’échec d’à peu près tous ses ouvrages lyriques portés à la scène, au cours de sa courte vie : Bizet ne devait pas se remettre de la déception du peu d’intérêt pour sa Carmen, et il meurt quelques mois après la création, en juin 1875. Le texte d’un style fluide et très documenté éclaire les épisodes d’une existence besogneuse marquée essentiellement par l’absence de vrai succès musical. Un comble pour celui qui est aujourd’hui unanimement célébré et joué partout sur la planète pour Carmen. Bizet se dévoile ainsi en pianiste virtuose qui rechignant une carrière de concertiste, préfère l’enfer de la pédagogie à quelques élèves privés ; le musicien admire au delà de tout, Bach et Mozart. Son maître ne fut pas Halévy (avec lequel il étudia un temps la composition) mais Charles Gounod dont il suit à la trace chaque création, dont il connaît chaque note et chaque séquence instrumentale… Désireux de se faire un nom sur la scène lyrique, Bizet ose vainement l’Opéra, puis se tourne vers le Théâtre Lyrique et l’Opéra comique : nombre de partitions sont proposées Ivan IV, et même un chef d’oeuvre détruit, La coupe… d’autres, les Pêcheurs de perles ou La Jolie fille de Perth, à peine remarqués par un public boudeur et versatile. Sa Symphonie en ut (jaillissement de son jeune génie, composée en 1855) montre le cas d’un jeune prodige qui dépasse toutes les tentatives symphoniques à son époque ! Et dire que la partition n’ a été découverte et créée qu’au XXème siècle (1935).

Le tempérament Bizet

Pourtant Bizet, Prix de Rome (en 1857) fut un orchestrateur de génie, dont la sensibilité reste exceptionnelle à son époque. Nietzsche, dans le conflit qui l’oppose à Wagner en fera son champion : soulignant la lumière du premier contre les brumes coupables du second. A travers cette récupération esthétique, on voit bien que le cas Bizet résiste à toute réduction et à tout étiquetage : non l’auteur de Carmen ne se réduit pas à ce seul opéra qui clôt une vie difficile et frustrante. De pages en page, à travers les quatre chapitres (“Orchestre, Piano, Théâtre, Destinées“), la présentation des oeuvres et leur analyse première dévoilent enfin un tempérament raffiné, qui porte en lui, les promesses de la tradition française, portée vers la transparence, le raffinement instrumental, la couleur et la construction dramatique. Même Berlioz loua le génie du jeune Bizet (lequel assure la partie de piano lors des répétitions pour la création de L’enfance du Christ). Le portrait affirme une invention puissante, dopée à l’échec, désireuse de dépassement, et porteuse d’accomplissement. Il n’y a pas comme il est indiqué au verso du livre et de façon surprenante et incorrecte, ce «  compositeur lyrique indécis ». Toute sa vie, Bizet fut inspiré par le feu sacré, malgré sa bonhommie naturelle et son naturel aimable : sans cette autodétermination qu’exprime bien le texte dans sa globalité, l’auteur de Carmen n’aurait jamais pu accouché d’un tel chef d’oeuvre en mars 1875.

Livres, compte rendu critique. Jérôme Bastianelli. Georges Bizet (Actes Sud, collection Classica). Parution : septembres 2015. 176 pages. ISBN 978-2-330-05306-2. Prix indicatif : 17,80€.

Orange. Mikko Franck dirige Carmen

mikko frank dirigeantOrange, Chorégies. Carmen de Bizet par Mikko Franck. Les 8, 11, 14 juillet 2015.  C’est évidemment la production événement des Chorégies cette année, avec en fosse, l’excellent et bouillonnant finnois Mikko Franck, l’une des meilleures baguettes pour l’opéra au monde à l’heure actuelle. Sa direction fine et poétique, d’une fièvre ardente et raffinée, – s’il est inspiré suffisamment évidemment car l’humeur du bonhomme est changeante-, devrait éblouir dans le Théâtre Antique. On se souvient ici même d’une Tosca orchestralement à tomber (2010), qui a permis au festival d’Orange de renouer avec ses heures les plus glorieuses.
Comme Nietzsche (déçu de Wagner son ex idole), succombez à la chaleur sensuelle de la cigarière vénéneuse, Carmen dont Bizet fait une maîtresse amoureuse, passionnée et libre de son destin. A peine a-t-elle séduit le brigadier devenu contrebandier pour elle, José, que la brune ensorceleuse créée par Mérimée trente années auparavant, désire un nouvel homme, la vedette des arènes en liesse, capable de défier le taureau le plus agressif : Escamillo. Entre ces deux hommes, José/Escamillo, Carmen dévoile sa vraie nature, sauvage et entière, flamboyante et radicale. Pourtant scandaleuse la partition, grâce à ses couleurs si délicieusement méditerranéennes (source de l’enchantement d’un Nietzsche justement), suscite un triomphe tenace, malgré la création électrique qui acheva l’auteur. Pas moins de 33 représentations à l’Opéra-Comique, entre la première le 3 mars 1875 et le décès de Bizet, au mois de juin suivant.
bizet georgesEn 2015, Orange accueille ainsi sa 9ème production de Carmen (depuis 1984) où sous la direction de Mikko Franck qui dirige l’orchestre Philharmonique de Radio France dont il sera directeur musical en 2016, brillent les deux étoiles de la soirée : Kate Aldrich (Carmen) et le ténor célébrissime, Jonas Kaufmann( Don José)… A suivre aussi, dans les rôles secondaires : Hélène Guilmette (Frasquita), Armanda Noguera en Moralès… La mise en scène quant à elle s’avère bien terne, exploitant si peu les excellents acteurs chanteurs pourtant prêts à tout oser.

Chorégies d’Orange
Carmen de Bizet
Mikko Franck, direction
Les 8, 11 et 14 juillet 2015
Réserver sur le site des Chorégies d’Orange

En direct sur France 3, samedi 11 juillet 2015 à partir de 21h30

Opéra, compte rendu critique. Liège. Opéra Royal de Wallonie, le 17 avril 2015. Georges Bizet : Les Pêcheurs de perles. Anne-Catherine Gillet, Marc Laho, Lionel Lhote, Roger Joakim. Paolo Arrivabeni, direction musicale. Yoshi Oida, mise en scène

bizet georgesA travers ces Pêcheurs de perles, l’Opéra Royal de Wallonie tend la main à la glorieuse histoire du chant en Belgique. En effet, la distribution est exclusivement composée de chanteurs du pays, pour un résultat à saluer bien bas. On soupire d’aise devant une telle clarté dans la diction et un style aussi juste, l’école de chant belge paraissant avoir conservé dans son enseignement des traditions qui se sont un peu perdues dans l’Hexagone. A commencer par Marc Laho, qui (re)trouve en Nadir un emploi idéal pour ses moyens vocaux, permettant de faire admirer tant le métal de son médium que la mixte subtile de ses aigus, particulièrement mise en valeur dans la fameuse romance, superbement chantée. L’évolution de son instrument vers un répertoire plus large permet en outre de donner au personnage du pêcheur une vaillance qu’il n’a pas toujours aujourd’hui.

 

 

 

L’Opéra royal de Wallonie ment en scène l’autre chef d’Å“uvre de Bizet, teinté d’orientalisme : Les Pêcheurs de Perles….

Pêcheurs de Belges

 

A ses côtés, on retrouve avec bonheur Anne-Catherine Gillet, qui paraît avoir approfondi et mûri sa Leila depuis les concerts nantais de l’an dernier. Le timbre est toujours aussi transparent qu’un cristal de roche et le vibratello qui fait sa signature donne toujours à chacune de ses inflexions un caractère naturellement émouvant. La figure forte et fragile à la fois de la jeune femme s’incarne comme une évidence dans la gracieuse silhouette de la soprano, et on se souviendra longtemps d’un « Comme autre fois » palpitant et frémissant, glissant le long d’un tendre legato ; comme on n’oubliera pas de sitôt une confrontation avec Zurga au désespoir rageur.
Zurga qui se révèle comme le grand triomphateur de la soirée. On est heureux d’entendre Lionel Lhote dans ce rôle emblématique de grand baryton français.
La maîtrise de la partition est totale, chaque phrase sonnant pleine et habitée, le chanteur ne se départissant jamais, jusque dans la colère, d’une grande majesté.
En outre, on admire le sombre velours du timbre qui enrobe une rare maîtrise de la déclamation lyrique, et on rend les armes devant un aigu inépuisable, osant un retentissant la naturel durant le premier acte, et, témérité suprême, achevant son duo avec Leila à l’unisson de sa partenaire, avec un rarissime si bémol aigu !
Pour compléter ce trio de superbe facture, le Nourabad luxueux de Roger Joakim laisse sonner sa belle voix de baryton-basse dont on ne perd pas un mot. Un vrai quarté gagnant.

L’excellence lyrique made in Wallonie...

Galvanisant l’orchestre et les chœurs de la maison, profondément impliqués dans l’aventure, Paolo Arrivabeni dirige ici ce qu’il considère comme son premier véritable opéra français, à savoir écrit par un compositeur français. Une gageure pour le chef italien, mais un défi relevé avec maestria, tant sa compréhension de cette écriture spécifique est grande. Le drame reste toujours présent, l’orchestre tourbillonnant et faisant sans cesse avancer l’action, ménageant aux bons moments des instants contemplatifs qui permettent l’apaisement avant l’orage.
Une direction intensément théâtrale, au diapason de la mise en scène de Yoshi Oida, créée Salle Favart voilà trois ans. La scénographie imaginée par le comédien japonais n’a rien perdu de son efficacité ni de sa poésie grâce à un orientalisme sobre et des lumières de toute beauté, servant une direction d’acteurs d’une belle justesse et d’une grande force. Une excellente soirée, faisant honneur au lyrisme made in Wallonie.

Opéra, compte rendu critique. Liège. Opéra Royal de Wallonie, 17 avril 2015. Georges Bizet : Les Pêcheurs de perles. Livret d’Eugène Cormon et Michel Carré. Avec Leila : Anne-Catherine Gillet ; Nadir : Marc Laho ; Zurga : Lionel Lhote ; Nourabad : Roger Joakim. Chœurs de l’Opéra Royal de Wallonie ; Chef de chœur : Marcel Seminara. Orchestre de l’Opéra Royal de Wallonie. Direction musicale : Paolo Arrivabeni. Mise en scène : Yoshi Oida. Assistant à la mise en scène : Samuel Vittoz ; Décors : Tom Schenk ; Costumes : Richard Hudson ; Lumières : Fabrice Kebour

 

 

Concert Bizet, Prokofiev à Tours

sergei-prokofievTours. Concert Bizet, Prokofiev. Jean-Yves Ossonce. Les 21, 22 mars 2015. Suite de la saison symphonique de l’Opéra de Tours avec sous la conduite de Jean-Yves Ossonce, Jeux d’enfants de Bizet, puis quelques extraits de Romeo et Juliette et la Symphonie concertante pour violoncelle opus 125 de Prokofiev (soliste : Xavier Phillips). Avant Carmen et ses sublimes couleurs méditerranéennes, Bizet orchestre avec une finesse rare ce qui n’existait alors que sous la forme d’une partition pour quatre mains : Jeux d’enfants. L’énergie, la transparence, la clarté s’y imposent sans lourdeur.  Prokofiev compose sa Symphonie concertante pour violoncelle pour Rostropovitch : l’oeuvre est créée sous la baguette du pianiste Sviatoslav Richter, seule incursion du soliste comme chef. Partition furieuse voire tellurique, éperdue et même ivre, bercée par l’amour deux adolescents, le ballet Roméo et Juliette de Prokofiev conclue par extraits, le concert symphonique de l’Orchestre symphonique Région Centre Tours.

 

 

 

 

Jeux d’enfants de Bizet, opus 22

bizet georgesErudit mais pas aussi strictement wagnérien qu’on l’a dit de son vivant, d’une sensibilité méditerranéenne (Nietzsche à propos des tam tam de Carmen), mélodiste raffiné et orchestrateur subtil, Bizet qui ne connut jamais la juste reconnaissance due à son génie, écrit avec une sincérité saisissante la partition de Jeux d’enfants à partir de sa partition première pour piano. Sur les 12 pièces originelles pour le clavier, les compositeur en orchestre ainsi 5 constituant une Petite Suite : Marche, berceuse (andantino simplice), Impromptu, Duo (andantino) et Galop (presto)… Le cycle fut particulièrement applaudie sous la forme d’un ballet créé au sein des Ballets Russes de Diaghilev en 1932 à Monte Carlo. D’une précision rafraîchissante, d’une énergie enfantine printanière, la Suite sait aussi charmer pour son intériorité comme l’atteste le sentiment des deux andantinos : Berceuse et Duo. Bizet, symphoniste maîtrisé affirme son tempérament ici par son sens de l’épure qu’il sait modeler dans un raffinement harmonique et une orchestration légère particulièrement juste. Jeux d’enfants pour orchestre fut créé à l’Odéon par Edouard Colonne en 1873 sans guère de succès.

 

 

 

boutonreservationConcert symphonique Bizet, Prokofiev
Samedi 21 mars 2015, 20h
Dimanche 22 mars 2015, 17h 

 

Conférences les 21 mars à 19h, et 22 mars à 16h
Grand Théâtre, salle Jean Vilar. Entrée gratuite

Programme :

Georges Bizet
Jeux d’enfants, op.22

Sergueï Prokofiev
Symphonie concertante pour violoncelle, op.125

Sergueï Prokofiev
Roméo et Juliette (extraits)

Orchestre Symphonique Région Centre-Tours
Xavier Phillips, violoncelle
Jean-Yves Ossonce, direction

Illustrations : Prokofiev, Bizet (DR)

Carmen de Bizet

logo_francemusiqueGARANCA ELINA new york carmen Kaufmann garanca7France Musique. Le 7 mars 2015, 19h. Carmen en direct du Metropolitan Opera de New York. Sous la direction de Louis Langrée, la mezzo sensuelle vénéneuse venue de Lettonie, Elina Garanca enchante les sens et vampirise le pauvre José qui cependant sera son bourreau… Sur le plateau new yorkais, Jonas Kaufmann incarne aussi avec intensité, subtilité, et passion, le feu méditerranéen qui traverse toute la partition de Bizet, son chef d’oeuvre, solarisant le roman de Mérimée dont il fait une fresque chatoyante et scintillante en hommage au raffinement ibérique.

Elina GarancaAvec AIlyn Pérez (Micaëla), Gabor Bretz (Escamillo). Femme provocante et libre, Carmen assume son orgueil, sa fantaisie dévorante : elle s’entiche d’abord pour le brigadier José, puis l’écarte pour le torero, vainqueur des arènes, Escamillo. Mais on aurait tort d’étiqueter trop vite les virilités en présence : José le faible, Escamillo, la star testostéronée… C’est bien José, transfiguré et rendu fou par l’amour qu’il ressent pour la cigarière, qui la tue en une ultime confrontation, dans la clameur de l’arène où est confirmé le triomphe d’Escamillo. Le portrait de Carmen est particulièrement fouillé par Bizet qui fait de son héroïne, une figure suave mais aussi tragique (le fameux trio des cartes dévoile l’âme ténébreuse, consciente, funèbre de la femme qui assume pleinement son destin et sa posture : un double féminin de Don Giovanni. L’orchestre scintille, d’un raffinement instrumental inouï. Carmen est un opéra hypnotique qui exige d’excellents chanteurs acteurs et un  chef aussi puissant, dramatique que fin et subtil. Pas sûr que la baguette de Louis Langrée relève les défis d’une partition admirée par Nietzsche, revenu de Wagner. Aux brumes coupables empoisonnées du Germanique, le philosophe préfère désormais le soleil  brûlant et les rythmes africains de Carmen.

+ d’infos sur le site du Metropolitan Opera : http://www.metopera.org/opera/carmen-bizet-tickets?icamp=carmen&iloc=hpg

Livres. La Habanera de Carmen par Hervé Lacombe et Christine Rodriguez (Fayard).

carmen la habanera de carmen naissance d'un tube herve lacombe christine rodriguez fayard carmen habanera livresLivres. La Habanera de Carmen par Hervé Lacombe et  Christine Rodriguez (Fayard). Le romantisme à l’opéra a longtemps imposer sur le planches la figure sacrifiée de la femme immolée, fille, épouse, jeune mariée dévoilée, abandonnée, sans victoire sinon la dignité blessée d’une victime toujours trahie ou répudiée. De Lucia à Violetta, sans omettre Norma ou Jenufa… les compositeurs inspirés par les écrivains ont offert de sublimes portraits de femmes détruites. Or surgit en France, l’alternative sublime conçue par Bizet et sa Carmen (et si admirés par Nietzsche maudissant alors les vapeurs culpabilisantes de Wagner) : une lionne, indépendante et forte, enfin maîtresse de son destin ; une femme qui d’abord s’impose par son corps, une sensualité lascive inimaginable alors, inédite, scandaleuse : libre.  C’est ce corps en son déhanchement chorégraphie qu’analysent scrupuleusement les auteurs, soulignant la force d’une image devenue légendaire : Carmen c’est l’icône de la féminité enfin libérée et conquérante. Le génie de Bizet est d’avoir ciselé l’une des musiques les plus envoûtantes : la Habanera, entrée inoubliable de la cigarière, est devenue légitimement un tube universel qui concentre et cultive le mystère féminin.

Carmen : aux origines du mythe

CLIC_macaron_20dec13De Mérimée à Bizet, Carmen et sa chanson sont devenues source d’inspiration pour bon nombre de chanteurs du XXè et XXIè siècles : un succès actuel jamais atténué. Les chanteurs de variétés européens, américains et même asiatiques, le rock underground, le cinéma, nombre de séries télévisées américaines, maintes publicités – fascinent  depuis cent quarante ans un public bien plus vaste que celui qui se passionne pour l’art lyrique ?

Hervé Lacombe et Christine Rodriguez démêlent l’écheveau des influences et des sources diverses de la mélodie entêtante : « l’amour est enfant de Bohème… tu crois l’éviter, il te tient… ». De Cuba à Paris, ils dévoilent les composantes de ce chant de sirène postromantique, synthèse orientalisante de tous les fantasmes érotiques d’une époque qui brilla par son hypocrisie puritaine. « Le voyage, le nomadisme, la danse ont à voir avec la leçon amoureuse de Carmen ». En analysant tous les enjeux d’une des scènes d’entrées à l’opéra parmi les plus impressionnantes qui soient, les auteurs interrogent et célèbrent la réussite d’une figure brûlante, corps scandaleux, dévoilé que renforce l’aplomb et la posture d’une femme  dominatrice. Ce monstre magnifique, sa chanson enivrante, inoubliable, ne pouvaient trouver meilleur réquisitoire. Le texte argumenté, historique et critique, scrutant, démontant toutes les facettes d’un mythe à la construction parfaite, se montre passionnant.

Livres. La Habanera de Carmen par Hervé Lacombe et  Christine Rodriguez (Fayard).  EAN : 9782213682617, collection : Musique. Parution : 22/10/2014. 224 pages. Format : 120 x 185 mm. Prix public ttc : 17 €.

Hervé Lacombe est l’auteur des biographies de Bizet et de Poulenc, d’une étude sur l’opéra français au XIXe siècle et d’un essai sur la mondialisation de l’opéra au XXe siècle (Fayard). Christine Rodriguez est l’auteur de Les Passions, Du récit à l’opéra : rhétorique de la transposition dans Carmen, Mireille, Manon (Classiques Garnier).

Le mystère Bizet, Spectacle musical d’Éric-Emmanuel Schmitt

bizet_mystere_schmitt_theatre_operaParis, salle Gaveau. Spectacle musical : Le Mystère Bizet. Ce soir vendredi 14 février 2014, 20h30. Dans la mise en scène de Steve Suissa, l’écrivain mélomane Eric-Emmanuel Schmitt évoque lui-même la vie et l’oeuvre du compositeur Georges Bizet, l’éternel auteur de Carmen à l’opéra (1875). Mort prématurément à 36 ans, quelques jours après la création (désastreuse pour lui) de Carmen, Bizet demeure le plus grand génie musical français et sa mort prématurée, une catastrophe insurmontable de l’histoire de la musique. Sur scène, deux chanteurs parmi les plus subtils qui soient, interprètes indiscutables du chant français, la mezzo soprano Karine Deshayes, et le ténor Philippe Do. Le pianiste Nicolas Stavy les accompagne dans plusieurs pages musicales extraites du catalogue de Bizet : Nocturne n°1, L’Aurore, Le Docteur Miracle, Variations Chromatiques, Les Adieux de l’hôtesse arabe, Le Retour, La Jolie Fille de Perth, Djamileh, et bien sûr Carmen.
Karine Deshayes publie en janvier 2014 un cd remarqué dédié aux héroïnes romantiques françaises (Cantates de Cherubini, Boisselot et Hérold : Circé, Velléda, Ariane). la cantatrice chante aussi Charlotte dans Werther de Massenet sur les planches de l’Opéra Bastille, aux côtés de Roberto Alagna, jusqu’au 12 février 2014.

 

 

spectacle musical

Le Mystère Bizet

De et par ÉRIC-EMMANUEL SCHMITT
Salle Gaveau, Paris 8e
vendredi 14 février 2014, à 20h30

 

 

schmitt_eric_emmanuel_bizetBizet, Carmen et la mort … Pour Eric-Emmanuel Schmitt, Bizet reste un cas à part dans l’histoire des compositeurs. Génie dès 17 ans (révélé triomphant par sa Symphonie en ut, laquelle dépasse en vérité Gounod pour atteindre le souffle juvénile magnifique de Mozart et de Mendelssohn), Bizet cesse de l’être une bonne partie de sa carrière … car il veut réussir donc séduire, acceptant les compromission voire certaines faiblesses, injures inévitables à son tempérament premier. Mais juste avant de mourir, le compositeur trentenaire retrouve pour son ultime chef d’oeuvre Carmen, l’élan d’une activité entière, déterminée, sans concession.
Eric-Emmanuel Schmitt raconte le Paris difficile et dévorant dans lequel le compositeur d’opéras tente de trouver sa place. L’écrivain relève quelques éclairs dans Les Pêcheurs de Perles, Djamileh, puis surtout Carmen. Si Nietzsche avait composé un opéra, il aurait pu s’agir de Carmen. Comme on le dit de Don Giovanni pour Goethe. Lequel précisait le compositeur auquel il se serait référer : Mozart.

 

bizet_georges_carmenMusique légère d’un génie noir. Mais dans le cas de Carmen, ce sont les mots et la pensée de Nietzsche qui éclaire la modernité et la puissance phénoménale du dernier opéra de Bizet. Amorale mais non immorale, sans dieux ni règles, Carmen est libre… de se soumettre au destin. Figure tragique, noire … la jeune femme déchire l’équilibre illusoire de la société puritaine et bourgeoise, mais sous la plume de Bizet, avec des couleurs légères et claires – méditerranéennes, comme Mozart quand il écrit Don Giovanni dans le style d’une comédie. Carmen est sans mémoire… elle n’a ni passé ni futur et se dépense dans l’instant ; c’est une énergie qui se consume, et qui refuse de lutter contre la nature. La dignité et l’intelligence est d’accepter le destin donc la mort. C’est pourquoi au moment venu, elle se livre sans résistance (sous la lame du couteau de José). On peine encore à mesurer le sens et l’enseignement de cette leçon de force et de liberté. La musique de Bizet offre à l’action et au profil des protagonistes, une vérité saisissante, mais avec une élégance de style totalement irrésistible. Si Don Giovanni pourrait être le surhomme dont parle Nietzsche, Carmen est à coup sûr la surfemme que le philosophe aurait aimer rencontrer… Visionner l’entretien de Eric-Emmanuel Schmitt à propose de Bizet et de Carmen.

 

Pourquoi allez voir le spectacle musical : Le Mystère Bizet ?

 

Pour la présence vocale et le velours dramatique de la mezzo Karine Deshayes
Pour la vision affûtée personnelle d’ Eric-Emmanuel Schmitt
Pour mieux connaître la vie de Bizet dont la carrière si tout semble préparer à l’ultime chef d’oeuvre Carmen, ne se réduit cependant pas à ce seul opéra …

 

 

“Connaissez-vous l’histoire de ce garçon qui fut génial à dix-sept ans,
puis qui cessa de l’être ? Vous pensez que je parle d’Arthur Rimbaud ? Pas du tout…”

 

spectacle musical

Le Mystère Bizet


De et par ÉRIC-EMMANUEL SCHMITT
Salle Gaveau, Paris 8e
VENDREDI 14 FÉVRIER 2014, à 20h30

Salle Gaveau
Paris 8ème ardt
45-47 rue de la Boétie

Réservations : 01 49 53 05 07
www.sallegaveau.com

 

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Illustration : Eric-Emmanuel Schmitt © Corbis, Bizet (DR)

 

 

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Les Pêcheurs de Perles de Bizet, ce soir à La Cité de Nantes, 20h

bizet_pecheurs_ANO_57visuel_opera-Bizet-pecheurs-de-perlesNantes, La Cité. Bizet: Les Pêcheurs de perles. Ce soir jeudi 6 février 2014, 20h. En version de concert, Les Pêcheurs de perles confirment le talent d’orchestrateur raffiné d’un Bizet qui tente alors en 1863 de s’imposer sur la scène lyrique. Pour deux dates événements à Nantes, la distribution vocale comprenant deux talents sûrs : Anne-Catherine Gillet et Frédéric Antoun, sans omettre l’excellent baryton Etienne Dupuis défend l’articulation et la musicalité du texte. Accordés avec le tissu orchestral somptueux, la production que propose Angers Nantes Opéra a toutes les qualités pour réévaluer une partition musicalement irrésistible : une Å“uvre décisive avant Carmen, déjà perlée et constellée de trouvailles instrumentales et harmoniques, révélant derechef le génie de Bizet.
Orientalisante, c’est à dire doucement exotique selon l’usage au Second Empire, l’oeuvre ne cherche ni la vraisemblance ni le réalisme anthropologique ; c’est une plongée dans un imaginaire onirique que porte l’écriture musicale. L’une des plus riches et brillante, subtiles et poétiques, transparentes et colorée (méditerranéenne dira Nietzsche à propos de Carmen à venir) comme l’avait relevé le pourtant très difficile Berlioz.

3 raisons pour aller écouter Les Pêcheurs de perles à Nantes :

- pour la distribution réunit une équipe de chanteurs parfaits dans l’élocution musicale d’un français intelligible
- pour le chef Mark Shanahan, familier des scènes angevine et nantaise, toujours très scrupuleux dans la finesse et le dramatisme
- pour une partition de pleine maturité qui avant Carmen, illustre l’ambition de Bizet à se faire un nom sur la scène lyrique parisienne grâce à une orchestration ciselée, colorée (méditerranéenne dira Nieztsche à propos de Carmen)

Georges Bizet: Les Pêcheurs de perles, 1863
Livret de Eugène Cormon et Michel Carré.
Créé au Théâtre Lyrique de Paris, le 30 septembre 1863.

Anne-Catherine Gillet, Leïla 
Frédéric Antoun, Nadir 
Etienne Dupuis, Zurga 
Nicolas Courjal, Nourabad
Chœur d’Angers Nantes Opéra Direction Xavier Ribes 
Chœur de l’Opéra national Montpellier Languedoc-Roussillon Direction Noëlle Geny 
Orchestre National des Pays de la Loire
Mark Shanahan, direction
[Opéra en français avec surtitres]

Nantes, La Cité
mardi 4, jeudi 6 février 2014 à 20h

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Compte-rendu, opéra. Nantes. La Cité, le 4 février 2014. Georges Bizet : Les Pêcheurs de perles. Anne-Catherine Gillet, Frédéric Antoun, Etienne Dupuis, Nicolas Courjal. Mark Shanahan, direction musicale

bizet_georges_carmenAngers Nantes Opéra réussit un coup d’éclat avec des Pêcheurs de perles de grande qualité. Grâce à l’acoustique excellente de la Cité des Congrès nantaise, à la réverbération idéale pour l’aisance des chanteurs, la richesse de l’orchestration imaginée par Bizet se déploie dans toute sa force, chaque détail instrumental trouvant sa juste place et les couleurs s’entremêlant avec bonheur. Le chef Mark Shanahan tire ainsi le meilleur de l’Orchestre National des Pays de la Loire, sculptant les sonorités et galvanisant les musiciens. Seuls les tempi choisis paraissent parfois un rien rapides, notamment dans la romance de Nadir et l’air de Leila – qui demandent à notre sens davantage d’abandon et de rubato pour exhaler pleinement leurs parfums –, mais il faut reconnaître que l’urgence dramatique s’en trouve accrue dans les moments d’éclat.

De nouvelles perles à pêcher

Puissants et admirablement préparés, les chœurs d’Angers-Nantes et Montpellier réunis offrent les points culminants de la soirée, dans des déferlements sonores dévastateurs et proprement jouissifs, toujours d’une absolue précision dans les attaques et la précision du texte. Beau également, le quatuor de solistes réuni sur le plateau.
Luxueux Nourabad, Nicolas Courjal met sa grande voix de basse au service de ce rôle qu’on aimerait plus long, toujours dans la grande tradition française dont il est depuis plusieurs années un héritier.
Familier du rôle de Zurga et entendu dans ce personnage à l’Opéra du Rhin en mai dernier, le baryton canadien Etienne Dupuis confirme son adéquation avec cette écriture vocale. L’instrument sonne sans effort jusqu’à l’aigu, l’intelligibilité du texte demeure excellente, et son air, intensément vécu, touche sincèrement par sa vérité émotionnelle. Seule l’émission vocale pourrait gagner en hauteur, trahissant parfois une attache laryngée, mais la performance du chanteur reste à saluer.

 

 

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Nous pressentions une belle réussite de la part de Frédéric Antoun pour son premier Nadir, c’est chose faite, mais à rebours de nos prévisions. Nous attendions sa célèbre romance, c’est dans les passages les plus vaillants du rôle que le ténor canadien nous a impressionnés. Comme nous l’écrivions à l’occasion de son Gérald parisien, l’instrument paraît s’être corsé en un an et demi, gagnant en éclat ce qui paraît pour l’instant se perdre en délicatesse pure. « Je crois entendre encore » est ainsi superbement phrasé, mais le chanteur semble ne pas oser cette voix mixte qui nous avait enchantés dans l’Amant jaloux de Grétry à l’Opéra Comique en 2010 et qui nous faisait voir en lui l’héritier d’Alain Vanzo.
Peut-être aussi doit-il simplement remplir la salle, bien plus grande que le Théâtre Graslin, et ne peut-il tenter pareilles nuances. Nonobstant cette remarque, nous tenons ici un magnifique Nadir, au style exemplaire, à l’aigu facile et à la musicalité jamais prise en défaut.
Il forme un couple idéalement assorti avec la Leila d’Anne-Catherine Gillet, dont c’est également la prise de rôle. La soprano belge nous émeut toujours par son timbre à la vibration si particulière, doté d’une couleur aussi pure que de l’eau de roche, qui rend parfaitement crédible l’innocence de la jeune femme.
Son placement haut et la limpidité de ses voyelles lui permettent ainsi de passer l’orchestre sans effort, semblant littéralement flotter au-dessus. La musicienne demeure toujours sincère et à fleur de peau, et c’est avec les honneurs qu’elle sert la ligne de chant que lui offre Bizet. Son air reste ainsi un des plus beaux moments de la soirée, malgré un souffle parfois court mais admirablement géré. Sa confrontation avec Zurga paraît la pousser dans ses retranchements en terme de largeur vocale, notamment dans le bas du registre, mais en grande interprète qu’elle est, l’émotion affleure une fois encore, bouleversante de justesse.
Une très belle Leila, qui nous permet d’espérer d’autres prises de rôles dans le répertoire français, qui convient si bien à la vocalité de la chanteuse.
Grand succès de la part d’un public conquis, une réussite de plus à porter au crédit d’Angers Nantes Opéra, une des maisons françaises qui comptent et où l’on se sent bien.

Nantes. La Cité, 4 février 2014. Georges Bizet : Les Pêcheurs de perles. Livret d’Eugène Cormon et Michel Carré. Avec Leila : Anne-Catherine Gillet ; Nadir : Frédéric Antoun ; Zurga : Etienne Dupuis ; Nourabad : Nicolas Courjal. Chœur d’Angers Nantes Opéra ; Chef de chœur : Xavier Ribes. Chœur de l’Opéra National Montpellier Languedoc-Roussillon ; Chef de chœur : Noëlle Geny. Orchestre National des Pays de la Loire. Mark Shanahan, direction musicale

 

Illustration : Les Pêcheurs de perles de Buzet en version de concert © Jef Rabillon 2014

Les Pêcheurs de perles de Bizet à La Cité de Nantes

bizet_pecheurs_ANO_57visuel_opera-Bizet-pecheurs-de-perlesNantes, La Cité. Bizet: Les Pêcheurs de perles. Les 4 et 6 février 2014,20h. En version de concert, Les Pêcheurs de perles confirment le talent d’orchestrateur raffiné d’un Bizet qui tente alors en 1863 de s’imposer sur la scène lyrique. Pour deux dates événements à Nantes, la distribution vocale comprenant deux talents sûrs : Anne-Catherine Gillet et Frédéric Antoun, sans omettre l’excellent baryton Etienne Dupuis défend l’articulation et la musicalité du texte. Accordés avec le tissu orchestral somptueux, la production que propose Angers Nantes Opéra a toutes les qualités pour réévaluer une partition musicalement irrésistible : une Å“uvre décisive avant Carmen, déjà perlée et constellée de trouvailles instrumentales et harmoniques, révélant derechef le génie de Bizet.
Orientalisante, c’est à dire doucement exotique selon l’usage au Second Empire, l’oeuvre ne cherche ni la vraisemblance ni le réalisme anthropologique ; c’est une plongée dans un imaginaire onirique que porte l’écriture musicale. L’une des plus riches et brillante, subtiles et poétiques, transparentes et colorée (méditerranéenne dira Nietzsche à propos de Carmen à venir) comme l’avait relevé le pourtant très difficile Berlioz.

3 raisons pour aller écouter Les Pêcheurs de perles à Nantes :

- pour la distribution réunit une équipe de chanteurs parfaits dans l’élocution musicale d’un français intelligible
- pour le chef Mark Shanahan, familier des scènes angevine et nantaise, toujours très scrupuleux dans la finesse et le dramatisme
- pour une partition de pleine maturité qui avant Carmen, illustre l’ambition de Bizet à se faire un nom sur la scène lyrique parisienne

Georges Bizet: Les Pêcheurs de perles, 1863
Livret de Eugène Cormon et Michel Carré.
Créé au Théâtre Lyrique de Paris, le 30 septembre 1863.

Anne-Catherine Gillet, Leïla 
Frédéric Antoun, Nadir 
Etienne Dupuis, Zurga 
Nicolas Courjal, Nourabad
Chœur d’Angers Nantes Opéra Direction Xavier Ribes 
Chœur de l’Opéra national Montpellier Languedoc-Roussillon Direction Noëlle Geny 
Orchestre National des Pays de la Loire
Mark Shanahan, direction
[Opéra en français avec surtitres]

Nantes, La Cité
mardi 4, jeudi 6 février 2014 à 20h

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Le mystère Bizet, Spectacle musical d’Éric-Emmanuel Schmitt

bizet_mystere_schmitt_theatre_operaParis, salle Gaveau. Spectacle musical : Le Mystère Bizet. Le 14 février 2014, 20h30. Dans la mise en scène de Steve Suissa, l’écrivain mélomane Eric-Emmanuel Schmitt évoque lui-même la vie et l’oeuvre du compositeur Georges Bizet, l’éternel auteur de Carmen à l’opéra (1875). Mort prématurément à 36 ans, quelques jours après la création (désastreuse pour lui) de Carmen, Bizet demeure le plus grand génie musical français et sa mort prématurée, une catastrophe insurmontable de l’histoire de la musique. Sur scène, deux chanteurs parmi les plus subtils qui soient, interprètes indiscutables du chant français, la mezzo soprano Karine Deshayes, et le ténor Philippe Do. Le pianiste Nicolas Stavy les accompagne dans plusieurs pages musicales extraites du catalogue de Bizet : Nocturne n°1, L’Aurore, Le Docteur Miracle, Variations Chromatiques, Les Adieux de l’hôtesse arabe, Le Retour, La Jolie Fille de Perth, Djamileh, et bien sûr Carmen.
Karine Deshayes publie en janvier 2014 un cd remarqué dédié aux héroïnes romantiques françaises (Cantates de Cherubini, Boisselot et Hérold : Circé, Velléda, Ariane). la cantatrice chante aussi Charlotte dans Werther de Massenet sur les planches de l’Opéra Bastille, aux côtés de Roberto Alagna, jusqu’au 12 février 2014.

 

 

spectacle musical

Le Mystère Bizet

De et par ÉRIC-EMMANUEL SCHMITT
Salle Gaveau, Paris 8e
vendredi 14 février 2014, à 20h30

 

 

schmitt_eric_emmanuel_bizetBizet, Carmen et la mort … Pour Eric-Emmanuel Schmitt, Bizet reste un cas à part dans l’histoire des compositeurs. Génie dès 17 ans (révélé triomphant par sa Symphonie en ut, laquelle dépasse en vérité Gounod pour atteindre le souffle juvénile magnifique de Mozart et de Mendelssohn), Bizet cesse de l’être une bonne partie de sa carrière … car il veut réussir donc séduire, acceptant les compromission voire certaines faiblesses, injures inévitables à son tempérament premier. Mais juste avant de mourir, le compositeur trentenaire retrouve pour son ultime chef d’oeuvre Carmen, l’élan d’une activité entière, déterminée, sans concession.
Eric-Emmanuel Schmitt raconte le Paris difficile et dévorant dans lequel le compositeur d’opéras tente de trouver sa place. L’écrivain relève quelques éclairs dans Les Pêcheurs de Perles, Djamileh, puis surtout Carmen. Si Nietzsche avait composé un opéra, il aurait pu s’agir de Carmen. Comme on le dit de Don Giovanni pour Goethe. Lequel précisait le compositeur auquel il se serait référer : Mozart.

 

bizet_georges_carmenMusique légère d’un génie noir. Mais dans le cas de Carmen, ce sont les mots et la pensée de Nietzsche qui éclaire la modernité et la puissance phénoménale du dernier opéra de Bizet. Amorale mais non immorale, sans dieux ni règles, Carmen est libre… de se soumettre au destin. Figure tragique, noire … la jeune femme déchire l’équilibre illusoire de la société puritaine et bourgeoise, mais sous la plume de Bizet, avec des couleurs légères et claires – méditerranéennes, comme Mozart quand il écrit Don Giovanni dans le style d’une comédie. Carmen est sans mémoire… elle n’a ni passé ni futur et se dépense dans l’instant ; c’est une énergie qui se consume, et qui refuse de lutter contre la nature. La dignité et l’intelligence est d’accepter le destin donc la mort. C’est pourquoi au moment venu, elle se livre sans résistance (sous la lame du couteau de José). On peine encore à mesurer le sens et l’enseignement de cette leçon de force et de liberté. La musique de Bizet offre à l’action et au profil des protagonistes, une vérité saisissante, mais avec une élégance de style totalement irrésistible. Si Don Giovanni pourrait être le surhomme dont parle Nietzsche, Carmen est à coup sûr la surfemme que le philosophe aurait aimer rencontrer… Visionner l’entretien de Eric-Emmanuel Schmitt à propose de Bizet et de Carmen.

 

Pourquoi allez voir le spectacle musical : Le Mystère Bizet ?

 

Pour la présence vocale et le velours dramatique de la mezzo Karine Deshayes
Pour la vision affûtée personnelle d’ Eric-Emmanuel Schmitt
Pour mieux connaître la vie de Bizet dont la carrière si tout semble préparer à l’ultime chef d’oeuvre Carmen, ne se réduit cependant pas à ce seul opéra …

 

 

“Connaissez-vous l’histoire de ce garçon qui fut génial à dix-sept ans,
puis qui cessa de l’être ? Vous pensez que je parle d’Arthur Rimbaud ? Pas du tout…”

 

spectacle musical

Le Mystère Bizet


De et par ÉRIC-EMMANUEL SCHMITT
Salle Gaveau, Paris 8e
VENDREDI 14 FÉVRIER 2014, à 20h30

Salle Gaveau
Paris 8ème ardt
45-47 rue de la Boétie

Réservations : 01 49 53 05 07
www.sallegaveau.com

 

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Illustration : Eric-Emmanuel Schmitt © Corbis, Bizet (DR)

 

 

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Compte rendu, opéra. Tours. Grand Théâtre, le 17 janvier 2014. Georges Bizet : Carmen. Andrea Hill, Florian Laconi, Vannina Santoni, Sébastien Soulès. Jean-Yves Ossonce, direction musicale. Gilles Bouillon, mise en scène

carmen_opera_de_tours_orchestre_symphonique_region_centre_toursL’Opéra de Tours ouvre l’année 2014 en reprenant la production imaginée par Gilles Bouillon, créée in loco voilà six ans. Point d’espagnolades, ni d’Andalousie de pacotille, mais une scénographie intemporelle, qui rappelle par instants l’Espagne d’Almodovar. De hautes palissades, une estrade, une roulotte et des grillages, voilà qui suffit à poser le cadre au cœur duquel la tragédie de l’amour déçu se joue. L’orchestre maison, toujours bien préparé et dirigé par Jean-Yves Ossonce, joue au diapason de cette mise en scène, dans une belle urgence musicale qui n’est jamais précipitation, aux tempi mesurés, laissant le temps aux harmonies tissées par Bizet de déployer leurs couleurs ardentes. Ce qui nous vaut une première partie incandescente, tant sur scène que dans la fosse. L’entracte passé, et sans qu’on comprenne pourquoi, la tension – autant que l’attention – retombe, les personnages paraissant soudain comme vidés de leur substance, les interprètes se bornant à exécuter leurs actions, semblant d’un coup ne plus y croire. C’est ainsi que le dernier acte tombe à plat, avec ce rideau rouge, ces lampions, et surtout cet immense panneau publicitaire vantant la tauromachie qui dévore une grande partie de l’espace scénique. Jouant – avec raison – la carte de l’épure, le metteur en scène donne involontairement à ce tableau un air de fête de village bon marché qui nous écarte de toute émotion. Les deux protagonistes eux-mêmes peinent à faire éclater la violence contenue dans la musique, et c’est calmement égorgée par son ancien amant, attendant sa fin, que Carmen expire.

Une frustration finale à la mesure de l’énergie qui animait les deux premiers actes et augurait du meilleur.

 

Une demi-Carmen

Aux côtés d’un chœur parfaitement en situation et parmi des seconds rôles efficaces, nous retiendrons en particulier la Frasquita sonore de Chloé Chaume, la Mercédès espiègle et mutine d’Albane Carrère ainsi que le Remendado impeccable de Vincent Ordonneau tout comme le Moralès charismatique et bien chantant de Régis Mengus. Le Zuniga de Vincent Pavesi en impose par sa voix puissante, mais l’aigu demeure ce soir-là bouché et sans éclat, un jour de méforme sans doute.
L’Escamillo de Sébastien Soulès déconcerte, d’autant plus que sa prestance scénique ne trouve aucun écho dans sa voix chantée, au grave sonore mais à l’aigu terne et confidentiel, comme déconnecté du reste de l’instrument, audiblement mal à l’aise dans la tessiture hybride du rôle.
Débutant dans le rôle de Micaëla, la jeune Vannina Santoni croque avec bonheur ce personnage, moins naïf qu’une certaine tradition voudrait le faire croire, et distille de beaux piani. Néanmoins, la voix paraît manquer de soutien et de hauteur de place, ce que trahit un vibrato qui tend à s’élargir dans la nuance forte, notamment dans l’aigu, l’émission vocale perdant alors de sa concentration et de son focus. De beaux moyens, qui méritent justement une attention toute particulière dans leur gestion et leur emploi.
Le couple central de l’œuvre fonctionne plutôt bien, sans doute à cause de l’opposition qui sépare les deux amants.
Florian Laconi en Don José impressionne par une solidité, vocale autant que scénique, à toute épreuve et une puissance sonore qui remplit la salle, osant même de beaux allègements dans son duo avec Micaëla. Toutefois, notre étonnement demeure face à une émission apparaissant souvent lourde – rendant depuis notre place les sons parfois bas en terme de justesse – et un soutien semblant demander un effort musculaire considérable, ainsi que cette couverture de l’aigu qui demeure un mystère pour nous. Mais reconnaissons que le ténor français parvient au bout du rôle sans encombre, alignant les aigus avec panache, une force de la nature.
Sa prestation, plutôt brute de décoffrage, trouve son exact contraire dans l’incarnation toute en élégance et en retenue de la mezzo américaine Andrea Hill, qui effectuait ici ses débuts sous les traits de la cigarière.
Ancienne pensionnaire de l’Atelier Lyrique de l’Opéra de Paris, la chanteuse paraît avoir attentivement écouté Denise Scharley autant que Teresa Berganza, donnant vie à une première Carmen de très haut niveau. La maîtrise de la voix est totale, chaque inflexion trouvant naturellement sa place, au service d’une diction remarquablement travaillée, dans la grande tradition française. Une sensualité qui n’est jamais vulgarité, un jeu de scène à l’élégance jamais prise en défaut, tous les éléments sont réunis pour susciter bien des espoirs, jusqu’à un air des Cartes d’une poignante intimité, au legato imperturbable et au magnétisme intense. Seule la puissance de l’instrument demeure encore modeste et demande à se développer davantage pour pouvoir prétendre à des salles aux dimensions plus vastes. Nonobstant ce détail, nous tenons là une future grande titulaire du rôle-titre.
Une Carmen tourangelle qui nous aura permis de découvrir en Andrea Hill un jeune talent à suivre de très près.

Tours. Grand Théâtre, 17 janvier 2014. Georges Bizet : Carmen. Livret de Henry Meilhac et Ludovic Halévy, d’après la nouvelle de Prosper Mérimée. Avec Carmen : Andrea Hill ; Don José : Florian Laconi ; Micaëla : Vannina Santoni ; Escamillo : Sébastien Soulès ; Frasquita : Chloé Chaume ; Mercédès : Albane Carrère ; Le Dancaïre : Ronan Nédelec ; Le Remendado : Julien Ordonneau ; Zuniga : Vincent Pavesi ; Moralès : Régis Mengus. Chœur de l’Opéra de Tours. Orchestre Symphonique Région Centre-Tours. Jean-Yves Ossonce, direction musicale ; Mise en scène : Gilles Bouillon ; Décors : Nathalie Holt ; Costumes : Marc Anselmi ; Lumières : Marc Delamézière ; Dramaturgie : Bernard Pico

Illustration : Andrea Hill (Carmen) © François Berthon

Compte-rendu : Grignan. Temple, le 5 juin 2013. Emmanuelle Zoldan, Marc Larcher, Valérie Florac, piano. Airs et duos : Bizet, Gounod, Massenet, Offenbach, Saint-Saëns.

Emmanuelle Zoldan sepiaC’est un autre lieu non négligeable qui accueille et promeut la musique. Issue des anciens Amis du CNIPAL qui accueillaient, encadraient les jeunes stagiaires étrangers aux maigres bourses venus du monde entier s’y perfectionner, les aidant dans leurs démarches administratives, à trouver un logement, etc, sans nulle subvention, l’Association Lyric Opéra s’est constituée pour leur offrir également la possibilité de se produire en solistes ailleurs que dans le Foyer de l’Opéra qui, dans les deux rituelles Heures du thé mensuelles les produit depuis des années. Mais l’association programme également d’anciens stagiaires déjà frottés largement aux scènes nationales et même internationales, qui manifestent de la sorte leur fidélité amicale à ces anciens Amis du CNIPAL.
C’est ainsi que le 2 juin, accompagnés par la ductile pianiste Valérie Florac, étaient à l’affiche deux chanteurs, la mezzo Emmanuelle Zoldan et le ténor Marc Larcher, voix de velours et voix de lumière, ombre et soleil, ambre et or. Tous deux ont diversement incarné des héros lyriques correspondant à leur tessiture sur de nombreuses scènes nationales, la mezzo étant une notable Carmen et Maddalena de Rigoletto, le ténor se taillant par ailleurs de beaux succès dans de belles productions tournantes des grandes opérettes du répertoire classique, sa verve et sa culture franco-espagnole le faisant jubiler dans Andalousie et La Belle de Cadix de Francis Lopez.
Ils proposaient ici Une décennie de musique française, un intéressant état de l’opéra français au XIX e siècle, opéra comique et bouffe compris, de 1865 à 1877, époque où se créée ou recrée un style lyrique français posé par Gounod, imposé par Bizet, proposé même par l’ironie parodique d’un Offenbach, qui ébranle l’empire étouffant de l’opéra italien.
Ils sont beaux, des jeunes premiers, il chantent bien et, par ailleurs, s’avèrent de remarquables interprètes comédiens, donnant vie aux personnages qu’ils incarnent en concert, en dehors de la dramaturgie d’une scène, d’un spectacle. Alternant solos et duos, ils enchantent le public. De la sérénade de Smith (La Jolie fille de Perth de Bizet) à l’aubade de Roméo (Roméo et Juliette de Gounod), Larcher déploie un timbre solaire qui éclairerait vraiment la nuit, ferait vraiment se lever le soleil, projection lumineuse et généreuse, élégance du phrasé, tenue scénique exemplaire : nombre de chanteurs sont déformés par l’émission vocale, lui, il en est embelli, souriant. Nous faisant le cadeau, pour illustrer la thématique du concert, du grand air de Dalila (Samson et Dalila, Saint-Saëns) même s’il est trop grave pour elle et contrarie le souffle, Emmanuelle Zoldan, regard intense, toute en velours vocal, est une sensible Charlotte (Werther de Massenet) à la couleur et au volume homogènes, sans les lourdeurs vocale qui empêtrent parfois le rôle, une Carmen infiniment convaincante, très séduisante. Ces deux jeunes chanteurs réussissent la gageure, tout en chantant face à la partition, de nous donner l’illusion qu’ils sont dans le drame de la scène pour le poignant duo final de Carmen. Enfin, passant à  Offenbach, duos et solos, ils se montrent tout aussi crédibles, risibles dans le jeu, en passant avec une aisance joyeuse de drame  de l’opéra à jubilante dérision de l’opérette. Deux grands artistes secondés par une belle pianiste.Temple Grignan, 2 juin. Emmanuelle Zoldan, Marc Larcher, Valérie Florac, piano. Airs et duos : Bizet, Gounod, Massenet, Offenbach, Saint-Saëns.

Illustration : Emmanuelle Zoldan, mezzo-soprano (DR)

Compte-rendu : Strasbourg. Opéra National du Rhin, le 26 mai 2013. Bizet : Les Pêcheurs de perles. Annick Massis, Etienne Dupuis, Jean Teitgen. Patrick Davin, direction musicale. Vincent Boussard, mise en scène

Pêcheurs de perles Strasbourg Vincent BoussardAvant-dernier titre de la saison lyrique pour la scène alsacienne, les Pêcheurs de perles de Bizet, dans une version hybride entre l’originale de 1863 et celle, remaniée, de 1893. Ainsi, le final, qui subit les modifications les plus radicales depuis la création, voit ici commencer seulement le trio entre les protagonistes – le seul qu’ils aient à chanter ensemble – et s’achève avec la fuite des amants, laissant Zurga à sa solitude – tel que l’avait désiré Bizet, en lieu et place de la mort du baryton que propose la version de 1893 –.

 

 

Des Pêcheurs de beau chant

 

La mise en scène imaginée par Vincent Boussard déconcerte, malgré sa grande beauté plastique. Transposant le cadre de l’œuvre à l’époque de sa création, elle renonce à tout orientalisme de pacotille, désireux de servir les situations dramatiques plutôt que les images exotiques qui leur servent de décor. Utilisant la mise en abyme, il fait de Zurga un double de Bizet, semblant composer la musique en même temps qu’elle est chantée, les balcons d’un théâtre à l’italienne figurant les étroits sentiers et un piano à queue représentant le roc sur lequel se tient Leila, véritable allégorie de la musique. Si l’idée de départ s’avère intéressante, avouons qu’elle fonctionnerait aussi bien avec tout autre ouvrage du 19ème siècle abritant en son sein le trio archétypal à l’opéra, les costumes des hommes et du chÅ“ur évoquant La Traviata, et la robe de Leila rappelant aussi bien Violetta que Lucia. Certaines images se révèlent pourtant superbes, notamment la première apparition de la jeune femme, cachée aux yeux de tous par un immense voile qui occupe le plateau tout entier, ainsi que les projections vidéo de Barbara Weigel, symboliques, évocatrices, poétiques. Ce qu’on regrette surtout, c’est cette étendue d’eau, pourtant d’un très bel effet visuel, qui recouvre la scène et dans laquelle les chanteurs se voient obligés de patauger, parfois pieds nus, troublant souvent la musique par les clapotis de leurs pas, très audibles depuis la salle.

Musicalement, en revanche, Bizet se voit bien servi. Défenseur de la musique française, Patrick Davin tire le meilleur de l’Orchestre Symphonique de Mulhouse qui déploie ses plus belles couleurs dans cette partition. Elégance des phrasés, suavité de la pâte sonore, variété des teintes, perfection des soli … , la performance de l’orchestre mulhousien est à saluer bien bas. Les chÅ“urs de l’ONR se hissent au même niveau d’excellence, grâce à une diction parfaitement intelligible et de belles nuances.
Costumé en maharadja – seule réelle évocation de l’Inde dans cette production –, Jean Teitgen incarne un Nourabad à l’autorité implacable et imposante, faisant tonner sa grande voix de basse. Excellent Zurga, le baryton canadien Etienne Dupuis se glisse pleinement dans cette conception singulière de son personnage. Il réussit à donner vie à ce reflet de Bizet sans trahir l’essence de la musique, maîtrisant parfaitement sa partie. Une prononciation toujours naturelle malgré les exigences du chant, une voix bien timbrée – un rien laryngée dès qu’il veut pousser le son –, un aigu percutant et de beaux piani, ainsi qu’une intensité dramatique qui va croissant durant la représentation, tout concourt à faire de lui l’un des très bons titulaires actuels de cet emploi. Prise de rôle pour Sébastien Guèze avec Nadir, à l’écriture périlleuse, dont le jeune ténor se tire sans faillir. La vaillance est au rendez-vous, avec un extrême aigu solide et une belle longueur de souffle dans sa romance. Seule l’émission gagnerait encore à être moins ouverte sur toute la tessiture, en laissant le son trouver son chemin, pour permettre à la voix de monter librement et d’adoucir le timbre, un rien métallique parfois.
Comme on pouvait s’y attendre, Annick Massis démontre à nouveau sa place au panthéon des grandes artistes de notre époque. Avec le rôle de Leila, qu’elle connaît bien, la soprano française nous livre une véritable leçon de chant et de musique : l’instrument, toujours doté de cette couleur et cette vibration immédiatement reconnaissables, s’est développé et enrichi, gagnant en ampleur et en lyrisme, sans jamais se départir de sa brillance ni de son aisance dans l’aigu, le tout sonnant détendu et facile, sans aucun autre effort que celui du soutien. Elle parsème ainsi la partition de superbes pianissimi, adamantins et suspendus, tant dans sa scène du II que dans son duo avec Nadir. Au troisième acte, la chanteuse s’affirme avec violence, mordant rageusement dans le texte et déployant sa voix dans toute sa dimension, emplissant ainsi le théâtre de sa richesse sonore. Le public conquis lui réserve un triomphe au rideau final. Un bel après-midi lyrique qui fait honneur au répertoire français.

Strasbourg. Opéra National du Rhin, 26 mai 2013. Georges Bizet : Les Pêcheurs de perles. Livret d’Eugène Cormon et Michel Carré. Avec Leila : Annick Massis ; Nadir : Sébastien Guèze ; Zurga : Etienne Dupuis ; Nourabad : Jean Teitgen. Chœurs de l’ONR ; Michel Capperon, chef de chœur. Orchestre Symphonique de Mulhouse. Patrick Davin, direction musicale ; Mise en scène : Vincent Boussard. Décors : Vincent Lemaire ; Costumes : Christian Lacroix ; Lumières : Guido Levi ; Dramaturgie et vidéo : Barbara Weigel ; Assistante à la direction musicale : Alexandra Cravero ; Assistante à la mise en scène : Natascha Ursuliak ; Assistant aux costumes : Jean-Philippe Pons.

Bizet : Carmen à l’Opéra de Tours

bizet_portraitTours, Opéra. Carmen de Bizet. Les 17,19,21 janvier 2014. Reprise événement. La production de Gilles Bouillon et Nathalie Holt a été un grand succès en 2008. Une nouvelle distribution, menée par Andrea Hill  et Florian Laconi (dans les rôles de Carmen et Don José), renouvelle la séduction vocale d’un ouvrage justement estimé après la mort du compositeur : Bizet s’est éteint quelques semaines après la création malheureuse de son oeuvre, étranger à son riomphe planétaire actuel. Carmen est une femme libre, intransigeante, forte. Magnifiée par le génie de Bizet, c’est la “vraie la vie” qui explose sur scène, à l’image d’une musique inépuisable dont Nietzsche désormais ennemi du théâtre wagnérien en ses brumes lénifiantes vénéneuses hypnotiques, a loué la santé méditerranéenne, franche et directe, et même ses rythmes ” africains “. Contre le nord voilé, sa texture étouffante, le philosophe retrouvait l’ivresse des couleurs, la sensualité latine assumée et librement vécue par Bizet, à travers le profil de son héroïne, vraie femme fatale, aussi entière et passionnée que tendre et exclusive. Reprise événement à l’Opéra de Tours pour 3 dates incontournables.

 

 

reprise de Carmen à l’Opéra de Tours

Vendredi 17 janvier 2014 à 20h
Dimanche 19 janvier 2014 à 15h
Mardi 21 janvier 2014 à 20h

Samedi 11 janvier à 14h30 • Grand Théâtre de Tours – Salle Jean Vilar • Entrée gratuite dans la limite des places disponibles

 

Bizet : Carmen à l’Opéra de Tours. Opéra en quatre actes
Livret de Henri Meilhac et Ludovic Halévy, d’après la nouvelle de P. Mérimée
Création le 3 mars 1875 à Paris
Alkor Edition Kassel РVersion originale dialogues parl̩s
Présenté en français, surtitré en français

Direction : Jean-Yves Ossonce
Mise en scène : Gilles Bouillon
Décors : Nathalie Holt
Costumes : Marc Anselmi
Lumières : Marc Delamézière
Dramaturgie : Bernard Pico

Carmen : Andrea Hill
Micaëla : Vanina Santoni
Frasquita : Chloé Chaume
Mercédès : Albane Carrère
Don José : Florian Laconi
Escamillo : Sébastien Soulès
Zuniga : Vincent Pavesi / Moralès : NN
Le Dancaïre : Ronan Nédélec / Remendado : Vincent Ordonneau

Orchestre Symphonique Région Centre-Tours
Choeurs de l’Opéra de Tours et choeurs supplémentaires

Coproduction décors et costumes Opéra de Tours/Conseil Général d’Indre & Loire (2008) – Réalisée dans les ateliers de l’Opéra de Tours

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Une cigarière libre, mangeuse d’hommes

calve_emma_carmenGeorges Bizet (1838-1875) savait-il que, malgré l’échec de son vivant de Carmen (cet insuccès devait accélérer sa fin malheureuse quelques jours après la création de l’ouvrage), il avait composé l’oeuvre lyrique la plus populaire aujourd’hui?
Le brigadier Don José éprouve les provocations de la belle cigarière Carmen. Il ramasse la fleur qu’elle lui jette à la sortie de la manufacture de tabac. Lors d’une bagarre entre ouvrières, Carmen est arrêtée et confiée à la garde de Don José. Usant de tout son charme, la voluptueuse sirène le persuade de la laisser s’enfuir… Par amour, le beau militaire trahit son engagement, devient contrebandier en rejoignant les Gitans. Mais trop vite délaissé par la belle indomptable, il décide de l’assassiner… Surtout connu aujourd’hui comme écrivain, Prosper Mérimée fut aussi traducteur, critique, historien, archéologue. Mérimée inventa la doctrine de protection du patrimoine et réalisa presque seul l’inventaire des monuments de France. Carmen, éditée en 1845, est restée son Å“uvre la plus fameuse. 30 ans après sa publication, Bizet lui offre un écrin musical digne de sa nature passionnée et sanguine. “Africaine” dira ainsi Nietzsche qui y voyait l’opéra alternatif au wagnérisme dont il ne partageait plus la croyance. Le compositeur approfondit le trio amoureux: Carmen, José, Escamillo… le brigadier reste prisonnier d’une passion qu’il subit en victime; Carmen étouffe rapidement et quand paraît la star des arènes, Escamillo, dans ses habits de lumière, ce nouvel Adam triomphant, incarne la promesse d’une nouvelle aventure… C’est pour Carmen un idéal sensuel que refuse de réaliser José, enchaîné par le lien qui le relie à sa mère (mourante) et à Micaëlla (sa blonde et impuissante fiancée)… trop fragile rivale de Carmen.

 

Opéra en quatre actes, livret de Ludovic Halevy et Henri Meilhac. Création à Paris le 3 mars 1875

 

Illustrations: Bizet et Emma Calvé, Carmen mythique… (DR)

 

VIDEO.La Carmen choc de Carlos Wagner à Metz et Nancy (mars 2011)

video_carmen_metzCarmen choc à Metz puis Nancy. Production événement du chef-d’oeuvre de Bizet: Carmen. Eric Chevalier, directeur de l’Opéra Théâtre de Metz Métropole présente à Metz avant Nancy, la nouvelle production de l’opéra créé en 1875, dans la mise en scène de Carlos Wagner. Spectacle événement, à Metz puis Nancy jusqu’au 1er mars 2011. Reportage classiquenews.com

Radio. Carmen de Bizet. France Musique, le 22 décembre 2012, 19h30

Georges Bizet

Carmen, 1875

France Musique
Samedi 22 décembre 2012, 19h30

logo_fmusiqueBizetGeorges Bizet (1838-1875) savait-il que, malgré l’échec de son vivant de Carmen (qui devait accélérer sa fin malheureuse quelques jours après la création de l’ouvrage), il avait composé l’oeuvre lyrique la plus populaire aujourd’hui? Le brigadier Don José subit les provocations de la belle cigarière Carmen. Il ramasse la fleur qu’elle lui jette à la sortie de la manufacture de tabac. Lors d’une bagarre entre ouvrières, Carmen est arrêtée et confiée à la garde de Don José. Usant de tout son charme, la voluptueuse sirène le persuade de la laisser s’enfuir… Par amour, le beau militaire trahit son engagement, devient contrebandier en rejoignant les Gitans. Mais trop vite délaissé par la belle indomptable, il décide de l’assassiner…

Surtout connu aujourd’hui comme écrivain, Prosper Mérimée fut aussi traducteur, critique, historien, archéologue. Mérimée inventa la doctrine de protection du patrimoine et réalisa presque seul l’inventaire des monuments de France. Carmen, éditée en 1845, est restée son Å“uvre la plus fameuse. 30 ans après sa publication, Bizet lui offre un écrin musical digne de sa nature passionnée et sanguine. “Africaine” dira même Nietzsche qui y voyait l’opéra alternatif au wagnérisme dont il ne partageait plus la croyance. Le compositeur approfondit le trio amoureux: Carmen, José, Escamillo… le brigadier reste prisonnier d’une passion qu’il subit en victime; Carmen étouffe rapidemment et quand paraît la star des arènes, Escamillo, dans ses habits de lumière, ce nouvel Adam, incarne la promesse d’une nouvelle aventure… que refuse de réaliser José, enchaîné par le lien qui le relie à sa mère (mourante) et à Micaëlla… trop fragile rivale de Carmen.

logo_fmusiqueSamedi 22 décembre 2012, 20h

Diffusion de l’opéra intégral: Carmen de Bizet

Avec Anna Caterina Antonacci, Ludovic Tézier, Genia Kühmeier … Philippe Jordan, direction (Opéra Bastille, décembre 2012)

Opéra en quatre actes, livret de Ludovic Halevy et Henri Meilhac. Création à Paris le 3 mars 1875

Illustrations: Bizet (DR)