QUATUOR MANFRED : BERLIN Paradise

manfred-quatuor-concert-critique-classiquenews-berlin-paradise-low-defPARIS, Mer 26 fév 2020 : QUATUOR MANFRED, “Berlin Paradise”. Porté par les membres du Quatuor MANFRED, jamais en reste d’un risque nouveau, « Berlin Paradise » est un voyage musical à Berlin pendant les années folles, convoquant le tourbillon artistique et utopique dont l’issue irrépressible sera l’auto destruction et la folie hitlérienne. Des espoirs portés par une insouciance collective y sont avortés et accouchent de la fin de la civilisation. C’est ainsi que le meilleur de l’humanité peut si l’on n’y prend pas garde, préluder au pire… Imaginé par le Quatuor Manfred et la chanteuse Marion Rampal, avec le saxophoniste Thomas Savy, le programme interroge le répertoire berlinois des années 20 aux années 40, de Kurt Weill à Hollaender ; y paraissent des légendes iconiques désormais, allégorie d’un art de vivre aussi impertinent que fragile, Marlene Dietrich et Lotte Lenya.

Tout commence dans le Berlin mythique de la république de Weimar qui aura duré 15 ans (1918 – 1933). La jeunesse s’émancipe contre l’ordre moral bourgeois : « les jeunes filles coupent leurs cheveux à la garçonne, l’androgynie devient un critère de mode, l’homosexualité est reconnue et défendue, les utopies politiques s’affirment. Les artistes survoltés s’empressent de casser les codes, quittent le chemin tracé du classicisme, investissent les cabarets, partent à la découverte du jazz, se jettent avec frénésie sur le cinéma, exaltent la liberté de pensée…. ».

Mais ce nouveau monde, telle une chimère s’écroule sous le coup de la crise financière (krach de 1929) et de la grande dépression de 1930 qui s’en suit ; Berlin, trop frêle rempart artistique et culturel contre l’inexorable montée du nazisme, n’est-il qu’un leurre ?… « Comment résister ? Pourquoi devoir cesser de croire à la possibilité du bonheur ? » / Nouveauté discographique du Quatuor MANFRED : Bye Bye Berlin! Marion Rampal &Quatuor Manfred (Harmonia Mundi)

QUATUOR MANFRED
PARIS, Bal Blomet
26 février 2020, 20h30
RÉSERVEZ
Jazz & Music Hall
http://www.balblomet.fr/events/berlinparadise/

Marion RAMPAL (chant)
Thomas SAVY (saxophone)

NOUVEL AN à BERLIN avec Kiril Petrenko

Petrenko Kirill maestro chef orchestreARTE, mar 31 déc 2019, 18h. CONCERT DE LA SAINT SYLVESTRE 2020. NOUVEL AN à BERLIN. Kirill Petrenko / Orch Philharmonique de Berlin. La première phalange en Allemagne, l’Orchestre Philharmonique de Berlin fête la “glissade” dans le Nouvel An, en privilégiant comédie musicale et vertiges de Broadway. C’est la première fois que le chef Kirill Petrenko (photo ci contre, DR), successeur de Simon Rattle à la tête du Berliner, dirige ce traditionnel concert de la Saint-Sylvestre.
C’est aussi la première collaboration entre l’orchestre et la soprano mozartienne Diana Damrau. Ensemble, ils interprètent Un Américain à Paris de Gershwin, les danses symphoniques de West Side Story de Leonard Bernstein, surtout plusieurs pièces de Kurt Weill, Stephen Sondheim et Harold Arlen. Les Berlinois forts d’une tradition musicale spectaculaire aimeraient rivaliser avec la tradition viennoise autour du Nouvel An… La magie opérera-t-elle ? 1h35mn. Replay sur Arte concert jusqu’au 29 janvier 2020.

ARTE, mar 31 déc 2019, 18h. CONCERT DE LA SAINT SYLVESTRE 2020. NOUVEL AN à BERLIN.

Dudamel dirige les Noces de Figaro de Mozart en direct de Berlin

dudamel-gustavo-maestro-classiquenews-presentation-review-critique-account-of-arte_logo_2013Arte. En direct : Les Noces de Figaro de Mozart. Vendredi 13 novembre 2015. Gustavo Dudamel, direction.  En direct du Staatsoper im Schiller Theater Unter der linden de Berlin, le vénézuélien actuel direction musical du Los Angeles Philharmonic, Gustavo Dudamel, l’élève le plus doué et le plus médiatisé du Sistema vénézuélien s’essaie (enfin) à la direction lyrique en pilotant la Staatskapelle de Berlin. Après ses réalisations réussies, toutes enregistrées par Deutsche Grammophon (Symphonie de Mahler en particulier), le jeune maestro joue de la baguette opératique dans le sommet sentimental de Mozart et da Ponte d’après Beaumarchais. La Folle Journée mozartienne trépigne d’une indicible excitation, que rendent explicite les airs de Chérubin, jeune cœur éperdu bientôt enrôlé (mais si troublé par la Comtesse) ; l’opéra souligne surtout le génie de Mozart dans la peinture  de l’âme féminine : La Comtesse (qui palpite et s’alanguit mélancoliquement au souvenir des années perdues où Almaviva l’aimait encore), Suzanne, vivace et pétillante, jeune épouse de Figaro ; sans omettre Barberine et son délicieux air au clair de lune, d’une émotivité à fleur de peau… Il semble que Mozart et Da Ponte aient finalement produit un miracle de justesse psychologique dans chacun des portraits des femmes ici présentes.

Gustavo Dudamel dirige Les Noces de MozartLe duo de la lettre entre Suzanne et La Comtesse y serait sans doute le point d’orgue, d’une vérité émotionnelle, d’une justesse musicale, irrésistibles. Qu’en sera-t-il sous la baguette du jeune vénézuélien Gustavo Dudamel ? Le maestro que tout le monde attend, se revèlera-t-il brillant chef lyrique ? Réponse ce soir sur Arte en direct de Berlin.

LIRE aussi notre dossier spécial Les Nozze di Figaro, Les Noces de Figaro : l’opéra de femmes 

 

 

ARTE, Vendredi 13 novembre 2015, 20h45dudamel-gustavo-maestro-classiquenews-presentation-review-critique-account-of-
Mozart : Les Noces de Figaro – en direct de Berlin
A l’affiche du Staatsoper im Schiller Theater unter den Linden de Berlin
Les 7, 9, 11, 13, 15 novembre 2015

Direction musicale : Gustavo Dudamel
Mise en scène : Jürgen Flimm
Staatskapelle Berlin
Staatsopernchor sous la direction de Frank Flade

Cinquième mise en scène des Nozze di Figaro par Jürgen Flimm, directeur-général du Berliner Staatsoper Unter den Linden. La commedia mozartienne est ici transposée en Espagne à Cadiz où la bonne société se rafraichit en bord de mer au coeur de l’été.

Avec Ildebrando D’Arcangelo et Dorothea Röschmann en Comte et Comtesse Almaviva, Anna Prohaska en Susanne, Marianne Crebassa en Cherubino, Lauri Vasar en Figaro… À la baguette, le très prisé chef vénézuélien Gustavo Dudamel dirige le Staaskapelle Berlin.

LIRE la présentation des Noces de Figaro sur le site du Staatsoper de Berlin

 

 

Approfondir : dossier spécial

Les Noces de Figaro : partition des Lumières, opéra des femmes ?

Mozart : Les Noces de Figaro. L'opéra des femmes ?

Mozart / Da Ponte : modernité des Noces de Figaro. En pleine période dite des Lumières, au moment où Paris et la Cour de Versailles sous l’impulsion de Marie-Antoinette vivent leurs heures artistiques les plus glorieuses, Mozart et Da Ponte conçoivent en 1786, Les Noces de Figaro. Premier volet d’une trilogie exemplaire dans l’histoire de l’opéra, qui est l’enfant d’une collaboration à quatre mains aux apports irrésistibles, l’ouvrage poursuit sa carrirèe sur les scènes du monde entier : c’est que sa musique berce l’âme et son livret, excite l’esprit par leur justesse combinée, accordée, idéalement associée. Un mariage parfait ? Figaro et Suzanne, c’est le couple de l’avenir … LIRE notre dossier complet Les Noces de Figaro

En direct sur Arte. A Berlin, Gustavo Dudamel dirige les Noces de Figaro de Mozart

dudamel-gustavo-maestro-classiquenews-presentation-review-critique-account-of-arte_logo_2013Arte. En direct : Les Noces de Figaro de Mozart. Vendredi 13 novembre 2015. Gustavo Dudamel, direction.  En direct du Staatsoper im Schiller Theater Unter der linden de Berlin, le vénézuélien actuel direction musical du Los Angeles Philharmonic, Gustavo Dudamel, l’élève le plus doué et le plus médiatisé du Sistema vénézuélien s’essaie (enfin) à la direction lyrique en pilotant la Staatskapelle de Berlin. Après ses réalisations réussies, toutes enregistrées par Deutsche Grammophon (Symphonie de Mahler en particulier), le jeune maestro joue de la baguette opératique dans le sommet sentimental de Mozart et da Ponte d’après Beaumarchais. La Folle Journée mozartienne trépigne d’une indicible excitation, que rendent explicite les airs de Chérubin, jeune cœur éperdu bientôt enrôlé (mais si troublé par la Comtesse) ; l’opéra souligne surtout le génie de Mozart dans la peinture  de l’âme féminine : La Comtesse (qui palpite et s’alanguit mélancoliquement au souvenir des années perdues où Almaviva l’aimait encore), Suzanne, vivace et pétillante, jeune épouse de Figaro ; sans omettre Barberine et son délicieux air au clair de lune, d’une émotivité à fleur de peau… Il semble que Mozart et Da Ponte aient finalement produit un miracle de justesse psychologique dans chacun des portraits des femmes ici présentes.

Le duo de la lettre entre Suzanne et La Comtesse y serait sans doute le point d’orgue, d’une vérité émotionnelle, d’une justesse musicale, irrésistibles. Qu’en sera-t-il sous la baguette du jeune vénézuélien Gustavo Dudamel ? Le maestro que tout le monde attend, se revèlera-t-il brillant chef lyrique ? Réponse ce soir sur Arte en direct de Berlin.

LIRE aussi notre dossier spécial Les Nozze di Figaro, Les Noces de Figaro : l’opéra de femmes 

 

 

ARTE, Vendredi 13 novembre 2015, 20h45dudamel-gustavo-maestro-classiquenews-presentation-review-critique-account-of-
Mozart : Les Noces de Figaro – en direct de Berlin
A l’affiche du Staatsoper im Schiller Theater unter den Linden de Berlin
Les 7, 9, 11, 13, 15 novembre 2015

Direction musicale : Gustavo Dudamel
Mise en scène : Jürgen Flimm
Staatskapelle Berlin
Staatsopernchor sous la direction de Frank Flade

Cinquième mise en scène des Nozze di Figaro par Jürgen Flimm, directeur-général du Berliner Staatsoper Unter den Linden. La commedia mozartienne est ici transposée en Espagne à Cadiz où la bonne société se rafraichit en bord de mer au coeur de l’été.

Avec Ildebrando D’Arcangelo et Dorothea Röschmann en Comte et Comtesse Almaviva, Anna Prohaska en Susanne, Marianne Crebassa en Cherubino, Lauri Vasar en Figaro… À la baguette, le très prisé chef vénézuélien Gustavo Dudamel dirige le Staaskapelle Berlin.

LIRE la présentation des Noces de Figaro sur le site du Staatsoper de Berlin

 

 

Approfondir : dossier spécial

Les Noces de Figaro : partition des Lumières, opéra des femmes ?

Mozart : Les Noces de Figaro. L'opéra des femmes ?

Mozart / Da Ponte : modernité des Noces de Figaro. En pleine période dite des Lumières, au moment où Paris et la Cour de Versailles sous l’impulsion de Marie-Antoinette vivent leurs heures artistiques les plus glorieuses, Mozart et Da Ponte conçoivent en 1786, Les Noces de Figaro. Premier volet d’une trilogie exemplaire dans l’histoire de l’opéra, qui est l’enfant d’une collaboration à quatre mains aux apports irrésistibles, l’ouvrage poursuit sa carrirèe sur les scènes du monde entier : c’est que sa musique berce l’âme et son livret, excite l’esprit par leur justesse combinée, accordée, idéalement associée. Un mariage parfait ? Figaro et Suzanne, c’est le couple de l’avenir … LIRE notre dossier complet Les Noces de Figaro

DVD. Alban Berg : Lulu. Mojca Erdmann (Barenboim, 2012, 1 dvd Deutsche Grammophon)

lulu berg dvd mojca erdmann daniel barenboim deutsche grammophonDVD, critique. Alban Berg : Lulu. Mojca Erdmann (Barenboim, 2012, 1 dvd Deutsche Grammophon). Berlin, avril 2012 : au théâtre Unter den Linden, Barenboim dirige Wozzek puis Lulu, ici dans la version non de Friedrich Cerha, mais celle, s’agissant du III, de D R Coleman. A partir des fragments laissés par Berg en 1935, le musicologue a reconcentré les sections parvenues, décousu l’ordre de Cerha (plus de prologue ni de scène parisienne habituelles dans le III) mais une formule resserrée, dense, précipitant la mort de Lulu (en coulisses), afin de « préserver l’effet de symétrie » souhaité par Berg dans l’architecture globale de son second opéra. Andrea Breth peine à révéler une vision cohérente et précise d’un drame scénique qui éblouit par son étrangeté pourtant. Il y a de la confusion dans ce dispositif quoique la tension reste palpable.

Le mystère, le trouble, la gêne surtout et les frémissements d’une destruction totale sont perceptibles dans un drame qui moderniste et inclassable concentre les fissures et catastrophes de l’époque : la destruction de la république de Weimar sous la montée de l’hitlérisme. Cimetière de voitures, perspectives tronquées, chanteurs au sol… tout indique ici la fin de l’ordre bourgeois.

 

 

lulu_mojca erdmann - daniel barenboim dvd deutsche grammophon critique classiquenews

 

 

Côté chanteurs, évidemment la silhouette juvénile, au corps gracile de la soprano Mojca Ermann, vraie poupée glamour, séduit dans le rôle de la femme enfant, perverse et attendrissante (la beauté du diable?) : son timbre pincé, malgré des aigus mal tenus, n’en finit pas de troubler voire de captiver. Debora Polaski fait une comtesse solide et très émouvante au III dans son air de déploration au cimetière, sorte de chant funèbre sur le genre humain à l’agonie… quand Michael Volle, vrai vedette de la soirée, incarne avec une finesse nuancée et le Docteur Schön et à la fin, Jack l’éventreur… présence à la fois paternelle, fraternelle, et dans les faits maritale (humain surtout humain donc périssable : il meurt de facto au II, tué par la belle qui lui tire une balle dans le dos) et enfin juge implacable face à la monstruosité humaine. L’homme (la femme ici) est une saloperie délicieuse… qui exploite et consomme sans scrupule ni morale jusqu’à la mort.

Daniel Barenboim veille dans la fosse à ce dévoilement progressif de la catastrophe et de l’effroi collectif : le sexe désigne la mort ; le désir c’est la manipulation ; l’amour,un esclavage… et l’humanité, l’annonce d’une mort inéluctable. Au final qu’avons nous sur scène, une ambiance délétère et des morts à la pelle : les deux premiers maris de Lulu (le professeur de médecine puis le peintre), enfin Schön et son fils Alwa, Lulu elle-même. Cirque fantastique et scène pathétique, la production berlinoise reste honnête. Volle et Polaski sont très convaincants, les maillons forts du spectacle : c’est d’ailleurs eux deux qui ferment le rituel théâtral après l’embrasement final. Le dernier tableau est le plus réussi dans son dépouillement. Mais on lui préfèrera d’emblée la version édité par DG également, avec Petibon dans la mise en scène de Py.

DVD, critique. Berg : Lulu (version berlinoise inédite de DR Coleman, 2012). Mojca Erdmann (Lulu), Deborah Polaski (la comtesse Geschwitz), Michael Volle (Schön, Jack), Thomas Piffka (Alwa), Stephan Rügamer (le peintre). Staatskapelle Berlin. Daniel Barenboim, direction. Andrea Breth, mise en scène. Filmé à Berlin en mars 2012. 1 DVD Deutsche Grammophon 0440 073 4934

 

 

 

Berlin, Deutsche Oper. Pretty Yende chante Lucia di Lammermoor

une-evasion-deutsche-oper-berlin-580-570Berlin, Deutsche Oper. Donizetti : Lucia di Lammermoor :  les 1er, 6 février 2015. L’année où meurt Bellini, sur le métier des Puritains pour la scène parisienne, Donizetti son challenger livre Lucia di Lammermoor créé au San Carlo de Naples le 26 septembre 1835. Le compositeur gagne ainsi ses lettres de noblesse, s’affirmant avant Verdi, tel le champion du romantisme lyrique à l’italienne. Walter Scott donne l’intrigue inspirée d’une histoire authentique : celle de Janet Dalrymple qui en 1668 assassine son mari pendant leur nuit de noces et le paye fort au prix de sa raison. Edgardo fait figure de bon, opposé à Enrico, le méchant manipulateur contre lequel doit lutter la riche héritière Lucia. Modèle des héroï¨nes romantiques sacrifiées, Lucia s’immole en perdant la raison dans la fameuse scène de la folie, martyr et embrasement extatique à l’acte III. Le rôle de Lucia offre au soprano coloratoure, de style bellinien obligé, une palette de sentiments nuancés et profonds, exprimés avec une rare justesse : désir d’une jeune âme juvénile, d’autant plus exacerbée face à un frère sadique et noir et un amant étrangement distancié, absent, aimant mais si peu complice.

 

Lucia, un sommet du bel canto romantique

 

lucia-deutsche-oper-berlin-580-380-pretty-yendeLucia est encore une adolescente au désir ardent, d’un romantisme entier et passionnel : les vocalises de sa partie s’intensifient à mesure que la souffrance ou la frustration se déploient. Elle affronte directement la brutalité d’une société phallocratique qui traite les femmes comme des marchandises, à épouser ou à renier. La figure de l’épouse sacrifiée, comme immolée par son propre frère marque les esprits des contemporains de Donizetti dont évidemment Flaubert : Emma Bovary, la protagoniste tragique de son roman fameux, assiste à la représentation de Lucia en français : Emma voit alors dans Lucia, sa propre image, une prémonition de son propre destin désormais voué à la mort. C’est Maria Callas la première qui en 1955 restitue en bellinienne accomplie la force émotionnelle du personnage, les aspirations de la jeune femme affrontée malgré elle et jusqu’à la mort, à l’esprit étroit et roublard d’une société d’hommes hostiles…

 

 

 

2 raisons pour ne pas manquer La Lucia de Berlin

l’évaluation de classiquenews.com

CLIC D'OR macaron 2001- la mise en scène classique promet de respecter la gradation de plus en plus pathétique et tragique du drame, en particulier la scène de la folie de Lucia au III

CLIC_macaron_20142- dans le rôle de Lucia, la jeune soprano sud africaine Pretty Yende fait ses débuts attendus dans un grand rôle romantique tendu et nuancé ; de la grâce juvénile et adolescente à la folie de la femme sacrifiée et criminelle, la cantatrice, couronnée par le Grand Prix Bellini en 2010 (avant sa distinction par le prix Operalia l’année suivante en 2011) devrait éblouir l’audience par sa ligne vocale, son timbre diamantin taillé pour les héroïnes angéliques, mais aussi son intelligence des coloratoures, non plus mécaniques mais finement expressives. Classiquenews suit la carrière de Pretty Yende depuis ses débuts et l’obtention de son Grand Prix au 1er Concours Bellini 2010.

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Temps forts de la partition, acte par acte :
Ce qu’il ne faut pas manquer, les épisodes du drame les plus décisifs…

En Ecosse, les Ashton (Enrico et sa soeur Lucia) vouent une terrible haine à leur rival, Edgardo, hériter de la famille Ravenswood.
Au I : Les deux amants. Enivrés par leur amour, Edgardo et Lucia s’abandonnent à la langueur extatique (duo Sulla tomba)
Au II : Le mariage forcé. C’est l’acte de la manigance, celle du frère sadique Enrico et de son complice Raimondo qui forcent Lucia à épouser un bon parti : Arturo Bucklaw. Les deux intrigants réalisent leur projet en faisant croire à Lucia qu’Edgardo l’a trahie pour une autre. Le sextuor final est le plus impressionnant : face aux agents du complot (Enrico, Raimondo, Arturo) se dressent les amants hier unis, à présent désunis : Edgardo jette l’anneau que lui avait remis Lucia au I.
Au III : La folie de Lucia. Alors qu’Edgardo et Enrico se sont donné rendez vous pour se battre, surgit Lucia démente, errant dans le château encore animé par les murmures de la fête nuptiale : elle vient de tuer Arturo, sa robe maculée de sang (scène de la folie : Il dolce suono…). Alors qu’il allait se battre avec Enrico, Edgardo en apprenant la mort de Lucia, se poignarde.

 

 

Lucia di Lammermoor au Deutsche Oper de Berlin :
Vendredi 6 février – Berlin, 19h30


Ivan Repusic, direction musicale
Filippo Sanjust, mise en scène

Simone Piazzola, Enrico
Pretty Yende, Lucia
Joseph Calleja, Edgardo
Matthew Newlin, Arturo
Andrew Harris, Raimondo
Ronnita Miller, Alice

Orchestre et choeur de la Deutsche Oper
Visiter le site du Deutsche Oper Berlin

A l’affiche les 1er, 6 février 2015
Consulter la page Lucia di Lammermoor sur le site du Deutsche Oper Berli

 

 
 

 

Organisez votre séjour à Berlin : les 6 et 7 février 2015

Profitez de la représentation du vendredi 6 février 2015 au Deutsche Oper pour rester à Berlin, et voir le lendemain samedi 7 février : Macbeth de Verdi au Staatsoper de Berlin, 18h. Daniel Barenboim, direction. Avec Placido Domingo, Macbeth. René Pape, Banquo. Liudmyla Monastyrska, Lady Macbeth, Rollando Villazon, Macduff… Peter Mussbach, mise en scène. Là aussi le plateau vocal promet un grand moment musical et lyrique (Placido Domingo en Macbeth) d’autant plus convaincant sous la baguette de Barenboim et dans la mise en scène de Peter Musbach (homme de théâtre dont le travail scénique et visuel demeure toujours passionnant).

Week end à Berlin : Lucia et Macbeth, les 6 et 7 février 2015. Destination voyage culturel et lyrique proposé par Europera La Fugue. A partir de 250 euros par personne… toutes les infos, les modalités de réservation sur le site www.europera.com

DVD. Verdi : Il Trovatore (Netrebko, Domingo, Barenboim, Berlin 2013)

trovatore verdi netrebko domingo DVDCLIC D'OR macaron 200DVD. Verdi : Il Trovatore (Netrebko, Domingo, Barenboim, Berlin 2013). Dans l’imaginaire du scénographe Philippe Stölzl, le Trouvère est un conte lunaire, basculant constamment entre cynisme barbare et délire fantastique. La première scène est digne d’une gravure gothique d’Hugo ou d’une eau forte de Callot : Ferrando (excellent Adrian Sâmpetrean) plante le décor où règne la malédiction de la sorcière effrayante brûlée vive sur le bûcher par le comte de Luna… une vision primitive qui inspire tout le spectacle qui suit, dont les tableaux jouant sur le blanc et le noir, détaillant d’effrayantes ombres graphiques sur les murs d’une boîte dont l’angle regarde vers la salle et les spectateurs, instaure ce climat si original, celui façonné par un Verdi subjugué par le jaillissement du surnaturel, de la malédiction, la figure troublante d’âmes éperdues (Leonora) qui ivres et portées par leur seul désir, demeurent continûment aveuglées par la passion qui les consume : la jeune femme dans une arène de silhouettes souvent grotesques et grimées jusqu’à la caricature, y paraît tel un lys pur, éclatant par son chant amoureux, juvénile, ardent, innocent. Ce qu’apporte Anna Netrebko relève du miraculeux : le jaillissement brut d’un amour immense qui la dépasse totalement, la possède jusqu’à l’extase : le chant est incandescent, âpre, d’une sincérité tendre irrésistible.

Le public berlinois lui réserve une ovation collective dès son premier air. Légitimement. Tout le premier acte (Le Duel) est stupéfiant de justesse réaliste et expressionniste, saisissant même par ses ombres rouges aux murs défraichis. Un régal pour les yeux et aussi pour l’esprit exigeant : la direction d’acteur est précise et constamment efficace.

Trouvère berlinois, fantastique, effrayant : superlatif

azucena, trovatore berlin, barenboimDans la fosse Daniel Barenboim des grands jours sculpte chaque effet ténébriste d’une partition qui frappe par sa modernité fantastique, rappelant qu’ici la vision de Verdi rejoint les grands noms du romantisme lugubre et cynique, surnaturel, cauchemardesque, et poétiquement délirant : Aloysius Bertrand, Villiers de l’Isle Adam, ETA Hoffmann.  On s’étonne toujours que bon nombre continue d’affliger l’ouvrage verdien d’une faiblesse dramatique due à un livret soit disant faiblard : c’est tout l’inverse. Et la présente production nous montre a contrario des idées reçues et colportées par méconnaissance, la profonde cohérence d’une partition au découpage très subtil, aussi forte et glaçante que Macbeth, aussi prenante que Rigoletto, aussi échevelée et juste que La Traviata… Philipp Stölzl apporte aussi ce picaresque espagnol dans costumes et maquillages qui revisitent en outrant ses couleurs, Velasquez et les caravagesques ibériques, de Ribeira à Murillo.  Si Leonora, incarnée par la sensuelle et embrasée Anna Netrebko, captive de bout en bout, le Luna, rongé par la jalousie et l’impuissance amoureuse trouve en Placido Domingo, un baryton ardent, habité par une psyché qui lui aussi le submerge : passionnant duo.

netrebko anna trouvère trovatore leonora Berlin BarenboimPar son code couleur vert froid, exprimant un cynisme fantastique de plus en plus présent au fur et à mesure de l’action, le théâtre de Philipp Stölzl rappelle évidemment l’immense Peter Mussbach (repéré dans son approche parisienne de La Norma au Châtelet) : le choeur des gitans y singe une foule aux accents apeurés, orgiaques avant que ne paraisse le chant halluciné d’Azucena (très honnête Marina Prudenskaya, de plus en plus touchante : c’est elle qui porte le germe de la vengeance finale ; elle est elle aussi, comme Leonora, une poupée fardée, usée, transfigurée par la passion qui la porte et la consume : si Leonora est dévorée par l’amour pour Manrico le trouvère, Azucena est portée, aspirée par l’effroi du sacrifice primordial : l’assassinat de son propre fils (le véritable) par les flammes. Le Manrico de Gaston Rivero sans partager la brulure de ses partenaires défend haut la figure du Trouvère. Jamais production n’a à ce point mieux exprimer l’essence hallucinée et lunaire de l’opéra verdien : c’est essentiellement un théâtre de la brûlure, des âmes embrasées, où pèse dès l’origine, l’image effrayante flamboyante du bûcher initial. Une éblouissante réussite qui passe surtout par la cohérence du dispositif visuel. Chef et solistes sont au diapason de cette lecture colorée, expressionniste, remarquablement convaincante. Voilà qui renvoie à la marche inférieure la plus récente production du Trouvère avec le duo Netrebko et Domingo, présentée cet été au Festival de Salzbourg… La galerie de peintures qui s’y impose paraît en comparaison fatalement anecdotique tant ici, la création visuelle, le théâtre des ombres découpées sur les murs du cube nourrissent le feu de l’action. Un must et donc un CLIC de classiquenews.com.

Verdi : Il Trovatore. Anna Netrebko (Leonora), Placido Domingo (Placido Domingo), Azucena (Marina Prudenskaya), Manrico le Trouvère (Gaston Rivero, Adrian Sâmpetrean (Ferrando)… Staatskapelle Berlin. Daniel Barenboim, direction. Philipp Stölzl, mise en scène. 1 dvd Deutsche Grammophon. Enregistré à Berlin au Staatsoper Unter den Linden de Berlin, im Schiller Teater, en décembre 2013.

 

 
 

 

TELE. En octobre 2014, Mezzo diffuse l’Elvira candide, juvénile d’Anna Netrebko (Metropolitan Opera 2006-2007) : I Puritani avec Anna Netrebko au Met 2007 sur Mezzo Live HD : 6 > 24 octobre 2014. 

mezzo logo 2014

 

 
 

 
 

CD. Jonas Kaufmann en crooner 1920 : nouveau programme Du bist die Welt für mich (1 cd Sony classical, à paraître le 15 septembre 2014)

jonas_kaufmann crooner berlin You mean the entire worlf to me cd sony classical You mean the entire worlf to meCD. Jonas Kaufmann en crooner 1920 : nouveau programme Du bist die Welt für mich (1 cd Sony classical, à paraître le 15 septembre 2014). Vous le connaissiez wagnérien (Siegmund, Tannhaüser, Parsifal…), le voici en crooner des années 1920 à Berlin. Le ténor vedette munichois, Jonas Kaufmann publie chez Sony un nouveau disque événement à paraître le 15 septembre 2014. Face à un micro savamment choisi pour l’occasion, le visuel de couverture ne laisse pas indifférent : le chanteur en style rétro, a pris le chemin du studio pour graver de nouveaux standards lyriques, non pas signés Verdi (comme l’a montré son remarquable récital discographique The Verdi album),  mais Lehar, Tauber, Kalman, Korngold ou Stolz, soit les auteurs actifs à Berlin, en vogue à l’époque des débuts du cinéma parlant…

Kaufmann en crooner berlinois des années 1920

A l’instar du tube populaire qui donne son titre à l’album : Du bist die Welt für mich (Tu es le monde pour moi / You mean the entire world to me) de Richard Tauber, – une chanson souvent reprise en bis lors de ses récitals, Jonas Kaufmann a organisé son programme en collectionnant plusieurs standards restitués ici dans leur orchestration originale, remontant à la période 1925-1935. L’interprète diseur en or (chez Schubert entre autres), magicien du verbe incarné, remarquable acteur lyrique par son intériorité intimiste et puissante, sait ici ciseler l’arête expressive de chaque auteur, qu’on a tort de classer parmi les compositeurs mineurs, auteurs de musiques légères. Il retrouve ce legato mordant et très coloré que ses prédécesseurs, tels Fritz Wunderlich  ou Rudolf Schock, ont su avant lui affirmer, rendant au répertoire mésestimé, ses lettres de noblesse… Le programme évoque l’âge d’or de la chanson berlinoise propre aux années 1920 et 1930 dont l’insouciance raffinée contraste avec les événements politiques à venir. cd sony classical kaufmann jonas2Au total 17 chansons et airs d’une sensualité ciselée où Jonas Kaufmann affirme davantage son intelligence vocale et dramatique, son sens du texte, son goût de la situation, son brio naturel pour la caractérisation émotionnelle.  Pour ce nouvel album, Jonas Kaufmann est rejoint par la soprano Julie Kleiter pour Abraham et Korngold ; ils sont accompagnés par les instrumentistes du Rundfunk-Sinfonieorchester Berlin, dirigés par Jochen Rieder.

 

1 cd Sony classical à paraître le 15 septembre 2014.  Prochaine grande critique dans le mag cd de classiquenews.com