CD, DVD, BLU RAY. STRAUSS, New Year concert, Concert du Nouvel AN 2020, Andris Nelsons, Vienna Philharmonic (Sony classicla)


ANDRIS NELSONS vienna philharmonic neujahrskonzert new year concert 2020 cd reviex dvd blu ray classiquenewsCD, DVD, Blu ray, critique, concert du NOUVEL AN 2020. VIENNE, Musikverein, le 1er janvier 2020. STRAUSS… Wiener Phil. Andris Nelsons
, direction (SONY CLASSICAL). Le concert du NOUVEL AN à VIENNE, ce 1er janvier 2020 marque les débuts dans cet exercice du chef letton Andris Nelsons (41 ans), musicien déjà familier des instrumentistes viennois, avec lesquels il a enregistré l’intégrale des Symphonies de Beethoven pour DG Deutsche Grammophon. C’est aussi un concert de gala qui ouvre les festivités des 150 ans de la création du Musikverein, salle mythique, dite la boîte à chaussure magique, dans laquelle tous les concerts du Nouvel An se sont déroulés.

Polka rapide composée par Edouard Strauss (le dernier de la fratrie Strauss, aux côtés de Johann II et Josef ; celui qui a brûlé partitions et matériel d’orchestre sous un coup de folie) :

Le caractère général de cette année est dévoilé dès la première œuvre choisie par le chef pour son premier Concert du Nouvel An : de Carl Michael Ziehrer, Die Landstreicher / Les Vagabonds (Ouverture). Le chef letton affirme d’emblée sans préambule une joie militaire, galop à la Offenbach, un rien pétaradant (avec coups de piccolos) ; musique un peu trop décorative et narrative pour un début : la sonorité est un rien tendue qui manque de détente, de souplesse. Heureusement, ce raffinement viennois qui nous manquait tant, surgit à l’éclosion de la valse finale : mais Ziehrer ne maîtrise pas l’orchestration comme Johann II et ses frères ; cela sonne un peu raide et sec.

Dans Message d’amour (Liebesgrüße), valse opus 56 de Josef Strauss, la direction est dure et épaisse ; le maestro a choisi surtout des pièces d’inspiration et de caractère nettement militaire comme l’atteste la pièce qui suit du même Josef S : « Liechtenstein-Marsch » op. 36, exclamation militaire énoncée comme un quadrille enlevé qui semble évoquer la superbe des armées, en leurs parades de rangs serrés, parfaitement alignés. Le geste pourtant clairs et précis confine à la mécanique.

La Blumenfest-Polka (Flower Festival Polka) op. 111 de Johann Strauss II, est enfin la première oeuvre du programme, de vrai grand raffinement aux équilibres instrumentaux plus subtils qui forcent le chef à mieux polir la cadence et colorer davantage en piani plus ciselés. Mais le geste demeure généreux et avare en gradations infimes, en phrasés pourtant inscrits et si délectable dans le cas de Johann II. Puis du même Johann, seigneur et souverain de la valse viennoise, c’est « Wo die Zitronen blüh’n », Waltz, op. 364 (Where the Lemon Trees Blossom) : Grande valse au pays des citronniers en fleurs. le début a la flamboyance d’un début wagnérien : cor et flûte enchantés ; c’est un lever de rideau, comme dans un rêve qui dure encore au moment du réveil. Visiblement, maestro Nelsons allège le trait, change son allure militaire et carrée, pour une souplesse quasi naturelle. Même geste fluide et trépidant dans la dernière pièces, courte et enlevée qui conclut la partie 1 du concert viennois : Knall und Fall, Polka rapide, op. 132 d’Eduard Strauss, celui qui a brûlé partitions et matériel d’orchestre sous un coup de folie, comme pour se venger de ses ainés trop écrasants… Enfin la pétillance du champagne emmenée en une frénésie certes un peu clinquante se livre à nous par un orchestre en incandescence.

La deuxième partie débute par une ouverture fameuse pour son rythme trépidant et ses couleurs frénétiques dont la cadence et l’orchestration rappellent … Rossini (celui du Guillaume Tell, à l’ouverture elle aussi, trépidante et très suggestive). L’ouverture de Leichte Kavallerie de Franz von Suppé confirme une écriture taillée pour le drame et le théâtre ; les cors sont à la fête, d’une effervescence exacerbée ; on y retrouve l’entrain de l’ouverture de Guillaume Tell, sa facétie, sa franchise, sa fougue martiale. La carrure du chef va bien à la frénésie conquérante de la musique de Suppé.

 

 

 

 

 

 

Andris Nelsons dirige les Wiener Philharmoniker
Grisant mais pas éblouissant

 

 

CONCERT DU NOUVEL AN à VIENNE 2020

 

 

 

Dans Cupido, Polka française op. 81 de Josef Strauss, l’orchestre retrouve son aplomb naturel en un rythme modéré (pas trop rapide selon la tradition de la polka française) où souveraines, les cordes sont aguicheuses, d’une suavité élégantissime. Le point d’orgue du programme qui sait jouer aussi la carte touristique avec le concours du Ballet de l’Opéra de Vienne, est la très belle valse de Johann II :
« Seid umschlungen, Millionen! » / Be Embraced, You Millions! / Embrassez-vous par millier, Waltz op. 443, où l’orchestre joue la partition d’une séquence filmée (le concert est comme chaque année retransmis en direct dans le monde entier) : dans l’enfilade des salons de la résidence d’hiver du prince Eugène de Savoie, danseurs et musiciens racontent le rêve éveillé d’une jeune femme qui revêt une robe de dentelles rouges, au bras d’un prince d’un soir : le couple se forme, se cherche, s’évalue (chorégraphie de Carlos Martinez), au rythme de la subtilité d’une musique entêtante à souhait ; la voici notre équation réussie du kitsch à la viennoise ; temps suspendu que permet la féerie de la valse de Johann II.
Sur ce rythme enlevé, les pièces se succèdent : Fleur de glace, mazurka de Josef Strauss (Polka mazurka op. 55, arrangement: Wolfgang Dörner) dont on retient le chien et le tempérament ;
La gavotte de Josef Hellmesberger Jr. dont les pizzicati maîtrisés réactivent la délicatesse et la rondeur des Wiener Philharmoniker, ambassadeurs inspirés de cette danse héritée du XVIIIè ; le galop du Postillon (op. 16/2, Arrangement: Wolfgang Dörner) du Strauss danois, Hans Christian Lumbye et qui permet au chef amusé, de jouer du clairon car il a commencé sa carrière de musicien en jouant cette partie… Là encore, signature du programme dans son ensemble, c’est la verve militaire et le rythme rien que conquérant jusqu’à la transe qui marquent les esprits.

Clin d’oeil à l’anniversaire Beethoven en 2020 (250è anniversaire de la naissance en 1770 à Bonn), l’orchestre joue quelques unes des contredanses de Ludwig van B., soit les pièces 1, 2, 3, 7, 10 & 8 des 12 Contretänze WoO 14. C’est un festival de courtes pièces d’une rare frénésie chorégraphiques en effet et qui se prêtent idéalement à leur mise en danse par trois couples du Ballet de l’Opéra de Vienne dont l’une des danseuse en look Dior, chapeau / jupe au dessin parisien. Mais les danses elles sont très mozartiennes ; dont certaine ont une mélodie qui sera repris dans le ballet « Les Créatures de Promothée » ; avec cette trépidation rythmique, si emblématique de la symphonie n°8 (entre autres) : tout le génie de Ludwig est concentré, avec ce goût de la variation, cette nervosité virile d’un Beethoven traversé par une fougue primitive.
Le concert se déroule ensuite en soulignant le raffinement et l’invention mélodique des ainés de la fratrie, aussi inspirés l’un que l’autre : surtout Johann Strauss Jr. : « Freuet euch des Lebens » (Joies de la vie : valse opus 340 écrite et jouée ici même pour inaugurer le Musikverein (janvier 1870) ; puis l’inusable Tritsch-Tratsch Polka,
Polka rapide op. 214 qui reste le grand classique de la trépidation viennoise avec la caisse claire, rythmiquement nerveux et enjoué, d’une séduction irrésistible.

Tout concert du Nouvel An à Vienne ne peut se terminer sans ses deux volets de conclusion, signés des deux Johann, le fils et le père : Le beau Danube bleu (Johann II) dont le début est à peine esquissé pour permettre au chef et aux musiciens de dire leurs voeux ; puis cette autre poncif : La Marche de Radetski (du père, Johann I), qui permet au public, conquis à ce stade du concert, d’interagir avec le chef, en claquant des mains … le rituel est rodé ; il est devenu parfaitement huilé. Au risque d’une certaine routine. Dans sa continuité, ce concert du Nouvel An à Vienne ne dépare pas de la perspective déjà écoutée. On y relève cependant pas la finesse d’élocution comme la subtilité dont ont été capables en leur occasion, les maestros précédents tels Dudamel, Jansons, Welser-Möst… Avec Nelsons, et avant lui en 2018, Muti, comme avant Thielemann, la finesse et la grâce ont laissé la place à l’intensité et la fougue. Question de style.
Grisant mais pas éblouissant. A chacun sa préférence. SONY édite le cd et le dvd du concert du Nouvel An 2020 (comme chaque année).

 

 

 

 

 

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CD, DVD, BLU RAY, critique, concert du NOUVEL AN 2020. VIENNE, Musikverein, le 1er janvier 2020. STRAUSS… Wiener Phil. Andris Nelsons, direction.

 

 

En savoir plus, visitez le site de SONY CLASSICAL :
mariss-jansons-vienna-wiener-philharmonic-new-year-concert-2020-critique-cd-dvd-blu-ray-critic-review-classiquenews

 

 

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LIRE nos précédents critiques et comptes rendus du CONCERT DU NOUVEL AN à VIENNE :

1er janvier 2018 : Riccardo MUTI dirige le concert du NOUVEL AN à VIENNECompte rendu, critique, concert. Vienne, Musikverein, le 1er janvier 2018. CONCERT DU NOUVEL AN 2018. Wiener Philharmoniker / Riccardo Muti, direction. Pour le concert du Nouvel An à Vienne ce 1er janvier 2018, revoici les instrumentistes du Philharmonique de Vienne sous la direction du chef familier pour eux, Riccardo Muti. Nous les avions quittés ici même le 1er janvier 2017 sous la direction de Gustavo Dudamel : jeune et très précis maestro : le plus jeune alors depuis des décennies à diriger les prestigieux instrumentistes autrichiens. Les ors et les fleurs en surabondance, selon le goût spécifique des Viennois pour l’ultra kitsch (Sissi n’est pas loin, sans omettre les fastes sirupeux de Schönbrun), soulignent l’importance musical, surtout médiatique de l’événement.

 

 

gustavo-dudamel-dirigiert vignette maestro classiquenews -erstmals-wiener-neujahrskonzertCompte-rendu critique, concert. VIENNE, Musikverein, dimanche 1er janvier 2017. Wiener Philharmoniker. Gustavo Dudamel, direction. Depuis 1958, le concert du Nouvel An au Musikverein de Vienne est retransmis en direct par les télévisions du monde entier soit 50 millions de spectateurs ; voilà assurément à un moment important de célébration collective, le moment musical et symphonique le plus médiatisé au monde. En plus des talents déjà avérés des instrumentistes du Philharmonique de Vienne, c’est évidemment le nouvel invité, pilote de la séquence, Gustavo Dudamel, pas encore quadra, qui est sous le feu des projecteurs (et des critiques).

 

 

et aussi :

LIRE AUSSI nos précédents comptes rendus du Concert du NOUVEL AN à VIENNE 2016, 2015, 2014, 2012, 2010… :

Mariss Jansons / Concert du nouvel AN à VIENNE 2016
http://www.classiquenews.com/cd-evenement-concert-du-nouvel-an-2016-a-vienne-neujahrskonzert-new-years-concert-2016-vienna-philharmonic-wiener-philharmoniker-orchestre-philharmonique-de-vienne-mariss-jansons-directio/
Zubin Mehta / Concert du Nouvel An à VIENNE 2015
L’hommage au génie de Josef Strauss
http://www.classiquenews.com/cd-concert-du-nouvel-an-a-vienne-2015-philharmonique-de-vienne-zubin-mehta-1-cd-sony-classical/

 

Daniel Barenboim / Concert du Nouvel An à VIENNE 2014
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-vienne-konzerthaus-le-1er-janvier-2014-concert-du-nouvel-an-oeuvres-de-johann-strauss-i-et-ii-edouard-josef-et-richard-strauss-avec-les-danseurs-de-lopera-de-vienne-wiener-phil/
Franz Welser-Möst / Concert du Nouvel An à VIENNE 2013
http://www.classiquenews.com/neujahrskonzert-new-years-concert-concert-du-nouvel-an-vienne-2013franz-welser-mst-1-cd-sony-classical/
Mariss Jansons / Concert du Nouvel An à VIENNE 2012
http://www.classiquenews.com/vienne-musikverein-le-1er-janvier-2012-concert-du-nouvel-an-wiener-philharmoniker-mariss-jansons-direction/
Georges Prêtre / Concert du nouvel AN à VIENNE 2010

 

 

Concert du NOUVEL AN 2020 à Vienne

CONCERT DU NOUVEL AN 2019FRANCE MUSIQUE, mer 1er janv 2020, 11h, 14h. VIENNOISERIE SYMPHONIQUE. Concert du Nouvel An à VIENNE / Philharmonique de Vienne, 1er janvier 2020. En direct du Musikverein de Vienne : c’est l’événement international organisé par l’Union Européenne de Radio-Télévision et diffusé dans près de 100 pays à travers le monde, le concert du nouvel an à Vienne par la phalange orchestrale la plus élégante au monde, les Wiener Philharmoniker. L’audience globale de cette diffusion en direct est estimée à plus de 50 millions de téléspectateurs, dont 3 millions de téléspectateurs français. Suscitant de telle chiffre d’audience, assurément le classique a de beaux jours devant lui ; l’expérience vaut d’être vécue, coupe de champagne et petits fours à disposition : c’est pour nous le meilleur moyen de fêter l’an neuf.

france2-logoCONCERT & ESCAPADE à VIENNE… France 2 va plus loin, comme depuis 4 ans à présent, prolongeant le concert symphonique proprement dit par un second volet, à 14h, et dans la foulée du concert, touristique et patrimonial, à la découverte de la Vienne historique, culturelle, mélomane. Stéphane Bern a donc pour mission d’emmener les téléspectateurs à la découverte de la capitale autrichienne, de ses lieux emblématiques, dont plusieurs endroits secrets typiquement viennois. La France se déclarerait-elle amoureuse de sa consœur européenne, la plus mélomane en réalité ? En direct sur FRANCE MUSIQUE.

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Le concert du Nouvel An à VIENNE 2020
en direct à partir de 11h10
Orchestre Philharmonique de Vienne
Andris Nelsons, direction
Diffusion en direct sur France Musique

bruckner andris nelsons symphony n 3 gewandhaus orchester cd review critique par classiquenews 00289479757792019 voit la prise de direction du chef letton, Andris Nelsons, leader parmi les nouveaux maestros de l’écurie DG Deutsche Grammophon, interprète déjà remarqué dans les symphonies de Bruckner, de Chostakovitch, et avec les instrumentistes viennois, des 9 symphonies de Beethoven. L’intégrale est déjà parue chez DG. Ce n’est donc pas la première fois que le chef dirige les instrumentistes. Mais c’est pour lui, son premier Concert du Nouvel An. Un passage obligé pour tout grand maestro digne de ce nom… Pour programme de ce premier bain viennois, « le nec plus ultra » de la musique viennoise, Valses, Polkas, Ouvertures… interprétées par des instrumentistes de rêve, parfaits héritiers d’une tradition très ancienne célébrée dans le monde entier.
L’année nouvelle n’est pas neutre pour l’institution : 2020 marque les 150 ans du Muzikverein, siège de l’Orchestre Philharmonique de Vienne ; c’est aussi le 250ème anniversaire de la naissance de Ludwig van Beethoven, dont l’orchestre jouera plusieurs Contredanses.
Par ce concert, les Wiener Philharmoniker souhaitent offrir en signe d’espérance pour l’année à venir, un message d’amitié et de paix.Une leçon de fraternité concrète, telle que l’aurait assurément cautionné Beethoven lui-même. Andris Nelsons, 41 ans, est né à Riga. Il est le directeur musical de l’Orchestre Philharmonique de Boston et chef permanent de l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig (avec lequel il a donc enregistré les Symphonies de Chostakovitch et de Anton Bruckner).

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Programme du CONCERT DU NOUVEL AN A VIENNE 2020 : 

Première partie

Carl Michael Ziehrer,
Die Landstreicher : Ouvertüre
(The Vagabonds : Ouverture)

Josef Strauss, Liebesgrüße
(Love’s Greetings), Waltz op. 56

Josef Strauss,
Liechtenstein-Marsch op. 36

Johann Strauss Jr.,
Blumenfest-Polka (Flower Festival Polka) op. 111

Johann Strauss Jr.,
Wo die Zitronen blüh’n (Where the Lemon Trees Blossom)
Waltz, op. 364

Eduard Strauss,
Knall und Fall (Without Warning)
Polka rapide, op. 132

 

 

 

Deuxième partie

Franz von Suppé,
Leichte Kavallerie: Ouvertüre (Light Cavalry: Ouverture)

Josef Strauss, Cupido,
Polka française op. 81

Johann Strauss Jr.,
Seid umschlungen, Millionen!
(Be Embraced, You Millions!)
Waltz op. 443

Eduard Strauss,
Eisblume (Ice Flower),
Polka mazur op. 55, Arrangement: Wolfgang Dörner

Josef Hellmesberger Jr.
Gavotte

Hans Christian Lumbye,
Postillon Galop, op. 16/2, Arrangement: Wolfgang Dörner

Ludwig van Beethoven,
12 Contretänze (Twelve Contredanses) WoO 14
(Nos. 1, 2, 3, 7, 10 & 8)

Johann Strauss Jr.,
Freuet euch des Lebens (Enjoy Life),
Waltz op. 340

Johann Strauss Jr.,
Tritsch-Tratsch Polka (Chit-chat Polka),
Polka rapide op. 214

Josef Strauss,
Dynamiden, Waltz op. 173

et toujours en fin de concert deux indémodables
les deux Strauss, père et fils

La Marche de Radetski (du père, Johann I)
Le beau Danube bleu (du fils, Johann II)

 

 

nouvel-an-vienne-concert-neujahrskonzert-wienn-critique-review-concert-classiquenews-1-janvier-2020
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ESCAPADE VIENNOISE  à 14h
Passion viennoise par Stéphane Bern…

Avec Bertrand de Billy, chef d’orchestre, au théâtre An Der Wien, S Bern s’essaie à la direction d’orchestre à la Haus der Musik, avant de partager une spécialité autrichienne emblématique, le Kaiserschmarrn au café de l’Opéra.
Sur les traces de la famille Strauss, les rois de la valse, notre guide rencontre leurs descendants actuels, Eduard et Thomas Strauss, qui dévoilent un étonnant et traditionnel ascenseur : le Pater Noster. Éloïse Kohn, pianiste française, et Christoph Koncz, second violon principal de l’Orchestre Philharmonique de Vienne, invitent, en une brillante démonstration, à identifier les mécanismes de la valse viennoise.

Curiosité, gourmandise, exploration… Stéphane Bern rejoint le cœur de la ville, où il se lance dans la fabrication de bonbons artisanaux avec Christian Mayer ; dans une église, à la rencontre du jeune quatuor de violoncelles Die Kolophonistinnen ; dans les anciennes caves d’une communauté religieuse transformées par Erich Emberger en restaurant-musée dédié à la famille impériale ; à la splendide bibliothèque nationale, en compagnie d’Anne-Sophie Banakas, jeune historienne française installée à Vienne… Au fil des rencontres, il s’agit de comprendre ce qui fait de Vienne, pour la dixième année consécutive, « la ville la plus agréable du monde ».

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CONCERT DU NOUVEL AN à VIENNE, 1er janvier 2020

CONCERT DU NOUVEL AN 2019FRANCE 2, mer 1er janv 2020, 11h, 14h. VIENNOISERIE SYMPHONIQUE. Concert du Nouvel An à VIENNE / Philharmonique de Vienne, 1er janvier 2020. En direct du Musikverein de Vienne : c’est l’événement international organisé par l’Union Européenne de Radio-Télévision et diffusé dans près de 100 pays à travers le monde, le concert du nouvel an à Vienne par la phalange orchestrale la plus élégante au monde, les Wiener Philharmoniker. L’audience globale de cette diffusion en direct est estimée à plus de 50 millions de téléspectateurs, dont 3 millions de téléspectateurs français. Suscitant de telle chiffre d’audience, assurément le classique a de beaux jours devant lui ; l’expérience vaut d’être vécue, coupe de champagne et petits fours à disposition : c’est pour nous le meilleur moyen de fêter l’an neuf.

france2-logoCONCERT & ESCAPADE à VIENNE… France 2 va plus loin, comme depuis 4 ans à présent, prolongeant le concert symphonique proprement dit par un second volet, à 14h, et dans la foulée du concert, touristique et patrimonial, à la découverte de la Vienne historique, culturelle, mélomane. Stéphane Bern a donc pour mission d’emmener les téléspectateurs à la découverte de la capitale autrichienne, de ses lieux emblématiques, dont plusieurs endroits secrets typiquement viennois. La France se déclarerait-elle amoureuse de sa consœur européenne, la plus mélomane en réalité ? En direct sur FRANCE MUSIQUE.

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Le concert du Nouvel An à VIENNE 2020
en direct à partir de 11h10
Orchestre Philharmonique de Vienne
Andris Nelsons, direction
Diffusion en direct sur France Musique

bruckner andris nelsons symphony n 3 gewandhaus orchester cd review critique par classiquenews 00289479757792019 voit la prise de direction du chef letton, Andris Nelsons, leader parmi les nouveaux maestros de l’écurie DG Deutsche Grammophon, interprète déjà remarqué dans les symphonies de Bruckner, de Chostakovitch, et avec les instrumentistes viennois, des 9 symphonies de Beethoven. L’intégrale est déjà parue chez DG. Ce n’est donc pas la première fois que le chef dirige les instrumentistes. Mais c’est pour lui, son premier Concert du Nouvel An. Un passage obligé pour tout grand maestro digne de ce nom… Pour programme de ce premier bain viennois, « le nec plus ultra » de la musique viennoise, Valses, Polkas, Ouvertures… interprétées par des instrumentistes de rêve, parfaits héritiers d’une tradition très ancienne célébrée dans le monde entier.
L’année nouvelle n’est pas neutre pour l’institution : 2020 marque les 150 ans du Muzikverein, siège de l’Orchestre Philharmonique de Vienne ; c’est aussi le 250ème anniversaire de la naissance de Ludwig van Beethoven, dont l’orchestre jouera plusieurs Contredanses.
Par ce concert, les Wiener Philharmoniker souhaitent offrir en signe d’espérance pour l’année à venir, un message d’amitié et de paix.Une leçon de fraternité concrète, telle que l’aurait assurément cautionné Beethoven lui-même. Andris Nelsons, 41 ans, est né à Riga. Il est le directeur musical de l’Orchestre Philharmonique de Boston et chef permanent de l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig (avec lequel il a donc enregistré les Symphonies de Chostakovitch et de Anton Bruckner).

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Programme du CONCERT DU NOUVEL AN A VIENNE 2020 : 

Première partie

Carl Michael Ziehrer,
Die Landstreicher : Ouvertüre
(The Vagabonds : Ouverture)

Josef Strauss, Liebesgrüße
(Love’s Greetings), Waltz op. 56

Josef Strauss,
Liechtenstein-Marsch op. 36

Johann Strauss Jr.,
Blumenfest-Polka (Flower Festival Polka) op. 111

Johann Strauss Jr.,
Wo die Zitronen blüh’n (Where the Lemon Trees Blossom)
Waltz, op. 364

Eduard Strauss,
Knall und Fall (Without Warning)
Polka rapide, op. 132

 

 

 

Deuxième partie

Franz von Suppé,
Leichte Kavallerie: Ouvertüre (Light Cavalry: Ouverture)

Josef Strauss, Cupido,
Polka française op. 81

Johann Strauss Jr.,
Seid umschlungen, Millionen!
(Be Embraced, You Millions!)
Waltz op. 443

Eduard Strauss,
Eisblume (Ice Flower),
Polka mazur op. 55, Arrangement: Wolfgang Dörner

Josef Hellmesberger Jr.
Gavotte

Hans Christian Lumbye,
Postillon Galop, op. 16/2, Arrangement: Wolfgang Dörner

Ludwig van Beethoven,
12 Contretänze (Twelve Contredanses) WoO 14
(Nos. 1, 2, 3, 7, 10 & 8)

Johann Strauss Jr.,
Freuet euch des Lebens (Enjoy Life),
Waltz op. 340

Johann Strauss Jr.,
Tritsch-Tratsch Polka (Chit-chat Polka),
Polka rapide op. 214

Josef Strauss,
Dynamiden, Waltz op. 173

et toujours en fin de concert deux indémodables
les deux Strauss, père et fils

La Marche de Radetski (du père, Johann I)
Le beau Danube bleu (du fils, Johann II)

 

 

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ESCAPADE VIENNOISE  à 14h
Passion viennoise par Stéphane Bern…

Avec Bertrand de Billy, chef d’orchestre, au théâtre An Der Wien, S Bern s’essaie à la direction d’orchestre à la Haus der Musik, avant de partager une spécialité autrichienne emblématique, le Kaiserschmarrn au café de l’Opéra.
Sur les traces de la famille Strauss, les rois de la valse, notre guide rencontre leurs descendants actuels, Eduard et Thomas Strauss, qui dévoilent un étonnant et traditionnel ascenseur : le Pater Noster. Éloïse Kohn, pianiste française, et Christoph Koncz, second violon principal de l’Orchestre Philharmonique de Vienne, invitent, en une brillante démonstration, à identifier les mécanismes de la valse viennoise.

Curiosité, gourmandise, exploration… Stéphane Bern rejoint le cœur de la ville, où il se lance dans la fabrication de bonbons artisanaux avec Christian Mayer ; dans une église, à la rencontre du jeune quatuor de violoncelles Die Kolophonistinnen ; dans les anciennes caves d’une communauté religieuse transformées par Erich Emberger en restaurant-musée dédié à la famille impériale ; à la splendide bibliothèque nationale, en compagnie d’Anne-Sophie Banakas, jeune historienne française installée à Vienne… Au fil des rencontres, il s’agit de comprendre ce qui fait de Vienne, pour la dixième année consécutive, « la ville la plus agréable du monde ».

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Concert du NOUVEL AN à VIENNE 2020

CONCERT DU NOUVEL AN 2019FRANCE 2, mer 1er janv 2020, 11h, 14h. VIENNOISERIE SYMPHONIQUE. Concert du Nouvel An à VIENNE / Philharmonique de Vienne, 1er janvier 2020. En direct du Musikverein de Vienne : c’est l’événement international organisé par l’Union Européenne de Radio-Télévision et diffusé dans près de 100 pays à travers le monde, le concert du nouvel an à Vienne par la phalange orchestrale la plus élégante au monde, les Wiener Philharmoniker. L’audience globale de cette diffusion en direct est estimée à plus de 50 millions de téléspectateurs, dont 3 millions de téléspectateurs français. Suscitant de telle chiffre d’audience, assurément le classique a de beaux jours devant lui ; l’expérience vaut d’être vécue, coupe de champagne et petits fours à disposition : c’est pour nous le meilleur moyen de fêter l’an neuf.

france2-logoCONCERT & ESCAPADE à VIENNE… France 2 va plus loin, comme depuis 4 ans à présent, prolongeant le concert symphonique proprement dit par un second volet, à 14h, et dans la foulée du concert, touristique et patrimonial, à la découverte de la Vienne historique, culturelle, mélomane. Stéphane Bern a donc pour mission d’emmener les téléspectateurs à la découverte de la capitale autrichienne, de ses lieux emblématiques, dont plusieurs endroits secrets typiquement viennois. La France se déclarerait-elle amoureuse de sa consœur européenne, la plus mélomane en réalité ?

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Le concert du Nouvel An à VIENNE 2020
en direct à partir de 11h10
Orchestre Philharmonique de Vienne
Andris Nelsons, direction
Diffusion en direct sur France Musique

bruckner andris nelsons symphony n 3 gewandhaus orchester cd review critique par classiquenews 00289479757792019 voit la prise de direction du chef letton, Andris Nelsons, leader parmi les nouveaux maestros de l’écurie DG Deutsche Grammophon, interprète déjà remarqué dans les symphonies de Bruckner, de Chostakovitch, et avec les instrumentistes viennois, des 9 symphonies de Beethoven. L’intégrale est déjà parue chez DG. Ce n’est donc pas la première fois que le chef dirige les instrumentistes. Mais c’est pour lui, son premier Concert du Nouvel An. Un passage obligé pour tout grand maestro digne de ce nom… Pour programme de ce premier bain viennois, « le nec plus ultra » de la musique viennoise, Valses, Polkas, Ouvertures… interprétées par des instrumentistes de rêve, parfaits héritiers d’une tradition très ancienne célébrée dans le monde entier.
L’année nouvelle n’est pas neutre pour l’institution : 2020 marque les 150 ans du Muzikverein, siège de l’Orchestre Philharmonique de Vienne ; c’est aussi le 250ème anniversaire de la naissance de Ludwig van Beethoven, dont l’orchestre jouera plusieurs Contredanses.
Par ce concert, les Wiener Philharmoniker souhaitent offrir en signe d’espérance pour l’année à venir, un message d’amitié et de paix.Une leçon de fraternité concrète, telle que l’aurait assurément cautionné Beethoven lui-même. Andris Nelsons, 41 ans, est né à Riga. Il est le directeur musical de l’Orchestre Philharmonique de Boston et chef permanent de l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig (avec lequel il a donc enregistré les Symphonies de Chostakovitch et de Anton Bruckner).

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Programme du CONCERT DU NOUVEL AN A VIENNE 2020 : 

Première partie

Carl Michael Ziehrer,
Die Landstreicher : Ouvertüre
(The Vagabonds : Ouverture)

Josef Strauss, Liebesgrüße
(Love’s Greetings), Waltz op. 56

Josef Strauss,
Liechtenstein-Marsch op. 36

Johann Strauss Jr.,
Blumenfest-Polka (Flower Festival Polka) op. 111

Johann Strauss Jr.,
Wo die Zitronen blüh’n (Where the Lemon Trees Blossom)
Waltz, op. 364

Eduard Strauss,
Knall und Fall (Without Warning)
Polka rapide, op. 132

 

 

 

Deuxième partie

Franz von Suppé,
Leichte Kavallerie: Ouvertüre (Light Cavalry: Ouverture)

Josef Strauss, Cupido,
Polka française op. 81

Johann Strauss Jr.,
Seid umschlungen, Millionen!
(Be Embraced, You Millions!)
Waltz op. 443

Eduard Strauss,
Eisblume (Ice Flower),
Polka mazur op. 55, Arrangement: Wolfgang Dörner

Josef Hellmesberger Jr.
Gavotte

Hans Christian Lumbye,
Postillon Galop, op. 16/2, Arrangement: Wolfgang Dörner

Ludwig van Beethoven,
12 Contretänze (Twelve Contredanses) WoO 14
(Nos. 1, 2, 3, 7, 10 & 8)

Johann Strauss Jr.,
Freuet euch des Lebens (Enjoy Life),
Waltz op. 340

Johann Strauss Jr.,
Tritsch-Tratsch Polka (Chit-chat Polka),
Polka rapide op. 214

Josef Strauss,
Dynamiden, Waltz op. 173

et toujours en fin de concert deux indémodables
les deux Strauss, père et fils

La Marche de Radetski (du père, Johann I)
Le beau Danube bleu (du fils, Johann II)

 

 

nouvel-an-vienne-concert-neujahrskonzert-wienn-critique-review-concert-classiquenews-1-janvier-2020

 
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ESCAPADE VIENNOISE  à 14h
Passion viennoise par Stéphane Bern…

Avec Bertrand de Billy, chef d’orchestre, au théâtre An Der Wien, S Bern s’essaie à la direction d’orchestre à la Haus der Musik, avant de partager une spécialité autrichienne emblématique, le Kaiserschmarrn au café de l’Opéra.
Sur les traces de la famille Strauss, les rois de la valse, notre guide rencontre leurs descendants actuels, Eduard et Thomas Strauss, qui dévoilent un étonnant et traditionnel ascenseur : le Pater Noster. Éloïse Kohn, pianiste française, et Christoph Koncz, second violon principal de l’Orchestre Philharmonique de Vienne, invitent, en une brillante démonstration, à identifier les mécanismes de la valse viennoise.

Curiosité, gourmandise, exploration… Stéphane Bern rejoint le cœur de la ville, où il se lance dans la fabrication de bonbons artisanaux avec Christian Mayer ; dans une église, à la rencontre du jeune quatuor de violoncelles Die Kolophonistinnen ; dans les anciennes caves d’une communauté religieuse transformées par Erich Emberger en restaurant-musée dédié à la famille impériale ; à la splendide bibliothèque nationale, en compagnie d’Anne-Sophie Banakas, jeune historienne française installée à Vienne… Au fil des rencontres, il s’agit de comprendre ce qui fait de Vienne, pour la dixième année consécutive, « la ville la plus agréable du monde ».

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CD, critique. SHOSTAKOVICH / CHOSTAKOVITCH : Symphonies n°6 et 7 (Boston Symph. Orch / Andris Nelsons) / 2 CD Deutsche Grammophon

Chostakovich_CD nelsons bostonCD, critique. SHOSTAKOVICH / CHOSTAKOVITCH : Symphonies n°6 et 7 (Boston Symph. Orch / Andris Nelsons) / 2 CD Deutsche Grammophon. Fin du cycle des Symphonies de guerre de Chostakovich par le Boston Symphony et le chef letton Andris Nelsons. Ce 3è et dernier volume attestent des qualités identiques observées dans les opus précédents : puissance et richesse du son. Créée à Leningrad en 1939 par le légendaire Evgeni Mravinski, la Symphonie N° 6 op. 54, est la plus courte des symphonies ; Nelsons souligne le caractère endeuillé du Largo préliminaire, détaillant les solos instrumentaux pour flûte piccolo, cor anglais, basson afin de déployer la matière nocturne, étouffante de cette longue séquence grave et intranquille. Les deux mouvements plutôt courts qui suivent Allegro et Presto assène une motricité aiguë et incisive qui fait dialoguer cuivres ironiques, gorgés de moquerie acerbe, et bois vifs argents. Le final est abordé comme un feu d’artifice cravaché, narguant le mystère du premier mouvement dont il dément le calme profond par une série ultime de surenchère démonstrative et vindicative, au bord de la folie…

Nelsons complète la 6è par la Suite de la musique de scène pour le Roi Lear, op. 58a, écrite pour le Bolchoï de Léningrad en 1941. Cycle de pleine tension là encore qui commence avec la figure de Cordelia (solo de clarinette), joue du col legno pour dramatiser davantage la charge caustique et fantastique du sujet shakespearien (partie des 2 bassons). Ironique et audacieux, Chostakovitch imagine son Ouverture de fête op. 96, de 1947(publiée en 1954, soit un an après la mort de Staline) semble marquer la fin de la terreur par son emportement libre, ses respirations nouvelles et l’orchestration colorée et ambitieuse ( fanfare étonnante des 6 trompettes, 6 trombones et 8 cors !) : les instrumentistes bostoniens redoublent de précision jubilatoire (pizz des cordes).

La 7è Symphonie dite « Leningrad » aborde des airs patriotiques, amorcée avant le siège de la cité, dès l’été 1941, puis achevé après l’occupation, en décembre suivant, pour être créée triomphalement en mars 1942. Aucune ambiguité dans le propos du compositeur car il s’agit bien d’une partition de circonstances, desprit victorieux, célébrant le sang versé des résistants et des défenseurs de Leningrad, épinglant la barbarie des nazis impérialistes. Pourtant alors qu’elle s’inscrit dans le fracas des armes et des tireurs embusqués, la 7è est l’une des moins politisée, celle qui s’écarte ouvertement du double langage cultivé à l’égard du tyran Staline. Nelsons aborde objectivement la partition, se confrontant à son architecture impressionnante (pas moins de 30 mn pour l’Allegretto) dans lequel il sculpte avec clarté le motif de l’invasion fasciste, répété, martelé comme un leit motiv obsessionnel (bois puis cordes). Le crépusculaire et le glaçant n’étant jamais bien loin chez Dmitri, le chef tire à profit la couleur sombre et cynique du basson, finement détaillé comme agent d’un destin inquiétant. Chaque séquence est inscrite dans sa portée historique : Leningrad d’avant le siège (choral initial de l’Adagio), puis champs de guerre, champs de ruines où perce le chant des cuivres à la fois stridents, enivrés. On repère sans ménagement aucun, la sourde mélodie des cordes hallucinées, éreintées qui rappelle le motif inquiétant de l’opéra Lady Macbeth de Mzensk, autre évocation des ténèbres. Habité par cette musique des convulsions et des contrastes, Nelsons en exprime la matière vivante, les cris et les élans extrêmes. Le chef réussit dans l’ampleur et la violence, à restituer tout ce qui fait de la 7è, une partition martiale, défiant l’Histoire, relevant plus de l’épique que du tragique. Voici assurément l’un des témoignages les plus immédiatement prenants, communicatifs du cycle Chostakovitch saisi live en 2017 à Boston. L’expressivité instinctive de Nelsons, son emprise architecturée sur l’orchestre américain sont indiscutables.

 
 

 
 

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CD , critique. SHOSTAKOVICH / CHOSTAKOVITCH : Dmitri Chostakovitch : ”Under Stalin’s shadow’’ / Dans l’ombre de Staline.., Symphonie n° 6 op. 54. Symphonie n° 7 ”Leningrad ”, op. 60 – Suite de la musique de scène pour ”Le roi Lear”, op. 58a. Ouverture de fête, op. 96 / Boston Symphony Orchestra. Andris Nelsons, direction / 2 cd Deutsche Grammophon : 483 6728.

 
 

 
 

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CD coffret, événement, annonce. ANDRIS NELSONS / BEETHOVEN : Complete symphonies / intégrale des 9 symphoniess : Wiener Philharm (2017 – 2019  -  5 cd + bluray-audio DG Deutsche Grammophon)

BEETHOVEN andris nelsons 9 symphonies wiener philharmoniker 5 cd blu ray DG Deutsche GrammophonCD coffret, événement, critique. ANDRIS NELSONS / BEETHOVEN : Complete symphonies / intégrale des 9 symphonies : Wiener Philharmoniker (2017 – 2019  -  5 cd + bluray-audio DG Deutsche Grammophon). La direction très carrée du chef letton Andris Nelsons (né à Riga en 1978) brillante certes chez Bruckner et Chostakovitch, efficace et expressive, finit par dessiner un Beethoven assez réducteur, parfois caricatural (Symphonies n°7 et 8). De la vigueur, de la force, des éclairs et tutti martiaux, guerriers… mais pour autant est-ce suffisant dans ce grand laboratoire du chaudron Beethovénien qui exige aussi de la profondeur et une palette de couleurs des plus nuancées ? A notre avis, le maestro n’exploite pas assez toutes les ressources des instrumentistes viennois pourtant réputés pour leur finesse naturelle. A 40 ans, Nelsons (devenu chef permanent du Gewandhaus de Leipzig depuis 2017), dirige de façon d’emblée berlinoise ou teutonne un orchestre qui demanderait à articuler, à nuancer davantage. Disciple de Mariss Jansons, Andris Nelsons semble n’avoir compris que la force et la tension du premier, en minimisant le travail sur les couleurs et les nuances. Donc voici la version claironnante d’un Beethoven à poigne.

Tous ceux qui savent tout l’héritage viennois (haydnien et mozartien) chez Ludwig, et donc recherchent sous l’architecture du visionnaire prophétique, l’intelligence des timbres et la sensibilité du peintre (dans l’art du paysage par exemple, en particulier dans la Pastorale)… passeront leur chemin.

De même, la 1ère symphonie patine sur des tempi trop ralentis, mais grâce à la vélocité des cordes et leurs somptueux unissons (exceptionnellement aérés ; donc uniques au monde : tout ce qui fait l’excellence des Wiener Philharmoniker), les mouvements plus rythmiques regorgent d’une saine vitalité. Les uns regretteront que Nelsons pontifie, solennise, classicise à outrance avec des gestes pompiers… Oui mais c’est compter sans l’orchestre qui respire et contraste avec un souffle unique et singulier.

La 7è est de ce point de vue emblématique : elle révèle les aspérités et les arguments d’une lecture brillante mais par moments trop charpentée. Quelle majesté qui trépigne comme un dragon rugissant peu à peu, nous faisant entendre le son d’un nouveau monde ; Beethoven est capable de provoquer, saturer, claquer et faire réagir en une frénésie unique et inouïe avant lui (premier mouvement : Poco sostenuto puis Vivace, d’une tension quasi effrayante) ; puis à l’opposé, le second mouvement Allegretto exprime une immense nostalgie, pas une marche funèbre comme beaucoup la traite et la rigidifie, mais un chant qui pleure et qui coule, regrette et tourne la page ; musique des regrets et des soupirs vite transcendés dans l’appel des cimes. Nelsons éclaircit la pâte, précise et clarifie le contrepoint, précise chaque entrée des cordes pour mieux asséner l’implacable rythme du temps, la force et la violence du destin. La douceur voluptueuse de bois (si onctueuse dans la narration évocatrice de la Pastorale : hautbois, clarinettes, bassons…) adoucit les griffes de cette conscience qui tutoie l’histoire. Le Presto est un nerf électrique qui se déroule et aimante tout sur son passage ; préalable frénétique avant l’Allegro con brio ou Finale qui sonne l’appel de toutes les forces martiales en présence (trompettes incandescentes), en un tourbillon qui tourne sur lui-même et appelle une nouvelle direction dans cette saturation rythmique de tutti répétitifs. Aucun doute ici, Beethoven est bien le compositeur du chaos qui hurle puis s’organise.

 

 

 

Le Beethoven d’Andris Nelsons
Chef de la vigueur et de la fermeté…

 

 

 

nelsons-andris-beethoven-wiener-phil-critique-cd-classiquenews-orchestre-symphonies-critique-classiquenews-concerts-maestro-dg-deutsche-grammophonLa 8è développe illico l’énergie de la forge, ce grand bain en fusion qui étreint la matière, la malaxe et la compresse en éclats rythmiques incandescents ; jamais la sensation du volcan orchestral et sa chambre contenant le magma n’avait autant émerger dans une symphonie : brillant et vivace cet allegro récapitule toute l’énergie dont est capable le promothéen Beethoven. Quel contraste là encore avec la légèreté caquettante, badine et facétieuse de l’Allegretto (justement annoté « scherzando ») qui semble faire révérence à l’humour et la délicatesse dansante de Haydn et Mozart. Mais avouons qu’avec un tel orchestre, Nelsons manque de finesse et force le trait. Inutile surlignage.
Le Menuetto est le moins réussi car grossièrement battu, sans légèreté. Des acoups guère sforzando asséner sans ménagement au risque de perdre le fil et la pulsion du Menuetto de base. Dommage. Là se révèle  à notre avis les limites de la version Nelsons : trop épaisse, la pâte des viennois qui pourtant respire et palpite naturellement, sonne brucknérienne et brahmsienne. Un Beethoven enflé, grossi, qui aurait pris du poids : on est loin de l’élégance viennoise. dans les faits, Beethoven fit créer toutes ses symphonies majeures à Vienne. Sur un tempo très allant, le dernier Allegro vivace manque de nuance. Mais cela trépigne et caquète à souhaits.

Ailleurs, cela fonctionne très bien dans la force tellurique et rythmique de la 5è ; mais qu’en est-il dans ce vaste poème de la Pastorale (Symphonie n°6), fresque organiquement unifiée à travers ses 5 mouvements ? Hymne inouï à la Nature, expression d’un sentiment de compassion déjà écologique, et panthéiste qui récapitule l’ambition lumineuse de Haydn (celui de la Création, oratorio clé de 1799) ?
La sonorité comme chauffée à blanc des cordes donne la clé d’une lecture plus intense et contrastée que vraiment articulée. Tout est énoncé avec une vigueur permanente. Des contrastes tranchants, une matière en constante fusion, crépitante, d’une sauvagerie ardente et vindicative ; à croire que le chef ne connaît (ou plus exactement écarte) toute nuance piano, tout galbe amoureux… la volupté dans le regret n’existe plus.
Le second mouvement (Andante molto moto) manque de flexibilité caressante : tout est exécuté, détaillé, précisé et par séquences.  Il y manque la patine tendre, la distance poétique, ce flux qui s’écoule, organique et viscéral qui colore les meilleures versions (Karajan, Harnoncourt, Bernstein…) dans la scène au ruisseau. Ici tout brille, en permanence, de façon univoque.

Même éclatante voire fracassante énergie dans la 9è, à laquelle il ne manque ni déflagration ni décharges en tous genres ; du souffle aussi dès le portique d’ouverture qui creuse une distanciation historicisante,  – sorte d’appel général à toutes les énergies disponibles. Et qui inscrit le massif orchestral en un souffle épique, à l’échelle de l’histoire. Le chef veille en permanence à faire vrombir le son collectif, creusant les contrastes avec un geste parfois sec, résumant le développement et ses variations en une série de blocs sonores plus puissants que clairs et transparents quoiqu’il sculpte dans l’évidence le relief des bois (Allegro ma non troppo, un poco maestoso). Roulements de timbales, appels des trompettes convoquent une urgence pétaradante qui sonne dur voire épaisse. Le fin contrepoint du Molto vivace qui est vite rattrapée par l’euphorie et même la transe collective avance comme une machine de guerre, enrayée cependant sur le mode forte voire fortissimo et mégaforte (coups de timbales). Le chef pilote l’orchestre dans la trépidation, une urgence continue faisant table rase de tout, y compris de toute recherche de nuances et de détails instrumentaux, sauf le contre chant des violoncelles, contrebasses et cors, quoique enchaînés rapidement, presque précipités.
L’Adagio doit effacer toute tension, réparer les blessures, réconforter par son voile instrumental où règnent l’unisson des cordes, la couleur flottante des cors, bassons, clarinettes, hautbois… Nelsons extirpe de l’orchestre un appel au renoncement, l’expression d’un adieu éternel. Mais il manque cette nuance de magie, de phrasés piano dont le chef se montre avare depuis le début de son intégrale. De telle sorte que son Beethoven sonne (comme nous l’avons dit) comme du Brahms.

Evidemment la déflagration qui ouvre le Presto – fanfare puis chant des contrebasses, résonne comme une prise à témoin, et la claire volonté de Beethoven d’inscrire sa symphonie dans l’Histoire.
La séquence est charnière ; elle doit être entendue comme ultime récapitulation aussi, à la fois complète et définitive comme une reprogrammation, une mise en orbite pour un monde nouveau, juste avant la prise de parole et de chant de l’humanité fraternelle réconciliée dans le dernier mouvement sur les vers de Goethe.
Plus inspiré, capable de contrastes ciselés, le chef détaille alors séquence par séquence, produit de superbes climats qui récapitulent ce qui a été développé. L’Allegro assai, c’est à dire l’énoncé initial de l’Ode à la joie aux contrebasses (5) est inscrit comme un motif sinueux, pianissimo, souterrain qui innerve tout le paysage orchestral, en un large et progressif crescendo, alors détaillé par les bois.. Voilà une séquence parfaitement réussie, nuancée, murmurée, riante dans la joie et l’espérance (superbe chant des clarinettes).

Dans l’esprit d’un opéra, et l’on pense à la clameur finale de Fidelio et son hymne conclusif, fraternel, la basse Georg Zeppenfeld (ailleurs très bon wagnérien, comme à Bayreuth) entonne avec une noblesse communicative l’ode humaniste rédigé par Goethe et que Beethoven sublime jusqu’à l’explosion, en ménageant plusieurs jalons par le quatuor vocal.
Après l’appel de tout le chœur, à 3’33, l’armée orchestrale reprend le flambeau, électrisée davantage par le ténor (Klaus Florian Vogt un rien tendu) et le chœur des hommes. Chef et instrumentistes assènent une montée en puissance qui ne ménage aucun effet tonitruant pour faire triomphant l’éclat de l’hymne vers la transe rituelle, vers l’ivresse contagieuse explosive… quitte à éluder le mystère de la séquence plus introspective (Andante maestoso, plage 8, 1’34) qui reste plat et manque curieusement de respiration… Une intégrale en demi teintes donc. Plus teutonne et berlinoise que viennoise et autrichienne. A écouter Nelsons, tout l’apport récent, depuis Harnoncourt, des instruments d’époque, est écarté ici. Question d’esthétique certes. Mais à force de rugir et vrombir, le moteur beethovénien sature dans la puissance et l’épaisseur du trait.

 

 

 

 

 

 

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Approfondir
 

 

 

Autres cycles symphoniques d’Andris Nelsons chez Deutsche Grammophon :

 
 

 

 

BRUCKNER
les Symphonies de Bruckner par Andris Nelsons (2016, 2017, 2018) avec le Gewandhausorchester Leipzig

Symphonie n°7 – CLIC de CLASSIQUENEWS
http://www.classiquenews.com/cd-critique-bruckner-7e-symphonie-gewandhausorchester-leipzig-andris-nelsons-2018-1-cd-dg/

Liens vers Symphonie n°3 et Symphonie n°4
http://www.classiquenews.com/cd-critique-bruckner-7e-symphonie-gewandhausorchester-leipzig-andris-nelsons-2018-1-cd-dg/

 

 

 

CHOSTAKOVITCH / SHOSTAKOVICH

Chostakovich_CD nelsons bostonCD, critique. SHOSTAKOVICH / CHOSTAKOVITCH : Symphonies n°6 et 7 (Boston Symph. Orch / Andris Nelsons) / 2 CD Deutsche Grammophon. Fin du cycle des Symphonies de guerre de Chostakovich par le Boston Symphony et le chef letton Andris Nelsons. Ce 3è et dernier volume attestent des qualités identiques observées dans les opus précédents : puissance et richesse du son. Créée à Leningrad en 1939 par le légendaire Evgeni Mravinski, la Symphonie N° 6 op. 54, est la plus courte des symphonies ; Nelsons souligne le caractère endeuillé du Largo préliminaire, détaillant les solos instrumentaux pour flûte piccolo, cor anglais, basson afin de déployer la matière nocturne, étouffante de cette longue séquence grave et intranquille. Les deux mouvements plutôt courts qui suivent Allegro et Presto assène une motricité aiguë et incisive qui fait dialoguer cuivres ironiques, gorgés de moquerie acerbe, et bois vifs argents. Le final est abordé comme un feu d’artifice cravaché, narguant le mystère du premier mouvement dont il dément le calme profond par une série ultime de surenchère démonstrative et vindicative, au bord de la folie… LIRE ici la critique complète

 

 

 

 

 

 

CD coffret, ̩v̩nement, annonce. ANDRIS NELSONS / BEETHOVEN : Complete symphonies / int̩grale des 9 symphonies : Wiener Philharm (2017 Р2019 Р5 cd + blueray-audio DG Deutsche Grammophon)

BEETHOVEN andris nelsons 9 symphonies wiener philharmoniker 5 cd blu ray DG Deutsche GrammophonCD coffret, événement, annonce. ANDRIS NELSONS / BEETHOVEN : Complete symphonies / intégrale des 9 symphonies : Wiener Philharm (2017 – 2019 – 5 cd + blueray-audio DG Deutsche Grammophon). Le chef Andris Nelsons se taille un part de lion au sein de l’écurie DG Deutsche Grammophon, sachant réussir récemment dans une intégrale des symphonies de Bruckner et de Chostakovitch, saluées par classiquenews. Pour l’année Beethoven 2020, voici en préambule attendu, prometteur, l’intégrale des 9 symphonies de Ludwig van Beethoven avec les Wiener Philharmoniker, histoire de constater lors des sessions d’enregistrements de 2017 à 2019, la tenue de l’orchestre le plus prestigieux au monde, et la pertinence d’une lecture observée. La finesse de la sonorité et le détail comme l’énergie préservées par le chef devraient marquer cette nouvelle intégrale par la phalange viennoise. Voilà qui éclairera la subtilité et la couleur mozartiennes dans la grande marmite bouillonnante du grand Ludwig. Une once de finesse couplée aux contrastes éruptifs, volcaniques d’un Beethoven à jamais révolutionnaire. Grande critique à venir dans le mg cd dvd livres de classiquenews. Parution annoncée : le 4 octobre 2019.

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CD coffret, ̩v̩nement, annonce. ANDRIS NELSONS / BEETHOVEN : Comlete symphonies / int̩grale des 9 symphoniess : Wiener Philharmoniker (2017 Р2019 Р5 cd + blurray-audio DG Deutsche Grammophon)

Symphonie n°3 “Wagner” de BRUCKNER

FRANCE MUSIQUE, Dim 3 fév 2019, 16h. BRUCKNER : Symphonie n°3. Tribune des critiques de disques. Quelle est la meilleure version et pourquoi ? Passage en revue des versions diverses enregistrées pour le disque de la 3è Symphonie de Bruckner. Marqué par Wagner qui fut son idole et une source intarissable d’inspiration, Bruckner, organiste et plutôt croyant, a bâti une cathédrale symphonique aussi impressionnante que celle de Brahms ; une gageure impressionnante pour ce solitaire, humainement discret voire effacé qui n’a cessé de réviser l’écriture de chaque opus symphonique.
Justement, en ré mineur (comme celle unique de Franck), la Symphonie n°3 dite Wagner, composée à partir de la fin 1872, est le chantier de révisions incessantes et demeura inédite jusqu’à sa publication en … 1977. Pendant longtemps, il n’en exista qu’un enregistrement, vite rattrapé par d’autres, sur instruments modernes, sur instruments d’époque (Herreweghe), et récemment par le plus convaincant, Andris Nelsons avec le GewandhausOrchester Leipzig

http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-bruckner-symphonie-n3-wagner-ouverture-de-tannhauser-andris-nelsons-gewandhausorchester-leipzig-1-cd-deutsche-grammophon-leipzig-juin-2016/

logo_france_musique_DETOUREFrance Musique, Dimanche 3 février 2019
16h : Symphonie n°3 de BRUCKNER
Tribune des critiques de disques
Quelle est la meilleure version et pourquoi ?

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bruckner1Dans l’ombre de Wagner… Bruckner poursuit le cycle de ses réfections en 1877, assurant lui-même la création de son opus, à Vienne le 16 déc 1877 : échec retentissant. Il révise encore son Å“uvre, courant 1878, raccourcissant chaque mouvement, sauf le Scherzo; augmenté d’une nouvelle coda plus développée (version Haas) ; pourtant dans sa version plus tardive, Nowak ne garde cette coda rajoutée par Bruckner… car il prit en compte de nouvelles coupes réalisées par Bruckner vieillissant et contraint à de nouvelles tailles (contre son gré) en 1888 – 1889 : le choix et la justification des versions demeurent une question ouverte probablement jamais résolue. A chaque chef et musicologue de justifier ses choix et d’en défendre la cohérence.
La 3è est une œuvre charnière : plus vaste et d’un souffle épique grandiose que les symphonies antérieures ; elle annonce le gigantisme et l’architecture du colossal des symphonies qui suivent, mais avec cette carrure instrumentale et cette alliance des timbres spécifiques au compositeur ; suractivité des cordes, opulence des cuivres… une orchestration très proche de celle de son modèle très présent dans la partition, Wagner. Peu de chefs se sont finalement intéressés en profondeur à la signification et au sens de la 3è symphonie Wagner de Bruckner, focusant plutôt sur les dernières ; pourtant la 3è pose clairement les piliers du génie orchestral de Bruckner : ceux d’une inspiration sincère malgré sa démesure ; d’une quête et d’un idéal (en liaison avec son propre mysticisme et la glorification de Dieu), qui recherche constamment les équilibres dans la matière sonore, l’une des plus riches et des plus impressionnantes.
Dur̩e : presque 1h Р4 mouvements : Moderato con moto / Adagio quasi andante / Scherzo vivacema non troppo / Finale (Allegro).

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VOIR le teaser de la Symphonie n°3 de Bruckner par Andris Nelsons (Leipzig, printemps 2017) – le maestro nommé directeur musical en 2018 de l’orchestre, a amorcé en 2017 une intégrale des symphonies de Bruckner…

https://www.youtube.com/watch?v=n6DXK4kd79w

https://www.youtube.com/watch?v=n6DXK4kd79w