Montpellier accueille une production marquante qui a fait les beaux soirs précédents de l’Opéra de Dijon en nov 2025, avec dans le double rôle de Turiddu puis Canio, l’excellent ténor Tadeusz Szlankier… L’Opéra de Montpellier affiche cette double production, réunissant les opéras en acte signé Mascagni et Leoncavallo, et dans une autre distribution… Les amateurs de vérisme seront servis, dans une mise en scène conçue par Silvia Paoli ; à la fois réaliste et puissante, volontiers peu féerique, mais portée par un sentiment humain, collectif qui ménage les plus beaux tableaux, dont certains habités par une ferveur intacte qui fait écho à la passion qui déchire au devant du plateau, les protagonistes, d’abord Turiddu et Santuzza dans Cavalleria Rusticana ; Nedda et Canio dévoré par la jalousie dans Pagliacci, avec un double questionnement dans cet opéra sur le geste théâtral et la vérité des personnages sur la scène…
Dans Cavalleria rusticana, la frivole Lola renoue avec son ancien amant (Turiddu), qu’aime encore Santuzza, qui malgré elle, le dénonce et le voue à une mort certaine en vertu des lois siciliennes. Le feu amoureux est encore exacerbé au moment de la fête pascale où la dévotion collective est chauffée à blanc…
Dans Pagliacci, les acteurs sont dans la réalité de redoutables rivaux… Là encore, c’est la jalousie qui assassine : l’acteur Canio tue sa jeune et séduisante épouse, qui est aussi sa partenaire sur les planches, l’exquise Nedda … avec son amant qu’il a piégé lui aussi, pendant une représentation théâtrale.
En 1888, l’éditeur de musique Edoardo Sonzogno a lancé un concours, invitant les jeunes compositeurs italiens à écrire des opéras en un acte. Pietro Mascagni, alors âgé de 25 ans, compose et livre « Cavalleria rusticana ». C’est à la femme de Mascagni que revient le mérite d’avoir soumis la partition à l’insu du compositeur en proie au doute. La création en 1890 à Rome fit sensation. Ce court opéra vériste, qui dépeint des personnages contemporains ordinaires, reste le plus grand succès de Mascagni.
De son côté, Ruggero Leoncavallo suivit son exemple et composa son tout premier opéra, Pagliacci, dans le style vériste : intense et féroce, direct et franc, volontiers réaliste. Créée en 1892 à Milan, l’œuvre fut également accueillie avec enthousiasme.
Les deux opéras sont pour la première fois en 1892, présentés en double programme et sont depuis lors indissociables. La production de l’Orchestre National d’Opéra de Montpellier, mise en scène par Silvia Paoli et dirigée par Yoel Gamzou, cherche à rétablir au duo Cav Pag (pour Cavalleria Rusticana / Pagliacci), l’immédiateté contemporaine et la force franche et directe qui ont dû saisir les spectateurs à leur création. Commun aux deux actions, un amphithéâtre austère en béton, propre à la banlieue italienne moderne, est l’écrin d’airs parmi les plus célèbres et les plus émouvants.
CAV PAG
Cavalleria Rusticana / Pagliacci
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Mise en scène : Silvia Paoli
Direction musicale : Yoel Gamzou
STREAMING OPERA. CAVALLERIA RUSTICANA, PAGLIACCI / Silvia Paoli. Azer Zada…
(Opéra de Montpellier, 1er fév 2026)
Diffusé VENDREDI 13 février 2026 à 19h CET
Disponible jusqu’au 13 août 2026 à 12h CET
Enregistré le 1er février 2026
VOIR CAVALLERIA RUSTICANA / PAGLIACCI par Silvia Paoli sur OperaVision : https://operavision.eu/fr/performance/cavalleria-rusticana-pagliacci-0
distribution
CAVALLERIA RUSTICANA
Musique : Pietro Mascagni
Texte : Giovanni Targioni-Tozzetti et Guido Menasci
Santuzza : Marie-Andrée Bouchard-Lesieur
Turiddu : Azer Zada
Lucia : Julie Pasturaud
Alfio : Tomasz Kumięga
Lola : Reut Ventorero
Vieille dame : Giuseppina Merli
PAGLIACCI
Musique et livret : Ruggero Leoncavallo
Canio : Azer Zada
Tonio : Tomasz Kumięga
Nedda : Galina Cheplakova
Beppe : Maciej Kwaśnikowski
Silvio : Leon Kim
Contadino : Laurent Sérou / Sung Eun Myung
Danseur·euses
Laura Bourguet
Richard Deshogues
Hemma Fiant
Régis Kiefer
Armando Rossi
Étienne Sarti
critique
LIRE notre critique de la production du doublé CAVALLERIA RUSTICANA / PAGLIACCI par Silvia Paoli, présenté à l’Opéra de Dijon avec l’éblouissant Tadeusz Szlenkier dans les rôles de Turiddu et de Canio, sous la direction de Débora Waldman (5 nov 2025) : https://www.classiquenews.com/critique-opera-dijon-opera-le-5-nov-2025-mascagni-cavalleria-rusticana-leoncavallo-pagliacci-tadeusz-szlenkier-turiddu-paillasse-silvia-paoli-debora-waldman/
Déjà critiquée lors de son escale Montpelliéraine, mais avec une toute autre distribution [3 et 5 oct
derniers, lire la critique d’Emmanuel Andrieu], la mise en scène de Cavalleria Rusticana et Pagliacci par Silvia Paoli surprend, parfois déconcerte, tout en réussissant certains passages scéniques. On se souvient de sa Tosca à la fois forte et épurée, objet d’une tournée retentissante et acclamée [à juste titre]. Son sens de la progression dramatique qui s’appuie sur la création de tableaux collectifs, d’autant plus spectaculaires qu’ils se composent progressivement sous nos yeux, à la façon d’une machinerie à vue, avait légitimement convaincu ; ainsi dans Tosca : la fin en particulier du premier acte, dans l’église Sant’Andrea della Valle rassemblant peu à peu les éléments constitutifs d’un immense retable baroque sur le thème de la Crucifixion… image d’autant plus pertinente alors qu’elle évoque toutes les valeurs chrétiennes que l’infect Scarpia détourne impunément sous un masque pieux…
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