Richard Strauss : intégrale lyrique, complete operas. 33 cd Deutsche Grammophon

strauss complete operas deutsche grammophon 33 cd richard straussRichard Strauss : intégrale lyrique, complete operas. 33 cd Deutsche Grammophon. On en rêvait : après les coffrets Erato (opéras et intégrale symphonique) voici enfin la somme straussienne éditée par le label en or, Deutsche Grammophon. C’est l’aboutissement d’une politique éditoriale exhaustive qui n’a pas hésité à puiser ailleurs pour offrir la plus complète des intégrales opératiques, d’autant plus opportune pour l’anniversaire Strauss 2014 (150ème anniversaire de sa naissance). Si les théâtres d’opéras et les festivals ne battent pas encore le pavé pour célébrer le plus grand génie lyrique du XXème siècle postromantique, saluons toujours l’initiative des labels de nous offrir de quoi satisfaire notre appétit… straussien. Le coffret réunit donc les 15 opéras du grand Richard, ici classés non chronologiquement (ce qui aurait donné de Guntram en 1893 à Capriccio en 1941), mais alphabétiquement, soit de Arabella, Aridane auf Naxos, Capriccio à Die Liebe der Danäe (L’Amour de Danaé), Der Rosenkavalier et Salomé. Le coffret comprend aussi les Quatre derniers lieder dans la version inégalée depuis sa réalisation : celle de Jessye Norman sous la baguette de Kurt Masur. Les mélomanes s’en souviennent l’album était paru en 1983 (sous étiquette aujourd’hui éteinte, Philips).  Rares et moins connues que les versions autres souvent excellentes : L’Ariadne de Voigt sous les doigts enivrés mystiques du regretté Sinopoli, la Daphné de Güden (Böhm), L’Amour de Danaé en provenance du festival de Salzbourg 1952 sous la direction de Klemens Kraus (un proche de Strauss lui-même et donc se sentant réceptacle d’une orthodoxie que l’on jugera sur pièce).

Plus précieux encore l’Intermezzo de Lucia Popp (from Emi), le court et pacifiste Feuersnot (Leinsdorf en provenance de la Radio allemande).

Avec le recul et d’un premier regard synthétique, cette somme incontournable met en avant les chefs grands straussien : Karl Böhm (Capriccio, Daphné, Die Schweigsame frau), Georg Solti (Elektra, Die Frau ohne schatten, Der Rosenkavalier), Sinopoli (Salomé, Der Friedenstag, Ariadne auf Naxos), puis paraissent les chefs d’une partition, mais enlevée avec quelle fièvre : Leinsdrof pour Feuersnot, Dorati pour Hélène Egyptienne, Krauss pour L’Amour de Danaé… grand absent de tout Strauss : Karajan. Remarquons que Sawallisch si présent dans le coffret Erato, ne paraît ici qu’une fois  pour évidemment l’inouï Intermezzo avec cette même Lucia Popp inoubliable.

CLIC_macaron_20dec13Et puis, lire tous les opéras sur une seule face, laisse déconcerté par le génie de Richard Strauss : après Guntram, le compositeur s’intéresse surtout aux portraits de femmes, comme Puccini. Que dire de l’Arabella de Lisa della Casa, l’Ariane de Deborah Voigt, la Daphné de Güden (rivale de Lucia Popp d’ailleurs dans ce rôle éblouissant), l’Elektra de Nilson,  l’Impératrice de Varady, la femme du teinturier de Behrens, l’Hélène de Gwyneth Jones, La Maréchale de Crespin ou la Salome de Cheryl Studer ? Elles sont toutes autant que Jessye Norman dans les lieder, d’inoubliables figures straussiennes. Qui rendent ce coffret événement absolument incontournable. Prochaine grande critique dans le mag cd de classiquenews.com

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