Puccini: La Bohème. Shanahan, Langridge Angers Nantes Opéra, du 23 avril au 6 mai 2012

Puccini
La Bohème, 1896

Angers, le Quai
Les 23 et 25 avril

Nantes, Cité des congrès
Les 4 et 6 mai

Opéra en quatre tableaux. Livret
de Giuseppe Giacosa et Luigi Illica, d’après le roman de Henri Murger,
Scènes de la vie de bohème, et de son adaptation théâtrale, La Vie de
bohème. Créé 1er février 1896 au Teatro Regio de Turin.

A
l’heure du naturalisme français, l’opéra italien de la fin du XIX eme
siècle se passionne pour les sujets réalistes
, dévoilant la grandeur
des petites gens ; plus d’intrigues alambiquées historiques, légendaires
ou mythologiques, mais désormais ce quotidien misérable des gens
ordinaires… Ainsi l’existence des artistes pauvres vivant sous les
combles parisiens, tels qu’ils apparaissent dans le roman de Burger :
Scènes de la vie de Bohême (1896).
Le vœu de Puccini suit cette
esthétique misérabiliste d’autant qu’il sollicite les
librettistes Giuseppe Giacosa et Luigi Illica, proches de la
Scapigliatura milanaise, sensibilité poétique et litéraire qui prône le retour aux
sujets simples et contemporains. La Bohême prélude aux opéras suivants
conçus avec la collaboration des mêmes auteurs: Tosca (1900) puis
Madama Butterfly (1904).


Sous les toits de Paris…

S’il traite dans Tosca, la figure de
deux artistes magnifiques, libertaires et engagés (la cantatrice Floria
Tosca et le peintre Mario Cavaradossi), Puccini brosse deux figures tout à fait opposées dans La Bohême: Mimi et Rodolfo n’ont rien du panache
flamboyant de la passion romantique; leur rencontre, anecdotique et
intimiste, puis leur relation à peine approfondie musicalement, reste en
filigrane, d’une fragilité touchante qui se délite d’elle même, à
l’image de la santé si délicate et finalement condamnée de la couturière
Mimi.

Dénuement, impuissance, misère et solitude sont les caractères d’une société jouisseuse et pathétique… qui profite de l’instant sans penser au lendemain.

Puccini
a bien connu ses années de galère et de pénurie, avant d’être l’un des
compositeurs les plus célèbres et les plus riches de son époque. Pour
autant, la subtile et si tendre écriture orchestrale qui illumine toute
la partition de La Bohême, montre à quel point le musicien connait son
sujet, en brosse les climats avec un génie poétique inédit, exprimant
pour ces personnages une affection sincère qui se lit de page en page.
Le
véritable protagoniste est bien l’orchestre aux puissantes et
enivrantes harmonies qui restitue l’atmosphère du Paris Bohême et
artiste : impressionniste, réaliste, d’un symphonisme lyrique
flamboyant, Puccini se révèle autant psychologue que paysagiste
urbain… Un génie complet comparable à la prochaine Louise de
Gustave Charpentier (1900) dont l’action sentimentale se déroule aussi à Paris…

Direction musicale: Mark Shanahan
Mise en scène: Stephen Langridge
décors : Conor Murphy
Lumière: Paul Keogan
chorégraphie : Natalie Ayton

Grazia Doronzio— Mimi
Scott Piper— Rodolfo
Julie Fuchs— Musetta
Armando Noguera— Marcello
Gordon Bintner— Colline
Igor Gnidii— Schaunard
Erick Freulon— Benoît
Eric Vrain— Alcindoro

Choeur d’Angers Nantes Opéra
— Direction : Sandrine Abello —
Maîtrise de la Perverie
— Direction : Gilles Gérard —

Orchestre National des Pays de la Loire

Production du Nationale Reisopera, créée à Enschede aux Pays-Bas, le 21 mai 2011.

Comments are closed.