vendredi, décembre 9, 2022

Paul Dukas: La Péri, 1912. France Musique, Lundi 2 juin 2008 à 20h

A ne pas rater

Paul Dukas (1865-1935)
La Péri, 1912



France Musique
Lundi 2 juin 2008 à 20h

Oeuvre couplée avec

Georges Bizet
: Jeux d’enfants

Edouard Lalo
: Concerto pour violoncelle

Camille Saint-Saëns
: Concerto pour piano n°2

Marc Coppey, violoncelle
Racha Arodaky, piano
Orchestre National de France
Fabien Gabel
, direction

Concert enregistré le 16 mai 2008 à Paris, Maison de Radio France

La Péri est l’un des chefs d’oeuvre de Paul Dukas, à placer à niveau égal avec son opéra, Ariane et Barbe-Bleu. Poème dansé composé pour Serge Diaghilev et dédié à la ballerine Natalia Trouhanova, la partition fut jouée pour la première fois à Paris au Châtelet le 22 avril 1912.

On connaît l’excellente lecture du mythe persan façonné au XIXème par Robert Schumann (Leipzig, 1843). Ascension espérée, freinée cependant par autant d’obstacles et d’épreuves, d’une âme déchue mais désirante, d’une ardente et irrépressible soif de pureté et d’absolu … La Péri serait la soeur orientale de Madeleine, repentante, angélique dans sa passion mystique et sa volonté de dépassement. Pourtant à cette élévation retardée, sous condition, le compositeur français, en une composition d’une clarté et d’une concision qui réinvestit Rameau et les « classiques » français, développe sur le thème, une chorégraphie symphonique d’un tout autre parfum, où l’érotisme irrésistible le dispute à l’envoûtement. Péri est ici une magicienne fatale, une danseuse à la sensualité dévorante qui revancharde, récupère le bien qui lui a été dérobé.

Dukas était prêt à jeter sa partition au feu quand ses proches l’arrêtèrent dans ce qui aurait été un crime pour la musique française: La Péri est bien une oeuvre maîtresse dans l’histoire symphonique, tant pas sa riche et puissante orchestration que ses trouvailles mélodiques qui montrent combien le compositeur quoiqu’il en dise, était capable d’invention et d’imagination. Inspiré par le conte oriental, Dukas compose tout d’abord une courte fanfare, appel d’un orient fantasmé aux confins de l’esprit le plus poétique. La Péri se réveille sana la fleur de lotus (fleur d’immortalité) que lui a dérobé pendant son sommeil Iskender. Or sans la divine corolle, elle ne pourra rejoindre le ciel, trouver sa place dans la lumière d’Ormuzd. D’une sensualité musicale, envoûtante et vénéneuse, comme l’est Ariane séductrice de Bacchus dans le ballet éponyme de Roussel, composé presque 20 ans après l’oeuvre de Dukas, mais d’une égale flamboyance d’écriture, la Péri sait qu’Iskender la désire. Il n’en faut pas davantage pour que la jeune femme redouble d’indécente approche pour que succombe son trop naïf voleur. Celui ci ses oumet et restitue la fleur, puis doit se résigner à mourir dans l’ombre environnante. Guerre amoureuse, où l’homme succombe, La Péri enchante constamment par la magie et le raffinement de son orchestration. Dans cette oeuvre singulière autant qu’admirable, Dukas rejoint l’exigente sensiblité du poète Ravel dont le ballet Daphnis et Chloé est strictement contemporain de La Péri dukasienne. Les deux oeuvres marquent un apogée dans l’histoire de l’écriture symphonique française, renouvelé ensuite avec Bacchus et Ariane déjà cité d’Albert Roussel (1931)

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