Paris. Madrigaux de Giovanni Zamboni par Faenza

horvat-marco-concert-clic-de-classiquenewsParis. Faenza ressuscitent les madrigaux de Zamboni. Le 11 novembre 2015, 20h. Temple du Foyer de l’âme. Le travail du romain Giovanni Zamboni témoigne du regain d’intérêt voire de la nostalgie des amateurs pour un genre musical et vocal devenu démodé à la fin du XVIIè : le madrigal. Giovanni Zamboni, dit « le Romain », virtuose au début du XVIIIème siècle, de nombreux instruments à cordes pincées (archiluth, clavecin, mandoline, théorbe, mandore…), fut l’un des derniers luthistes italiens et aussi le dernier grand madrigaliste de l’histoire de la musique, prolongeant la recherche audacieuse d’un Monteverdi. Si les deux cycles de madrigaux qu’il nous a laissés n’ont jamais été publiés – ayant été jugés archaïques, donc passé des mode-, ils entendent cependant dans une langue musicale maîtrisée, rendre hommage aux maîtres du passé. Sous la direction de Marco Horvat, l’ensemble Faenza choisit aujourd’hui d’en ressusciter le chant perfectionniste et parfois l’élan fantaisiste voire fantasque, toujours en accord avec le sens et les images des textes mis en musique.

Madrigaliste, Giovanni Zamboni a aussi laissé 12 sonates publiées à Lucca en 1718 composant le dernier recueil de musique imprimée en tablature pour le luth en Italie. Dans le style de Corelli, les Sonates ont probablement influencé Sylvius Leopold Weiss, ultime luthiste allemand, dont on sait qu’il séjourna deux ans à Rome. Leur style relève de ce baroque universel et européen que Bach représente idéalement et que Zamboni fait aussi évoluer. Le prélude de sa huitième sonate est pratiquement un copié-collé du premier prélude du Clavier bien tempéré, dont le manuscrit est pourtant plus tardif. Qui s’est inspiré de qui ? Le mystère demeure et souligne l’importance de l’inspiration de Zamboni.

zamboni giovanni Della Casa Bologna Accademia filarmonicaGiovanni Zamboni : le Monteverdi des Lumières. Les deux cycles de douze madrigaux à quatre voix, d’une très grande richesse d’invention renouvellent la tradition madrigaliste qui remonte à la fin du XVIè et a connut ses heures glorieuse au début du XVIIe siècle, grâce à l’engagement de Moneverdi ; sous l’impulsion d’Alessandro Scarlatti, les musiciens s’intéressent à nouveau à la forme du madrigal dès le fin du XVIIè, appuyés et stimulés par de nombreux lettrés romains, nostalgiques de la fusion poésie et musique. L’idéal esthétique fusionnant les deux disciplines, incarné en particulier par Monteverdi et Gesualdo, la nouvelle vogue pour le madrigal inspire en particulier Zamboni. Son style suscite en particulier l’admiration du grand Maître de Chapelle de Saint-Jean de Latran, Girolamo Chiti, qui laisse un témoignage éloquent :  il y relève « une connaissance approfondie du contrepoint et de l’expression du sens des paroles, synthèse de la rigueur de l’ancienne école et de l’expressivité chromatique du style moderne ». De quoi nous délecter aujourd’hui, tout en explorant l’écriture perfectionniste d’un compositeur romain méconnu.

Les deux Livres de madrigaux de Zamboni par Faenza, Marco Horvat :

Olga PITARCH, soprano
Lucile RICHARDOT, alto
Jeffrey THOMPSON, ténor
Emmanuel VISTORKY, basse

Elisabeth GEIGER, clavecin
Charles-Edouard FANTIN, archiluth
Christine PLUBEAU, basse de viole

 

 

boutonreservationMercredi 11 novembre 2015, 20h
Temple du Foyer de l’âme
7, rue du Pasteur Wagner
Paris 11ème
(MĂ©tro : ligne 5 – arrĂŞt: BrĂ©guet-Sabin)

Marco Horvat ressuscite le génie madrigalesque de ZamboniAPPROFONDIR : Entretien avec Marco Horvat à propos de la modernité des madrigaux de Zamboni et du geste de Faenza dédié à la résurrection de ce programme. 3 questions à Marco Horvat à propos des madrigaux de Giovanni Zamboni 

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