vendredi, décembre 9, 2022

Orchestre des Champs-Elysées: présentation de la saison 2007 – 2008 Mahler, Brahms, Bruckner…

A ne pas rater

Orchestre
des Champs-Elysées


Saison 2007-2008

Philippe Herreweghe, direction
Sous la direction de Philippe Herreweghe, la nouvelle saison de l’Orchestre des Champs-Elysées poursuit son oeuvre de défrichement et d’exploration des répertoires, avec cette liberté et ce souci de la sonorité qui distingue aujourd’hui chacune de ses relectures. Le dernier enregistrement des Knaben Wunderhorn de Gustav Mahler, l’a démontré clairement: la maturité des instrumentistes de l’Orchestre sous la baguette précise et analytique du chef, enchante par sa poésie, sa justesse, ses risques. Aux Schumann, Berlioz et Mendelssohn d’hier, Philippe Herreweghe prolonge au cours des semaines à venir, d’ici mars 2008, son travail sur l’écriture de Mahler et de Brahms, aux côtés d’une nouveau chapitre brucknérien, la Symphonie n°5 (après avoir enregistré les opus 4 et 7). « L’OCE » ajoute également une autre particularité, qui pèse pour beaucoup dans l’inventivité et l’indépendance de son approche: au sein de ses pupitres, pas de musiciens permanents, mais des instrumentistes « libres », qui pour chaque session, font le choix de se réunir pour travailler et vivre ensemble la musique élue, pour le plaisir et la passion de l’aventure orchestrale.

Depuis octobre 2007, l’Orchestre continue le travail amorcé auprès des compositeurs postromantiques; en particulier Richard Strauss et Gustav Mahler: du premier, Philippe Herreweghe a choisi les Lieder avec orchestre; du second, la Symphonie n°4, deux oeuvres couplées qui sont interprétées au concert avec la soprano Carolyn Sampson, lors d’une tournée européenne qui a deux étapes, en Belgique et en France (Concert Strauss/Mahler, les 20 et 23 octobre 2007).

Mahler, Brahms, Bruckner
Jusqu’en avril 2008, nouvelles tournées européennes, dans plusieurs programmes qui mettent à l’honneur, en liaison avec les champs d’investigation de Philippe Herreweghe, les compositeurs germaniques du XIXème siècle. Le premier cycle thématique aborde deux Symphonies de Johannes Brahms, n°2 et n°4, contrastées: si la première est « aérée, lumineuse et pleine de santé », la seconde tout en rendant hommage aux maîtres anciens (Bach et Schütz), est d’un caractère plus sombre et méditatif. Le volet brahmsien « tourne » en Europe, de Poitiers à Dortmund, du 20 novembre au 2 décembre 2007.

En février puis en mars 2008, poursuite de l’approche mahlérienne, mise en perspective avec Bruckner et Brahms. Du 16 au 18 février 2008, les Rückert-Lieder de Gustav Mahler sont joués avec la Symphonie n°5 d’Anton Bruckner, dyptique prometteur auquel pour son volet vocal participe le baryton, Christian Gerhaher, récemment remarqué dans le dernier album de la mezzo suédoise, Anne Sofie von Otter (Terezin, édité par DG en septembre 2007). Puis, du 12 au 27 mars, Todtenfeier de Mahler « dialogue » au sein du programme suivant, avec Ein Deutsches Requiem de Johannes Brahms. La partition malhérienne remonte aux années où le compositeur, jeune symphoniste, imagine ainsi son poème symphonique inspiré par un rêve funèbre. L’oeuvre devait plus tard être recyclée pour le premier mouvement de la Deuxième Symphonie n°2 « Résurrection ». Egalement funèbre et d’une inspiration résolument personnelle, en particulier dans le choix des textes sacrés sélectionnés, le Requiem de Brahms a été composé entre le décès de Robert Schumann et celui de la mère de Brahms. A l’affiche, 12 dates européennes dont deux en France (les 13 et 16 mars 2008, à Grenoble puis Poitiers) et une en Belgique (le 15 mars 2008 à Bruges).

Enfin, pour conclure une saison riche en nouvelles lectures captivantes, et en vibrations dépoussiérantes (à l’image du logo et de l’identitié visuelle de l’orchestre dont le nom s’accompagne d’une « constellation typographique » en suspension), l’Orchestre des Champs Elysées opère en avril 2008, un changement chronologique, vers le XVIII ème siècle et les racines de l’écriture orchestrale, avec la Symphonie n°44, dite « Funèbre » de Joseph Haydn, parce que le compositeur avait souhaité que son mouvement lent soit joué pour ses funérailles, et son Concerto pour violoncelle en do majeur (soliste: Jean-Guilhen Queyras, violoncelle), ainsi que la Symphonie n°29 K.201 de Wolfgang Amadeus Mozart.

Découvrez toute l’actualité et les détails de la riche programmation 2007 – 2008 de l’Orchestre des Champs Elysées


Discographie de Philippe Herreweghe et de l’Orchestre des Champs Elysées

Le coffret anniversaire des 60 ans de Philippe Herreweghe: « Rétroperspective » (2 cd + 1 dvd, HM, 2007). Superbe anthologie composée de 28 extraits,
sélectionnés par l’intéressé lui-même, au sein d’une discographie plus
que foisonnante, dont la richesse montre l’étendue des recherches,
l’ouverture de la sensibilité, l’activité de la curiosité musicale. En
2007, Philippe Herreweghe a soufflé ses 60 ans. Il a minutieusement
élaboré le programme des deux cd, auxquels répond un passionnant dvd de
52 mn…


Robert Schumann: Symphonies n°1 et n°3 (1 cd HM, décembre 2006). Bienheureuse combinaison couplant les opus n°1 et n°3: Symphonies aux
antipodes l’une de l’autre, que séparent dix années au regard des dates
de leurs créations respectives, 1841 et 1851, que distinguent aussi les
lieux de création: Leipzig et Dusseldorf. Le début des années 1840
marque l’entrée dans l’écriture orchestrale ou plutôt la confirmation
des ambitions symphoniques du compositeur. La n°1 est
d’autant plus triomphale et pleinement réussie (de surcroît très
applaudie sous la direction de Félix Mendelssohn à Leipzig, le 31 mars
1841) qu’elle s’appuie sur un poème d’Adolf Böttger et son premier
mouvement devait s’intituler « éveil du printemps« .

Gustav Mahler: Des Knaben Wunderhorn. Connolly/Henschel (1 cd HM, octobre 2005). Expert de la rhétorique musicale en particulier depuis ses premiers
enregistrements (fondateurs au même titre que peuvent l’être ceux de
Leonhardt et Harnoncourt) de Bach, Philippe Herreweghe saisit toute la
dramaturgie instrumentale, la polyphonie ciselée chez Mahler d’autant
plus dans les Knaben Wunderhorn, chants particulièrement investis, d’un fini de couleurs et de texture rarement aussi déployés. Fluidité oxygénée de cordes (« Das irdische Leben« , La vie sur terre, n°4), tendresse mordante des bois, projection incarnée du texte grâce aux solistes visiblement habités par l’intensité expressionniste des poèmes: tout oeuvre pour une exacerbation intimiste et mordante de l’action musicale…

Anton Bruckner: Symphonie n°7 (1 cd HM, avril 2004). D’emblée, la musculature de l’orchestre s’impose, autant dans la
rythmique active et nerveuse, que dans la compréhension des échelles de
dynamiques, passant du forte au piano avec une intelligence pas
seulement déconcertante du fait de leur facilité et de leur souplesse
de transition mais aussi dans le sens d’une progression irrépressible,
une énergie première absolument bienfaitrice. Ni dilution par un trop
plein d’analyse et de détails, ni maniérisme ou systématisme par
relâchement de l’exercice directionnel. Tout est en place et confirme le tempérament brucknérien de Philippe Herreweghe, qui en 2008, approche la Symphonie n°5 de Bruckner, au concert (février 2008, les 17 et 18 précisément, à Paris et à Bruxelles)

Anton Bruckner: Symphonie n°4, version de 1878/1880 (1 cd HM, octobre 2005)

Bruckner pensait-il poursuivre l’oeuvre wagnérienne, elle même inspirée
par le legs Beethovénien? C’est justement en étudiant les Symphonies de
Beethoven, que Bruckner révisa le finale de sa Quatrième, en 1880. Le compositeur trouve en Herreweghe un ambassadeur d’une rare finesse.
Comme il l’avait démontré en avril 2004, dans son enregistrement de la
Symphonie n°7, son travail sur la texture, dans la clarté, la
transparence, cette limpidité lumineuse de la matière musicale
s’affirme encore avec plus de pertinence. Aucune lourdeur ni opacité
dans ce Bruckner frappé par la contemplation du plein air et de la
nature. Le sens de l’architecture éclate dans le Scherzo, et plus
encore dans le Finale où l’alliage des cuivres et des vents, le flot
des cordes composent l’un des tableaux les plus impressionnants grâce à
un étagement d’une construction parfaitement claire, là aussi.

Crédit photographique
L’Orchestre des Champs-Elysées en répétition (DR)

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