Sommet de l’opéra romantique italien, Lucia di Lammermoor fixe un modèle lyrique spécifiquement conçu par Gaetano Donizetti qui ainsi, en septembre 1835, affirme une maîtrise incontestable. Le compositeur égale la lyre exemplaire de son prédécesseur Vincenzo Bellini. Passion amoureuse digne de Roméo et Juliette, intrigues politiques et destruction psychique qui bascule dans la folie, Lucia incarne le destin de nombreuses héroïnes de l’opéra romantique au XIXème : détruite, sacrifiée, manipulée dont la démence après un mariage forcé, souligne la misérable condition.
Dans son fameux air de la folie – avec harmonica de verre, Lucia exprime comme nulle autre, un chant de désespoir, une solitude démunie, le cri d’une victime identifiée mais maltraitée… A l’Opéra de Rennes, Simon Delétang signe une mise en scène épurée, intemporelle qui relève aspérités, vertiges de la partition vocale et orchestrale, l’une des plus saisissantes du répertoire. La production a soigné le choix des chanteurs, afin de respecter l’esthétisme du bel canto italien le plus raffiné qui soit. L’Opéra de Rennes est d’autant plus partie prenante de cette nouvelle production que décors et costumes sont réalisés par ses ateliers maison. Voici l’événement lyrique de ce début 2026.
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Opéra de Rennes
DONIZETTI : Lucia di Lammermoor (1835)
5 représentations événements
samedi 7 février 2026, 18h
lundi 9 février 2026, 20h
mercredi 11 février 2026, 20h
vendredi 13 février 2026, 20h
samedi 14 février 2026, 18h
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’Opéra de Rennes : https://www.opera-rennes.fr/fr
Orchestre National de Bretagne
Chœur de chambre Mélisme(s)
Jakob Lehmann, direction
Simon Delétang, mise en scène
distribution
Laura Ulloa / Éléonora Bellocci, Lucia (en alternance)
César Cortés / Andrés Agudelo, Edgardo (en alternance)
Stavros Mantis, Enrico
Jean-Vincent Blot / Mathieu Gourlet, Raimondo
Sophie Belloir, Alisa
Carlos Natale, Arturo
Jean Miannay, Normanno
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Le + de classiquenews :
Les temps forts de l’œuvre à ne pas manquer (actes II et surtout III)
Les Ashton contre les Ravenswodd… Si l’acte I expose les personnages et la situation qui les oppose : Enrico Ashton entend marier sa sœur Lucia malgré elle, alors qu’elle aime Edgardo (du clan adverse des Ravenswood), c’est L’ACTE II qui réserve aux spectateurs les scènes les plus saisissantes : Enrico marie Lucia à Lord Bucklaw quand Edgardo paraît … pour maudire la mariée qui pensait déjà mourir. L’ACTE III bascule dans la folie, celle de Lucia qui le soir de ses noces maudites, a tué l’époux qui lui fut imposé : la fameuse scène de la folie exprime le désarroi halluciné de l’héroïne ; c’est un sommet lyrique et dramatique qui révèle les plus grandes divas (soprano coloratoure). Quand Edgardo voit passer la précession qui pleure la mort de Lucia (évanouie, morte après son grand air de la folie), le jeune homme se poignarde en prononçant le prénom de celle qu’il a abandonnée.
Lucia di Lammermoor (inspiré du roman de Walter Scott) reste un mythe lyrique romantique inégalé, aux côtés des chefs d’œuvre de Bellini (Norma, I Puritani). Le drame imaginé par Donizetti eut un impact mémorable dans l’esprit de Madame Bovary : Flaubert conçoit que son héroïne a alors la révélation de son âme romantique en assistant à l’Opéra de Rouen à une représentation de Lucia…
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