vendredi, décembre 9, 2022

Karajan inédit: trois programmes télé incontournables. France 3, Arte Du 4 au 13 avril 2008

A ne pas rater

Herbert van Karajan
3 programmes télé incontournables

Avril 2008: à partir du 4 avril, la veille du jour anniversaire du centenaire de sa naissance (5 avril 2008), les hommages au maestro des maestros, Herbert von Karajan (1908-1989) battront leur plein sur le petit écran. Voici cependant dans le dédale des multiples programmations télévisuelles, trois perles incontournables; deux documentiares-portraits inédits (l’un « classique » sur l’homme par sa dernière épouse, France 4 le 4 avril à 23h20), le second, absolument passionnant dédié à la fascination de Karajan pour l’image, le cinéma, occupé dans la conception d’un nouveau type de film symphonique (Arte, le culte de l’image, le 7 avril 2008 à 19h), enfin dans la catégorie des films de musique, celui réalisé par Hugo Niebeling, reste légendaire, un sommet du genre: Karajan y dirige la Symphonie n°6 « Pastorale  » de Ludwig van Beethoven (Arte, le 1″ avril 2008 à

Karajan intime

France 3. Vendredi 4 avril 2008
à 23h20


Alain Duault a filmé ce portrait hommage à Salzbourg, ville natale de Karajan. Alain Duault nous offre de découvrir le portrait de « Karajan intime »(réalisation: Franck Chaudemanche. 2008, 52 mn): il y a certes le chef adulé, estimé et parfois craint, toujours admiré par les plus grands interprètes, qui sut aussi reconnaître et aider les jeunes talents dont le pianiste Evgueni Kissin (12 ans) ou Anne-Sophie Mutter (13 ans) auxquels Karajan apporta son soutien et ses conseils (y compris dans le choix des robes de la violoniste)… Michel Glotz, Janine Reiss, Genneviève Geffray (conservateur au Mozarteum), mais aussi le biographe Pierre-Jean Rémy, précise l’artiste, l’homme, ce fou de technique qui a tout sacrifié pour la musique. Le documentaire recueille surtout les confidences de sa dernière épouse, d’origine française, ex mannequin de Dior, Eliette von Karajan (née Mouret) dont l’amour pour le maestro s’exprima en particulier au travers des yeux du chef qu’il avait très bleu…
Le documentaire ne cache pas non plus la période la plus délicate du chef, celle qui le voit en 1933 puis 1935 adhérer au parti nazi, souhaitant coûte que coûte être le premier… Hélas pour lui, la figure de Furtwängler, autre chef allemand d »envergure, admiré par Hitler et Goebbels, occupe la place… Le spectateur apprendra contre toute idée préconçue que le jeune loup ne réussit pourtant pas à gagner l’estime des dirigeants du régime hitlérien…

Après Karajan intime, France 3 diffuse le film symphonique tourné en 1973, réalisé par Karajan soi-même, dans la Symphonie n°5 en ut mineur opus 67 de Ludwig van Beethoven avec le Berliner Philharmoniker. A partir de 00h25.

Le culte de l’image

Arte. Lundi 7 avril 2008
à 22h45


Documentaire. Réalisation: Georg Wübbolt (2008, 53mn)
. Karajan, le culte de l’image. Il est souvent de bon ton parmi les « grands interprètes » de diaboliser les lois du marketing. Ce qui est commercial et abondamment servi par les medias de masse, n’est souvent pas synonyme de qualité, encore moins d’exigence artistique. Le cas d’Herbert von Karajan contredit tous ces aprioris restrictifs dont usent et abusent les critiques les plus conservateurs. En génie de la communication et en maître du geste interprétatif, Karajan a dévoré avec passion tous les médias de son époque, s’impliquant comme personne avant, dans les réalisations audio et vidéo. Son héritage dans ce domaine explique pourquoi sa présence, 100 ans après sa naissance, et près de 20 ans après sa mort, reste toujours aussi vivante, incontournable, captivante. L’homme et l’artiste ont laissé un héritage qui nourrit leur légende. Le documentaire montre combien le maestro d’origine autrichienne, et grec par ses parents, fut en boulimique de la caméra, un esthète, visionnaire et perfectionniste, d’une intransigeante activité. On imagine ce qu’il aurait inventé à l’ère d’Internet et de la diffusion de la musique par l’image numérique et digitale! Aucun de ses opéras ainsi filmé ne laisse indifférent: ses réalisations demeurent même des références pour tous, à l’égal d’un Losey pour Don Giovanni. Le film de Georg Wübbolt donne la parole aux collaborateurs du chef, aux membres de son équipe technique, témoins admiratifs du système Karajan. Document incontournable pour qui souhaite comprendre l’objectif du Karajan cinéaste.

Karajan dirige la Pastorale

Arte, dimanche 13 avril 2008
à 19h


Attention chef d’oeuvre légendaire! Concert filmé en 1969. Réalisation: Hugo Niebeling (1969, 43mn). Karajan dirige la Symphonie n°6 « Pastorale » de Beethoven. Trois ans après les premiers films dramatico musicaux orchestrés avec Henri-Georges Clouzot, en particulier dans une Symphonie n°5, tranchante et lumineuse comme le diamant, Karajan s’intéresse par l’image, en 1969 à la Symphonie n°6 du même compositeur, Beethoven. Mais en 1969 le maestro ne travaille plus avec Clouzot qui l’a déçu en particulier dans la captation filmée du Requiem de Verdi (dont les images et la tenue des plans restent indignes de l’excellence interprétative). C’est désormais un nouveau réalisateur qui assure la captation des concerts ou plutôt des films symphoniques. Un pas est nettement franchi avec Hugo Niebeling qui en génie de la dramaturgie visuelle réalise pour cette Pastorale, un prodige hors normes, sans équivalent jusque là: flou spirituels, jeux avec la lumière (l’effet des lampes placées sous les fauteuils de l’orchestre produit un effet époustouflant), podium de l’orchestre peint de couleur différente selon les mouvements, maîtrise de l’ombre et des contrastes… l’aisance et la personnalité du cinéaste est telle que l’image et les procédés visuels supplantent parfois la musique et surtout le chef. Résultat, Karajan outré lors de la présentation du montage, réalisera encore deux films suivants (le 5ème et la 7ème toujours de Beethoven), et encore, Karajan réécrira les deux films concernés, avec sa chef monteuse: désormais le divorce est consommé et le maestro veillera lui-même à soigner la captation des concerts, précisément sa propre image devant la caméra.
Le caractère révolutionnaire de l’enregistrement de la Pastorale dont la dramaturgie renforce l’expressivité choisie, saisit immédiatement le regard: les mains du maître, toujours centrales dans la conception visuelle, semblent sorties d’un monde obscur pour nous conduire vers la lumière: la figure du chef guide se précise et s’affirme plan après plan. Puis lentement, la caméra bascule en contre-plongée vers le profil du chef, auréolé de la lumière du divin: à la façon des empereurs romains puis byzantins, l’image du Maestro Karajan s’inscrit ainsi pour l’éternité: son profil parfaitement explicité. Le film sert-il Beethoven ou Karajan? Niebeling, soumis aux volontés esthétisantes du chef, s’ingénie en parfait orfèvre de la lumière et de l’image, à inféoder le vocabulaire du cinéma à l’expression de l’interprétation musicale. En artisan avisé, épris des dernières prouesses de la technologie, Karajan se fait filmer en 35 mn et en stéréophonie. Performance sensationnelle à l’époque où la télévision est encore en noir et blanc, affichant une image souvent anamorphosée.
Karajan absorbe les ficelles du métier avec Clouzot, passe ensuite derrière la caméra: organisant, orchestra l’image, articulant toutes les techniques du langage visuel en maître absolu. La propagande réalisée sert davantage son image de chef légendaire que les compositeur abordé. Mais n’a t on pas besoin de figure emblématique, de guide esthétique et spirituel? La silhouette du chef, confronté à la masse agissante de son orchestre, répond à ce besoin fantasmatique… conscient ou non, en tout cas, ardemment espérée dans l’histoire allemande. Aujourd’hui encore, on recherche pour tous les orchestres du monde, à expliquer et suivre leur progression en fonction de la personnalité spécifique de chacun des chefs qui les dirige. L’histoire des orchestres, en particulier des plus prestigieuses phalanges est toujours expliquée et commentée en fonction des individualités qui sont nommées pour les conduire jusqu’à l’excellence. Herbert von Karajan, successeur des plus grands avant lui, en particulier Toscanini et Furtwängler, applique la figure du guide musical à sa propre expérience, dont les réalisations filmiques ont grandement contribué à la reconnaissance de son style.
Il aurait été juste que le chef reconnaisse le talent inventif et visionnaire du réalisateur d’alors, Hugo Niebeling: jamais plus, on ne filmerait d’orchestre et d’instruments de la sorte. Or Karajan qui entendait surtout imposer sa stature, fidèle à son propre culte, dénigra le film qui néanmoins fut acheté par la télévision allemande… Les deux films suivants dirigés par Niebeling, la 3ème puis la 7ème de Beethoven, furent remontés par Karajan et ses équipes de montage, réarrangés de bout en bout pour correspondre à l’image du guide omnipotent, omniscient. Niebeling avait trop d’idées visuelles pour l’époque. Avec lui, l’image reprenait le dessus. Chose impensable pour le Maestro…



Sélection CD
Coffret événement « the complete Emi recordings: 1946-1984: opera & vocal » (72 cd Emi Classics). C’est Walter Legge qui en 1946,
signe avec le chef autrichien, Herbert von Karajan (alors âgé de 37
ans), le contrat d’enregistrement dont découlent les quelques 72 cd ici
regroupés et qui totalisent l’un des legs lyriques (et de msuique
sacrée) les plus marquants de l’histoire du disque. En particulier, les
prises réalisées de 1946 à 1960, en majorité avec l’orchestre
Philharmonia de Londres (créé par Legge pendant la guerre), mais aussi
à Milan et à Berlin. Cette boîte miraculeuse, célébrant le Centenaire
de Karajan (le 5 avril 2008, précisément), en complément d’un autre
coffret non moins incontournable édité par Emi et consacré au legs
symphonique du Maître, réunit les enregistrements Emi, dans la
catégorie « Opéra et oeuvres vocales« . Comme chef lyrique, et comme maestro dirigeant choeur et solistes dans
les oeuvres sacrées de Bach à Beethoven, Karajan se distingue par la
clarté du son, et surtout, l’équilibre atteint entre les pupitres de
l’orchestre et les chanteurs. Lire notre présentation complète du coffret Herbert von Karajan : « the complete Emi recordings: 1946-1984: opera & vocal » (72 cd Emi Classics)

Sélection dvd

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