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Gluck: Iphigénie en Tauride, 1779 France Musique, en direct. Samedi 31 mai 2008 à 19h30

A ne pas rater

Christoph Willibald Gluck
Iphigénie en Tauride
, 1779


France Musique
Samedi 31 mai 2008 à 19h30

En direct de l’Opéra Garnier à Paris


Tristes Atrides
D’après le livret de Nicolas-François Guillard, créé à l’Opéra de Paris le 18 mai 1779, Iphigénie en Tauride, succède à sa « soeur », Iphigénie en Aulide (1774) qui reste dans la mémoire des parisiens et versaillais de l’époque, l’opéra de Marie-Antoinette. Lire notre dossier Iphigénie en Aulide, opéra de la Reine. Dès 1776, Alphonse du Congé Dubreuil suggère son texte d’Iphigénie en Tauride au Chevalier Gluck qui tarde à se prononcer pour une mise en musique. Simultanément, le librettiste entreprenant proposa le même texte au rival de Gluck, Piccinni. Finalement, Gluck opta pour le livret de Guillard. Comme pour la première Iphigénie du compositeur, Marie-Antoinette assista à la création, le 18 mai 1779. Guillard reprend les éléments du mythe grec transmis par Euripide. L’expression des passions tragiques se réalise avec austérité, en quatre actes (et non pas cinq selon l’usage). Gluck s’intéresse surtout à la grandeur sobre et solennelle de chaque personnage. Fouillant en particulier les portraits psychologiques des caractères grecs: celui d’Iphigénie, de son frère Oreste et du compagnon de ce dernier, Pylade. Contre la sauvagerie des Scythes menés par le Roi Thoas qui est habité par la peur d’être assassiné, les Grecs parviennent à se libérer et à quitter la Tauride. Au coeur de l’action, règne l’âme sombre du frère et de la soeur, représentants douloureux de la malédiction qui frappe leur clan, celui des Atrides.

Grâce à la qualité des chanteurs (Le Vasseur, soprano: Iphigénie; Larrivée, baryton : Oreste; Legros, haute-contre: Pylade…), d’autant mieux préparés qu’ils avaient déjà travaillé sous la conduite exigeante du compositeur, grâce aussi aux ballets de Noverre, la partition soulève l’enthousiasme du parterre, en dépit des critiques du parti opposé à Gluck, dont Marmontel et Saint-Lambert… Par la suite, sous la pression du public, Gluck accepta que Gossec apporte une conclusion dansée (ballet de Noverre) pour clore l’action: libération des Scythes captifs.

Typologie vocale des personnages
Iphigénie, prêtresse de Diane (soprano)
Oreste, son frère, roi d’Argos et de Mycènes (baryton)
Pylade, ami d’Oreste, roi de Phocis (ténor)
Thoas, roi de Tauride (basse)
Diane (soprano)

Synopsis
Acte I. Alors qu’au loin gronde une tempête, les prêtresses du temple de Diane implorent la clémence des dieux. Le calme paraît mais la tempête reprend dans le coeur d’Iphigénie qui revit le rêve qui l’accable: la jeune femme voit son frère Oreste tuer leur mère Clytemnestre, meutrière de leur père Agamemnon. Au comble de l’émotion, Iphigénie chante l’un des plus beaux airs de l’opéra: « Ô toi qui prolongeas mes jours… ». Thoas, souverain des Scythes survient traversé par les mêmes angoisses: un oracle lui a prédit qu’il serait tué par un étranger pénétrant sur le sol de Tauride. Deux naufragés sont amenés devant Thoas: Pylade et Oreste. Silencieux, donc menaçant Thoas les condamne à mort.
Acte II. Dans leurs prisons, Pylade et Oreste chantent leur douleur (Pylade: «  Unis dès la plus tendre enfance... « ). Effrayentes et hallucinées, les Euménides surgissent autour d’Orest, demeuré seul, en proie aux visions ténébreuses (ballet-pantomime terrifiant): les créatures dénoncent celui qui a tué sa mère. Sans césure (génie de Gluck): Iphigénie parâit au coeur de l’apparition. Oreste croit revoir sa mère Clytemnestre. Aux questions d’Iphigénie, Oreste raconte la tragédie des Atrides, tribu vouée au meurtre et à la haine destructrice. La princesse apprenant que sa famille a été décimée, chante sa souffrance et son deuil: « Ô malheureuse Iphigénie ! ».
Acte III. Iphigénie se rapproche d’Oreste et de Pylade afin de les sauver. Mais, elle ne pourra en épargner qu’un seul: Pylade. Celui-ci est dépêché auprès de la soeur d’Iphigénie, Electre.
Acte IV. Dans le temple de Diane, Oreste va être sacrifié. Mais il révèle à Iphigénie qu’il est son frère. De retour de Grèce, Pylade survient avec une armée, défait Thoas et combat les Scythes. Diane apparaît et rétablit la paix entre Scythes et Grecs, tout en pardonnant à Oreste, le meurtre de sa mère. Il règnera à la suite de son père Agammenon, à Mycène.

Distribution de la production présentée sur les planches du Palais Garnier (à l’affiche du 22 mai au 8 juin 2008)
Iphigénie: Mireille Delunsch
Oreste: Stéphane Degout
Pylade: Yann Beuron
Thoas: Franck Ferrari
Diane: Salomé Haller

Première Prêtresse: Catherine Padaut*
Deuxième Prêtresse: Zulma Ramirez*
Un Scythe/ un Ministre: Jean Louis Georgel*
Une Femme grecque: Dorothée Lorthiois

* Solistes d’accentus
Choeur Accentus, Freiburger Barockorchester
Direction musicale: Ivor Bolton
Mise en scène: Krzysztof Warlikowski

Illustration: Ingres, le Martyre de Saint-Symphorien, 1834 (Cathédrale Saint-Lazare d’Autun) (DR)

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