Georg Friedrich Haendel: portrait. Le voyage en Italie France Musique. Grands compositeur, du 13 au 17 avril 2009 à 13h

Georg Friedrich Haendel


Le Voyage en Italie
,
1707-1710

France Musique

Du 13 au 17 avril 2009 à 13h

“Grands compositeurs”


Un Saxon bientôt Londonien..

Né en 1685, Haendel voit le jour à Halle en Saxe. Sa mine généreuse, son embonpoint aristocratique et les nombreux portraits qui le représentent épais et emperruqué, ont fini d’affirmer l’aplomb d’un mondain fasciné par la virtuosité, l’opéra, l’apparat, l’artifice et le foisonnant, les voix quand son contemporain (comme lui organiste et compositeur), Jean-Sébastien Bach composait dans une austérité toute luthérienne, cantates et passions. D’un côté, le courtisan splendide, fastueux et soucieux de sa gloire; de l’autre, le génie de la foi et de la profondeur. Les deux ne se rencontrèrent jamais. De fait, pour souligner davantage les contrastes, Haendel fut un grand voyageur, en Italie puis à Londres où il connut triomphes et revers, dans les genres opéras et oratorios. Quand Bach ne quitta guère son pays, voire la région de sa naissance.
La présentation est sommaire, schématique donc réductrice; pourtant elle continue de séduire nombre de mélomanes.
Le feuilleton proposé par France Musique célèbre à juste titre le compositeur qui passant par l’Italie pour se former et trouver “sa” langue musicale, se fixa in fine en Angleterre (il fut d’ailleurs naturalisé anglais). Le 14 avril 2009 marque le 250è anniversaire de sa mort (1759).


Haendel en Italie: 3 ans d’éblouissement

Voici le jeune Haendel en voyage à Rome, Naples, Venise. Le tour d’Italie se révèle propice à une révélation personnelle et artistique; celui qui, déjà émancipé à 18 ans comme violoniste de rang dans l’orchestre de l’opéra de Hambourg (1703, alors dirigé par l’intraitable Keiser), découvre in situ, la magie de l’opéra italien, “dans le texte”. Immersion d’autant plus féconde que les premiers chefs d’oeuvre ne tardent pas à éclore: le jeune musicien âgé de 22 ans, protégé de Ferdinand de Medicis à Florence, rejoint Rome. Ses premiers “devoirs” catholiques (Dixit Dominus, Laudate pueri, Nisi Dominus) étonnent, captivent, convainquent. Très vite, les “grands” se disputent sa manière: le cardinal Pamphili lui commande la musique de son texte pour un oratorio Il trionfo del Tempo e del Disinganno (création au Palais Ottoboni, Carême 1707). Comme c’est le cas du peintre Poussin au XVIIè, le contact du milieu romain produit un déchaînement de l’énergie créatrice, une “furià” magnifique qui n’est pas seulement éblouissante dans les moyens et l’écriture: sa vérité et sa justesse de ton sont indiscutables aussi.


Rome, 1708: La Resurezzione


A Florence, Haendel fait représenter son premier seria italien, en Italie: Rodrigo, puis rejoint Venise (hiver 1707) où il écoute les partitions de Lotti, Vivaldi, Albinoni. Son réseau s’élargit: les princes aiment cette manière à la fois fastueuse et sensuelle, d’une grande vérité émotionnelle qui réconcilie la foi et l’opulence; les Colonna et les Ruspoli lui commandent de nouvelles oeuvres. Ils applaudissent aussi le claveciniste et l’organiste dans des concerts privés de plus en plus recherchés (dont la fameuse joute amicale au clavecin avec Domenico Scarlatti au palais Ottoboni).
En avril 1708, pour Pâques, Haendel compose son oratorio le plus impressionnant, La Resurrezione (Palais Bonelli de Ruspoli): l’idée d’une partition foisonnante et spectaculaire est d’autant plus favorisée que le marquis Ruspoli souhaite impressionner le pape Clément XI, en particulier éclipser la Passione de Scarlatti, portée en triomphe quelques jours auparavant. Le génie de Haendel se manifeste encore pour Venise dans son opéra cynique et noire, Agrippina, commande de Cardinal Grimani (où les sublimes airs de Poppée expriment la futilité vaine mais barbare de la suffisance incarnée: 27 représentations au Teatro San Giovanni Grisostomo, pendant le carnaval 1708), mais aussi pour Naples, la Serenata Acis & Galatée…

Dès lors, maître de la langue musicale, en particulier orfèvre du chant lyrique, Haendel quitte l’Italie et rejoint Hanovre dès juin 1710, comme Kapellmeister. La formation italienne si décisive pour le compositeur était achevée: il pouvait désormais en diffuser les fruits, en particulier à Londres, qu’il n’allait pas tarder à rejoindre, comme … champion de l’opéra italien (avec Rinaldo, inspiré des fureurs délirantes et fantastiques de poèmes de l’Arioste, dès juin 1711!).

Illustrations: portraits de Haendel (DR)

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