vendredi, décembre 9, 2022

Francis Poulenc: J’écris ce qui me chanteEditions Fayard. Octobre 2011

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Poulenc écrivain

Contrairement au titre choisi, le présent ouvrage souligne dans une sélection annotée et présentée assez succinctement, le poids critique, souvent juste et sérieux des commentaires et opinions de Francis Poulenc (1899-1963) sur tel ou tel sujet musical, d’actualité ou général, des années 1920 jusqu’en 1962, un an avant sa mort. Poulenc tel qu’en lui même… ne faisait ou plutôt n’écrivait pas en toute légèreté (et certainement pas sur un coup de tête ou ce qui lui chante… sans raison valable); ou alors chez lui, la réactivité sincère était souvent soeur d’une compréhension profonde et respectueuse des autres, en particulier de leur musique.

Voici des sources inédites et jamais transcrites (émanant pour de nombreux chapitres d’entretiens radiophoniques) sur le goût musical de Poulenc… maître en verve, homme de plume et de lettres, qui aurait pu être parolier et librettiste… en particulier la somme d’informations recueillies grâce au témoignage d’un proche (Moi et mes amis) qui en 1953, 55 et 62, portraiture une figure très dans son temps, affûtée, perspicace, à l’humour tranchant et précis, faisant mouche à tous les coups. Celui qui aima écrire, depuis sa demeure de Touraine, à Noizay (en son logis du « Grand Coteau), nous laisse un style et un mode de pensée, en homme social, pas mondain pour un sou, sachant véritablement susciter des relations très profondes et d’estime réciproque; ainsi les rapports évoqués avec Prokofiev (plutôt « silencieux », au contraire d’un Stravinsky très brillant), Honegger, Ravel rencontré grâce à son professeur de piano Riccardo Viñes… et dénigrant les oeuvres du dernier Debussy… Le milieu bouillonnant du Groupe des Six reprend vie grâce au regard de celui qui en vécut les épisodes de l’intérieur.

Outre les entretiens retranscrits, d’autres papiers du Poulenc éditorialiste et chroniqueur… apparaissent, détenteurs d’informations tout autant précieuses sur l’homme et ses positions: articles de presse, critiques et comptes rendus, contributions à des ouvrages, hommages, réponses à des enquêtes, conférences… S’y confirment les personnalités admirées: Satie, Chabrier, Cocteau… En somme, une masse documentaire de première valeur très heureusement présentée qui renseigne surtout sur la vie parisienne et le milieu musical français au XXème siècle. Les connaisseurs s’y délecteront d’aphorismes et de raccourcis de la pensée, joliment troussés; les amateurs seront séduits par une figure atypique, généreuse et ouverte comme peu à son époque.

Francis Poulenc: « J’écris ce qui me chante ». Textes et entretiens réunis, présentés et annotés par Nicolas Southon. Editions Fayard. ISBN: 978 2 213 63670 2. 32 euros. 980 pages

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