FESTIVAL CASTELL PERALADA 2016

peralada-festival-castel-chateau-2015-festival-review-compte-rendu-opera-CLASSIQUENEWS-2015PERALADA, festival (Catalogne espagnole), 7 juillet – 16 aoĂ»t 2016. Au cƓur de la Catalogne septentrional, Ă  Ă©quidistance entre Perpignan et GĂ©rone, au nord de Barcelone, le petit village de Peralada (Ă  moins de 40 mn de la frontiĂšre française), l’enclave enchanteresse de Peralada fait son festival estival chaque Ă©tĂ©, cette annĂ©e Ă  partir du 7 juillet et jusqu’au 16 aoĂ»t 2016. Les tĂȘtes d’affiche invitĂ©es assurent un niveau musical souvent superlatif que le choix des Ɠuvres et les rĂ©pertoires programmĂ©s mettent en scĂšne de façon parfois surprenante donc digne du plus grand intĂ©rĂȘt. FidĂšle Ă  sa tradition artistique, chanteurs et musiciens sont d’habituels artistes prĂ©sents pendant la saison du Liceu de Barcelone. L’offre musicale et lyrique de Peralada en fait une Ă©tape incontournable pour tous les amateurs et mĂ©lomanes curieux comme exigeants, heureux explorateurs sur le territoire qui pourront aussi dĂ©couvrir ou retrouver en un mĂȘme sĂ©jour, les superbes calanques et plages prĂšs de CadaguĂšs (sans omettre le musĂ©e Dali Ă  Figueres). Peralada est un temple lyrique proche de la cĂŽte mĂ©diterranĂ©enne, l’une des plus enchanteresses de la Catalogne ibĂ©rique.

ECLECTISME, SUBTILITE, VOCALITA
 Ouverture du Festival Castell Peralada (Castell pour le chĂąteau est ses deux tours dĂ©sormais emblĂ©matiques) avec Lang Lang le 7 juillet 2016 (22h, Saisons de Tchaikovski, soit le programme prĂ©sentĂ© enregistrĂ© dans la Galerie des glaces de Versailles); Pink Martini (9 juillet, 22h); grand Gala lyrique des 30 ans du Festival, le 15 juillet Ă  22h (avec les sopranos Sondra Radvanovsky et Eva-Maria Westbroek, le tĂ©nor Marcelo Álvarez, les barytons Carlos Álvarez, les barytons lĂ©gendaires Leo Nucci, Ruggero Raimondi, avec l’orchestre SimfĂČnica de Barcelona i Nacional de Catalunya (OBC) dirigĂ© par Daniele Rustioni. Peralada s’est taillĂ© une rĂ©putation international de temple lyrique grĂące Ă  ses grands rĂ©citals, rvs incontournable pour les amateurs de voix Ă  tempĂ©rament (rĂ©citals Olga Peretyatko, le 18 juillet ; Anita Rachvelishvili, le 3 aoĂ»t ; Bryan Hymel, le 5 aoĂ»t) ; la danse au plus haut niveau s’invite aussi : soirĂ©e Roberto Bolle et ses invitĂ©s, le 29 juillet.

TurandotNOUVELLE PRODUCTION DE TURANDOT DANS LE PARC
 Pour nous, le mois d’aoĂ»t est encore plus prometteur Ă  Peralada : ne manquez pas la soirĂ©e baroque affichant le sublime Combattimento di Tancredi e Clorinda de Monteverdi dans le cloĂźtre / Claustro del Carmen (lundi 1er aoĂ»t, 22h, avec Sara Blanch, soprano en rĂ©sidence et Fausto Nardi). Le temps fort du festival cet Ă©tĂ© 2016 reste la production de TURANDOT de Puccini, sommet orientaliste du naĂźtre italien : samedi 6 et lundi 8 aoĂ»t dans le vaste auditorium Ă  ciel ouvert des jardins de Peralada (22h)
 L’écriture dans le style chinois s’invite ainsi en Catalogne avec deux acteurs chanteurs prometteurs : la suĂ©doise IrĂšne Theorin dans le rĂŽle-titre, et le tĂ©nor Roberto Aronica dans celui de Calaf, le prince Ă©tranger venu conquĂ©rir la vierge aux Ă©nigmes
 Peralada affiche cette nouvelle production de Turandot dans la mise en scĂšne de Mario Gas. avec l’Orchestre du Gran Teatre del Liceu / Giampaolo Bisanti, direction musicale.

Mais Peralada ce sont aussi d’autres volets artistiques et musicaux qui invitent le chanteur SEAL (23 juillet), ou Diana Krall (30 juillet), sans omettre Simply Red (16 aoĂ»t, en clĂŽture), comme The Originals Blues brothers band (le 15 aoĂ»t)
 Ă©clectisme et finesse, au carrefour des genres lyriques et pop. En somme une sorte de dĂ©clinaison revivifiĂ©e du mariage Ă©lectrisant des genres, amorcĂ© Ă  l’époque de Barcelone la sublime quand ses ambassadeurs les plus prestigieux, Montserrat Caballe et Freddy Mercury savaient se produite ensemble en un duo devenu mythique. L’édition 2016 du Festival Peralada est un must absolu.

 

 

 

 

INFOS, RESERVATIONS
www.festivalperalada.com
TĂ©l.: +34 972 53 82 92

ORGANISEZ votre séjour en juillet et août 2016
www.festivalperalada.com/+peralada

 

 

RĂ©servez pour le festival Castell PERALADA 2016 sur le site classictic

 

peralada-catsel-768-361.jpgPERALADA festival 2016 temps fort highlights classiquenews 582

 

 

 

 

 

TURANDOT, dossier : genÚse du dernier opéra de Puccini (1926)

DVD. Puccini: un sĂ©duisant Trittico (Opus Arte)On sait les difficultĂ©s avec lesquelles Puccini tenta d’achever une partition inĂ©gale, d’autant qu’il laissa aprĂšs sa mort (Bruxelles, 1924) un ensemble de manuscrits autographes qui ne bĂ©nĂ©ficiĂšrent d’aucune rĂ©vision finale de la part de leur auteur. C’est finalement l’autoritaire Toscanini qui maltraitant le compositeur Franco Alfano dĂ©signĂ© pour complĂ©ter et terminer l’ouvrage, dĂ©cida d’en rĂ©aliser une version prĂ©sentable.

Attraits d’une partition inachevĂ©e

L’idĂ©e d’un Puccini, faiseur de mĂ©lodies faciles et sirupeuses, dans la lignĂ©e des vĂ©ristes larmoyants, a vĂ©cu. C’est le fruit d’une lecture superficielle. Il faut au contraire le tenir comme un concepteur d’avant-garde, soucieux certes d’airs clairement mĂ©morisables mais aussi d’harmonies innovantes. Son opĂ©ra Turandot ne le montre pas: il affirme l’ouverture et la sensibilitĂ© d’un auteur visionnaire dont l’avancĂ©e du style voisine avec Berg (Wozzek) et Prokofiev (l’amour des trois oranges).

D’autant que Turandot est le dernier ouvrage sur lequel le compositeur s’obstine. CommencĂ© en 1921, laissĂ© inachevĂ© –Puccini meurt Ă  Bruxelles en 1924-, l’épopĂ©e chinoise, sentimentale et hĂ©roĂŻque, mĂȘle tous les genres d’une grande machine : sincĂ©ritĂ© Ă©motionnelle (le personnage de LiĂč), saillie comique (les trois ministres Ping, Pang, Pong), fresque collective (chƓurs omniprĂ©sents), trame tragico-amoureuse (le couple des protagoniste Turandot/Calaf)
 L’Ɠuvre est d’autant plus intĂ©ressante qu’elle est parvenue incomplĂšte, donnant d’ailleurs crĂ©dit aux critiques injustes qui aiment souligner l’incapacitĂ© de l’auteur sur le plan de l’écriture, Ă  vaincre une partition et un sujet dont la « sublimitĂ© » dĂ©passerait ses possibilitĂ©s musicales.

Le grand oeuvre
Gageons que, s’il avait disposĂ© de plus de temps, l’auteur de Madame Butterfly, de La BohĂȘme ou de Manon, aurait su trouver la juste conclusion Ă  la partition qu’on a dĂ©clarĂ© depuis, « impossible, infaisable, irrĂ©ductible » Ă  toute forme conclusive
 Quoiqu’il en soit, Puccini souhaitait dans Turandot, mĂȘler fĂ©Ă©rie exotique et action hĂ©roĂŻque, fantastique et onirisme. Il donnait ainsi sa proposition du grand Ɠuvre lyrique, Ă  l’instar d’AĂŻda de Verdi, dont la dĂ©couverte et l’écoute subjuguĂ©e, auraient dĂ©cidĂ© de sa vocation comme compositeur d’opĂ©ra. Des avatars et divers arrangements avec la partition lĂ©guĂ©e par Puccini, l’oreille avisĂ©e reconnaĂźt in fine, l’assemblage maladroit. En particulier, Ă  partir de l’ajout d’Alfano, aprĂšs la derniĂšre portĂ©e autographe du compositeur (la fin de l’air de LiĂč)
 Tout cela s’entend et se voit aujourd’hui dans les productions de Turandot. Il n’empĂȘche que la fresque exotique et ses superbes assauts orchestraux – d’une audace et d’une modernitĂ© sous-Ă©valuĂ©es Ă  notre sens – confirment la valeur d’une oeuvre Ă  part. InachevĂ©e mais puissante, plus moderniste qu’on l’a Ă©crit, son dĂ©sĂ©quilibre structurel, en particulier dans la derniĂšre partie, rĂ©vĂšle une oeuvre Ă  (re)connaĂźtre d’autant que sa popularitĂ© ne s’est jamais dĂ©mentie.

Giacomo Puccini (1858-1924), Turandot. Créé à Milan, Teatro alla Scala, le 25 avril 1926, drame lyrique en 3 actes, achevé par Franco Alfano (1876-1954) sur un livret de Giuseppe Adami et Renato Simoni.

 

 

 

Comments are closed.