Dorothea Röschmann, soprano. Récital avec Magdalena Kozena Bruxelles, La Monnaie. Le 4 mai 2008 à 20h

Dorothea Röschmann, soprano


Bruxelles, La Monnaie.
Le 4 mai 2008 à 20h

Lieder de Wolf, Duparc. Duos de Mendelssohn à Dvorak. Fidèle partenaire de René Jacobs dans ses explorations baroques,
souvent décisives (Il Primo Omcidio et Griselda d’Alessandro
Scarlatti), la soprano allemande Dorothea Röschmann
mène aussi une carrière remarquée de Mozartienne accomplie, en
particulier à Salzbourg, sous la direction de Nikolaus Harnoncourt.
Bruxelles, l’accueille sur les planches de La Monnaie avec la mezzo
Magdalena Kozena en un duo incontournable. Les deux diseuses baroques
savent aussi faire palpiter les textes du chambrisme romantique, de
Mendelssohn à Dvorak

Du baroque à Mozart
Née à Flensbourg, en Allemagne, Dorothea Röschmann fait ses débuts avec René Jacobs comme interprète immédiatement remarquée de la passion baroque, en particulier dans l’enregistrement du Primo Omicidio d’Alessandro Scarlatti (une première absolue au disque, événement en son temps) où elle incarne le personnage brûlé, halluciné d’Eve. Articulation maîtrisée, intensité musicale, présence scénique qui passe par le souffle du timbre, la cantatrice s’affirme ensuite au Festival de Salzbourg en 1995 dans le rôle de Susanna (Les Noces de Figaro) sous la direction de Nikolaus Harnoncourt. Le succès rencontré lui fait obtenir la reconduction de ce rôle en 1996 et 1998 mais aussi dans le cadre de l’Opéra de Munich. Elle chante à Salzbourg le rôle de Servilia (La Clémence de Titus) en 1997 et de Pamina (La Flûte enchantée) en 1999. C’est justement le reprise des Noces dans la mise en scène expressionniste, à la fois tendre et cynique signé Klaus Guth, qui a frappé les esprits lors de l’édition du 250 ème anniversaire de la naissance de Mozart à Salzbourg (2007) édité par Deutsche Grammophon en un dvd mémorable.

Experte du verbe
Régulièrement invitée par le festival de musique ancienne d’Innsbruck, les festivals Haendel de Göttingen et de Halle, Dorothea Röschmann a été pendant cinq ans membre de la troupe du Deutsche Staatsoper de Berlin. Elle y élargit la palette de ses personnages Pamina (La Flûte enchantée), Lisetta (Le Mariage secret) et Elmira (Croesus de Keiser) avec René Jacobs, Annette (Der Freischütz) avec Zubin Mehta. Elle incarne Costanza (Griselda de A. Scarlatti) sous la direction de René Jacobs. A l’Opéra de Munich, elle a chanté les rôles de Zerlina, Susanna, Ännchen et Drusilla ; elle a participé aux nouvelles productions de Fidelio (rôle de Marcelline) et du Rake’s Progress (Anne). On lui doit récemment une très belle version d’Un Requiem allemand de Brahms sous la baguette de Simon Rattle (EMi classics).

Duo de charme

A Bruxelles, la soprano allemande retrouve en duo, phénomène assez rare pour être souligné, la mezzo d’origine tchèque Magdalena Kozena. Outre Wolf et Duparc, à voce sola, les deux chanteuses abordent les duos de Mendelssohn, Brahms, Saint-Saëns, Gounod, Fauré et Antonin Dvorak. Pour Dorothea Röschmann, il importe surtout d’exprimer le sens de la nuance et de la souplesse qui forme l’essence du lied. Porté par deux voix éloquentes, le récital promet de ciseler et d’embraser le mot comme la note. Grand moment de délectation chambriste en perspective.

Crédit photographique: Dorothea Röschmann (DR) et Magdalena Kozena (DR)

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