dimanche 8 novembre 2026

CRITIQUE, danse. TOULOUSE, Opéra national du Capitole (du 19 au 31 décembre 2025). Piotr Ilitch TCHAÏKOVSKY : Casse-Noisette. Ballet et Orchestre national du Capitole de Toulouse, Michel RAHN (chorégraphie)

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Emmanuel Andrieu
Emmanuel Andrieu
Après des études d’histoire de l’art et d’archéologie à l’université de Montpellier, Emmanuel Andrieu a notamment dirigé la boutique Harmonia Mundi dans cette même ville. Aujourd’hui, il collabore avec différents sites internet consacrés à la musique classique, la danse et l’opéra - mais essentiellement avec ClassiqueNews.com dont il est le rédacteur en chef.
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Au cœur de la période des fêtes, l’Opéra national du Capitole de Toulouse renoue avec l’une de ses plus belles traditions en présentant à nouveau la chorégraphie de Michel Rahn pour Casse-Noisette , le ballet ultra-célèbre de Piotr Ilitch Tchaïkosky. Cette production, créée pour la scène toulousaine en 2009, est devenue un joyau incontournable du répertoire local, et sa reprise en cette fin d’année 2025 démontre, s’il en était encore besoin, la vitalité et l’excellence du Ballet de l’Opéra national du Capitole. La soirée du 23 décembre, portée par une distribution exceptionnelle (il y en a plusieurs en alternance…) et une direction musicale enthousiasmante, a offert une incarnation particulièrement lumineuse de ce conte chorégraphique.

 

La magie de ce Casse-Noisette puise d’abord ses racines dans la qualité d’une troupe unanimement saluée. Sous la direction éclairée de Beate Vollack, nommée en 2023, le Ballet de l’Opéra national du Capitole a récemment été couronné du Prix de la Meilleure Compagnie chorégraphique, récompensant une saison artistique audacieuse et exigeante. C’est cette excellence collective qui donne toute sa densité au spectacle : la fraîcheur et la précision des enfants (issus de la Maîtrise de l’Opéra national du Capitole) lors de la fête de Noël chez les Stahlbaum, la poésie immaculée des flocons dansant sous les voix d’enfants, et l’énergie des divertissements du Royaume des Délices témoignent d’une maîtrise et d’une harmonie rares. La chorégraphie de Michel Rahn, tout en respectant la tradition classique, sait insuffler une modernité dans le récit, rappelant avec subtilité les origines plus sombres du conte d’Hoffmann et jouant habilement des contrastes entre pantomime expressive et pure virtuosité.

La performance du 23 décembre s’est distinguée par l’alchimie parfaite entre les principaux interprètes, chacun apportant sa couleur unique à la partition chorégraphique. En Clara, Nina Queiroz offre une présence scénique rayonnante, alliant la grâce juvénile à une technique solide. Son parcours de l’émerveillement enfantin à la découverte de l’amour forme la colonne vertébrale émotionnelle du spectacle. En Casse-Noisette (et Prince), Kleber Rebello opère une transformation physique et dramatique remarquable, passant de la raideur mécanique de l’automate à la noblesse aérienne du Prince. La netteté de ses sauts et la précision de ses lignes sont époustouflantes. A l’acte II, Kayo Nakazato offre une incarnation d’une pureté cristalline et d’une élégance absolue. Sa danse, d’une légèreté et d’une stabilité à toute épreuve, est un ravissement visuel continu, notamment dans la célèbre « Danse de la Fée Dragée ». Philippe Solano campe un Prince Bienfaisant au port d’une noblesse naturelle et à la présence généreuse. Sa prestation, caractérisée par une grande netteté technique et une beauté de ligne, a été l’un des moments forts du premier acte, avant d’offrir à la Fée Dragée un partenaire idéal dans le grand pas de deux. A noter la venue de deux Étoiles de l’Opéra de Paris – Roxane Stojanov & Hugo Marchand ! – sur les représentations des 28 & 30/12, ce qui témoigne du prestige de la production et promet des interprétations d’exception !

L’enchantement n’aurait pas été complet sans la contribution magistrale de l’Orchestre national du Capitole de Toulouse en fosse, ici dirigé par la cheffe Marzena Diakun, qui a offert à la partition de Tchaïkovski toutes ses couleurs, sa fantaisie et son lyrisme. Marzena Diakun, dont la réputation internationale ne cesse de grandir et qui s’apprête à prendre la tête de la Rheinische Philharmonie, a fait preuve d’une maestria remarquable. Sous sa direction, la musique a épousé chaque intention chorégraphique avec une sensibilité rare, des accents dramatiques du combat contre les rats à la douceur envoûtante de la « Valse des Fleurs ». Sa capacité à obtenir de son orchestre des nuances subtiles, tout en maintenant une tension narrative et une pulsation vivante est l’un des éléments clés de la réussite de la soirée.

Le spectacle restera comme l’une de ces soirées parfaites où la magie du conte, la beauté de la musique et la maîtrise de la danse se conjuguent pour créer un souvenir impérissable. Une invitation au rêve et à l’émerveillement qui, plus que jamais, prouve que le chef-d’œuvre de Tchaïkovski n’a pas pris une ride et continue d’enchanter les cœurs, génération après génération !…

 

 

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CRITIQUE, danse. TOULOUSE, Opéra national du Capitole (du 19 au 31 décembre 2025). Piotr Ilitch TCHAÏKOVSKY : Casse-Noisette. Ballet et Orchestre national du Capitole de Toulouse, Michel RAHN (chorégraphie); Crédit photographique (c) Droits réservés

 

 

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