lundi 28 septembre 2026

CRITIQUE, concert lyrique. PARME, Festival Verdi de Parme (Teatro Regio), le 10 octobre 2025. VERDI : Luisa Miller, 3e acte / Rigoletto, 3e acte. Ariunbaatar Ganbaatar, Giuliana Gianfaldoni, Alessia Panza, Francesco Leone, Davide Tuscano, Maria Kosovitsa, Teresa Iervolino… Filarmonica Arturo Toscanini, Paolo Carignani (direction)

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Sabine Teulon-Lardic
Sabine Teulon-Lardic
Critique et Musicologue : l'un nourrit l'autre et vice versa ! Sabine a écrit une Thèse sur l'opéra-comique au XIXe siècle.
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Ce 10 octobre, Parme célèbre le 212e anniversaire de Giuseppe Verdi. L’hommage des personnalités Emiliennes et du Surintendant du Teatro Regio s’est accompli le matin, au pied de l’imposant monument dédié à Verdi. Le Chœur du Teatro Regio y chante le chœur de Nabucco devant la foule. Quant au Verdi off, il s’immisce dans le tissu urbain : chanteur au balcon, jeunes danseuses sur le parvis du Tetro Regio, installations dans les galeries de peinture, portraits de Giuseppe dans les cafés : la cité vibre au diapason de l’icône !

 

Le soir, la Filarmonica Arturo Toscanini et le Coro du Teatro Regio unissent leur force face à un public chaleureux remplissant l’élégante salle blanc et or jusqu’aux dernières galeries. Si la forme est bien celle d’un concert, l’atmosphère, elle, est théâtrale. Galvanisés par le choix de restituer un acte entier d’opéra, les artistes lyriques infusent l’atmosphère du mélodrame sous l’impulsion de la Filarmonica Arturo Toscanini, dirigée par Paolo Carignani avec envergure dans cette acoustique fameuse. D’autre part, le choix d’extraits d’opéras proches – les 3e actes de Luisa Miller (1849, inspiré par Schiller) et de Rigoletto (1851, inspiré par Hugo) – est pertinent. Car leurs drames s’arc-boutent sur la relation fille-père (baryton verdien), contrée par les amours de la fille (soprano) avec son amant (ténor). Aussi assistons-nous d’une part à l’empoisonnement de Luisa par son amant Rodolfo (1er volet du concert), puis au sacrifice de Gilda mourant à la place du duc de Mantoue (2e volet), chacune face à leur père aimant.

Au 3e acte de Luisa Miller, la jeune soprano académicienne Alessia Panza (Luisa) étonne le public par sa maturité vocale (timbre ouvert et juvénile), son engagement auprès des collègues (pas un regard sur la partition !) et son nuancier expressif. Cette artiste prometteuse sera d’ailleurs ovationnée aux saluts. Elle demeure le moteur du drame face à la puissante maîtrise du baryton Ariunbaatar Ganbaatar (Miller) dans leur duo exaltant. Et tout autant dans son dialogue avec le ténor Ivan Magrì (Rodolfo) qui peine toutefois à imposer sa vaillance en dépit de son implication. Leur trio douloureux ménage la lisibilité de chaque sentiment, d’autant que la direction avisée du maestro Paolo Carignani est précise, enveloppante et nuancée. Quant à la jeune académicienne Maria Kosovitsa (suivante de Luisa), elle dialogue avec aisance avec le somptueux chœur du Regio en début d’acte.
Au 3e acte de Rigoletto, la tempête de l’orage est d’une virulence remarquable, tant à l’orchestre (flûte et piccolo) qu’au chœur à bouche fermée. Le quatuor vocal (« Bella figlia dell’amor ») sonne avec relief dans sa complexité polyphonique, dramatiquement dominée par l’excellente mezzo Teresa Iervolino (Maddalena) au timbre cuivré et sensuel. Si l’air fameux du duc de Mantoue brille avec plus d’élégance que de panache, on apprécie chez Davide Tuscano ses effets de spatialisation, maintenus en coulisse, qui permettent au public de goûter aux aigus insolents qui le parachèvent. En demi-teinte dans le quatuor, la soprano Giuliana Gianfaldoni (Gilda) excelle lors des plaintes de l’agonie, face à son père : la délicatesse des pianissimi sonne avec une touchante émotion. Et provoque la maledizione de Rigoletto qu’incarne douloureusement Ariunbaatar Ganbaatar, ovationné aux saluts. Entre-temps, le récit du bouffon avec le spadassin Sparafucile est l’occasion d’écouter la jeune basse Francesco Leone qui doit néanmoins gagner quelques degrés dans les graves requis.

Conquis par cette vitalité verdienne, le public acclame tant l’orchestre et le chœur que les solistes : l’hommage est complet !

 

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CRITIQUE, concert lyrique. PARME, Festival Verdi de Parme (Teatro Regio), le 10 octobre 2025. VERDI : Luisa Miller, 3e acte / Rigoletto, 3e acte. Ariunbaatar Ganbaatar, Giuliana Gianfaldoni, Alessia Panza, Francesco Leone, Davide Tuscano, Maria Kosovitsa, Teresa Iervolino… Filarmonica Arturo Toscanini, Paolo Carignani (direction). Crédit photo : Droits réservés

 

 

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