Compte rendu, opéra. Parme. Teatro Regio, le 15 octobre 2017. Verdi : Falstaff II. Kiria … – Frizza / Spirei.

VERDI_402_Giuseppe-Verdi-9517249-1-402Compte rendu, opéra. Parme. Teatro Regio, le 15 octobre 2017. Verdi : Falstaff II. Kiria … – Frizza / Spirei. Poursuivant notre parcours parmesan, nous assistons à une seconde représentation de Falstaff. L’idée est de mesurer le deuxième baryton proposé par le Teatro Regio, dans le rôle-titre et d’en dégager les conclusions que leur comparaison fait naître… En effet, pour permettre à Roberto De Candia d’assurer une représentation de Fra diavolo à Rome, le Teatro Regio de Parme a invité le baryton géorgien Misha Kiria à chanter un unique Falstaff en ses murs. Comme nous avons déjà évoqué la mise en scène dans notre précédente chronique du 5 octobre dernier, nous n’y reviendrons pas. Distinguons surtout ce qui fait l’attrait du jeu scénique et vocal des chanteurs, la participation des musiciens et du chef.

Falstaff 2 à Parme : Une alternance réussi

En ce qui concerne le coté scénique, le Falstaff de Misha Kiria est plus truculent, plus drôle aussi que celui de Roberto De Candia.  De Candia ne manque pourtant pas de dynamisme ni d’une certaine vis comica mais il se montre quand même un peu plus sérieux que son collègue. Si Kiria parvient à faire rire le public en accentuant le relief comique du personnage-titre, vocalement il a encore beaucoup à faire. Si les « airs » de Falstaff, « Ehi paggio … L’onore ! Ladri ! » et « Mondo ladro ! Mondo rubaldo ! Reo mondo ! », sont interprétés avec gouaille, sur la totalité de la soirée, il se montre légèrement en deçà de ses partenaires. Amarilli Nizza, complètement rétablie, se montre plus canaille et retorse que lors de la précédente représentation (5 octobre). Quant à la voix, on ne trouve plus trace du virus qui l’avait handicapée pour les deux premières soirées. A l’inverse, c’est Giorgio Caoduro qui a été annoncé souffrant ; s’il n’était effectivement pas au top mais tout de même bien chantant, le baryton italien est toujours aussi déchaîné et son Ford savoureux, est un faux méchant au grand cœur.

Dans la fosse Riccardo Frizza dirige la Filarmonica avec un brin de malice en voyant Kiria faire de Falstaff un personnage comique avec, au fond, la conscience plus ou moins assumée qu’il se fait manipuler.

Cette troisième représentation permet de mesurer le Falstaff très prometteur de Misha Kiria. Car le baryton géorgien ne peut poursuivre ses engagements qu’en s’améliorant. Cette alternance nous aura permis de repérer les multiples facettes d’un personnage plus complexe qu’il ne le laisse voir au premier abord. Preuve est donné également qu’il n’existe pas une représentation semblable aux autres, y compris quand elle est défendue par le même orchestre, le même chef et la majorité des chanteurs sur les planches.

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Parme. Teatro Regio, le 15 octobre 2017. Giuseppe Verdi (1813-1901) : Falstaff opéra en quatre actes sur un livret d’Arrigo Boito d’après Les joyeuses commères de Windsor et Henri IV de William Shakespeare. Misha Kiria, Falstaff, Amarilli Nizza, Alice Ford, Giorgio Caoduro,  Ford, Damiana Mizzi, Nanetta, Francisco Gatell, Fenton, Sonia Prina, mrs Quickly, Jurgita Adamonyte, Meg Page, Grégory Bonfatti, Dr Caius, Andrea Giovanini, Bardolfo, Federico Benetti, Pistola. Filarmonica Arturo Toscanini, choeur du Teatro Regio de Parme, Riccardo Frizza, direction. Jacopo Spirei,mise en scène, Nikolaus Webern, scénographie, Silvia Aymonino, costumes, Fiametta Baldisers,lumières

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