Compte rendu critique, concert. Poitiers. Auditorium, le 19 novembre 2017. Concert Bach. Ensemble Pygmalion / Pichon.

PICHON-raphael-_-portrait_pichon-raphaelRPichon_by_Manuel_BraunCompte rendu critique, concert. Poitiers. Auditorium, le 19 novembre 2017. Concert Bach. Ensemble Pygmalion / Pichon. Johann Sebastian Bach (1685-1750) occupe une place Ă  part dans l’histoire de la musique. En effet, en tant que Cantor, son dernier poste Ă©tait Ă  Leipzig, il devait composer une nouvelle cantate pour l’office du dimanche. Et chaque cantate devait se rapporter au thème de “l’ordinaire du dimanche”. Si seulement deux cent cinquante cantates nous sont parvenues, il est raisonnable de penser que Bach en composa bien plus au cours de sa longue carrière. D’autre part, le compositeur est l’un des rares Ă  n’avoir jamais composĂ© pour l’opĂ©ra alors qu’outre une oeuvre religieuse abondante, il composa aussi pour clavier (clavecin, orgue,…) et orchestre. Pour ce concert exceptionnel, qui a attirĂ© nombre de familles avec de jeunes enfants, les responsables du Théâtre Auditorium de Poitiers ont conviĂ© le jeune et dynamique RaphaĂ«l Pichon et son Ensemble Pygmalion dont il est le chef et le fondateur.

Pygmalion au Théâtre Auditorium de Poitiers

Pygmalion Ă©tait dĂ©jĂ  venu au Théâtre Auditorium de Poitiers il y a quelques annĂ©es ; il revient, en ce dĂ©but d’Avent, avec un programme de quatre cantates dont le thème tourne autour de la mort ; elles sont parmi les premières Ă  avoir Ă©tĂ© composĂ©es pour Leipzig entre 1723 et 1726. Pour l’occasion, RaphaĂ«l Pichon a invitĂ© un quatuor vocal aux qualitĂ©s Ă©clectiques, qui connait parfaitement ce rĂ©pertoire et dont la diction dans l’ensemble, est quasi parfaite.
Nous notons avec Ă©tonnement que les solistes sont intĂ©grĂ©s au choeur de Pygmalion dont ils sortent pour leurs diverses interventions. Si nous apprĂ©cions grandement les interventions de la soprano anglaise Joanne Lunn dont la voix puissante, claire et corsĂ©e fait merveille, le contre tĂ©nor Tim Mead ne convainc pas vraiment. Ses interventions dans les deux premières cantates, la BWV 146 et la BWV 27 sont … laborieuses ; la voix peine Ă  passer la rampe et le jeune artiste, visiblement nerveux, ne parvient pas Ă  maĂ®triser ses mains qui bougent beaucoup. S’il se reprend en seconde partie, l’ensemble de sa performance est assez moyenne.
En revanche, le tĂ©nor Nick Pritchard se fait remarquer par une voix veloutĂ©e, ronde, chaleureuse. Mais c’est le baryton allemand Christian Himmler qui domine incontestablement le plateau vocal ; artiste chevronnĂ©, il fait montre d’une belle sĂ»retĂ© de mĂ©tier : ligne de chant idĂ©ale, vocalises impeccable, voix parfaitement maĂ®trisĂ©e. Quant au choeur, galvanisĂ© par la prĂ©sence des solistes en son sein, il chante les quatre cantates du programme avec une prĂ©cision millimĂ©trĂ©e. On ne peut qu’admirer le travail prĂ©paratoire rĂ©alisĂ© en amont tant avec le choeur qu’avec l’orchestre. Orchestre qui se montre d’ailleurs absolument remarquable en tous points : introductions parfaites, accompagnement tout en souplesse, direction souple, prĂ©cise, dynamique.

L’ensemble Pygmalion a fait un retour remarquĂ© dans un auditorium bien rempli en ce dimanche après midi. Bien que le programme choisi ait proposĂ© des cantates dont le sujet est la mort, les interprètes en ont donnĂ© une lecture dynamique, vivante, pleine d’espoir et de lumière.
NDLR : c’est assurément une proposition à classer parmi les plus convaincantes actuellement aux côtés des lectures de VOX LUMINIS / Lionel Meunier

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Compte rendu, concert. Poitiers, Auditorium, le 19 novembre 2017. Cantates de Bach / Ensemble Pygmalion / Raphaël Pichon et Joanne Lunn, soprano; Tim Mead, contre ténor; Nick Pritchard, ténor; Christian Himmler, basse en solistes. Johann Sebatsian Bach (1685-1750) : cantate BWV 146; cantate BWV 27; cantate BWV 8; cantate BWV 48. NDLR : Note de la Rédaction de CLASSIQUENEWS

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