Compte-rendu, concert. Toulouse, le 21 sept 2018. Brahms. Prokofiev. Kozhukin. Orch Nat du Capitole de Toulouse. Sokhiev.

SOKHIEV TUGAN mantovani Ravel debussy toulouse critique concert par classiquenewsCompte rendu concert. Toulouse. Halle-aux-grains, le 21 septembre 2018. Brahms. Prokofiev. Kozhukin. Orchestre National du Capitole de Toulouse. Sokhiev. Le concert de rentrĂ©e Ă  Toulouse allie comme Ă  son habitude les dĂ©buts de la saison de l’orchestre du Capitole et un grand pianiste invitĂ© par Piano aux Jacobins. C’est ainsi que le public nombreux a fait une ovation au jeune pianiste virtuose Denis Kozhukin. Son jeu souverain dans le terrible deuxiĂšme concerto de Prokofiev est enthousiasmant. Brillant, joueur et fulgurant, le pianiste russe trentenaire ne peut s’oublier. Tant d’aisance dans son jeu, alliĂ© Ă  une dĂ©licate musicalitĂ© ont font un interprĂšte rĂȘvĂ© pour ce rĂ©pertoire si exigeant. Le duel Ă  fleuret mouchetĂ© est parfaitement exĂ©cutĂ© par le chef et le soliste. Les pointes d’humour sont pleines d’esprit et l’entente avec Tugan Sokhiev a crevĂ© les yeux. Comme Ă  son habitude le chef russe est louvre-denis-kozhukhin-pianoun partenaire de choix pour le soliste, attentif Ă  maintenir parfaitement l’équilibre entre piano et orchestre et soutenant du regard le soliste, dans un dialogue constant avec ses musiciens. Cette version rythmiquement enthousiasmante, admirablement phrasĂ©e et nuancĂ©e, emporte l’adhĂ©sion du public qui fait un vĂ©ritable triomphe aux musiciens. En bis, le Brahms tardif de l’Intermezzo n°1 admirablement phrasĂ© et nuancĂ© par Denis Kozhukin, le range parmi les interprĂštes romantiques sensibles.

 

 

 

Ouverture de la saison musicale Ă  TOULOUSE

Tugan Sokhiev en sa sublime maturité

 

 

 

Car Brahms a encadrĂ© le terrible concerto virtuose. D’abord avec les Variations sur un thĂšme de Haydn Op.56A. SonoritĂ©s somptueuses, rigueur dans la belle construction de l’Ɠuvre portent Ă  un haut niveau cet art de la variation. La souplesse et la noblesse des phrasĂ©s et la beautĂ© sonore des timbres, tout met en valeur la grandeur classique de cette Ɠuvre. La passacaille finale est un chef d‘Ɠuvre d’élĂ©gance sans Ăąge dont Tugan Sokhiev fait un moment envoĂ»tant.

AprĂšs l’entracte la Symphonie n°1 de Brahms en apothĂ©ose reste la grande surprise de ce concert. La beautĂ© de l’Orchestre du Capitole, des solistes quasi hallucinĂ©s, des cordes profondes et solides, capables de nuances infinies, 
 il n’est possible que de louer le travail rĂ©alisĂ© par l’orchestre tant au niveau des soliste que des pupitres. Cet orchestre joue Brahms Ă  la perfection dans une plĂ©nitude sonore incroyable. La soliste la plus remarquable ce soir par une implication inouĂŻe et une densitĂ© sonore incroyable est la flĂ»tiste Sandrine Tilly, Ă©mouvante comme jamais. Ces collĂšgues, le hautboĂŻste Chi-Yuen Cheng et le clarinettiste David Minetti sont Ă  la hauteur d’un tel engagement avec des Ă©changes chambristes remplis d’émotions. Le cor de Jacques Deleplanque dans ces moments solistes si importants est comme attendu, absolument souverain. Mais jamais les violons n’ont Ă©tĂ© capables d’ĂȘtre si compacts avec cette souplesse. Les violoncelles dans une chaleur de timbre de la plus belle eau ont ravi le public. Le  pupitre des contrebasses menĂ© par D.L Vergnes a Ă©tĂ© extrĂȘmement sĂ»r et structurĂ© ; avec fermetĂ© et Ă©lĂ©gance, il a  construit une base sublime Ă  ce superbe Ă©difice sonore.
Si les musiciens de l’orchestre ont Ă©tĂ© si engagĂ©s et si sensationnels c’est bien Ă  la direction sensuelle et parfaitement maitrisĂ©e de Tugan Sokhiev qu’ils le devaient. Car comment dĂ©crire la maturitĂ© de la direction de Tugan Sokhiev en restant fidĂšle Ă  l’enthousiasme qu’il dĂ©clenche sur scĂšne comme dans la salle sans paraĂźtre excessif ?

SOKHIEV-582-594-Tugan-Sokhiev---credit-Marc-BrennerLA MAGIE SOKHIEV
 A main  nue avec des gestes constamment renouvelĂ©s, comme  par exemple ses points fermĂ©s, il sculpte les phrases dans l’air et la musique semble sourdre de ses gestes comme une source intarissable. Les phrases sont vastes, le chant semble inaltĂ©rable quand la puissance des accents donne une grande force expressive aux thĂšmes. La structure est parfaitement mise en lumiĂšre par sa direction, chaque mouvement parfaitement dĂ©veloppĂ© mais Ă©galement dans une conscience de toute la symphonie avec un Ă©quilibre parfait entre les mouvements. Le final atteignant des sommets de puissance expressive dans une plĂ©nitude sonore enthousiasmante. Depuis plus de dix ans, nous suivons l’évolution de ce chef exceptionnel et savourons sa maturitĂ© artistique dans ce rĂ©pertoire si exigeant car les symphonies de Brahms sont dĂ©fendues par les plus grandes baguettes et depuis longtemps. J’ose Ă©crire que la version de ce soir atteint des sommets absolus. L’orchestre du Capitole peut ĂȘtre fier du chemin parcouru, les Toulousains doivent ĂȘtre conscients d’avoir un chef d’une trempe historique. Les auditeurs Ă  la radio ont pu percevoir la grandeur de ce concert mais la vision de la direction de Tugan Sokhiev Ă  main nue est un vĂ©ritable poĂšme dont seul le public peut dĂ©guster les effets.
Magnifique concert de rentrĂ©e qui laisse augurer d’autres moments magiques pour la saison symphonique 2019 / 2019 Ă  Toulouse. Merci Ă  Tugan Sokhiev d’ĂȘtre un si grand catalyseur de talents dans la Ville Rose. Merci Ă  Toulouse d’avoir su l’accueillir et de savoir le garder encore un peu.

 

 

 

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Compte-rendu concert. Toulouse. Halle-aux-grains, le 21 septembre 2018. Johannes Brahms (1833-1897) : Variations sur un thÚme de Haydn, Op. 56A ; Symphonie n°1 en ut mineur Op. 68 ; Serguei Prokofiev (1891-1953) : Concerto pour piano et orchestre  n° 2 en sol mineur Op. 16 ; Denis Kozhukin, piano ; Orchestre National du Capitole de Toulouse ; Tugan Sokhiev, direction.

 

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