COMPTE-RENDU, concert. Toulouse, Jacobins, le 17 sept 2019. Récital N. ANGELICH, piano. PROKOFIEV. BRAHMS. 

ANGELICH-Nicolas-concert-critique-concert-piano-par-classiquenews-angelich-nicolas-recital-chopin-concert-antheron-la-roque-critique-concert-classiquenewsCOMPTE-RENDU, Concert. Festival Piano aux Jacobins. Toulouse. Cloître des Jacobins, le 17 septembre 2019.S. PROKOFIEV. J. BRAHMS. N. ANGELICH. Nicholas Angelich est un grand homme. Taille haute certes mais surtout piano porté vers les plus hauts sommets de l’art. Le récital de Nicholas Angelich ce soir est marqué par une puissance expressive peu commune. Le colosse à l’âme sensible nous a livré dans un programme audacieux, une leçon d’interprétation de la musique de Prokofiev peu commune. Les Visions Fugitives qui ouvrent son programme sont un véritable kaléidoscope de sonorités variées, de nuances extrêmes, de virtuosité mise au service d’une expressivité totale. Les visions se déroulent dans une fluidité constante. Cela parle de l’enfance, des pulsions qui s’expriment et de la recherche de quelque chose qui échappe. La richesse de l’écriture pour piano de Prokofiev exulte sous ses doigts qui peuvent tout.

Angelich le magnifique !

Puis le sommet de la musicalité dont Angelich peut nous régaler se révèle dans la transcription du ballet Roméo et Juliette que Prokofiev a composé. L’art du piano semble sublimé par la beauté des thèmes et la richesse de ce ballet véritablement génial. Ces dix pièces ne reprennent pas exactement les suites pour orchestre que Prokofiev a tiré si habilement de son Ballet. Rien qu’en raison de ces trois suites d’orchestre et de cette transcription pour piano la richesse de ce ballet est exceptionnelle.
Samedi l’orchestre du Capitole et Tugan Sokhiev nous subjuguaient dans les pièces pour orchestre des suites 1 et 2 : lire notre compte-rendu. Nicholas Angelich, avec ces dix pièces écrites d’une manière sublime pour la piano, nous accompagne  dans ce drame si bouleversant avec émotion. L’art du pianiste est à son sommet. Tout coule sous ses doigts avec une facilité déconcertante. Les nuances, les couleurs, les phrasés parfaitement ciselés et une vivacité rythmique de chaque instant, magnifient la superbe partition. C’est à la fois du grand piano, de la grande musique inventive et riche et … du drame poignant. Une sorte de magie se dégage de la fin de la transcription sur le thème si subtile du poison qui au piano sonne particulièrement bien. Le public applaudit à tout rompre ce géant si sensible.

En deuxième partie de programme, Angelich nous offre une interprétation brillante et puissante des variations de Brahms sur le thème fleuri de Haëndel. L’art de la variation dans ses possibilités le plus riches rencontre un interprète inspiré et aux moyens phénoménaux pliés à la plus fine musicalité. Quelle extraordinaire discipline mentale qui jamais ne cherche à briller personnellement mais qui met tout son art au service de la beauté de la partition. Nicholas Angelich est un artiste intègre qui ce soir nous offre un programme somptueux, peut-être un peu difficile, mais qui élève le public sur des sommets peu fréquentés. Un grand merci monsieur Angelich pour tout cela.

________________________________________________________________________________________________

Compte-rendu, concert. 40 ème Festival Piano aux Jacobins. Toulouse. Cloître des Jacobins, le 17 septembre 2019. Sergueï Prokofiev (1891-1953) : Visions Fugitives Op.22 ; Roméo et Juliette, dix pièces pour piano Op.75 ; Johannes Brahms (1833-1897) : Variations sur un thème de Haëndel, Op.24 ; Nicholas Angelich, piano. Illustration : DR

Comments are closed.