Compte rendu, concert. Saintes, le 19 juillet 2017. Desmarest, Purcell. Académie baroque européenne d’Ambronay, Paul Agnew

Les Arts FlorissantsLes Arts FlorissantsIntegrale des madrigauxSeptieme livreCompte rendu, concert. Saintes, le 19 juillet 2017. Desmarest, Purcell. Académie baroque européenne d’Ambronay, Paul Agnew, direction. Partis sur leur lancée, les responsables du festival de Saintes ont invité l’Académie baroque européenne d’Ambronay dirigée pour l’occasion par le ténor et chef Paul Agnew. Pour ce concert exceptionnel, c’est le mythe de Didon qui a retenu l’attention de l’artiste invité.  Ont été programmées Didon de Henry Desmarest (1661-1741) et Dido and Aeneas de Henry Purcell (1659-1695).

Souveraine en fuite, Didon, fuyant Tyr à cause de son frère, meurtrier de son époux Sichée, avait obtenu sur le continent africain un morceau de terre équivalent à la surface d’une peau de boeuf; ayant fait couper la peau en lamelles, le territoire de Carthage s’est révélé être plus important que prévu permettant ainsi l’essor du nouveau royaume. En face d’elle, le prince Enée, survivant, avec un petit groupe de troyens, de la guerre ayant opposé sa cité aux grecs coalisés, s’est épris de la Reine qui l’avait accueilli après une tempête. Les jalousies, les pressions incessantes des Dieux et des fantômes des troyens morts au combat contraignent Enée à quitter Carthage, abandonnant Didon au désespoir et à la mort.

Ambronay à Saintes

Pour commencer le concert, Paul Agnew présente de larges extraits de la Didon d’Henry Desmarest (1661-1741). L’opéra reste peu connu, il est riche cependant de très belles pages.
Les jeunes artistes, chanteurs et musiciens sont excellents, soucieux d’intensité comme de précision. Musicalement, l’orchestre est remarquablement dirigé par Paul Agnew, vocalement les jeunes chanteurs sont tous très bons : ligne de chant impeccable, justesse; et même si la diction est parfois aléatoire, y compris pour les français qui ont parfois tendance à manger leurs mots, la performance est excellente. Dans le rôle-titre, se distingue nettement la très belle réalisation de Déborah Cachet dont la voix est prometteuse.
En revanche, le Dido and Aeneas d’Henry Purcell (1659-1695) est plus connu. Courte, environ quarante-cinq minutes, elle regorge de très belles mélodies bien réparties entre les protagonistes. Là encore, notons la très efficace Dido de Déborah Cachet. A ses côtés Jean Christophe Lanièce, déjà bien chantant dans l’oeuvre de Desmarets, campe un Enée convaincant et la Belinda de Aurora Pena Llobregat ne manque pas de personnalité. Dernier rôle notable, la magicienne méchante et retorse à souhait du jeune contre ténor Alberto Miguélez-Rouco. Les musiciens, qui jouent sous la direction du premier violon, participant avec délice à la mise en espace, réglée par Paul Agnew.

Reconnue comme une académie de grande qualité tant pour l’enseignement que pour ses productions, l’Académie baroque européenne d’Ambronay présente une nouvelle production de haute volée avec de jeunes musiciens en cours de professionnalisation, tant parmi les chanteurs que parmi les musiciens. La présence de Paul Agnew, qui veille à l’enseignement et à la transmission, est une motivation supplémentaire pour les jeunes artistes. Le résultat parle de lui-même.

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Saintes, le 19 juillet 2017. Henry Desmarest(1661-1741) : Didon (extraits) : Déborah Cachet (Didon, Aurora Pena Llobregat (Anne), Clément Debieuvre (Enée), Renaud Bres (Iarbe), Jean Christophe Lanièce (l’ombre de Sichée, Jupiter), Kerstin Dietl (une Carthaginoise, Henry Purcell (1659-1695) : Dido and Aeneas : Déborah Cachet (Dido) Jean Christophe Lanièce (Aeneas), Kerstin Dietl (Belinda, deuxième sorcière), Aurora Pena Llobregat (seconde femme, première sorcière), Alberto Miguélez-Rouco (magicienne), Jonas Descotte (l’esprit), Etienne Duhil de Bénazé (le marin). Académie baroque européenne d’Ambronay, Paul Agnew, direction.

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