COMPTE-RENDU, ballet. PARIS, ONP, le 30 oct 2019. Body and Soul, Crystal Pite/ Owen Belton

cp_opera_national_de_paris-body-and-soul-crystal-pite-heloise-bourdon-axel-ibot-julien-benhamou-dsc_3889COMPTE-RENDU, ballet. PARIS, OpĂ©ra National de Paris, le 30 oct 2019. Body and Soul, Crystal Pite, chorĂ©graphe. LĂ©onore Baulac, Hugo Marchand, Ludmila Pagliero, Etoiles. Ballet de l’opĂ©ra. Owen Belton, musique originale. Retour de Crystal Pite Ă  la maison nationale parisienne pour sa nouvelle crĂ©ation, deuxiĂšme commande de l’OpĂ©ra, « Body and Soul », ballet en trois actes, musique originale d’Owen Belton ; et aussi de Chopin. Une crĂ©ation mondiale trĂšs attendue qui a tout pour plaire Ă  un trĂšs grand public hĂ©tĂ©roclite.

 

La chorégraphe canadienne Crystal Pite triomphe à Paris

Le corps, l’esprit

et les insectes

 

 CRYSTAL PITE

 

 

Le nouveau ballet de la canadienne Crystal Pite, « Body and Soul », arrive au bon moment. AprĂšs l’immense succĂšs de son The Seasons’ Cannon crĂ©e en 2016, repris en 2018, nous voilĂ  devant une soirĂ©e qui lui est entiĂšrement dĂ©diĂ©e pour la premiĂšre fois. Dans son ballet prĂ©cĂ©dent sur la musique de Vivaldi / Richter nous avons pu dĂ©couvrir son style contemporain d’inspiration nĂ©o-classique. Dans Body and Soul nous dĂ©couvrons davantage son style, ses influences, ses inspirations et prĂ©occupations.

Body and Soul est un ballet riche en duos, voire en duels. L’oeuvre commence avec deux danseurs qui suivent avec leurs corps une narration au microphone (voix enregistrĂ©e de Marina Hands). Le premier acte est un condensĂ© de Pite dans tous les sens de son art et de sa maniĂšre. Si les duos et duels sont intĂ©ressants, le bijou est dans la danse collective. Pite confirme presque sa signature dans des mouvements de masse qui ensorcellent et qui impactent l’auditoire. Il y a un je ne sais quoi d’organique qui rappelle les mouvements de groupes dans The Seasons’ Cannon, quelque part transfigurĂ©s et mis davantage en valeur par la force des contrastes. Les danseurs sont habillĂ©s en costume-cravate (signĂ©s Nancy Bryant) ; ils dansent sous une lumiĂšre ponctuelle spartiate (de Tom Visser).

Des personnalitĂ©s se distinguent malgrĂ© tout : Simon Le Borgne, CoryphĂ©e, et Takeru Coste, Quadrille, toniques, tout Ă  fait excellents dans le langage chorĂ©graphique contemporain de Pite. En ce qui concerne ce langage, nous voyons davantage au deuxiĂšme acte l’influence de Forsythe (dans la dĂ©sinvolture cachant la virtuositĂ©), ou encore de Kylian. Dans cet acte s’enchaĂźnent des duos, des trios et des danses de groupe, avec une volontĂ© apparente de mettre en valeur les danseurs de la compagnie. En l’occurrence les performances de LĂ©onore Baulac et Hugo Marchand, comme celles de Ludmila Pagliero et François Alu, sont des interprĂ©tations de trĂšs haut niveau, charmantes mais souvent trop fugaces ou indistinctes pour devenir captivantes. Se distingue nĂ©anmoins une personnalitĂ© par la force de son exĂ©cution, celle d’Adrien Couvez, CoryphĂ©e, plein de brio.

Le troisiĂšme acte vient aprĂšs un prĂ©cipitĂ©. Changement vĂ©ritable de dĂ©cors et de
 costumes !!! AprĂšs la sobriĂ©tĂ© des deux premiĂšres actes s’affirme ensuite une sorte d’explosion de lumiĂšre par le biais du dĂ©cor, avec des panneaux mĂ©talliques qui reprĂ©sentent une forĂȘt. Les danseurs y Ă©voluent, ; sont tous de noir vĂȘtus, dans des costumes d’insecte. Changement musical aussi, aprĂšs les prĂ©ludes de Chopin Ă  l’acte prĂ©cĂ©dent, nous voilĂ  dans un univers plus Ă©lectro-pop que jamais. Si les danseurs continuent Ă  se confondre dans la masse, ils ne sont plus indiffĂ©renciĂ©s ; dans cet acte dernier les danseuses sont en pointe. Il y a une surprise rocambolesque et dĂ©concertante Ă  la toute fin, qui a beaucoup plu visiblement.

 
 

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PITE-CRYSTAL-creation-palais-garnier-opera-de-paris-critique-classiquenewsL’auditoire ne peut pas s’empĂȘcher de faire une standing ovation Ă  la fin, cĂ©lĂ©brant les excellentes performances de la soirĂ©e. Un ballet contemporain de facture nĂ©o-classique qui a tout pour plaire au plus grand nombre, Ă  voir et Ă  revoir au Palais Garnier encore les 1er, 2, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 16, 17, 19, 20, 22 et 23 novembre 2019. Incontournable. Photos © Julien Benhamou — OnP

 

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