Coffret ERATO : 50 cd

Coffret ERATO : 50 cd   … Le coffret Ă©vĂ©nement est sobrement habillĂ© d’un vert prairie et son logo en habit blanc sur fond brillant : un cadeau idĂ©al pour les fĂȘtes de fin d’annĂ©e. La rĂ©surrection du label ERATO crĂ©Ă© en 1953, soit pour ses 60 ans, demeure l’Ă©vĂ©nement le plus imprĂ©vu et le plus spectaculaire de l’industrie du disque, par ailleurs si ruinĂ© par la crise et l’Ă©volution des nouveaux comportements et pratiques culturels. Les 50 cd (l’Ă©diteur et nouveau propriĂ©taire Warner aurait Ă©tĂ© inspirĂ©, anniversaire oblige, de pousser jusqu’à    …  60 galettes) rĂ©unis ici montrent la diversitĂ© d’un catalogue tout azimut : variant les rĂ©pertoires dont Ă©videmment les pionniers de la rĂ©volution baroque tels Gardiner, Koopman et surtout le premier d’entre eux, William Christie et ses somptueux Arts Florissants : le label vert regroupe leurs gravures majeures dans tous les domaines (musique sacrĂ©e, opĂ©ra, madrigaux…).
Au registre des grands solistes, saluons le rĂ©cital de Maurice AndrĂ©, trompette (1969), Marie-Claire Alain, orgue (Bach, 1994, Liszt 1989, et surtout Franck, 1976), Vadim Repin (Concertos pour violon de Sibelius et Tchaikovski, 1994), Scott Ross, clavecin (Sonates de Domenico Scarlatti (1985-1990) …Erato, coffret 50 cdCĂŽtĂ© opĂ©ra et rĂ©cital lyrique, se distinguent entre autres, la Carmen de Maazel avec Julia Migenes Johnson et PlĂĄcido Domingo (extraits, 1982), Les Noces de Figaro de Barenboim enregistrĂ© en 1990 avec Lella Cuberli, Cecilia Bartoli en Cherubino, le rĂ©cital de Sumi Jo (1994) … de Susan Graham (dĂ©diĂ© Ă  l’opĂ©rette française de Hahn Ă  Simons, 2001), …

Les amateurs de musique contemporaine apprĂ©cieront le disque de Boulez par Boulez (1985, 1989) comprenant Le Visage nuptial et Figures, Doubles, Prismes ; Et exspecto resurrectionem mortuorum de Messiaen par Boulez et Yvonne Loriod (1966) ; MĂ©ditation sur le mystĂšre de la Sainte TrinitĂ© par l’auteur lui-mĂȘme Olivier Messiaen (1972)

CĂŽtĂ© musique française, et symphonisme hexagonal, soulignons Ă  l’heure des orchestres sur instruments d’Ă©poque, la place des phalanges modernes qui confirment que tout n’est pas exclusivement une question de sonoritĂ© et d’instruments anciens, mais bien aussi de style et d’intentions : Ă©coutez ainsi les Berlioz d’Alain Lombard (1980), le provincialisme recomposĂ© de Canteloube, Maurice Emmanuel (chansons bourguignonne du Pays de Beaune!) par Kent Nagano et l’orchestre de l’OpĂ©ra de Lyon (solistes : Dawn Upshaw, 1996), Milhaud (Symphonie n°4, n°8) par l’auteur lui-mĂȘme ; le programme Paul Dukas (l’Apprenti sorcier, la PĂ©ri) par Armin Jordan...  surtout l’excellent programme Albert Roussel par Jean Martinon pilotant l’Orch national de L’ORTF (1970-1971), comprenant Bacchus et Ariane (les 2 suites), Le Festin de l’AraignĂ©e. Un must absolu.

N’omettons pas de relever plusieurs cd d’une vitalitĂ© orchestrale et d’un souffle instrumental certain : programme Stravinsky (Pulcinella, Le Chant du Rossignol par Boulez et le National de France (1980), programme russe (Tchaikovsky : Francesca et Rimini), Moussorgsky, Glinka, Glazunov (suite de Raymonda) par Evgeny Mravinsky conduisant le Leningrad Philharmonic Orchestra (1981).

Le baroque en gloire …
Les perles du coffret concernent surtout les premiers baroques, oeuvres mĂ©connues ou inĂ©dites qui dĂ©voilaient alors tout un continent de passionnantes redĂ©couvertes : Requiem de Campra (Gardiner et ses troupes exclusivement britanniques English Baroque Soloists et Monteverdi Choir, 1979), IphigĂ©nie en Aulide de Gluck (Ă  la frontiĂšre du nĂ©oclassicisme et du prĂ©romantisme, Gardiner, Lynne Dawson, Van Dam, Von Otter, 1987) ; svĂ©ritable rĂ©surrection mĂ©morable, l’oratorio San Giovanni Battista de Stradella  (Bot, batty, Lesne, 1992), …

Occasion de relever les progrĂšs ou tout au moins l’Ă©volution parcourue depuis les annĂ©es 1960 et 1970, Erato dĂ©tient aussi les pĂ©pites des premiers ” baroqueux ” sur instruments modernes ou au dĂ©but des investigations de style et d’instruments :   Selva morale e spirituale de Monteverdi par Michel Corboz de 1967, surtout le Te Deum de Lully par Jean-François Paillard (1975)…

Erato ne serait pas ce label universellement connu, Ă  l’activitĂ© musicale si dĂ©fricheuse, aux rĂ©alisations si justes sans l’apport inestimable des Arts Florissants qui sous la conduite de leur fondateur William Christie en 1979, gravent ainsi pour le label leurs oeuvres majeures et fondatrices : MĂ©dĂ©e de Charpentier (Lorraine Hunt, 1994, extraits), Didon et EnĂ©e de Purcell (extraits, avec Gens, degor, FauchĂ©court, 1994), un disque comprenant le Vespro de Monteverdi (1997), quelques madrigaux de D’India (1997), Il Sant’Alessio de Landi (1995), La Descente d’OrphĂ©e aux enfers (1995), La Pierre philosophale de Charpentier (1998)… King Arthur de Purcell (1995).  Citons Ă©videmment le must de l’enchanteur Bill : ses Rameau ; ici, l’intĂ©gralitĂ© de La Guirlande (2000) et quelques extraits de l’exceptionnel Hippolyte et Aricie, sans omettre sur des rives plus rĂ©cents celles du Mozart sacrĂ©, une excellente version du Requiem (intĂ©grale, 1994) avec Anna Maria Panzarella, Nathalie Stutzmann…

Le catalogue Erato compte aussi plusieurs enregistrements de Mitslav Rostropovitch (1 cd Chostakovitch comprenant la Symphonie 15 et Rayok en version anglaise de 1990) et bien d’autres trĂ©sors encore qui font toute la valeur de cette inestimable somme de tĂ©moignages sonores et musicaux.  Coffret Ă©vĂ©nement.

Coffret Erato 2013. 50 cd. 

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