CD événement. SCHUBERT : Symphonies n°8, 9 (Gewandhausorchester Leipzig, H Blomstedt – nov 2021 – 2 cd DG Deutsche Grammophon

Symphonies-Numeros 9 et 8 blomstedt gewandhauss lepizig critique cd classiquenews deutsche grammophon nov 2021CD événement. SCHUBERT : Symphonies n°8, 9 (Gewandhausorchester Leipzig, H Blomstedt – nov 2021 – 2 cd DG Deutsche Grammophon). Blomstedt marmoréen… Voici un témoignage de la direction du chef suédois Herbert Blomstedt qui fut directeur musical du Gewandhausorchester de Leipzig (1998 – 2005). Il indique combien son Schubert est bruknérisé mais avec toute l’intensité et la couleur sonore propres aux instrumentistes scintillants / performants de Leipzig. Certes sculpté dans le marbre le plus spectaculaire, ce Schubert sait aussi, pris sur un rythme plus allant, respirer, s’attendrir…

Dans la Symphonie 8 « inachevée » : on note immédiatement les proportions installées par le maestro, la grandeur et une certaine dureté du premier mouvement, auquel le second apporte une lueur plus trouble, vite rattrapée par l’idée de la solennité, déjà omniprésente dans la première séquence. Le détail des tableaux pastoraux où brillent les timbres des bois et des vents contrastent très fortement avec la puissance sombre, presque lugubre des contrebasses (bien mises en avant par la prise de son)… Blomstedt inscrit l’écriture schubertienne dans un format colossal, inscrit dans le marbre le plus grandiose, littéralement brucknérien, sans pour autant négliger, bien au contraire le relief plus introspectif, voire étrange des pages où les bois chantent. Ampleur et intimisme, monumentalité et soie pastorale grâce à des instrumentistes de premier plan.

Novembre 2021 : Herbert Blomstedt dirige le Gewandhausorchester Leipzig

éloge du détail et du colossal

Dans la Symphonie n°9, s’impose d’emblée la puissante fanfare, ses étagements lointains grandioses, avec toujours cet hédonisme somptueux qui polit chaque timbre ; bois chauds et ronds, cordes d’une souplesse rubannée infinie ; Blomstedt est un peintre dont la sensibilité cherche cependant moins la transparence que la rondeur cuivrée, puissante, volontiers rugissante et bondissante. C’est un orchestre dragon moins une cathédrale sonore, dont la tension tellurique regorge de flamboyance et de couleurs majestueuses. L’effet machine colossale envahit aussi l’Andante, lui imprime sa battue à l’échelle du monumental ; là encore le chef sculpte de superbes effets, ciselant même chaque partie des bois, des vents.
Opportune surprise, le Scherzo avance dans une légèreté absente ailleurs, – sa rythmique quasi dansante qui même à l’échelle du colossal, s’avère fluide, allante, jaillissante. Le dernier Allegro fait valoir les formidables cuivres de Leipzig au relief exalté, dont chaque éclat réalise un sursaut qui claque avec un panache saisissant (trompettes affûtées), relance constamment la tension voire l’urgence de la partition. Dans cette transe mesurée, Blomstedt réussit de loin le meilleur mouvement de ce double coffret qui définit Schuebrt dans une perspective brucknérienne.

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CD événement. SCHUBERT : Symphonies n°8, 9 (Gewandhausorchester Leipzig, Herbert Blomstedt – enregistré au Gewandhaus de Leipzig en nov 2021 – 2 cd DG Deutsche Grammophon)

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