A Weimar, Bach, maître de concerts et organiste de la Cour est jeté en prison en nov 1717 : triste fin pour un compositeur injustement considéré. Libéré début déc 1717, il rejoint Köthen (pour 6 années) où heureux présage, il retrouve un patron (le prince calviniste Léopold d’Anhalt-Köthen) qui «non seulement aimait la musique, mais la comprenait ». Le prince musicien lui-même, réunit les meilleurs instrumentistes (surtout berlinois) pour constituer un orchestre prometteur que dirige… JS Bach. Sa charge ne comprend aucune obligation de livrer de la musique sacrée : les partitions de Köthen sont exclusivement instrumentales.
L’option de Paul Agnew privilégie le format d’un petit orchestre au diapason français, un ton en dessous du 440 Hz du piano moderne, optant ainsi pour 400 Hz. La période financièrement confortable, n’en est pas moins douloureuse : en juillet 1720, l’épouse de Bach, Barbara succombe, après le décès de son fils Léopold Auguste, (septembre 1719). En décembre 1721, le mariage avec Anna Magdalena Wilcke, jeune soprano avec laquelle Bach allait avoir treize autres enfants, atténue le deuil…
Koethen illustre une période décisive dans la vie de Bach : elle prépare sa future nomination à Leipzig… sujet du volume prochain déjà annoncé par les interprètes.
Ici, le geste musical entend évoquer la maîtrise d’un Bach au sommet de ses possibilités dont témoignent des œuvres majeures : Sonates et Partitas pour violon seul, Suites pour violoncelle, Clavier bien tempéré, l’Orgelbüchlein, Concertos brandebourgeois. Mais aussi dont témoignent ces recueils pédagogiques destinés à ses fils dont Wilhelm Friedemann, comprenant des variantes des préludes BWV 846 et 847.
Les livres concentrent l’essence même de la technique compositionnelle du compositeur (modèles de progressions harmoniques et contrapuntiques).
Parmi les oeuvres choisies de cet album, la serenata Durchlauchtster Leopold BWV 173a, seule partition datée de la période Koethen, créée le 10 décembre 1722, pour le 28è anniversaire de son patron, est emblématique de la décennie. L’œuvre, circonstancielle, célèbre la gloire du Prince dédicataire ; le matériel en sera plus tard recyclé dans la cantate Erhöhtes Fleisch und Blut BWV 173b. Le duo soprano et basse “Unter seinem Purpursaum” élève son centre tonal d’une quinte à chaque couplet successif, comme pour rehausser encore l’éloge des voix (de sol à ré) – prochaine critique complète sur classiquenews – CLIC de Classiquenews été 2026
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CD événement, annonce. JS BACH : KÖTHEN (1717-1723). Les Arts Florissants, Paul
Agnew, direction (BWV 1067 et 173a), Emmanuel Resche-Caserta, direction (BWV 1050), Benjamin Alard, clavicorde, clavecin (1 cd HM – Les Arts Florissants)
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