CD, critique. MOZART : Il Sogno di Scipione (Classical Opera, Ian Page, 2 cd Signum classics / oct 2016).

mozart il sogno di scipione oratorio ian page classical opera 2 cd signum classics critique cd cd review par classiquenewsCD, critique. MOZART : Il Sogno di Scipione (Classical Opera, Ian Page, 2 cd Signum classics / oct 2016). Ian Page aime nous dĂ©voiler l’étonnante inspiration du jeune Wolfgang, ainsi aprĂšs Mitridate (1770 Ă  14 ans), encore trĂšs redevable aux Napolitains, voici Il Sogno di Scipione, crĂ©Ă© Ă  Salzbourg en avril 1772 (16 ans), dont la noblesse de l’orchestration indique une maturation sensible de son Ă©criture.
L’habiletĂ© de Mozart relĂšve le dĂ©fi d’une action thĂ©Ăątrale, allĂ©gorique Ă©videmment, oĂč le hĂ©ros Scipione, dans un songe Ă  dĂ©chiffrer (et qui est le sujet de l’action) peut voir le paradis et entendre la musique des SphĂšres ; il rencontre le vertueux Publius, modĂšle de la vertu politique qui s’est souciĂ© des autres
 Scipione doit cependant regagner la terre car il y a un destin Ă  accomplir, mais auparavant doit choisir entre Fortune (richesses et corruption) et Costanza (effort et tĂ©nacitĂ© et loyautĂ©).
Scipione prĂ©fĂšre Costanza, suscitant la colĂšre de Fortuna ; mais le hĂ©ros ayant Ă  ses cĂŽtĂ©s la constance, fait face et vainc les menaces de Fortune. Dans un air final, – directement adressĂ© Ă  l’ArchevĂȘque, Licenza loue les vertus et le choix de Scipion.

Impeccable et si Ă©lĂ©gant comme flexible Publio du tĂ©nor Krystian Adam, qui rĂ©ussit entre autres son air le plus long « Se vuoi que te raccolgano », d’un hĂ©roĂźme ardent et tendre (cd) ; mĂȘme assiduitĂ© dans les mĂ©lismes aigus de la Costanza de Klara Ek (qui totalise elle aussi l’air le plus long « Ciglio che al sol si gira », aux aigus redoutables mais bien gĂ©rĂ©s malgrĂ© sa petite voix. L’Emilio du tĂ©nor Robert Murray souligne lui aussi tout ce qu’a de tendre et de lumineux (avec une voix plus tendue et une souplesse pas aussi naturelle que son confrĂšre Adam) l’inspiration du jeune Mozart dans le genre seria ; tant il est vrai que le jeune compositeur sculpte avec tendresse chacun des protagonistes de son drame. Meme ardeur pour le Scipione de Stuart Jackson, agile et dĂ©terminĂ© dans son second aria plutĂŽt conquĂ©rant et hĂ©roĂŻque (avec cor obligĂ© vaillant et brillant): « Di che sei l’arbitra del mondo interno »  (un rĂŽle dont le caractĂšre annonce Idomeneo Ă©videmment.

CLIC D'OR macaron 200La versatilitĂ© ronde et nerveusement accentuĂ©e de l’orchestre fait merveille, entre sagacitĂ©, brio et motricitĂ© enjouĂ©e (cordes d’une lĂ©gĂšretĂ© admirable), en particulier dans les airs en bonus, alternatifs (4 derniers airs du cd2), apportant une lumiĂšre particuliĂšre Ă  la comprĂ©hension des versions antĂ©rieures de certains airs (originale de « Ah perchĂš cercar degg’io » (Licenza) : fulgurance en 3mn31, plutĂŽt que long dĂ©veloppement en plus de 8 mn : magnifiquement dĂ©fendue par la soprano virtuose et prĂ©cise Chiara Skerath). L’ironie de l’histoire est que le jeune compositeur dĂ©ploie toute sa verve pour cĂ©lĂ©brer l’archevĂȘque de Salzbourg, au dĂ©part Schhrattenbach, lequel mort, est remplacĂ© par Coloredo
 qui se montrera Ă  peu prĂšs aussi infect avec le jeune Wolfgang, que l’air et son Ă©criture sont touchĂ©s par la grĂące (dans les deux versions d’ailleurs).

________________________________________________________________________________________________

CD, critique. MOZART : Il Sogno di Scipione (Classical Opera, Ian Page, 2 cd Signum classics / oct 2016)

Comments are closed.