CD, coffret événement. “111, The collector’s edition 1 et 2″ (111 cd). Deutsche Grammophon

coffret-deutsche-Grammophon-111-111-cd-review-critique-classiquenews-CLIC-de-decembre-2015CD, coffret événement, compte rendu critique. The collector’s edition 1 et 2 (Deutsche Grammophon). Pour Noël 2015, Deutsche Grammophon publie une somme incontournable, en rééditant le fleuron de ses archives, célébrant 111 personnalités parmi les interprètes qui ont fait son catalogue depuis les origines : le livret du cycle 1 (rouge) présente l’historique d el saga DG depuis 1899 jusqu’en 2009 (11ème décennie de politique artistique et de réalisation discographique). Le méga coffret des 111 ans de Deutsche Grammophon est de fait une boîte miraculeuse. En 2009, Deutsche Grammophon célébrait son 111 ème anniversaire en publiant une première Edition Collector (“111, The Collector’s edition 1″ en rouge) en 55 cd, suivie en 2010 d’un deuxième volume  (“111, The Collector’s edition 2″ en jaune)  comptant 56 cd. Le clin d’œil n’a pas échappé au mélomane averti : le nombre de disques des deux coffrets réunis s’élève à… 111. Il fallait donc pour achever l’édition les réunir en un seul. Depuis leur publication de 2009 et 2010, les 2 éditions limitées sont épuisées … mais Deutsche Grammophon réédite pour NOEL 2015, les deux cycles en un seul coffret (événement).

Le coffret 2015, The Collector’s Editions en 111 cd, compose ainsi un best of de tout le très riche catalogue de la prestigieuse marque jaune, soit une discothèque à part entière, l’anthologie des grands artistes de Deutsche Grammophon, présentés ainsi alphabétiquement : chefs, chanteurs, solistes (pianistes, violonistes, guitaristes…),  – de Claudio Abbado et Martha Argerich à Yuja Wang et Krystian Zimerman –, à travers un répertoire particulièrement élargi, faisant fi des époques et des formes musicales (musique sacrée, symphonies, concertos, musique de chambre, récital lyrique, opéras, oratorios… –  de Monteverdi à Pärt.

Grands classiques, albums cultes, bestsellers… c’est une célébration de l’art de la musique et du génie de l’interprétation musicale – provenant de la maison de disques berlinoise qui a rendu tout cela possible.

 

111 coffret deutsche grammophon 2 coffrets noel 2015Réparties en quatre mini boîtiers intérieurs (jaunes et rouges selon l’édition concernée) les 111 disques, édités avec leur visuels de couverture d’origine sont accompagnés de deux importants livrets de 140 pages chacun (jaune et rouge) où figurent tracklistings, articles de présentation, photos d’archives. Un véritable trésor pour le discophile, amateur et connaisseur soucieux de (re)découvrir des joyaux oubliés ; pour les curieux néophytes désireux de se constituer une première discothèque ouverte et incluant les champions de toutes les esthétiques et de tous les répertoires (par exemple au chapitre baroque figurent les acteurs majeurs qui ont participé à la formidable épopée de l’interprétation historiquement informée : Goebel, Gardiner, Pinnock, Minkowski (et son formidable album Rameau symphonique par exemple…), McCreesh (dont une excellent Grande Messe de Mozart avec ses Gabrieli Consort & Players (2005).

Les lyricophiles seront tout autant comblés, redécouvrant les indémodables : Carmen par Berganza et Abbado ; Cotrubas et Kleiber dans La Traviata…, le duo Villazon et Netrebko, les mezzos Kozena et Von Otter, sans omettre les barytons Terfel ou Quasthoff, ni la version opératique de West Side Story par Bernstein lui-même (1985)…

 

 

Florilège Deutsche Grammophon
en 111 cd

 

 

CLIC D'OR macaron 200Parmi les perles de ce corpus incontournable : Argerich et Abbado pour le Concerto pour piano de Ravel ; Boulez, cristallin, précis pour Petrouchka et le Sacre de Stravinsky ; Barenboim dans la Sonate Clair de Lune de Beethoven ; … et ainsi jusqu’à Krystian Zimerman (incroyable funambule inspiré dans les Concertos pour piano 1 et 2 de Liszt (avec Ozawa). Les anciens indémodables d’une sensibilité inouïe, souvent servis par une prise de son d’un relief saisissant malgré la date de réalisation, sont aussi bien présents, porteurs d’une éthique inspiratrice pour public et nouvelles générations de musiciens ; citons entre autres ceux qui nous touchent infiniment tels : un brahmsien oublié éblouissant, Victor De Sabata (n°4 avec le Berliner, 1939) ; L’immense Ferenc Fricsay, élégantissime, incandescent dans un programme réunissant les valses des Stauss, Johann I et II (1961, Orchestre symphonique de la Radio de Berlin) ; la 5ème de Beethoven par Carlos Kleiber (Wiener Philharmonic, 1975) ; superbe et si ciselée Symphonie n°6 “Pathétique” de Tchaikovsky par Jewgenij Mrawinski (Philharmonique de Leningrad, 1961) ; le violon solaire, diamantin aux phrasés étoilés de David Oistrakh (Concerto pour violon de Tchaikovsky (Staatskapelle de Dresde, Franz Konwitschny, 1954)…  et notre diva éternellement angélique, la divine coloratoure Rita Streich (récital Mozart, Rossini, Verdi, 1954-1958).

 

 

Parmi la nouvelle génération de pianistes (aux côtés de lang Lang, Hélène Grimaud, et des aînés légendaires Gilels, Benedetti-Michelangeli, Horowitz, Richter, Pollini… : Alice Sara Ott (Etudes d’exécution transcendante de Liszt), Yuja wang (Chopin, Liszt, Ligeti), et bien sûr la fièvre rythmique du latino Gustavo Dudamel (Album Fiesta, coloré, nostalgique, impétueux)… Eclectique, et aussi pointue, la sélection opérée ainsi par Deutsche Grammophon offre une somptueuse entrée dans le classique par des interprètes inoubliables, quelles que soient les époques, les styles. A chaque interprète, une leçon de sincérité et de vérité.

 

 

 

 

CD, coffret événement. “111, The collector’s edition 1 et 2″ (56cd et 55cd = 111 cd). Deutsche Grammophon. CLIC de CLASSIQUENEWS de décembre 2015.

 

 

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