vendredi, décembre 9, 2022

Beethoven, Symphonies n°7 et n°8Hillborg, « Eleven gates »Los Angeles Philharmonic, Esa-Pekka Salonen, direction

A ne pas rater

Esa-Pekka Salonen poursuit une éblouissante carrière disque après disque. Cet enregistrement live uniquement disponible en téléchargement, à partir du 30 octobre 2006, devrait suivre le standard jubilatoire des précédentes réalisations du chef. En témoigne par exemple sa dernière lecture du Sacre du Printemps, paru à la rentrée 2006 chez DG : vision mordante, acérée mais aussi d’un luxe de couleurs proprement inouï. Dans Beethoven comme dans les Onze Portes de Hillborg, ici gravées lors de leur création mondiale en mai 2006, le chef et son formidable orchestre devraient relever le défi et nous en mettre plein les oreilles… Il s’agit du quatrième titre de la série des concerts live du Los Angeles Philharmonic, au sein de la collection digitale « Global concert hall » de DG et Decca.

Beethoven/Hillborg
Beethoven : Symphonies n°7 et n°8
Hillborg : les Onze Portes (création mondiale)

Los Angeles Philharmonic
Esa-Pekka Salonen
Live from Walt Disney Concert Hall, les 4 et 12 mai 2006

Voici un programme qui mérite pleinement d’avoir été gravé et d’être accessible en téléchargement : la vitalité oxygénée du Los Angeles Philharmonic rend justice à l’énergie des symphonies de Beethoven. Comme à son habitude, la baguette de Salonen se montre aussi affûtée et mordante, que lyrique et tendre. Tous les pupitres s’engagent avec une belle ardeur, d’autant que la prise de son détaille dans cette capatation live, réalisée au Walt Disney concert hall de Los Angeles, chaque plan.
Pour ce quatrième volume avec le Los Angeles, uniquement disponible rappelons-le, en téléchargement, Salonen intercale entre les symphonies Beethovéniennes, la partition du compositeur suédois, Anders Hillborg, né en 1954 à Stockholm, « Eleven Gates » , commande de l’Orchestre de Los Angeles et composé en 2006. Ce sont 20 minutes d’interrogation cosmique dans laquelle les instrumentistes dévoilent grâce à leur chef tout en finesse, un art de la subtilité et de l’allusif. C’est une aspiration à la contemplation étoilée, un passage vécu par l’orchestre comme une fenêtre ouverte sur l’étendu de la galaxie, avec des glissandi ascensionnels qui permettent d’atteindre plusieurs étapes de conscience. Bois et vents pointés, tremolos murmurés : l’orchestre semble recueillir les pulsations extraterrestres… en un halo, une brume à la fois inquiète mais aussi traversée par la sensation des prémices et des découvertes, de révélation imminente avec un climat d’inquiétude, surtout d’étrangeté ; d’ailleurs, le compositeur cite la mélodie principale de « Rencontre du Troisième type » de Spielberg, mais de façon très allusive aux cuivres : la texture détaillée, mordante là aussi, voire même humoristique, souligne l’opulence caractérisée de la partition. Maître des tonalités et de la texture, chef et orchestre se montrent exceptionnellement inspirés dans cette pièce dont la conclusion laisse perplexe : sans résolution précise, sur un tutti énigmatique d’anéantissement ou de libération… Le geste de Salonen ajoute cette touche de poésie, cette science de la progression et du détail, qui convainc totalement.

Approfondir
Visitez le site officiel en anglais d’Anders Hillborg où vous pourrez découvrir entre autres, la fiche conscrée à « Eleven gates »

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