Ballet. Danser le Sacre à l’automne (2011)

Arte, le 26 mai 2013, ballet : Danser le printemps à l’automne

Depuis 100 ans, la chorégraphie originale de Vaslav Nijinski et la musique de Stravinsky n’ont cessé d’inspirer de nouvelles versions du « Sacre ». Maurice Béjart, Martha Graham, Pina Bausch, mais aussi Maryse Delente, Jean-Claude Gallota ou Glen Tetley et bien d’autres se sont confrontes à cette pièce mythique.

« Danser le printemps à l’automne », le documentaire de Denis Sneguirev et Philippe Chevallier suit le chorégraphe Thierry Thieû Niang pendant les ateliers qui aboutissent à la création de sa propre version du « Sacre », intitulée « …du printemps ».
Les 25 interprètes, Daniel, Françoise, Maryse, et les autres ne sont pas danseurs, du moins pas au sens académique du terme. Agés de 60 à 90 ans, ce sont des séniors qui n’ont rien à voir avec le milieu de la danse. Pourtant, leur engagement dans ce projet est total, et c’est ce qui fait l’intérêt d’un projet qui reprend la notion de théâtre dansé ou de danse de caractère, à la fois expérience et performance inventé par Pina Bausch.

La structure chorégraphique de Thierry Thieû Niang est fondée sur le cercle rééclairant le motif de la ronde, celle avérée par l’action du Sacre où les adolescentes sont confrontées à  la loi des anciens, des augures, du sage : lesquels imposent le rite du sacrifice pour que renaisse le printemps : c’est donc une réinterprétation du mythe grec de Perséphone fille de Déméter, qui doit rejoindre les enfers puis renaître à la terre après que sa mère l’ait sauvée : de son retour découle le nouveau cycle du printemps ; il faut donc sacrifier une jeune fille pour permettre le retour à la vie…
Ici, du début à la fin de la pièce, les danseurs courent et tournent autour du plateau, Daniel, septuagénaire athlétique, tourne dans le sens contraire des aiguilles d’une montre, personnifiant Chronos, le passage du temps. Ici, contrairement au livret original utilisé par Nijinski, l’Elue n’est pas celle qui sera sacrifiée au rite qui célèbre l’arrivée du printemps, mais celle qui reste, celle qui survit, chargée de l’énergie de tous ses camarades qui un à un quittent le plateau au fur et à mesure de la progression de la pièce, pour finalement courir seule, non pas contre le temps, mais en l’accompagnant. C’est la revanche de celle qui dans le rituel original était sacrifiée. Le retour triomphal de l’Elue.

Au moment où il initiait les ateliers de travail sur le « Sacre du printemps », Thierry Thieû Niang ne pensait pas en faire un spectacle, pourtant « … du printemps » est créé au Festival d’Avignon 2011 et récemment repris à Paris, au Théâtre de la Ville.

Ballet (inédit). Documentaire de Denis Sneguirev et Philippe Chevallier

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