Aida au Stade de France (2010)

france2-logo_2013Télé. France2. Aida de Verdi au Stade de France, jeudi 8 mai 2014,00h30. Peplum aux armées de figurants sur des praticables immenses qui semblent flotter sur une mer colorée, tableaux collectifs méticuleusement agencés restituant la grandeur antique de l’Egypte du Nouvel Empire… voici Aida dans la démesure du Stade de France (octobre 2010), une scène qui a contrario des salles classiques frappe par sa colossale amplitude qu’il faut occuper et « meubler » (9000m2). Ici prime l’élégance et le raffinement des costumes et des effets de masse (un esthétisme finalement assez mesuré signé du metteur envscène habitué des Chorégies d’Orange, Charles Roubaud). Côté vocal, l’Aida d’Adina Aaron, beau timbre avant de passer les aigus fatigués et un vibrato envahissant ; le Radamès de Dimitri Paksoglou reste honnête et parfois subtil (surprise de la production) ; l’Orchestre de Montpellier est un efficace tâcheron plus brutal que ciselé, sous la baguette parfois (trop rarement) inspirée d’Alexander Vakoulsky (nombreux décalages cependant, inévitables et une moyenne de décibels trop élevée elle aussi, immensité impressionnante du plateau  oblige ?). Seule la beauté des tableaux collectifs frappe l’esprit. Du point de vue visuel, le spectacle est total. Au regard du nombre de spectateurs présents, l’opéra y gagne évidemment de nouveaux adeptes, et c’est tant mieux. L’esclave éthiopienne Aida est faite prisonnière à la Cour de Pharaon, intégrée de force dans la suite de la princesse égyptienne Amnéris (somptueux emploi d’alto) : les deux femmes sont rivales, elles aiment le même homme, le général Radamès, bras armé de Pharaon… ici, l’amour est plus fort que tout et les deux amants que tout sépare et oppose, se retrouvent finalement pour l’éternité dans le tombeau où ils sont enterrés vivants en un épisode final spectaculaire (frappant a contrario du déploiement précédent par son chambrisme psychologique). Grandeur et irréductibilité de deux cÅ“urs ardents embrasés par le pur amour. L’opéra de Verdi écrit pour l’inauguration de l’Opéra du Caire et le creusement du Canal de Suez a conservé sa violence expressive, entre tableaux collectifs et portraits individuels. Un sommet dans le catalogue de Giuseppe Verdi.

Télé. France2. Aida de Verdi au Stade de France, jeudi 8 mai 2014,00h30

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