L’Orchestre national Auvergne-Rhône-Alpes (ONAURA) poursuit sa saison avec un programme placé sous le signe du génie musical anglais. De Henry Purcell, artisan fondateur de l’opéra anglais, au très espiègle Benjamin Britten, dont l’activité créatrice a profondément marqué le paysage musical européen du XXe siècle, ce concert propose un voyage à travers trois siècles de musique britannique.
Enrico Onofri , chef associé de l’ONAURA, dirige ce programme. Figure majeure du violon baroque, formé aux côtés de Jordi Savall et Nikolaus Harnoncourt, il a été l’un des fondateurs d’Il Giardino Armonico avant de mener une carrière de chef d’orchestre saluée pour son approche méticuleuse et sa connaissance des pratiques historiques.
La soprano britannique Elizabeth Watts est l’invitée de ce concert. Elle s’est imposée comme l’une des principales sopranos de sa génération, avec un répertoire qui s’étend de Bach à Strauss, et une affinité particulière pour la musique britannique.
La soirée s’ouvre par une création : Lisa Heute, compositrice et accordéoniste née en 1991, signe l’intrada Out of mind pour ce concert. Diplômée du CNSMD de Lyon, Lisa Heute est une artiste dont la démarche pluridisciplinaire – mêlant musique, vidéo, poésie et théâtre – témoigne d’une créativité audacieuse et d’une écriture lyrique au sein d’un langage contemporain. Cette commande s’inscrit dans la volonté de l’ONAURA de mettre les compositrices à l’honneur cette saison, en leur confiant une pièce d’ouverture festive et solennelle.
Le cœur du programme fait dialoguer Purcell et Britten. De The Tempest – musique de scène et chants, avec des pages de Matthew Locke et de Purcell – à la suite et aux airs de Didon et Enée, c’est l’invention mélodique et l’expressivité dramatique du maître anglais qui sont mises en lumière. En écho, Britten répond avec ses Illuminations opus 18, cycle pour soprano et cordes sur des poèmes en prose d’Arthur Rimbaud, où le compositeur « détruit délibérément l’idée de sujet lyrique » héritée de la poésie rimbaldienne. L’œuvre, créée en 1940, témoigne de la fascination du jeune Britten pour le symbolisme français et de son art de la transposition musicale.
Le concert se referme sur les Variations sur un thème de Frank Bridge, hommage tendre et virtuose que Britten, alors âgé de vingt ans, rendit à son maître. Cette partition pour cordes, l’une des premières à avoir révélé son génie, déploie une palette d’atmosphères contrastées qui annonce déjà l’envergure du futur auteur de Peter Grimes.
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